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L'inoubliable saison de misère des Dynamos

L’édition 1977-1978 des Dynamos de Shawinigan L’édition 1977-1978 des Dynamos de Shawinigan L’édition 1977-1978 des Dynamos de Shawinigan

Trois victoires en 72 matchs. Une moyenne de 9,5 buts accordés par rencontre. À peine 10 points accumulés au classement. Quatre entraîneurs-chefs en une seule saison. Retour sur la pire saison de l’histoire du hockey junior majeur québécois.

Un texte d'Antoine Deshaies

Aucune défaite n’a autant marqué les Dynamos de Shawinigan que celle du 29 janvier 1978. Encore aujourd’hui, les 22 buts donnés ce soir-là au Palais des sports de Sherbrooke, dans une défaite de 22-4, constituent un record de la Ligue de hockey junior majeur du Québec.

Et pourtant, les Dynamos, ancêtres des Cataractes, en avaient subi des dégelées au cours de cette saison 1977-1978, soit une défaite de 12-2 à Verdun, une autre de 14-0 contre Trois-Rivières, ou encore une de 18-0 contre ces mêmes Castors de Sherbrooke pour ne citer que celles-là.

Quarante ans plus tard, cette saison de 3 victoires, 65 défaites et 4 matchs nuls reste la pire de l’histoire de la LHJMQ. En comparaison, la pire équipe des Nordiques de Québec, en 1989-1990, avait remporté 12 victoires en 84 matchs.

« Dans le vestiaire, on ne se demandait pas si on allait gagner, mais plutôt par combien on allait perdre », résume aujourd’hui l’ancien joueur Benoit Desjardins.

« À chaque match, on nous envoyait à l’abattoir, se rappelle le gardien Louis Grenier. Je savais que si je ne goalais pas au-dessus de ma tête, on ne gagnerait pas. »

Grenier et ses trois collègues ont accordé un ahurissant total de 687 buts au cours des 72 matchs. Premier gardien de l’équipe, Grenier a maintenu une moyenne de 8,77 buts donnés par match en 43 présences.

Robert Paquet, lui, a présenté une moyenne 9,74 en 40 présences. Suivent Michel Bérard et Serge Binette avec leur encore plus ronflante moyenne de 10,05 et 14,11.

Les largesses en défense des Dynamos étaient le syndrome le plus apparent d’une organisation vacillante qui a vu défiler quatre entraîneurs-chefs derrière le banc lors de cette saison de misère.

La saison 1977-78 aurait pu être la dernière du hockey junior majeur à Shawinigan. Elle a plutôt servi de rampe de lancement.

Extrait de la défaite de 17-4 des Dynamos le 3 mars 1978 contre le Junior de Montréal
(Images : Radio-Canada)

Le 29 janvier 1978, à Sherbrooke, le gardien Louis Grenier a été renversé par le robuste Rick Vaive et a perdu la carte. Son match n’a même pas duré quatre minutes. Il avait déjà accordé deux buts en trois lancers.

Le bagarreur Denis Houde, lui, se souvient d’une présence particulièrement intense en troisième période.

« Je suis arrivé au banc à bout de souffle et personne n’était disponible pour me remplacer, raconte l’ex-défenseur. J’ai dû rester sur la glace. »

Le banc des visiteurs avait perdu près de la moitié de ses soldats.

Quatre ou cinq joueurs étaient restés à jouer aux cartes dans le vestiaire après la deuxième période, écoeurés. Il ne restait que deux trios et demi!

L’ex-attaquant Benoit Desjardins

Joueurs exaspérés, blessés ou punis par l’entraîneur? La mémoire des témoins de l’histoire vacille 40 ans plus tard.

Chose certaine, l’expression « retourner le fer dans la plaie » a possiblement été inventée ce soir-là à Sherbrooke.

Avec environ deux minutes à faire au match, l’entraîneur des Castors, Ghislain Delage, a retiré son gardien de but pour le remplacer par un sixième attaquant. Le pointage était pourtant de 21-4 en sa faveur. Les Castors ont marqué un 22e filet.

« J’essayais simplement de battre le record de buts marqués dans un match, se défend Delage quatre décennies plus tard. Je ne voulais aucunement humilier les gens de Shawinigan, je pensais simplement à faire plaisir à nos partisans. Ç’a été très mal reçu en Mauricie… »

Le geste avait mis le feu aux poudres, en effet. Delage avait été traité de tous les noms. Encore aujourd’hui, il maintient qu’il a pris la bonne décision, mais il s’excuse aux gens qui ont été froissés à l’époque.

