HOMÉLIE DU 11 NOVEMBRE 2001
32e dimanche du temps ordinaire

INSTITUT UNIVERSITAIRE DE GÉRIATRIE
DE MONTRÉAL

Président de l'assemblée:
Yvon Marcoux, prêtre

 

Le second livre des Martyrs d'Israël (7, 1-2, 9-14)
La seconde lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens (2, 16, 3-5)
Saint Luc (20, 27-38)

Bien chers amis,

Tous les textes bibliques de la célébration d'aujourd'hui nous sont proposés pour que nous gardions tout au long de notre vie, particulièrement dans les moments d'épreuves, une confiance sans borne, au Dieu tel que révélé en plénitude par Jésus-Christ.

La parole de Dieu est là pour inspirer notre vie quotidienne et donner un sens ultime à nos actions, à nos pensées comme à notre destinée. Elle nous parle aujourd'hui de résurrection. La bonne nouvelle à retenir dès maintenant est que nous sommes voués après notre mort, non pas au néant - ce qui rendrait notre existence complètement absurde -, non pas à une sorte de réincarnation possible - comme si nous devions constamment nous parfaire pour mériter le bonheur, sinon le ciel -, non pas seulement à une survie à travers nos enfants - ce qui ne peut répondre complètement aux aspirations profondes de notre être -, mais bien à la résurrection de la chair et à la vie éternelle. Tout comme Jésus au lendemain de sa mort, et ce pour être heureux avec Dieu, notre père, pour l'éternité.

La première étape de cette bonne nouvelle, nous la recevons d'abord aujourd'hui dans le deuxième livre des Martyrs d'Israël, le livre des Maccabées. L'épisode relaté à travers le témoignage de ces trois enfants juifs qu'Antiochus Épiphane voulait voir transgresser les lois de leurs pères, montre non seulement comment ceux-ci sont prêts à mourir pour rester fidèle à Dieu, mais combien ils croient que Dieu ne peut les abandonner après leur mort, sans les rappeler ultérieurement à la Vie.

Bien sûr qu'à cette époque, on avait enfin compris que Dieu ne pouvait abandonner son peuple, car Dieu se serait renié lui-même, aurait renié ses promesses faites à Abraham, Isaac et Jacob. Mais de là à croire que Dieu nous ressusciterait en chair et en os, tous et chacun pris individuellement. si nous acceptons de mourir par fidélité, c'est la VÉRITÉ que ces jeunes révèlent à travers leur confiance en ce Dieu fidèle qui ne peut nous abandonner après la mort, Lui qui nous a soutenus déjà tout au long de notre vie.

La deuxième étape de cette bonne nouvelle nous est révélée également aujourd'hui à travers les combats de Jésus avec ceux qui doutaient de lui. Les trois jeunes du livre des Maccabées mettaient une restriction à la résurrection: seuls ceux qui sont fidèles ressusciteront. Avec Jésus, il en va tout autrement. La résurrection des morts est le fait de tous. Ceux qui en doutaient, en l'occurrence les Sadducéens, croyaient que l'on continuait de vivre après notre mort comme avant, ce qui ne pouvait mener qu'à des absurdités. Jésus révèle à ceux qui se servent de l'Écriture pour leur propre fin et non pour connaître vraiment la vérité, que dans l'au-delà, il n'est plus question de reproduction, mais uniquement d'Amour parfait en Dieu, sans plus, que rien ne puisse détruire.

Nos amours humains d'ici-bas portent déjà en nous ce qu'elles seront dans l'éternité; comme dans la vie et la vie éternelle, elles transgressent la mort; nous les retrouverons transfiguré sur l'autre rive. Or, pour Jésus, tout comme son pardon, l'Amour de Dieu est accordé inconditionnellement à tous les hommes; à nous de l'accepter et de le recevoir librement. Il est le Dieu des vivants et non des morts; nous sommes tous appelés non seulement à être dignes d'avoir part au monde à venir, mais également à vivre avec Lui et pour Lui.

La troisième étape de cette bonne nouvelle nous est présentée par saint Paul. Il nous dit de mettre en tout notre confiance dans le Seigneur. Si nous sommes infidèles, Dieu, Lui, ne change pas d'idée, il est et restera fidèle dans ses engagements envers nous. Son amour nous ressuscite à la Vie; il est gratuit et non accordé en fonction de nos mérites. C'est cela qui doit nous réconforter et nous faire vivre d'une joyeuse espérance.

Bien chers amis, puissent ces convictions éclairer toute notre vie présente et nous aider dans nos épreuves, nos maladies. En ce jour du Souvenir, rappelons à notre mémoire non seulement nos morts du 20e siècle qui ont perdu leur vie sur les champs de bataille par amour pour nous, mais également ceux et celles qui ont consacré et qui consacrent actuellement leur temps libre pour faire du bien autour d'eux. Ils témoignent ainsi de leur foi vivante en Dieu en accomplissant au quotidien de leur vie, selon les mots mêmes de saint Paul, ce que Dieu fait en nous lorsque la confiance existe:
«Laissez-vous réconforter par Notre Seigneur Jésus lui-même et par Dieu notre Père, lui qui nous a aimés et qui, dans sa grâce, nous a pour toujours donné réconfort et joyeuse espérance; qu'ils affermissent votre cour dans tout ce que vous pouvez faire et dire de bien.»


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