Sélectionner une page
  • Langue
  • 1000

    Traditions musicales des Abénakis

    Traditions musicales des Abénakis

    La danse et le chant vont souvent de pair chez les Abénakis. Certaines danses pouvaient autrefois être pratiquées par les hommes et les femmes ensemble, jusqu’à ce que les prêtres décident d’interdire la mixité. Aujourd’hui, les Abénakis pratiquent encore certains chants et danses traditionnelles, et tentent de retrouver la mixité perdue.

    Les instruments des Abénakis

    Les instruments des Abénakis

    Chez les Abénakis, le tambour traditionnel s’appelle pakoligan, dont ils n’ont jamais cessé de jouer. Pendant l’évangélisation, il était toutefois utilisé autrement. Ce tambour était composé de deux membranes en peau de wapiti, un animal autrefois très répandu sur les territoires abénakis, surtout près du Lac St-Pierre. Aujourd’hui, le pakoligan est plutôt fabriqué en peau de chevreuil. Les Abékakis utilisent aussi des hochets appelés sisiwan, faits d’écorce, de courge, de corne, dont ils s’accompagnent pour chanter.

    Traditions musicales des Anishinabeg

    Pendant l’évangélisation, les traditions musicales anishinabeg ont été interdites au profit de chants et cantiques chrétiens traduits en langue anishinabe. Aujourd’hui, ces traductions permettent finalement aux nouvelles générations de réapprendre la langue, notamment grâce au gospel encore pratiqué dans les communautés anishinabeg.

    Les instruments des Anishinabeg

    Les instruments des Anishinabeg

    On retrouve des influences européennes depuis un certain temps dans les communautés anishinabeg. Le violon et la guitare y sont des instruments populaires, ainsi que les danses comme le set carré et la gigue.

    C’est seulement au XXième siècle que le tambour à main a été intégré dans les communautés anishinabeg, avec à la tradition des pow wow. L’utilisation de cet instrument n’est pas aussi restrictive que chez d’autres nations. En fonction des communautés, les femmes peuvent aussi en jouer pour s’accompagner au chant. C’est aussi pour cette raison que l’artiste innu Florent Vollant utilise un tambour anishinabe dans ses spectacles, et non pas un tambour de sa nation : selon la tradition innue, seuls ceux qui ont reçu en rêve les chants du teweikan peuvent en jouer.

    Traditions musicales des Atikamekw Nehirowisiwok

    Les traditions musicales des Atikamekw sont très semblables à celles de leur voisins de la famille algonquienne. Toutefois, il y a eu rupture dans la transmission des chants et musiques ancestrales, dû à leur démonisation par les missionnaires. Avant la deuxième moitié du 20e siècle, la langue atikamekw était seulement orale et n’était pas écrite. Les Atikamekw lisaient la bible écrite dans la langue des Anishnabe, une langue proche de la leur et qu’ils comprennent bien. C’est donc en langue anishnabe que l’on pratiquait et lisait les chants chrétiens. Parmi les traditions musicales qui sont encore pratiquées aujourd’hui, on retrouve celle des veillées mortuaires : au lieu d’un salon funéraire, le défunt est exposé dans une maison, où les aînés se relaient à son chevet pour chanter des cantiques chrétiens en anishnabe, durant trois jours et trois nuits, sans répis.

    Les instruments des Atikamekw Nehirowisiwok

    Les instruments des Atikamekw Nehirowisiwok

    À l’origine, le tambour atikamekw – tehikan – était utilisé pendant la chasse et lors de cérémonies spirituelles. À Opitciwan, l’évangélisation a entraîné pendant un moment la fin de la pratique du tambour et de la spiritualité : les prêtres affirmaient que les dons chamaniques étaient utilisés pour causer du tort à autrui. C’est pourquoi ils ont introduit leur religion avec des danses et des instruments européens (set carré, guitare, violon, etc.), si bien que les traditions musicales atikamekw d’origine ont presque cessé d’exister. Elles sont en voie de revitalisation aujourd’hui.