« Je me souviens que notre entraîneur Joe Canale avait pété toute une coche », dit l’attaquant Robert Dubuc.

« Ç’a été le moment le plus difficile de la saison, avoue Canale. Après le match, on a laissé la poussière retomber et on s’est remis au travail. À force d’efforts, mes joueurs ont réussi à se refaire une confiance. »

La colère était encore bien palpable cinq jours plus tard quand les Dynamos et les Castors se sont retrouvés. À Shawinigan cette fois.

Ghislain Delage avait l’habitude d’aller manger dans un petit restaurant du centre-ville de Shawinigan avant les duels contre les Dynamos. Ça lui permettait de relaxer avant des soirées animées.

Mais le 3 février 1978, il a fait entorse à sa routine. « On m’avait dit ne pas y aller parce que des gens en colère m’y attendaient », se rappelle Delage.

Ce soir-là, les Castors ont affronté une équipe gonflée à bloc, galvanisée par une foule survoltée.

« L’aréna était plein et les gars ont tout donné », raconte Joe Canale.

C’est comme si la ville de Shawinigan avait senti qu’on avait besoin de soutien parce qu’on était moins forts.

Joe Canale

L’affrontement, ponctué de bagarres, s’est conclu par un match nul de 5-5. L’honneur avait été vengé.

« Je me souviens du sentiment de fierté palpable dans le vestiaire, confie Robert Dubuc. On était pompés et, logiquement, ça avait mal viré. »

Le match s’est terminé dans le tumulte et la bagarre, sur la glace et près du vestiaire des Castors. L’entraîneur Ghislain Delage a même été coupé au front par un coup de bâton provenant des gradins.

« J’ai eu quelques points de suture, mais ce n’était pas très grave, se rappelle Delage. Ça faisait partie de la réalité à l’époque. »

Les joueurs des Castors sont d’ailleurs longuement demeurés dans le vestiaire après le match. Et c’est sous forte escorte policière que l’autobus des Castors, préalablement secoué par les partisans, a ensuite pu quitter Shawinigan.

« On a fermé le jeu ce soir-là et les gars se sont sali le nez, mentionne Joe Canale. Ç’a été le moment fort de ma saison. »

L’euphorie a été passagère. À peine deux semaines plus tard, Canale était arrêté par la GRC pour trafic de drogues.

Lorsqu’Yvon Lemire a reçu l’appel de la police pour lui annoncer que Joe Canale avait été arrêté, il a tout de suite pensé aux joueurs de l’équipe.

« J’avais plein d’affaires qui me passaient par la tête, explique l’ancien gouverneur général et président des Dynamos et des Cataractes de Shawinigan. Ça m’inquiétait et j’avais peur que Canale ait mêlé nos joueurs à ça. »

Les joueurs avaient d’ailleurs fait l’objet d’une enquête, mais aucun n’était impliqué. Quarante ans plus tard, Joe Canale refuse toujours de revenir sur son arrestation.

Canale a dirigé son dernier match avec les Dynamos le 19 février 1978, une défaite de 8-3 contre les Black Hawks de Verdun.

« Après le match, il était monté dans l’autobus pour nous dire qu’il devait rester à Montréal, se rappelle Benoît Desjardins. On savait qu’il avait des parts dans des restaurants de la métropole. Et pour nous, c’était normal. »

Le lendemain, les joueurs ont été convoqués à l’aréna Jacques-Plante. Ils croyaient devoir s’entraîner. Ils ont plutôt eu à rencontrer les gouverneurs de l’équipe.

« C’était une grosse affaire, dit Desjardins. Il y avait deux hommes qu’on ne connaissait pas qui nous ont lu le communiqué de la GRC. Peter Joseph Canale avait été arrêté pour trafic de stupéfiants. »

Je me souviens qu’après la rencontre, je me suis mis à rire avec certains coéquipiers. On se disait : “Il ne manquait plus rien que ça.” Notre saison allait déjà tellement mal.

Louis Grenier

« On ne comprenait pas que ça nous arrivait, ajoute Robert Dubuc. On était en état de choc. Canale nous tenait serrés. Mais après son départ, on a tous décroché. »

Il restait alors 11 matchs à la saison. Une lente agonie.

