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Tamara Vasilevna Eremeeva - Épisode 2

Lieu : Moscou

Tamara Vasilevna Eremeeva est née en 1935, à la veille de la purge la plus sanglante du régime stalinien, et pratiquement toute sa vie, Tamara a vécu dans la peur.

Elle avait peur de la guerre et de la faim, mais aussi du monde extérieur.

Mais comme beaucoup de ses compatriotes de cette époque, Tamara ne s’est pas laissé abattre. Ses parents, qui avaient fui la famine en Ukraine dans les années 1930, s’étaient établis à Saint-Pétersbourg, ou Leningrad, comme la ville s’appelait alors.

Tamara, qui provenait d'un milieu ouvrier, a eu accès à l'éducation et est devenue infirmière en chirurgie. Après avoir survécu à la Seconde Guerre mondiale, Tamara s’est mariée avec le directeur d’une usine d’acier, Boris Ivanovitch, avec qui elle a eu deux enfants.

Au début de leur mariage, comme bon nombre de gens à l’époque, ils vivaient dans des baraquements, partageant une cuisine avec 40 autres familles. Malgré tout, ils étaient reconnaissants pour ce qu’ils avaient, ne remettant jamais en question leurs leaders ni la propagande de la guerre froide. Ils croyaient fermement que l'ennemi, c'était le capitalisme et l’Amérique.

Ils participaient volontiers aux exercices d’alerte aérienne, même s’ils étaient conscients que les abris souterrains et les masques à gaz seraient inefficaces en cas d’attaque nucléaire. Le calme qu’ils affichaient témoignait du fait qu’ils avaient déjà survécu à une guerre.

Leur fille Elena, qui était d’âge scolaire au début des années 1960, était terrifiée par ces exercices d’évacuation aux abris et par le caractère apocalyptique de la menace nucléaire. Toutefois, la propagande soviétique la rassurait en lui promettant qu'elle serait en sécurité dans ce régime fermé.

Mais Elena était une artiste dans l’âme. Son amour pour la musique la poussait à s’interroger sur ce qui se passait en Amérique et à l’extérieur des frontières.

Des années plus tard, quand l’Union soviétique s’est effondrée, Elena a émigré au Canada. Sa mère, Tamara, est restée dans son pays. Tamara a essayé de s’adapter au monde nouveau après la chute du communisme, mais comme peuvent l’attester tous ceux qui ont vécu sous le régime soviétique, les anciennes peurs peuvent se réveiller en une fraction de seconde.

C’est ce qui s’est produit quand, un soir, un réalisateur de CBC a téléphoné inopinément à Tamara pour lui demander de lui parler de son passé, ainsi que des abris antiaériens. Plus tard, Tamara a confié à sa fille qu’elle n’avait pas dormi cette nuit-là. À l’époque soviétique, il était formellement interdit de parler des abris antiaériens au téléphone, encore moins à un étranger, au risque de finir dans un camp de prisonniers en Sibérie.

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