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  • 1885

    Sébastien McKenzie

    Sébastien McKenzie

    Sébastien McKenzie était un chasseur innu, chanteur au teueikan et commis de la Compagnie de la Baie D’Hudson au poste de traite de Fort McKenzie. Son chant Mashku nikamun (Chant de l’ours) a été entendu par toute une génération d’enfants en étant la trame sonore de l’épisode de fabrication autochtone des paniers dans Passe-Partout. Interprété a capella, ce chant reçu en rêve par l’artiste raconte l’histoire d’une chasse à l’ours, un animal sacré qui veille sur les Innus. En langue innue, le mot « mushum » peut signifier « ours » ou « grand-père ». On reconnaît un bon chasseur au nombre d’ours qu’il a pu tuer dans sa vie. Enregistré en 1964, deux ans avant la mort de Sébastien McKenzie, près de Schefferville, ce Chant de l’ours est aujourd’hui archivé au Smithsonian Center for Folklife and Cultural Heritage aux États-Unis.

    1911

    Prosper Vincent et Marius Barbeau

    Prosper Vincent est le premier prêtre catholique huron-wendat. Ordonné en 1870, c’est l’un des derniers locuteurs de la langue wendat. En 1911, il rencontre l’anthropologue Marius Barbeau, à Lorette (Village-huron, aujourd’hui Wendake), à qui il explique la signification de chants huron-wendat. Barbeau enregistre alors sur des rouleaux de cire des chanteurs et conteurs hurons-wendat, ce qui deviendra une véritable mine d’or pour la revitalisation du patrimoine musical, culturel et linguistique de la Nation.

    1932

    Alanis O’Bomsawin

    Alanis O’Bomsawin

    Née à Odanak, Alanis O’Bomsawin est une auteure-compositrice-interprète et réalisatrice abénakise. Elle s’installe à Montréal dans les années 50, où elle chante en anglais, français et en langue abénakise des chants traditionnels de sa nation, en s’accompagnant au tambour à main. En 1960, elle donne ses premiers concerts professionnels à New York, avant de partir en tournée au Canada, aux États-Unis et en Europe. Alanis lance en 1985 son album Bush Lady. Artiste engagée ayant participé et organisé plusieurs spectacles-bénéfices, elle se fait remarquer dans les milieux anglophones militants. En 1965, elle fait ainsi l’objet d’un documentaire réalisé par la CBC pour l’émission Telescope. Profitant de cette entrée dans le monde du cinéma, elle réalise des films marquants pour l’ONF, tel que Kanehsatake, 270 ans de résistance (1993). Tourné en 78 jours et nuits, il suit l’affrontement entre les forces québécoises et canadiennes et les Mohawks dans la pinède d’Oka. Une réalisation qui lui vaudra le prestigieux prix Distinguished Documentary Achievement Award de la International Documentary Association.

    Un reportage fascinant de la CBC a été réalisé en 1966 sur Mme O’Bomsawin :

    1941

    Buffy Sainte-Marie

    Née dans la communauté Piapot de la Vallée Qu’Appelle en Saskatshewan, Buffy Sainte-Marie est une artiste crie, pionnière de la musique populaire autochtone au Canada. Devenue orpheline en bas âge, elle est adoptée et élevée par de la famille dans le Maine, où elle grandit. Toujours à l’avant-garde dans le monde de la folk, elle donne ses premiers spectacles en 1962 au Canada, puis aux États-Unis sur des scènes new-yorkaises. Parmi ses titres à succès, on compte Universal Soldier (1964), qui deviendra un hymne du mouvement contre la guerre du Vietnam, censurée aux États-Unis à l’époque. Dès 1975, elle rejoint Sesame Street en tant que comédienne, chanteuse et conteuse, l’occasion pour elle de transmettre de nombreux enseignements sur les Autochtones. Elle est encore très active aujourd’hui et a inspiré de nombreux artistes autochtones contemporains.

    Willie Dunn

    Willie Dunn est un auteur-compositeur-interprète folk mi’kmaq, reconnu pour son engagement et comme étant le pionnier de la musique folk autochtone dans l’Est du Canada. Originaire de Listuguj, il grandit à Montréal. Il apprend à chanter et à jouer de la guitare en autodidacte à 14 ans, influencé par l’icône de musique country américaine Hank Williams, avant de composer ses premières chansons. En 1968, il réalise son premier court-métrage, The Ballad of Crowfoot, avec l’Office national du film du Canada (ONF), adapté de la chanson éponyme. Considéré comme le premier court-métrage musical au Canada, ce film est le précurseur des vidéoclips, et l’un des premiers films de l’ONF dirigés par un réalisateur autochtone. Le film présente une succession d’images, de photos et de textes tirés des Archives nationales du Canada, dans le but de dénoncer les injustices du régime colonial canadien, et inciter les Autochtones à prendre en charge leur destinée et à s’engager politiquement. Mort en 2013, il laisse derrière lui de nombreux albums et compositions, dont la fameuse chanson Son of the Sun (1984). De nombreux Autochtones considèrent qu’il était leur « Leonard Cohen ».