Une agonie faite de 10 défaites et 1 match nul.

Joe Canale était venu en relève, au mois de novembre, à l’entraîneur-chef Marc Picard, en poste depuis deux saisons.

Picard remplissait pratiquement seul les fonctions d’entraîneur, de directeur général et de recruteur. Il était même responsable des pensions des joueurs. Un véritable sable mouvant dans lequel il était enlisé.

« Je travaillais comme un maudit fou sept jours par semaine, explique Picard, aujourd’hui propriétaire de la Fromagerie Hamel. J’étais tellement pris dans ma folie du hockey que je négligeais ma famille. Mais je ne voulais pas abandonner. Je ne suis pas un lâcheur. »

Dès le camp d’entraînement, Picard avait senti le soutien de ses joueurs s’éroder. Il avait eu l’idée de tenir le camp dans une colonie de vacances, loin de la ville.

« Ça rechignait déjà, explique-t-il. Les petits gars auraient préféré être en ville pour voir leur blonde. »

« J’ai du mal à m’expliquer pourquoi, mais Picard n’a jamais eu l’aval des joueurs, se rappelle Yves Carbonneau, annonceur maison et journaliste à CKSM. Il était pourtant très rigoureux. »

« Marc Picard, c’était trop un bon gars pour l’époque, ajoute l’ancien journaliste du Nouvelliste André Côté. Il n’était pas assez ratoureux comme ses collègues. Il détonnait des grandes-gueules. »

Un joueur des Dynamos de Shawinigan
Un joueur des Dynamos de Shawinigan
(Photo : Courtoisie Denis Houde)

Picard avait tenté un grand coup en début de saison en effectuant une transaction majeure avec les rivaux des Dynamos, les Draveurs de Trois-Rivières du rusé Michel Bergeron.

« Il était peut-être un peu désespéré cette année-là », répond aujourd’hui Bergeron.

« Bergeron avait carrément roulé Picard dans la farine », analyse plus durement André Côté. Son collègue Robert Martin estime que l’échange a carrément nui à sa crédibilité.

« Pour moi, c’est la pire transaction de l’histoire de la LHJMQ, explique Martin. Ça n’avait pas de bon sens de donner des piliers de l’équipe pour obtenir si peu. Il s’est fait avoir pas à peu près et ç’a été dur pour son ego. »

Certains des joueurs obtenus ont même refusé de se joindre aux Dynamos, et pas seulement lors de cet échange. À Trois-Rivières, les piliers Jean-Marc Bonamie et Jean-Gaston Douville ont aidé les Draveurs de Bergeron à gagner le titre de la LHJMQ quelques mois plus tard.

Les Dynamos manquaient d’expérience et de talent. Quand Marc Picard a été convoqué par la direction de l’équipe, en novembre, il savait ce qui l’attendait.

« Je méritais d’être congédié, confie-t-il. Ç’a été dur, mais j’ai appris beaucoup au cours de cette saison. J’ai appris que je devais mieux m’entourer et faire confiance aux autres. Parfois, il faut mettre son ego de côté et se concentrer uniquement sur ce que l’on fait de mieux. »

La saison 1977-1978 a été la dernière de la carrière compétitive du gardien Louis Grenier.

Après avoir été retranché du camp des Cataractes l’automne suivant, il en a eu assez. Il était un jeune homme brisé par une saison de misère et par le rejet du nouvel entraîneur Ron Racette.

J’étais usé mentalement. On avait tous été des vainqueurs toute notre vie. Et là, on était devenus des perdants. On avait honte, on n’était pas bien là-dedans. Ma confiance a disparu en un an.

L’ex-gardien Louis Grenier

Plusieurs ont lâché. Pas moins de 44 joueurs ont porté les couleurs des Dynamos durant la saison 1977-1978. Mais Grenier, comme bien d’autres, a préféré s’accrocher.

Louis Grenier
Louis Grenier
(Photo : Courtoisie Louis Grenier)

« Je me souviens d’avoir remporté la première étoile d’un match que nous avions perdu 13-2 contre le Junior à Montréal. J’avais réussi environ 75 arrêts. Mon père m’encourageait à continuer. Je suis resté parce que j’aimais ça jouer au hockey. »

C’est aussi par amour du hockey que Benoit Desjardins est resté.

