Quand Usain Bolt a enflammé Sherbrooke

Usain Bolt (en jaune) en tête de la finale du 200 m des Championnats du monde jeunesse de Sherbrooke, suivi de l'Américain Michael Grant (en bleu) et du Britannique Jamahl Alert-Khan (en blanc). Usain Bolt (en jaune) en tête de la finale du 200 m des Championnats du monde jeunesse de Sherbrooke, suivi de l'Américain Michael Grant (en bleu) et du Britannique Jamahl Alert-Khan (en blanc). Usain Bolt (en jaune) en tête de la finale du 200 m des Championnats du monde jeunesse de Sherbrooke, suivi de l'Américain Michael Grant (en bleu) et du Britannique Jamahl Alert-Khan (en blanc).

Retour sur le chapitre québécois de l’homme le plus rapide de l’histoire de l’athlétisme

Un texte de Guillaume Boucher

Le 13 juillet 2003 sur la piste du tout nouveau stade de l’Université de Sherbrooke, rien ne peut arrêter Usain Bolt, pas même la météo exécrable. À quelques semaines de ses 17 ans, le Jamaïcain gagne la finale du 200 m des Championnats du monde jeunesse en un temps surréel de 20,40 s et donne d’autres arguments à ceux qui voient en lui l’avenir de l’athlétisme.

L’Usain Bolt de 2003 se découvre de nouvelles limites de course en course et ne fait que commencer à exploiter son immense potentiel. Le 200 m est déjà une de ses spécialités, mais pas encore le 100 m. Il faudra attendre trois ans pour le voir dans l’épreuve-reine du sprint.

À Sherbrooke, il est aussi engagé sur 400 m, une épreuve qui lui réussit, mais qu’il ne veut plus courir, parce que trop exigeante. Il parvient d’ailleurs à s’en soustraire avant les demi-finales, une anecdote qu’il raconte dans son autobiographie Plus rapide que l’éclair. À la suggestion d’un médecin complice, il s’enferme dans les toilettes et dit souffrir de gastroentérite, mais il n’en est rien. Le stratagème fonctionne. Il est exempté de sa demi-finale.

Usain Bolt (en jaune) le 10 juillet 2003 dans sa vague de qualifications du 400 m aux Championnats du monde jeunesse de Sherbrooke
Usain Bolt (en jaune) le 10 juillet 2003 dans sa vague de qualifications du 400 m aux Championnats du monde jeunesse de Sherbrooke
(Photo : Getty Images/Michael Steele)

Les exploits en piste de Bolt sont méconnus du grand public à Sherbrooke, mais pas du monde de l’athlétisme. Pour ceux qui n’ont pas encore eu cette chance, les mondiaux jeunesse, une compétition U-18, sont l’occasion de voir en chair et en os cet athlète vainqueur à 15 ans, en 2002, du 200 m des Championnats du monde juniors (une compétition U-20) et auteur de chronos stratosphériques (20,25 s au 200 m et 45,35 s au 400 m) aux Championnats scolaires de Jamaïque au printemps 2003.

« Tout le monde le connaissait ou avait déjà entendu parler de lui, se souvient Richard Crevier, entraîneur-chef de l’équipe canadienne aux mondiaux jeunesse et ancien entraîneur-chef du programme d’athlétisme du Vert & Or de l’Université de Sherbrooke. Tout le monde avait hâte de le voir courir. Il faisait déjà la une dans le milieu. Tout le monde voyait en lui une future vedette. »

Le Jamaïcain est un spectacle en soi. Des curieux viennent le voir s’entraîner et s’échauffer avant ses courses à Sherbrooke. Ils ne sont pas déçus.