    1942

    René Weizineau

    Atikamekw d’Opitciwan, René Weizineau est reconnu parmi les siens comme le premier auteur-compositeur-interprète country en langue atikamekw. Bien qu’il soit moins connu que d’autres artistes pionniers, c’est un artiste majeur pour les Atikamekw. Né le 14 août 1942, René commence la guitare à 12 ans, puis compose ses propres chansons dans sa langue. Il a enregistré et autoproduit plusieurs albums, dont Une Rose pour maman, en collaboration avec le chanteur country innu Émile Grégoire, et Musique country atikamekw où il chante avec sa femme Alice. En 2011, le Gala Teweikan lui a décerné le trophée « Hommage et reconnaissance » pour son œuvre musicale pionnière.

    1944

    François Vincent


    Aussi appelé Kiowarini – son nom traditionnel -, François Vincent est un auteur-compositeur-interprète huron-wendat. Chansonnier francophone, il est célèbre au Québec pour son travail de pionnier et son héritage familial unique: l’artiste est issu de la famille de Prosper Vincent, le premier prêtre catholique huron-wendat ordonné en 1870 et l’un des derniers locuteurs de la langue wendat. François Vincent étudie le chant à l’académie des Trois Arts de Québec, et enregistre ensuite son premier album EP, Kiowarini en 1960. Sa célèbre chanson Le Huron vagabond fait de lui une vedette de sa génération et un ambassadeur culturel huron-wendat. Attaché à revitaliser, rechercher, interpréter et documenter les chants traditionnels de sa nation, il participe à de nombreux films, documentaires et émissions de télévision. Il a notamment été invité à parler lors de la célébration de la Grande paix de Montréal en 2001. Sa chanson La Huronne, composée par Huot et Lavigueur, est un hymne national huron-wendat.

    1948

    Morley Loon

    Morley Loon

    Cri-Eeyou originaire de Mistissini, Morley Loon est considéré comme le pionnier de la chanson folk en langue autochtone au Québec. Il fut le premier à chanter de la folk en langue cri, en dépit des moqueries des gens de son village. Auteur-compositeur interprète, on lui doit Agajee dona nooch (Yo Ya He Yay) – reprise par Ancestral Fire. Élève au Collège Manitou, il a fortement inspiré l’Innu Philippe Mckenzie à créer ses propres chansons folk dans sa langue, artiste aujourd’hui reconnu comme le pionnier du mouvement de musique populaire en langue innu. Morley Loon a côtoyé et influencé les chanteurs folk autochtones des années 1960-1970 avec sa musique et son style à la Mike Jagger. De quoi faire danser les jeunes autochtones.

    1953

    Philippe McKenzie

    Philippe McKenzie

    Auteur-compositeur-interprète folk, Philippe Mckenzie est considéré comme le pionnier des musiques populaires en langue innu-aimun. Il commence la guitare vers l’âge de 13 ans, avec les deux guitares qui passaient de main en main dans le village de Maliotenam. Il intègre dans sa musique le tambour innu teueikan, pour faire revivre cet instrument et le son des aînés dans ses compositions, qui mêlent sonorités traditionnelles avec le son folk populaire de l’époque. Il délaisse ensuite ce tambour pour le remplacer par des sons et des rythmes similaires, afin de respecter les enseignements des aînés sur la puissance spirituelle du teueikan. Philippe enregistre son premier album vinyle avec le Service du Nord de Radio-Canada à Montréal grâce à Morley Loon, qui l’a présenté à la SRC. Il a ainsi produit trois petits vinyles dans les années 1970 : Indians Songs in Folk Rock Tradition (c1975), Innu (c1976) et Groupe folklorique montagnais (Mckenzie et al. c1977), ce dernier avec Bernard Fontaine et Florent Vollant.

    1955

    Willie Mitchell

    Willie Mitchell

    Comment une grave erreur policière peut changer le cours de votre vie? En 1969, Willie Mitchell, un artiste anishnabe âgé de 15 ans est grièvement blessé par balle à la tête par la police. Le dédommagement de 500$ qu’il reçoit suite à l’incident lui permet d’acheter la guitare de ses rêves: une Teli, le même modèle que le guitariste de Johnny Cash. C’est le début d’une belle carrière pour cet auteur-compositeur-interprète folk-rock originaire de Kitigan Zibi, et les débuts de son groupe de rock, Northern Lights. Un projet de film est en cours, pour raconter cet incident, avec son petit fils dans le rôle de son grand-père. Sa chanson Big Police Man raconte cette histoire. Ring of Fire fait également partie de son répertoire, qu’il interprète avec son petit-fils Elijah Picard, qui est un peu un « Justin Bieber » innu.