« J’aime toujours autant jouer au hockey, affirme le pompier à la retraite encore sur la glace trois fois par semaine. Je me considérais chanceux de jouer dans la LHJMQ malgré les conditions. »

Desjardins se rappelle, avec sourire, des maisons où il logeait en pension. À la première, chez une vieille dame, il mangeait de la nourriture en canne et devait fermer les lumières à 21 h pour économiser.

« Elle faisait ça pour faire un peu d’argent, la pauvre dame, mentionne Desjardins. Elle n’était pas méchante, mais ce n’était pas vivable pour nous. On a ensuite été placés dans une résidence pour personnes âgées. Ce n’était pas beaucoup mieux. Finalement, on a été installés chez un gouverneur et c’était le gros luxe. »

Denis Houde, lui, avait la chance de rester chez ses parents puisqu’il était natif de Shawinigan.

Malgré les échecs et les défaites répétés, jamais la population de la ville ne lui a fait sentir qu’il était un perdant.

« Le père de Fred Pellerin, André, était un de mes profs au cégep et, avant chaque cours, il prenait de mes nouvelles et cherchait toujours à m’accommoder, explique Houde, aujourd’hui directeur des ressources humaines à General Cable Canada. C’était un maniaque de hockey. »

Dans bien des villes, les gens nous auraient laissé tomber, mais pas à Shawinigan.

Denis Houde

En 1977-1978, les gens avaient pris l’habitude de gager sur le pointage de la défaite des Dynamos. Ils ne manquaient pas les matchs pour autant.

« Le vendredi, c’était la sortie incontournable à Shawinigan, raconte le journaliste Robert Martin. Personne ne voulait manquer le spectacle. »

En 5 saisons, les Dynamos n’ont pourtant remporté que 76 victoires en 358 rencontres.

Les Dynamos ne roulaient pas sur l’or. Année après année, l’équipe bouclait son budget de peine et de misère.

Les joueurs devaient même rapporter les rondelles de rubans vides avant d’en avoir une nouvelle. Même chose pour les lacets déchirés. L’équipe voyageait dans des autobus scolaires.

L’aréna Jacques-Plante était vétuste. Des rats s’y promenaient en toute quiétude. Le vestiaire des Dynamos était indigne de la LHJMQ.

À l’époque, il était permis de fumer dans les arénas. Et ça fumait à « Shawi ».

« Il y avait de la boucane partout, se rappelle Yves Carbonneau, l’annonceur maison. Souvent, en troisième période, je demandais aux gens de ne plus fumer pour le bien-être des joueurs. On ne voyait plus clair! Quand je demandais ça, la foule me huait. »

On n’aimait pas jouer là parce que l’aréna était jaune et c’était très intimidant. Les gens nous lançaient des oeufs durs, de la bière et les vestiaires puaient.

Gaston Therrien, alors joueur recrue avec les Remparts de Québec

« Je me souviens que des partisans lançaient de l’urine, dans des verres de bière, sur les joueurs et les arbitres, dit Claude Bélanger, l’un des plus grands partisans de l’équipe à l’époque. Ce n’était pas drôle pour les arbitres non plus. »

La foule était particulièrement proche de la patinoire. Il n’y avait pas de baie vitrée entre les bancs des joueurs et la foule. Pas de baie vitrée non plus entre les bancs des punitions. Pas l’idéal pour l’annonceur maison.

« Des fois, la bagarre reprenait sur le banc des punitions, dit Carbonneau. Avec mon collègue, on se réfugiait alors sur la glace le temps que le calme revienne. »

Le calme ne revenait pas souvent quand les Draveurs de Trois-Rivières, les rivaux géographiques des Dynamos, étaient en ville.

J’ai toujours dit que la rivalité Trois-Rivières/Shawinigan m’avait préparé à la rivalité Canadien/Nordiques. On avait des policiers derrière le banc pour nous protéger, mais c’était des partisans des Dynamos.

Michel Bergeron

« Une fois, un partisan m’avait passé une crécelle à deux pouces de la tête pendant tout le match, poursuit Bergeron. Il fallait être dur pour passer au travers. »

Et sur la glace, Denis Houde et ses collègues faisaient la vie dure aux adversaires. Houde était un redoutable bagarreur qui a perdu bien peu de combats.