« Le voir sur la piste, ç’a été une révélation pour moi, avoue Laurent Godbout, analyste d’athlétisme et membre de l’équipe de production de Radio-Canada à Sherbrooke. Je n’avais jamais vu un jeune aussi intéressant pour ses qualités athlétiques […] Je me rappelle qu’il était assez effilé avec ses longues jambes, mais surtout, je me rappelle la vélocité avec laquelle il attaquait ses virages et la fluidité de sa course. Ça semblait tellement facile et naturel. »

En 2003, Usain Bolt fait déjà 1,95 m (6 pi 5 po), mais n’a pas pleinement développé sa masse musculaire. On peut confondre ce jeune garçon élancé avec un spécialiste du saut en hauteur. Il détonne par son physique, mais est déjà très à l’aise d’être l’extraterrestre du plateau.

« Déjà à l’époque, il était une tête au-dessus des autres, au sens propre et figuré, explique Glenroy Gilbert, entraîneur-chef d’Athlétisme Canada, qui s’occupait à Sherbrooke des sprinteurs et des équipes de relais […] On ne pouvait pas manquer cet athlète. »

« C’était déjà un show du fait de sa grandeur et de son physique, ajoute le Québécois David Pedneault, 4e de la finale du 100 m aux mondiaux jeunesse de 2003 et spectateur intéressé de la finale du 200 m. Les sprinteurs en général ne sont pas très grands […] Il avait l’air à la limite anormal. J’étais très étonné par le fait qu’il était à l’aise avec sa grandeur. Il était à l’aise de faire le show. »

Bolt est bien dans son corps, mais son corps n’est pas encore cette machine parfaitement rodée. Tout n’est pas à point sur les plans technique et biomécanique. Ça n’échappe pas à l’œil de Bruny Surin, retraité de la piste depuis un an en 2003.

Ce qui m’avait frappé tout de suite, c’est qu’il était asymétrique. Il courrait un peu de droite à gauche. À cette époque, il avait un problème au bas du dos et, à cause de ça, il était souvent blessé aux ischiojambiers. Sa biomécanique m’avait frappé. Il courrait un peu croche.

- Bruny Surin, membre de l’équipe de diffusion de Radio-Canada aux Championnats du monde jeunesse de Sherbrooke

Comme Usain Bolt, Michael Grant voit grand à Sherbrooke. Médaillé d’argent au 200 m des Championnats du monde jeunesse de 2001, à Debrecen en Hongrie, l’Américain de 17 ans vise l’or, rien d’autre.

Il connaît bien son rival jamaïcain, pas seulement de réputation. Il l’a affronté deux ans plus tôt à Debrecen, en demi-finales, une course qu’il a gagnée en 21,24 s. Bolt, 14 ans, avait pris la 5e place en 21,73 s, un temps insuffisant pour se qualifier pour la finale.

Mais Michael Grant ne s’accroche pas à ce souvenir de leur premier duel. « En 2003, je savais qu’il était le favori, mais je m’attendais à gagner », explique-t-il.

L’Américain survole ses premières courses à Sherbrooke. Ses chronos - 20,88 s en qualifications, un record personnel, et 20,96 s en demi-finales - sont excellents et meilleurs que ceux de Bolt (21,12 et 21,08 respectivement). Il entre en finale avec une belle confiance, mais sans se faire d’illusions.

« Je me sentais tellement bien. J’ai fait de bons temps dans ces deux premières courses. Je m’attendais à ce que Bolt ne coure pas sous les 21 secondes avant la finale. Je savais qu’il s’était ménagé et je ne m’en faisais pas vraiment avec les chronos. »

Usain Bolt le 12 juillet 2003 dans sa vague de qualification du 200 m aux Championnats du monde jeunesse de Sherbrooke
Usain Bolt le 12 juillet 2003 dans sa vague de qualification du 200 m aux Championnats du monde jeunesse de Sherbrooke
(Photo : Getty Images/Michael Steele)

Pour battre un Usain Bolt qui tournerait à plein régime, Michael Grant se sait obligé de réussir une course parfaite. Dans les projections qu’il fait avec son entraîneur, ça veut dire un chrono près des 20,25, parce qu’il anticipe que Bolt courra en 20,40.

Cette course parfaite, il doit la gagner dans les pires conditions météorologiques. « Il pleuvait tellement fort, il pleuvait de côté », se souvient-il. C’est sans parler du vent de face de 1,1 m/s.