    1957

    Gilles Sioui

    Gilles Sioui

    Chanteur folk et bluesman huron-wendat, Gilles Sioui était un artiste autochtone de grand talent. Né à Wendake en 1957, sa carrière débute en 1974 dans l’orchestre de son frère, les Ook Pik. Fin 1970, il interpréte dans les bars Jimi Hendrix et Neil Young, joint Stephen Barry Band à Montréal et développe son propre style en travaillant, entre autres, avec Big Moose Walker et Big Mama Thornton. Début 90, il monte le trio Soft Rain et accompagne le groupe Kashtin dès ses débuts. En 1990, il fonde le groupe Midnight Riders avec son frère Bruno et son cousin Réal Lesage. Au cours de sa carrière, Gilles Sioui a participé à l’enregistrement de plus d’une cinquantaine d’albums et à une multitude de concerts. Engagé, il avait à coeur d’encourager les jeunes autochtones et la relève musicale autochtone et a combiné ses talents d’intervenant social et de musicien pour organiser des rencontres dans les communautés innues, atikamekw et wendat.

    1960

    Le mouvement folk autochtone


    Dans les années 60 et 70, place à la folk! Les artistes Willie Dunn, Morley Loon, Gilles Sioui, Willy Mitchell sont – entre autres – à l’origine d’un grand mouvement de musique folk autochtone. En 1967, Willie Dunn (Mi’kmaq) est l’un des heureux élus autochtones à se présenter en spectacle pendant la fameuse Expo ’67 de Montréal.

    1970

    Sugluk / Salluit

    Sugluk / Salluit

    Sugluk (devenu Salluit) est un groupe de rock inuit, formé au début des années 1970 à Sugluk Inlet, dans le nord du Nunavik. Influencés au départ par Jimi Hendrix, les Beatles et Cream, différents musiciens font partie du groupe au fil des ans, comme la chanteuse populaire inuite Elisapie Isaac. Très populaire dans les années 1970 et 1980, le groupe fait des tournées dans le monde inuit et au-delà. En 1973, Salluit donne son premier concert au sud du Nunavik, en participant au grand spectacle bénéfice pour le Save James Bay Fund à Montréal, aux côtés d’artistes québécois, autochtones, canadiens et américains, dont Willie Dunn et Alanis Obomsawin. Aujourd’hui, certains anciens membres chantent toujours de la musique gospel, comme une bonne partie des musiciens inuits.

    1978

    Charlie Penosway

    Anishnabe de Kitcisakik, Charlie Penosway n’est pas très connu du grand public, mais très reconnu parmi les siens. Véritable pionnier de la chanson country-folk en langue anishnabemowin, Charlie a été introduit à la musique des violoneux et à la guitare par son père et des musiciens de la communauté de Grand Lac Victoria où ils vivaient. Autodidacte, ce mélomane a composé ses premières chansons en langue anicinabemowin vers 1978, en s’inspirant des courants musicaux de l’époque, ainsi que des premiers chanteurs innus en langue autochtone (Philippe McKenzie, Kashtin et Bernard Fontaine). Il s’est enregistré lui-même sur cassettes, malheureusement aujourd’hui disparues.

    1984

    Kashtin

    Kashtin

    Kashtin, qui signifie « tornade » en langue innue, est un duo composé de Florent Vollant et Claude McKenzie, deux artistes originaires de Maliotenam. Fortement inspirés par les chanteurs Philippe Mckenzie, Morley Loon, Willie Dunn et Willy Mitchell, ils composent de la musique pop, fol et country dans leur langue, l’innu. Leur premier album, Kashtin, sort en 1989 et se classe Numéro 1 à a radio au Québec et en France, et remporte 4 Félix au Gala de l’ADISQ.

    2000

    Les groupes de musiciens

    Les percussions sont au cœur de nombreux groupes de différentes Nations, qui jouent des chants sur des tambours généralement appelés teweikan. Chez les Anishnabe, on trouve par exemple les groupes Eagle River et Screaming Eagle ; chez les Atikamekw, les groupes Wemotashee Singers, Black Bear, Moose Town Singers, Northern Voice. Chez les Cris, le groupe Waseskun. Tous ces interprètes et parfois auteurs-compositeurs chantent dans leurs propres langues sur la plupart de leurs albums.

    2018

    Contemporain

    Contemporain

    La relève a de beaux jours devant elle. Les organismes comme Musique Nomade et Wapikoni Mobile forment de nombreux jeunes à devenir des musiciens dans les communautés autochtones partout au Québec. Shauit, Moe Clark, Pakesso Mukash et bien d’autres artistes contemporains mêlent musiques traditionnelles et nouveaux genres – folk, rock, hip hop, reggae… Un métissage au pouvoir de toucher un public de plus en plus large.