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Leylah Annie Fernandez s'apprête à effectuer un service.

L'ascension interrompue de Leylah Annie Fernandez

« Bien sûr que j'ai peur. Tout le monde a peur. Mais je reste moi-même et chaque fois que je m'entraîne, je reste dans le moment présent. Ça m'aide un peu. »

Un texte de Jean-François Poirier

En un coup de téléphone, l'agent de la star montante du tennis canadien largue la bombe : « Leylah, tu n'iras pas à Indian Wells, le tournoi est annulé. »

Le coronavirus n'est pas encore l'ennemi juré de la planète, mais on se méfie de lui. Assez pour détruire les plans des organisateurs d'un événement sportif si prestigieux le dimanche 8 mars, à peine 24 heures avant le début de la compétition.

Dans son petit appartement de Boynton Beach, en Floride, entourée des siens, Leylah Annie Fernandez tombe lourdement de son nuage.

« J'ai reçu l'appel la veille de mon départ pour Indian Wells. Mon coeur s'est mis à battre plus fort », se souvient l'adolescente, de son domicile d'où elle n'a pas bougé depuis l'annulation du tournoi californien.

À 17 ans, Leylah Annie était sur une lancée exceptionnelle. Aucune autre joueuse au monde n'avait fait un bond si prodigieux au classement de la WTA en 2020 grâce à ses récentes performances.

De la 209e à la 118e place en l'espace de deux mois, c'était une progression inespérée.

Une poussée jugée à ce point captivante pour le public d'Indian Wells que le directeur du tournoi lui avait offert, sur un plateau d'argent, un laissez-passer pour son tableau principal, pendant que Leylah Annie émerveillait les Mexicains lors d'un tournoi à Monterrey, au début du mois de mars.

Participer à une compétition de cette envergure, le 5e tournoi en importance de la saison qui attire plus de 400 000 spectateurs chaque année, sans même avoir à se qualifier, était un privilège. Les succès d'une autre jeune Canadienne, Bianca Andreescu, championne du tournoi à 18 ans en 2019, avaient peut-être aussi joué en sa faveur.

« Je ne pensais pas avoir ce laissez-passer. Je ne suis pas Américaine et les organisateurs de tournois aiment inviter des joueuses de la maison. Mes chances étaient minces, mais je l'ai eu. »

Mais son bonheur aura été de courte durée. Quelque chose s'est soudainement brisé dans le monde quelques jours après sa confirmation de joueuse invitée à Indian Wells.

Leylah Annie Fernandez s'apprêt à effectuer un coup droit.

Leylah Annie Fernandez pendant la finale des Internationaux de France juniors en 2019

Photo : Getty Images / Julian Finney

La COVID-19, cette mystérieuse maladie qui jusque-là semblait sévir au loin, venait de faire sa place en Amérique du Nord. L'annulation sans préavis du tournoi d'Indian Wells n'était que la pointe de l'iceberg. Une cassure, aujourd'hui planétaire, qui allait faire mal aux athlètes du monde entier.

En toute modestie et consciente des impacts négatifs gigantesques du coronavirus sur la vie des gens, Leylah Annie Fernandez raconte comment cette crise a freiné ses élans.

« Je n'étais pas contente parce que comme joueuse, c'est émotionnellement difficile à vivre. J'avais le momentum. J'ai discuté avec mes parents. On a compris qu'il s'agissait d'une malchance comme société. Ce n'est pas juste un pays, c'est le monde.

La santé est plus importante que tout. Je passe au travers avec l'amour de ma famille. On va dire que c'est une autre aventure...

Leylah Annie Fernandez

En Floride, deux semaines après le début de cette tourmente qui s'éternise, Leylah Annie poursuit sa routine comme elle le peut en compagnie de son père Jorge et de Romain, un jeune entraîneur français établi à Delray Beach et qui épaule les Fernandez depuis le lancement de la saison.

Bianca Jolie, la soeur cadette de Leylah Annie qui vient de remporter son premier tournoi junior à 16 ans au Guatemala, l'accompagne tous les jours sur le terrain. Ensemble, sur les courts de tennis à une dizaine de minutes de chez elles, les soeurs Fernandez, qui vivaient à distance les plus beaux moments de leur jeune carrière il n’y a pas si longtemps, essaient aujourd'hui de maintenir la forme dans ce climat d'incertitude. La seule compétition au programme, c'est celle qu'elles s'imposent entre elles.

« Les académies de tennis sont fermées, les gyms sont fermés, indique Leylah Annie. Nous, on se rend sur les terrains de tennis ouverts gratuitement au public pour s'entraîner pendant deux ou trois heures. Je ne vois personne. Je suis chanceuse d'avoir Bianca parce qu'elle est une bonne joueuse. Elle a une fiche de 8-1 en 2020 chez les juniors. »

Jorge Fernandez marche derrière sa fille, Leylah Annie, qui tient sa raquette en tennis.

