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Le camion de crème glacée, d’une époque à l’autre

M. Brown qui tend un cornet de crème glacée à une fillette
M. Brown dit adorer être en contact avec le public avec son camion de crème glacée.   Photo : Courtoisie Brise-Glace

Ce camion de crème glacée qui faisait courir à sa suite des ribambelles d’enfants aux joues roses dans les années 70 et 80 a disparu depuis un temps des quartiers résidentiels. Si c’est ailleurs qu’on le croise maintenant, il demeure un vecteur de bonheur instantané et universel durant les chaudes journées d’été.

Un texte de Véronica Lê-Huu

« C’est la fête tout le temps! » Au son d’une musique latino, Martin Brown distribue ses plaisirs glacés depuis son camion Brise-Glace aux inscriptions bigarrées.

Sundaes, spirales de crème molle, parfaits et autres barbotines créent l’attroupement dans le parc industriel où il se trouve.

Cela fait 34 ans que le propriétaire opère son entreprise, avec le même plaisir renouvelé. Il se souvient de ses visites-surprises dans les petites rues de quartiers dans les années 80.

« Quand j’ai commencé en 1985, il y avait peu de bars laitiers dans les municipalités, ils étaient plutôt rares et à ce moment-là, c’était comme la fête quand on venait, c’était un événement », relate-t-il.

Le camion de crème glacée Brise-Glace dans un stationnement
Le camion de crème glacée Brise-Glace est en fonction depuis 1985. Photo : Radio-Canada/Sandra Lalancette

Rentabilité

Mais la multiplication des bars laitiers dans les municipalités, l’obligation de détenir un permis de même que l’augmentation des frais d’essence pour un camion toujours en mouvement ont soulevé des doutes sur la viabilité du concept. Des questions de sécurité préoccupaient aussi le propriétaire.

« Les enfants souvent nous suivaient en bicyclette. Ils étaient peut-être 20, 30 faisaient les quartiers de rue avec nous et moi, un moment donné, je trouvais que c’était un peu à risque. »

Les ventes étaient aussi aléatoires. Il faut dire aussi que le cœur de M. Brown fondait devant un enfant s’amenant les poches vides.

« Les enfants quand ils voyaient le camion arriver, ils ne s’attendaient pas à nous voir, mais souvent ils n’avaient peut-être pas l’argent. L’enfant à côté avait son cornet et l’autre non et moi, ça me pinçait au cœur et je leur donnais des cornets. J’ai tout le temps adoré mon domaine, offrir des cornets à la crème glacée, ça me faisait plaisir! »

Confection d'un sundae au caramel
Les sundaes avec coulis au caramel font partie des plaisirs sucrés offerts par le glacier ambulant. Photo : Radio-Canada

Événements corporatifs et festivals

Pour continuer d’en vivre toutefois, il a fallu se tourner vers des sorties plus rentables : fêtes de fins d’années scolaires, événements corporatifs et festivals où la clientèle est déjà réunie sur place.

Et c’est un « feu roulant » tout l’été avec son camion. Lors de grands rassemblements, le Brise-Glace peut fournir 400 cornets à l’heure avec sa machinerie compacte.

Charger les pintes de crème, abaisser la manette de la machine à crème glacée, garnir de caramel, fraises, chocolat, saupoudrer d’arachides, la valse-distribution se répète, sur fond de tintement de tiroir-caisse.
Heureusement, le contact avec les gens reste le même, toujours réjouissant, mentionne M. Brown.

« C’est pas un travail pour moi, c’est un plaisir. Tout le monde est dans la joie, que ce soit des enfants, des adultes, dans les foyers de personnes âgées. […] Les gens sont tout le temps heureux, ont tout le temps le sourire aux lèvres, c’est tout le temps la surprise ».

Offrir le bonheur

Des finissants devant le camion de crème glacée Brise-Glace
Le camion de crème glacée de M. Brown est parfois loué par des jeunes pour leur bal de finissants.   Photo : Courtoisie Brise-Glace

Ce professeur de massothérapie l’hiver se dit particulièrement heureux durant la belle saison. Il a d’ailleurs acheté cette année un deuxième bar laitier mobile.

La période des bals de finissants quand les jeunes troquent la limousine pour la machine à crème glacée procure des moments inoubliables.

« Ils sont 6, 7, 8 dans le camion. Ils sont habillés en robes de bal, tuxedo et je les amène avec la musique, ça chante dans mon camion, c’est génial! »

Par-dessus tout, ce généreux amant de la crème glacée se dote aussi d’une mission sociale. Le plus souvent possible, dit-il, il se rend auprès de gens plus démunis pour offrir en don un peu de réconfort sucré.

« Il y a une maison à Québec où sont situées les femmes violentées, je vais offrir de la crème glacée, Leucan aussi, la Maison Michel-Sarrazin, je leur fais des surprises. Je me présente et je dis : voulez-vous que je donne de la crème glacée aux gens qui sont ici? Ils disent tout le temps oui, ça, j’aime le faire le plus souvent possible. »

Le reportage complet à voir dans l'épisode du 3 août, diffusé à 18 h 30 à Québec sur demande.

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