Denis Houde (gauche) en pleine bagarre
Denis Houde (gauche) en pleine bagarre
(Photo : Courtoisie Louis Grenier)

« Ça m’apportait beaucoup de fierté de jouer pour les Dynamos, se rappelle le défenseur. Ça me motivait de rendre la vie difficile à nos adversaires sur la glace. Je sentais qu’ils n’aimaient pas ça, jouer à Shawinigan. Oui, ils allaient nous battre au pointage, mais ça n’allait pas être agréable. »

« Houde était un dur de dur, mais il savait jouer au hockey, dit Michel Bergeron. Il aurait joué dans la LNH s’il y avait eu autant d’équipes à l’époque. »

Les deux hommes ont pourtant eu leur part de prises de bec au fil des années.

« Une fois, Bergeron avait le pied sur la bande et s’est mis à m’engueuler, se rappelle Houde. Il m’a dit : “Toi Houde, arrête de rêver, tu ne joueras jamais chez les pros.” Je lui ai répondu : “Ferme-la Bergeron, toi tu ne seras jamais entraîneur chez les pros.” Je me suis trompé royalement. »

L’arrestation de Joe Canale en février a mené les gouverneurs de l’équipe à se réunir d’urgence.

« On s’est dit, ça passe ou ça casse, lance Jack St-Onge, président du hockey mineur de Shawinigan depuis 55 ans. On a décidé de continuer et c’est pour ça que les Cataractes sont encore là aujourd’hui. »

Après la saison, l’administration de l’équipe a réformé sa structure et est passée de 7 à 30 actionnaires.

« On était tous des hommes d’affaires de la place et la banque a accepté notre plan de sauvetage, rappelle Yvon Lemire, qui a pris la présidence de l’équipe. On a changé le nom de l’équipe, le sigle et on a rénové le vestiaire. J’avais moi-même peinturé la porte. »

L’équipe a embauché de nouveaux dirigeants : Ron Racette et Sylvain Cinq-Mars. Les Cataractes ont participé aux éliminatoires les 14 saisons suivantes.

« Ç’a été une période creuse dont on se serait bien passé, affirme l’ancien gouverneur de l’équipe et ex-maire de Shawinigan Roland Desaulniers. D’un autre côté, on a appris qu’on avait assez de dynamisme dans la région pour garder notre équipe ici. »

La franchise de Shawinigan célébrera d’ailleurs ses 50 ans au sein de la LHJMQ en 2019. Aucune ville n’est représentée depuis aussi longtemps. Avant les Dynamos, de 1973 à 1978, les Bruins ont défendu les couleurs de la ville de 1969 à 1973.

Quarante ans plus tard, joueurs et administrateurs sont fiers de ne pas avoir lâché. Si l’équipe avait déménagé, rien n’indique qu’elle serait revenue. Parlez-en à Trois-Rivières ou à Québec.

« Même si on ne gagnait jamais, la direction ne nous a jamais lâchés, dit Denis Houde. Les gars non plus et c’est pour ça que j’ai encore un immense respect pour les gars avec qui j’ai joué. »

Un de ceux-là, Robert Dubuc, est aujourd’hui entraîneur au junior AAA avec les Cobras de Terrebonne.

L’attaquant Robert Dubuc
L’attaquant Robert Dubuc
(Photo : Courtoisie Robert Dubuc)

« Je ne me vante pas trop d’avoir fait partie de cette équipe, mais disons que ça m’a aidé à devenir qui je suis, explique-t-il. Aujourd’hui, comme entraîneur, je n’abandonne jamais. C’est dur sur l’ego, mais on va toujours passer à travers les épreuves. »

Il y avait toujours de petites victoires à remporter. Comme au moment où les Dynamos ont finalement atteint la barre des 10 points grâce à un match nul contre Trois-Rivières… le 1er mars.

« Toute l’année, ça avait été notre running gag, se rappelle l’annonceur maison Yves Carbonneau. À quel moment on aurait notre deuxième chiffre dans la colonne des points. Ç’a pris beaucoup de temps! »

Quatre décennies plus tard, le compteur n’a pas bougé. Les Dynamos ont conclu cette infâme saison noire avec 10 petits points.

La saison 1977-1978, comme toutes les autres, a été beaucoup plus qu’une somme de points au classement, aussi petite soit-elle.

Photo en couverture : Archives LHJMQ
Avec la collaboration de Luc Fortin