HOMÉLIE DU DIMANCHE 30 NOVEMBRE 2003
Avent 1

CHAPELLE DU GRAND SÉMINAIRE
Montréal (Québec)

Président de l'assemblée:
Benoît Lacroix, o.p.

 

Jérémie (33, 14-16)
Thessaloniciens (3, 12-4, 2)
Saint Luc (21, 25-36)

En ce premier dimanche de l'Avent 2003, parlons-nous d'attente, de désirs, avec le mot si cher à celui qui, mercredi dernier, nous quittait: parlons-nous d'«espérance».

Mais comment faire? Après ce que nous venons de lire? À savoir qu'il y aura des «signes dans le soleil, la lune et les étoiles... et des fracas de mer et de tempête». Sans oublier nos images de guerre, de famine et de maladie en tout pays.

Pourtant! Pourtant, notre Dieu n'est pas le Dieu des catastrophes. Dieu, s'il est Dieu, ne peut pas favoriser le mal. Ainsi que le disent encore nos livres sacrés: «notre Dieu n'est pas un Dieu des morts, mais un Dieu des vivants» (Mt 22, 32). Notre Dieu en Jésus n'est pas un Dieu de destruction, mais un Dieu de création et d'accomplissement (cf. Mt 5, 17). Celui à qui plusieurs d'entre nous ont consacré leur vie, ce Dieu qui nous a aimés le premier et qui nous aime encore. Dieu des Alliances! Dieu des amitiés les plus sacrées! Dieu Amour! Dieu fidèle! Dieu de lumière et non Dieu des Ténèbres!

Si parfois la parole de Dieu est menaçante, ce n'est pas pour nous écraser. Plutôt pour nous avertir, nous garder vigilants dans l'espérance du meilleur. Dieu nous espère, comme on dirait en Gaspésie. Dieu nous désire, comme le disent les psaumes. Dieu nous attend, comme le dit la liturgie de l'Avent. De lui nous avons, chacune, chacun, déjà reçu la vie, le temps, l'espace cosmique qui nous enveloppe, et les jours et les saisons. En plus, nous avons reçu une promesse: «Je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin des temps» (Mt 28, 30). Par Jésus encore: «Qui croit en moi, même s'il meurt, aura la vie éternelle» (Jn 3, 16).

Bref, ce qui nous est proposé, à travers la Parole entendue et lue et chantée, est de relever la tête, de rester éveillés à la pensée divine positive. Chacune et chacun nous sommes invités à l'espérance malgré nos abus de liberté!

Quel que soit notre chagrin ou notre douleur, nous sommes invités, chacune, chacun, à regarder non pas en arrière mais en avant, à suivre de notre mieux la petite route de notre vie la plus intime. Tout est grâce!

En santé ou en maladie, jeune ou moins jeune, le meilleur est au-dedans de nous: là où se retrouvent et se croisent nos pensées, nos désirs, nos espérances. Ainsi dit le prophète Jésus: «Le royaume de Dieu est au-dedans de vous (cf. Mt 6, 33)... Que votre coeur ne se trouble pas (Jn 14, 1)... Je suis le chemin, la vérité, la vie (Jn 14, 6)». Notre Dieu, Dieu de l'Avent aligné sur Noël, est un Dieu de miséricorde et de patience. Il sait que nous sommes le plus souvent meilleurs que nos actes.

Et pour finir, rien de plus positif que de reprendre le souhait entendu durant cette liturgie de la Parole: «Que le Seigneur vous donne, entre vous et à l'égard de tous et de toutes, un amour de plus en plus intense et débordant». (I Th 3, 12)


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