Dans le couloir no 5, voisin de celui de Bolt (4), l’Américain veut tirer le maximum de son départ et des premiers mètres pour être encore dans le coup à l’amorce de la ligne droite. Mais l’espoir s’envole rapidement après le coup de pistolet.

Je me disais que je devais sortir de la courbe en premier, mais il m’a rattrapé aux trois quarts. Après la courbe, il a ouvert la machine et il n’y avait aucune façon de le rattraper. La pluie n’était pas vraiment un facteur.

- Michael Grant, 2e de la finale du 200 m des Championnats du monde jeunesse de Sherbrooke

Bolt avale tous ses adversaires avant de sortir de la courbe. Il pousse jusqu’à la ligne d’arrivée, sans relâcher son effort, les yeux fixés sur le chrono officiel, qu’il arrête à 20,40 s, un record des Championnats du monde jeunesse.

« Il a détruit tout le monde ». Ces mots de David Pedneault sont forts, mais justes. Michael Grant finit 2e en 21,04 s, largué par 64 centièmes de seconde. Le médaillé de bronze, le Britannique Jamahl Alert-Khan (21,35), par près d’une seconde.

À la description et à l’analyse à l’antenne de Radio-Canada, Claude Quenneville et Jean-Paul Baert s’amusent au moment de commenter les reprises de la course. « Pourquoi ne pas lire le journal? S’il avait eu un cellulaire, il aurait pu y répondre. Il avait assez d’avance pour le faire. »

Bolt frappe l’imaginaire. Les réactions à son chrono sont fortes. David Pedneault est un de ceux qui sont sous le choc.

« Tout le monde se demandait : "D’où sort-il? Que se passe-t-il avec cet énergumène?" Il était tellement loin devant tout le monde, avec un temps qui ne faisait aucun sens. Il était déjà dans les 20 secondes alors qu’à l’époque, dans cette compétition, les coureurs étaient plus près des 21 secondes. »

« C’est comme si on voyait l’avenir s’approcher à grande vitesse », raconte l’analyste Laurent Godbout. Il n’est pas le seul à avoir cette impression.

Les conditions pour la finale étaient horribles. Mais, malgré ça, il a réussi une performance de niveau international senior. On voyait qu’il était déjà de ce niveau. C’est aussi simple que ça. Avec sa technique et sa vitesse, il n’y avait aucun doute que ce gars-là deviendrait une vedette internationale.

- Richard Crevier, entraîneur-chef de l’équipe canadienne aux Championnats du monde jeunesse de Sherbrooke

Michael Grant, comme tous ceux qui ont vu la finale dans le stade de l'Université de Sherbrooke ou à la télévision, arrive à cette conclusion : Usain Bolt est dans une classe à part. L’Américain vit très bien avec sa 2e place.

« Je me disais que j’aurais pu mieux courir, mais pas assez pour le battre, analyse-t-il. Je n’avais pas ce niveau de qualités athlétiques à l’époque. Bolt, lui, était déjà à un autre niveau. »

Les temps qu’il faisait à son âge, c’était du jamais vu. Je savais que s’il restait concentré et qu’il travaillait fort, il deviendrait exactement le coureur qu’on connaît maintenant […] Avoir affronté le coureur le plus rapide de l’histoire de l’athlétisme, ça reste un des moments les plus mémorables de ma vie.

- Michael Grant

Fils d’immigrants jamaïcains, Michael Grant se sent connecté à Usain Bolt et le lui dit après la course. Les deux coureurs prennent quelques photos ensemble et s’échangeront plus tard leur combinaison.

Ils ne s’affronteront plus jamais en piste. À partir de 2006, Grant se consacre exclusivement au football, sport qu’il pratique déjà en parallèle en 2003, et connaîtra une courte carrière professionnelle, avec des expériences dans la NFL avec les Jaguars de Jacksonville, les Chiefs de Kansas City, les Redskins de Washington et les Browns de Cleveland, de même qu’avec les Argonauts de Toronto dans la LCF.

Le hasard réunit à nouveau les deux coureurs en 2017 et donne une occasion à Michael Grant de saluer le jeune prodige devenu légende.