    Traditions musicales des Eeyou (Cris)

    Dans la culture crie, un chant existe pour chaque racine, plante, herbe, minerai, esprit animal qui existe. Le chant est considéré comme un outil de changement ou de guérison. Lorsque les prêtres ont interdit, voire détruit leurs tambours, les Cris ont adopté des instruments occidentaux comme le violon, dans le but de sauvegarder leurs pratiques spirituelles. C’est ainsi que la gigue, toujours pratiquée aujourd’hui, est arrivée dans les communautés cries.

    Les instruments des Eeyou (Cris)

    Le tambour était le seul instrument utilisé par les Cris avant l’évangélisation. Appelé tawahiikin, il est fabriqué avec de la peau de caribou accrochée sur un cadre circulaire en bois. Une ficelle avec petits os de caribous est attachée le long de sa membrane pour créer plus de vibrations lorsque l’on bat le rythme à l’aide d’un os. Les Cris faisaient vibrer le tawahiikin dans le cadre de la chasse, entre autres, pour établir une communication spirituelle avec la nature. Les chants cris sont surtout à vocation vibratoire, davantage que mélodique.

    Traditions musicales des Wendat (Hurons)

    Les traditions musicales des Wendat (Hurons) sont très semblables à celles des Kanien’kéha:ka (Mohawk). Comme eux, les chants et les danses sociales et sacrés sont pratiqués selon un système cérémoniel qui suit le cycle annuel des saisons, des plantations et des récoltes. Traditionnellement, seulement les hommes jouaient du tambour d’eau lors des cérémonies.

    Le chant de danse ronde Anikouya pour les femmes, généralement accompagné d’un tambour à main, est souvent entendu aujourd’hui et interprété par plusieurs chanteurs et chanteuses des troupes de danse wendat. À l’origine, il était plutôt interprété par les gens de la maison-longue accompagnés du tambour d’eau.

    Les instruments des Wendat (Hurons)

    Les instruments des Wendat (Hurons)

    Le tambour d’eau typique se nomme ya’ndahkwa’ de awen’. Les tambours d’eau plus gros sont utilisés spécifiquement pour les rituels liés aux morts. La peau des tambours était autrefois fait de peau de marmotte. La peau de chevreuil est utilisée aujourd’hui car elle est mince et donne la bonne sonorité au tambour. Le cadre est généralement dait de bois de peuplier. Pour fabriquer un hochet serpentine (appelé yändia’wich awenrore’ yastawen’cha’), la tortue serpentine doit être attrapée et sacrifiée. C’est un objet très sacré réservé aux cérémonies ou aux rituels de médecine. Les hochets en écorce de forme conique sont aussi utilisés pour la médecine.

    Les autres hochets peuvent être joués pour les chants et danses sociales.
    Hochet : yastawen’cha’
    Hochet de corne : önda’yara’ yastawen’cha’
    Hochet d’écorce : yahsta’ yastawen’cha’
    Hochet de courge : yashe’ta’ yastawen’cha’

    Traditions musicales des Innus et des Naskapis

    Les Innus et les Naskapis sont ceux qui ont conservé le plus de traditions ancestrales liées au tambour. Cet instrument est principalement réservé aux hommes âgés ou aux grands chasseurs, à la condition qu’ils aient reçu trois fois en rêve l’appel du tambour et les chants sacrés du tambour. Le rêve est un moyen de communication avec le monde spirituel et le cosmos, et ceux qui reçoivent ces rêves significatifs, comme des ‘visions sonores’, les acquièrent grâce à leur maturité et leur grand respect de la nature et des animaux.

    La danse traditionnelle des Innus s’appelle le makusham. Cette danse est pratiquée lors de fêtes, accompagnée au rythme du teueikan. Le makusham désigne aussi un rassemblement et le partage de nourriture, nourriture qui provient souvent de la chasse, de la pêche ou de la cueillette. Aujourd’hui, le makusham est aussi dansé avec joie et fierté lors des spectacles de musique populaire, en particulier sur certains chants identitaires, tels que Ekuan pua et Tshinanu, ou sur des reprises populaires de chants traditionnels comme Uapan nuta et Uisha, uishama.

