English Plus

Les personnages

« Retour

Ron Haeberle – Épisode 3

Lieu : Sud-Vietnam

Au début des années 1960, l'Américain Ron Haeberle prenait des photos pour le journal de son université. Puis son pays est entré en guerre. Il a été appelé sous les drapeaux et envoyé au Sud-Vietnam. Du fait de son expérience, Ron a été affecté à la couverture des opérations militaires en tant que photographe officiel de l’armée.

Le 16 mars 1968, Haeberle a été témoin du massacre de civils par des soldats américains à My Lai. C’est lui qui a pris les seules photographies de ce carnage. Un an plus tard, les photos en couleur qu’il avait prises des femmes et des enfants vietnamiens tués ont été publiées d’abord dans le Plain Dealer de Cleveland, puis dans le magazine Life, avant d’être montrées au journal télévisé du soir.

« Il y avait quelques Sud-Vietnamiens, peut-être une quinzaine, dont des femmes et des enfants, qui marchaient sur une route en terre battue 100 mètres plus loin. Tout à coup, les G. I. ont juste ouvert le feu avec leur M-16 », racontait Haeberle au Plain Dealer. « Au fur et à mesure qu’ils approchaient du village, ils n’arrêtaient pas de tirer sur les habitants. Je me souviens très bien de cet homme portant un bébé d’un bras et tenant un enfant de l’autre, qui s’avançait vers nous. Ils nous ont vus et nous ont suppliés de les épargner. La petite fille disait « non, non » en anglais. Puis, tout à coup, on a entendu une rafale et ils ont été abattus. »

Vingt-six soldats américains ont été accusés de crimes dans ce massacre, et également d’avoir tenté de le camoufler. Aucune accusation n’a été retenue contre Ron Haeberle. Un seul soldat américain, le lieutenant William Calley, a été déclaré coupable de meurtre prémédité. Plus tard, le président Nixon a réduit la peine de prison à vie du soldat Calley, qui a purgé trois ans en assignation à résidence.

Haeberle a admis avoir pris des photos d’Américains tirant sur les civils : « J’ai pris des photos de la fusillade. Mais ces photos ont été détruites. Par moi. »

En 2000, Ron Haeberle est retourné au Vietnam pour y effectuer un périple à vélo. Il s’est arrêté à My Lai et a visité le musée du village et le jardin de la paix. Il a été surpris d’y voir ses photos exposées.

« Je me suis retrouvé en train de m’excuser pour ce qui s’était passé », a ajouté Ron. « Je me promenais seul. Il n’y avait personne, et je marchais en demandant pardon en silence. »

Les auteurs Michael Bilton et Kevin Sim ont écrit dans leur livre Four Hours in My Lai à propos d’Haeberle : « Des années plus tard, les photos de My Lai rapportent à Haeberle un revenu régulier. Chaque fois que ses photos sont publiées, où que ce soit dans le monde, il perçoit des droits et continue ainsi de profiter du fait qu’il était présent au moment du massacre, même s’il n’a rien fait pour l’arrêter ni pour le dénoncer plus tard. »

L’armée américaine a reconnu que 347 civils avaient été tués ce jour-là à My Lai. Sur le monument commémoratif vietnamien dans le village sont inscrits les noms de 504 morts.

Visionner les épisodes

À l'ombre de la peurVisionnez le 1er épisode À l'ombre de la peur Une guerre des nerfs<Visionnez le 2e épisode Une guerre des nerfs Une brèche dans le murVisionnez le 3e épisode Une brèche dans le mur Guerre des motsVisionnez le 4e épisode Guerre des mots

Rester connectés