« J’étais en Jamaïque en mars pour ma fête, raconte l’Américain maintenant âgé de 31 ans. Je lui ai serré la main et je lui ai parlé un peu. Les Jamaïcains sont très fiers de leur pays. L’athlétisme, c’est gros là-bas. Je suis fier de ce qu’il a accompli, je suis fier qu’il soit Jamaïcain. »

Bolt a de l’humour, mais n’est pas encore un showman à Sherbrooke. Le Jamaïcain a du plaisir en piste, mais ne fanfaronne pas avant ses courses et célèbre sans grande démonstration sa victoire au 200 m.

« Après la course, il a marché sur la piste et serré la main de tous les autres coureurs pour les féliciter », se souvient Michael Grant.

Mais les bases du personnage extraverti qu’il deviendra, cette confiance inébranlable et ce sentiment d’invincibilité, sont déjà là.

Il croyait qu’il pouvait gagner, ça se voyait. Il était calme et commandait le respect. Il donnait l’impression qu’il allait gagner et c’est ce qu’il a fait.

- Glenroy Gilbert, entraîneur responsable des sprinteurs et des relais canadiens aux Championnats du monde jeunesse de Sherbrooke

Bolt, grâce à son niveau de confiance, fait une grande impression sur Bruny Surin, membre de l’équipe de diffusion Radio-Canada venu l’interviewer après sa victoire au 200 m. Le sprinteur québécois parle de ce moment comme d’une révélation.

Les 90 secondes de son entrevue avec un Bolt qui cherche encore son souffle lui suffisent pour prédire un avenir brillant au Jamaïcain, un avenir dans lequel il le voit déjà courir le 100 m dans les 9,6 s, même si cette épreuve est à des années de faire partie de son programme.

« J’ai travaillé beaucoup avec des psychologues sportifs, explique Bruny Surin. On dit que tu peux voir quelqu’un et où il s’en va par sa démarche, par la façon dont il parle, par son regard, par son degré de confiance. J’ai vu un jeune qui a du potentiel. Mais quand je lui ai parlé, je me suis dit que ce gars-là avait vraiment confiance en lui. Oui, il avait encore du travail à faire. J’ai évalué que s’il le faisait bien, il pouvait faire ça. »

En voyant ce gars-là à 6 pi 5 po, avec la biomécanique qu’il devait arranger, je lui donnais 5 ans pour courir 9,6 au 100 m [ce que Bolt a fait en gagnant en 9,69 s aux Jeux olympiques de Pékin, NDLR]. Je le disais haut et fort et je peux dire que 98 % ou 99 % des gens croyaient que j’étais fou.

- Bruny Surin

Le monde de l’athlétisme envisage en 2003 un avenir aux 200 et 400 m pour Usain Bolt. En septembre, le réputé magazine Track and Field News en fait d’ailleurs sa une, avec ce titre : « The Next Great Long Sprinter? ».

Usain Bolt à la une de Track and Field News en septembre 2003
Usain Bolt à la une de Track and Field News en septembre 2003
(Photo : Courtoisie Track and Field News)

Cinq ans plus tard, à Pékin, Bolt est un nouveau coureur et se présente aux Jeux olympiques comme spécialiste des 100 et 200 m, avec les résultats que l’on connaît. Sa transition vers l’épreuve-reine du sprint, amorcée en 2007, est une réussite spectaculaire. La plupart de ceux qui l’ont vu courir à Sherbrooke en sont étonnés.

