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L’Étape, travailler au kilomètre 135

L'Étape dans la réserve faunique des Laurentides
L'Étape dans la réserve faunique des Laurentides Photo : Radio-Canada

Située au coeur de la réserve faunique des Laurentides, L’Étape est une des haltes routières les plus connues du Québec. À mi-chemin entre Québec et Saguenay sur la route 175, l’endroit est tenu par des employés qui vivent sur place pour assurer le service de restauration, de dépanneur et de station-service en continu.

Un texte de Véronica Lê-Huu

Une trentaine d’employés ont une chambre dans un bâtiment à l’abri des visiteurs, qui jouxte la halte routière.

Nathalie Lejeune devant le restaurant Coq Rôti
Nathalie Lejeune est une des quatre gérants de L'Étape. Photo : Radio-Canada

Les gérants, employés des cuisines, caissiers, employés d’entretien, qui proviennent majoritairement du Saguenay-Lac-Saint-Jean, y résident durant leur semaine de travail de 40 heures, qu’ils effectuent en quatre jours, explique Nathalie Lejeune, une des gérantes.

« Ici, les employés travaillent 10, 12 heures par jour alors quand ils arrivent le soir, ils prennent une douche, relaxent. Ils se couchent de bonne heure, ça se lève très tôt donc, c’est très tranquille, il n’y a pas de gros party! »

Tourtière et pouding chômeur

Plat de macaroni et tourtière
La tourtière est un des plus gros vendeurs au restaurant de L'Étape, selon la gérante Nathalie Lejeune Photo : Radio-Canada/Maxime Denis

Car le travail à L’Étape ne connaît pas beaucoup de répit. Il faut satisfaire des milliers d’automobilistes et de routiers qui y font un arrêt chaque semaine pour se reposer, laisser passer le mauvais temps ou encore répondre à l’appel du ventre.

« Il y a du monde de Québec, Montréal qui descend juste pour venir chercher de la tourtière du Saguenay-Lac-Saint-Jean, cuisinée sur place. En plein été, c’est cinq grosses tourtières qu’on vend par jour », affirme la gérante qui souligne que le pouding chômeur maison est aussi un gros vendeur.

Selon elle, la clientèle de L’Étape augmente d’année en année depuis la réfection de la route 175 à quatre voies.

Histoires humaines

René-Claude Girard assis à l'extérieur dans son camping
René-Claude Girard, ancien propriétaire du dépanneur et du service de remorquage à L'Étape a plein d'anecdotes à raconter. Photo : Radio-Canada/Sandra Lalancette

À L’Étape, pas une journée ne ressemble à la précédente.

« On a déjà fait coucher du monde dans la salle à manger quand la route a fermé en hiver, on essaie de faire du mieux qu’on peut avec les clients », relate Mme Lejeune.

Il faut une réelle passion pour y travailler, loin de tout, à répondre aux besoins des voyageurs de passage, mentionne pour sa part René-Claude Girard, ancien propriétaire du dépanneur et du service de remorquage durant près de 12 ans.

Le corridor routier a longtemps été l’une des routes nationales les plus dangereuses au Québec. Le travail a quelques fois pris des tournures tragiques.

Route 175 dans la réserve faunique des Laurentides
Route 175 dans la réserve faunique des Laurentides Photo : Radio-Canada

« Quand je suis arrivé en 2002, c’était l’ancienne route et ce qui était vraiment marquant, c’était la période où il y avait des congés Noël, Pâques, c’était tout le temps tragique. En 2003, j’ai été le gars qui a ramassé le plus de cadeaux de Noël dans le fossé », se rappelle le retraité.

Quelles que soient les difficultés, c’est les histoires humaines, des fois saugrenues, que garde en mémoire M. Girard, qui ne tarit pas d’anecdotes sur la vie au kilomètre 135.

« On a secouru beaucoup de gens. J’ai déjà secouru une femme dans un fossé. Elle était rendue là et elle ne savait pas quoi faire alors elle tricotait en attendant », évoque-t-il avec humour.

Patrouille Secours et la Coopérative des techniciens ambulanciers du Québec sont également sur place pour subvenir rapidement aux besoins.

« C’est des gens qui ont tellement rendu de services, sauvé de vies, affirme M. Girard. Ils ont une compétence extraordinaire! »

En pleine nature

Chemin dans la forêt de la réserve faunique des Laurentides
Réserve faunique des Laurentides Photo : Radio-Canada

La route est maintenant beaucoup plus sécuritaire, souligne par ailleurs M. Girard.

Les automobilistes circulent nombreux et la clientèle change au fil des saisons. L’été, le secteur est très apprécié des familles qui viennent à la pêche, l’automne laisse place aux chasseurs.

Le site en pleine nature et entouré d’animaux procure au fil des saisons ses moments magiques, se remémore M. Girard.

« Nous, on n’avait pas de chien, on se promenait avec un renard. Un jour, on voulait avoir un chien plus gros, alors on a eu un ours. On le nourrissait, des fois, je donnais presque des spectacles aux gens du camping avec mon ours Winnie! »

Le retraité a choisi de demeurer proche de la nature en vivant à deux pas de L’Étape, dans le camping La Loutre. Il reçoit la visite de ses enfants et petits-enfants pour lesquels L’Étape est toujours un arrêt obligé, à l’écart des centres urbains.

L’Étape a été entièrement rasée par un incendie en 2003 et reconstruite en 2006. Elle comprend des installations sanitaires, un restaurant Coq rôti, un dépanneur et un poste à essence. Les actuels propriétaires, des gens d’affaires de Saguenay, détiennent les droits exclusifs d’exploitation de l'aire de service dans la réserve faunique des Laurentides.

Le reportage complet à voir dans l'épisode du 10 juillet, diffusé à 18 h 30 à Québec sur demande.

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