    Les instruments des Innus et des Naskapis

    Les instruments des Innus et des Naskapis

    Les tambours traditionnels innus et naskapis ont une ou deux membranes. On les tient avec une corde sur le dessus et avec une main en-dessous. Le cadre du tambour est fabriqué à l’aide de cerceaux de bois, en épinette rouge (mélèze), peuplier ou bouleau. Pour la membrane, on utilise la peau d’un jeune caribou, attachée à l’aide de babiches ou de ficelles en zigzag. Pour obtenir le son grésillant caractéristique du teueikan innu ou naskapi, des résonateurs sont accrochés au centre du tambour, tout au long de la membrane. Ces derniers sont souvent des os d’ailes d’oiseaux, de petits os de caribous, de castors ou de poissons.

    À l’origine, les deux nations utilisaient aussi des hochets et des sifflets pendant leurs rituels, dans le but de favoriser une communication spirituelle ; aujourd’hui ils ont perdu leur vocation spirituelle, sauf lors de cérémonies comme la tente à sudation (matutishan).

    Traditions musicales des Inuit

    Traditions musicales des Inuit

    Les Inuit sont très connus pour leurs chants de gorge, appelés katajjaq, katajjait ou katajjaniq. Ces chants gutturaux rythmés sont généralement chantés par deux femmes placées l’une en face de l’autre et se tenant par les bras. Elles imitent les sons provenant de leur environnement : les cours d’eau, l’appel des outardes, le bruit du maringouin, d’une scie, d’un traîneau à chiens qui glisse sur la neige… Le chant de gorge était avant tout un jeu ou une compétition pour les femmes pendant que les hommes étaient partis chasser.

    Dans les années 2000, les aînés du Nunavik ont décidé collectivement que les chants de gorge inuit étaient réservés aux Inuit : eux-seuls peuvent apprendre et transmettre cette pratique et surtout, donner des spectacles et en produire des enregistrements. Aujourd’hui, le chant de gorge traditionnel inuit est principalement pratiqué au Nunavik (Nord du Québec) et sur l’île de Baffin au Nunavut. Certains aînés Inuit chantent de la musique gospel dans les églises, comme la majorité des musiciens Inuit aujourd’hui.

    La mélodie de « Bonne fête » en chant de gorge fait désormais partie du répertoire de chansons inuites.

    Les instruments des Inuit

    Le tambour traditionnel inuit s’appelle le qilaut. Formé d’un grand cerceau mince avec une membrane de cuir, on peut le faire vibrer en frappant d’un côté ou de l’autre et sur le cadre. Les chants (ou danses) qui peuvent être pratiqués au tambour s’appellent pisiq, pisiit ou ajaja, et les chants sans tambour s’appellent aqausit. Aujourd’hui, le cuir est souvent remplacé par du caoutchouc.

    Traditions musicales des Wolastoqiyik Wahsipekuk (Malécites)

    Comme beaucoup d’autres nations, les Wolastoqiyik (Malécites) ont perdu l’utilisation de leurs instruments traditionnels pendant la période d’évangélisation. On leur a défendu d’utiliser le tambour. Récemment, les Wolastoqiyik tentent de faire revivre certaines traditions et certains vont dans les communautés mohawk apprendre la culture du pow wow et des célébration dans les maisons longues.

    Les instruments des Wolastoqiyik Wahsipekuk (Malécites)

    Les instruments des Wolastoqiyik Wahsipekuk (Malécites)

    Chez les Wolastoqiyik (Malécites), on trouve différents instruments traditionnels:
    Le tambour traditionnel, appelé pokuhulakon sa membrane est fabriquée avec de la peau d’orignal. La crécelle en corne, est appelée halonossis. Elle est fabriquée avec de la corne de bison ou de bœuf domestique évidée, remplie de cailloux et refermée aux deux extrémités par des pièces de bois. Le manche de bois est légèrement sculpté pour obtenir une meilleure poigne. Le bruissement, d’une hauteur constante, est obtenu en frappant la crécelle contre sa cuisse si l’on est assis ou contre la paume de la main si l’on est debout.

    Traditions musicales des Mi’kmaq

    Traditions musicales des Mi’kmaq

    Les traditions musicales des Mi’kmaq ont grandement été impactées par l’évangélisation. Le dernier rassemblement musical traditionnel dont on parle encore à Listiguj aurait eu lieu en 1921: la communauté se serait rassemblée pendant la nuit dans les bois, pour conter des histoires et danser, jusqu’à ce qu’un prêtre ne mette fin aux célébrations en dispersant les gens à l’aide d’un bâton.