« Ça m’a surpris qu’il soit aussi dominant au 100 m, avoue Michael Grant, son dauphin au 200 m à Sherbrooke. La première fois que je l’ai vu, il était grand et maigre. Je pensais qu’il aurait une grande carrière au 200 m et au 400 m. »

« Je ne le voyais pas courir le 100 m, ajoute Glenroy Gilbert. Je le voyais au 200 m et au 400 m. Ce n’est que quelques années plus tard, quand il a couru dans les 9,70 à New York (un record du monde de 9,72 en mai 2008, NDLR], que je me suis dit : "Wow! Il peut aussi courir le 100 m!" »

Usain Bolt remporte en 9,69 s la finale du 100 m aux Jeux olympiques de Pékin, en 2008.
Usain Bolt remporte en 9,69 s la finale du 100 m aux Jeux olympiques de Pékin, en 2008.
(Photo : Getty Images/AFP/Pedro Ugarte)

« Il a réussi à avoir un départ assez rapide et avoir assez d’accélération pour faire le meilleur 100 m au monde. Pour moi, la surprise est là, note David Pedneault. Comment, biomécaniquement, est-il capable d’accélérer aussi vite? Ç’a été mon plus gros étonnement quand je l’ai vu battre le record du monde au 100 m. »

Comment Bolt est-il devenu cette bête de 100 m? Il n’a fait qu’exploiter des atouts qu’il avait déjà à Sherbrooke, note Richard Crevier, avec son regard d’entraîneur. Et sa longue foulée n’explique pas tout.

Il n’a jamais eu un bon départ, mais avec l’amplitude de sa foulée et sa capacité à atteindre une fréquence maximale équivalente à celle des coureurs moins grands que lui, tu le vois prendre de l’avance à chaque foulée au-delà de 30 mètres. C’est ce qu’on pouvait déjà noter à ce moment-là.

- Richard Crevier

Usain Bolt à Rio
Usain Bolt à Rio
(Photo : Getty Images/Dean Mouhtaropoulos)

Pour Bruny Surin, le pari réussi d’Usain Bolt au 100 m tient à une nouvelle approche biomécanique des premiers mètres de la course, une approche sur laquelle le sprinteur québécois aurait aimé miser plus tôt dans sa carrière et à laquelle il attribue sa médaille d’argent et son 9,84 s au 100 m des mondiaux de Séville en 1999.

« Sur 100 m, il faut d’abord avoir une vitesse avant de relever ton corps. Il y a plusieurs années, tout de suite après le départ, à 10 mètres par exemple, on avait déjà le tronc complètement relevé. C’est très difficile, de cette position, d’acquérir une vitesse maximale, explique-t-il. Rester penché vers l’avant jusqu’à 30 ou 35 mètres et relever ensuite le corps, c’est plus efficace. On acquiert plus de vitesse et on brûle moins d’énergie. J’ai appris ça à 31 ans. Si vous remarquez, maintenant, tous les sprinteurs ont le tronc penché. Certains le font jusqu’à 20 mètres, d’autres même jusqu’à 40 mètres. »

Bruny Surin, dans sa vision d’avenir en 2003, voit le Jamaïcain comme le prototype d’un nouveau sprinteur, un sprinteur plus grand et maître de cette nouvelle biomécanique du 100 m. À ses yeux, cet athlète ne pouvait devenir autre chose que l’Usain Bolt que l’on connaît.

Je me suis dit qu’à la fin de sa croissance, il allait se trouver de la puissance. Dans ses entrevues, j’ai vu aussi que c’était quelqu’un qui était prêt à travailler très fort et qui ne se mettait pas de limites. Je me suis dit qu’avec tout ça, c’était impossible pour lui de ne pas réussir.

- Bruny Surin

Des qualités physiques exceptionnelles, une foulée monstrueuse, la confiance, l’effort au travail : Usain Bolt a tous ces outils en 2003. Sa route vers l’excellence est tracée. Mais il y aura toujours quelque chose d’indéfinissable dans son succès.

Parler de lui, c’est revenir sans cesse au même point de départ : on a affaire ici à un phénomène de la nature, un « freak » diront certains, qui n’entre dans aucune catégorie.

Tous ceux qui étaient là à Sherbrooke se souviennent d’avoir vu un extraterrestre. Ils découvriront quelques années plus tard un coureur transformé, charismatique, devenu tellement plus que l’humble projection sur cinq ans qu’il a faite au micro de Bruny Surin : « Je veux être un bon athlète et faire de mon mieux aux Jeux olympiques ».

Photo en couverture : Getty Images/Michael Steele