    Les instruments des Mi’kmaq

    Les instruments des Mi’kmaq

    Contrairement aux autres nations, les Mi’kmaq utilisaient une forme d’instruments à percussion différente pour soutenir leurs danses et leurs chants. Ils utilisaient beaucoup le clapet (ji’gmaquan ou elaskate’kn). La forme la plus ancienne qui existe est une pièce d’écorce de bouleau repliée plusieurs fois sur elle-même et frappée à l’aide d’un bâton : cet instrument remplaçait souvent le tambour. L’instrument mi’kmaq le plus particulier est un clapet fait d’un bâton de frêne d’environ 35 cm, fendu de moitié en plusieurs lamelles. Le son vibrant est obtenu en frappant le côté lamelles contre la paume de la main. Des artisans de la communauté de Listuguj au Québec et d’Eskasoni au Cap Breton fabriquent encore ce type d’instruments.

    Traditions musicales des Kanien’kéha:ka (Mohawk)

    Chez les Kanien’kéha:ka (Mohawk), chaque chant est associé à une danse, et inversement. La plupart des chants sont accompagnés de tambours (tambours d’eau) et de hochets, et sont exécutés lors de rassemblements et pendant les événements spirituels et cérémoniels. Le système cérémoniel des Kanien’kéha:ka suit le cycle annuel des saisons, des plantations et des récoltes. On dit que pendant la guerre qui a opposé les Britanniques aux Français, les Kanien’kéha:ka (Mohawk), alors associés aux Britanniques, n’avaient pas le droit de chanter les paroles liées à leurs chants traditionnels, car leurs alliés ne comprenaient pas ce qu’ils disaient. Aujourd’hui, les nations iroquoiennes de la Confédération des Six Nations se regroupent deux fois par an pour partager leurs chants et danses, et honorer les femmes, donneuses de vie. Certains groupes partagent alors leurs compositions en langue kanien’keha pour les ajouter à une vieille chanson et ainsi retrouver leurs paroles. Les chants s’enrichissent constamment au fil des ans et peuvent compter plus de 200 couplets.

    Les instruments des Kanien’kéha:ka (Mohawk)

    Les instruments des Kanien’kéha:ka (Mohawk)

    Les Kanien’kéha:ka (Mohawk) utilisent uniquement des tambours d’eau, appelés kana’tsowi (gun-at-zoey). Ce type de tambour en bois sculpté prend la forme d’un petit récipient cylindrique. Ouvert sur le dessus, le tambour est recouvert d’une peau tannée (en peau de cerf pour les tambours classiques, en caribou pour le pow wow), tendue par des cerceaux enrobés de tissu. Afin d’ajuster et accorder le son du tambour, on prend une gorgée d’eau et on la recrache dans le tambour pour mouiller la membrane, ce qui permet de contrôler le son clair et aigu qu’il produit. Le tambour représente le cycle de la vie par sa forme et ses constituants.
    Les hochets des Kanien’kéha:ka (Mohawk), appelés ohtsawa (oh-tza-wa) sont fabriqués à base de cornes de buffles, d’écorce d’arbre, de peau d’animal, de carapaces de tortue ou de courges. Les hochets en carapace de tortue sont seulement utilisés lors des cérémonies.

    Le Pow wow

    Le pow wow est un grand rassemblement spirituel, ou de célébration. Contrairement aux idées reçues, dans sa forme actuelle répandue dans la plupart des communautés, il s’agit d’une tradition assez récente dans l’histoire du Québec, qui tire plutôt ses racines dans les plaines de l’Ouest américain (États-Unis) et canadien.

    2000

    Les groupes de chants au tambour

    Les tambours sont au cœur de nombreux groupes de différentes Nations, qui chantent en battant le rythme sur des tambours généralement appelés teweikan. Chez les Anishinabeg, on trouve par exemple les groupes Eagle River et Screaming Eagle ; chez les Atikamekw, les groupes Wemotashee Singers, Black Bear, Moose Town Singers, Northern Voice. Chez les Eeyou (Cris), le groupe Waseskun. Tous ces interprètes et parfois auteurs-compositeurs chantent dans leurs propres langues sur la plupart de leurs albums.