Leylah Annie Fernandez et son père, Jorge

Photo : Radio-Canada / Sylvain Marier

Les Fernandez n'ont pas l'intention de rentrer au Canada dans les prochains jours ou semaines, même si les Floridiens, qui ont récemment rempli leurs plages en dépit des mises en garde du gouvernement américain d'éviter les rassemblements de plus de 10 personnes, ont d'abord semblé insouciants face à la menace de la COVID-19.

« Pas du tout, parce que nous avons besoin des terrains, on n'a jamais mis les freins, lance Jorge Fernandez. Mais dans tout ce chaos, on garde nos distances avec les gens. Je ne sais pas si le monde ici est conscient de la gravité de la situation. On a vu beaucoup de monde rassemblé durant le spring break en Floride. C’est la période de vacances. Ça ne semblait pas tellement les affecter. »

« J'essaie de faire comme avant, avoue Leylah Annie. Je prépare mon sac et je change les rubans de ma raquette à chaque fois. On nettoie les balles.

Bien sûr que j'ai peur. Tout le monde a peur. Mais je reste moi-même et chaque fois que je m'entraîne, je reste dans le moment présent. Ça m'aide un peu.

Leylah Annie Fernandez

Normalement, Leylah Annie pourrait compter sur la présence dans le secteur de joueuses de renom pour poursuivre son apprentissage. C'est d’ailleurs la raison pour laquelle elle s'est établie en Floride avec sa famille. Mais en ce moment, en raison de la situation, les échanges se limitent à des promesses d'entraînements futurs.

La prudence l'emporte sur ce désir de tester ses capacités, explique Jorge Fernandez.

« On ne fait pas de matchs amicaux, car on ne veut pas risquer d'entrer en contact avec des gens qui ont voyagé. Si le jeu reprend et que tu es malade, tu vas perdre quatre semaines et des points au classement. Alors, on reste toujours les mêmes ensemble. Le cordeur de nos raquettes exige des précautions. On désinfecte tout, on nettoie tout, mais on tient à rester logique pour garder du plaisir. On est juste un peu tannés de se voir… »

Tout le monde reste chez soi. Lauren Davis et Sofia Kenin seraient normalement parmi mes potentielles partenaires d'entraînement. Mais on ne peut rien planifier. Tout peut changer si vite, en quelques jours ou même en quelques heures ou 15 minutes. On se parle et on attend les développements.

Leylah Annie Fernandez

Sofia Kenin n'est nul autre que la championne des Internationaux d'Australie en 2020. Le jeune phénomène de 16 ans Coco Gauff, qui s’est rendue en huitièmes de finale à Wimbledon en 2019, vit aussi dans les environs. Elle est une autre partenaire d'entraînement occasionnelle de Leylah Annie.

« Lorsque Leylah appelle, on répond, rigole son père Jorge qui, malgré tout, garde un bon moral. Sa liste de contacts est plus grande, notamment en raison de ses performances depuis le début de la saison. Victoria Azarenka vit aussi dans le coin et Romain connaît ses entraîneurs. Leylah a une fiche de 12 victoires et 5 défaites en 2020. Si nous disputions des matchs amicaux à l'entraînement, toutes ces joueuses seraient des adversaires potentielles. »

Ça, c'est la réalité de tous les athlètes qui n'ont aucune idée du moment de la reprise des activités dans leur milieu sportif respectif. Roland-Garros a déjà été déplacé de mai à septembre et le circuit de tennis professionnel féminin (WTA) a annoncé l'annulation de tous ses tournois jusqu'au 5 juin.

« Il va se perdre beaucoup d'argent, constate Jorge Fernandez. Bien sûr que le tennis n'est pas le seul sport à souffrir, mais contrairement au hockey ou au soccer, les joueurs et les joueuses de tennis ne gagnent rien s'il n'y a pas de tournoi. Et ça affecte leurs commandites. »

Leylah Annie Fernandez regarde en souriant le reflet de son visage que lui renvoie le trophée.

Leylah Annie Fernandez tient fièrement le trophée remis à la championne junior de Roland-Garros, le 8 juin 2019, après sa victoire contre l'Américaine Emma Navarro.

Photo : Getty Images / Julian Finney

Avant l'éclatement de la crise du coronavirus, Leylah Annie Fernandez, qui avait entamé sa première saison entière chez les professionnelles en Nouvelle-Zélande le 6 janvier, a amassé 90 828 dollars américains grâce à ses performances lors de quatre tournois.

Sa plus forte bourse, elle l'a obtenue à l'Omnium international d'Australie, son premier tournoi du grand chelem à vie. Trois victoires en deux manches chacune en qualifications lui ont valu une place au tableau principal. Sa défaite contre Lauren Davis, 4-6 et 2-6, lui a rapporté 62 353 $ US. Leylah Annie se souvient de l'extase de ce moment même s'il ne s'agissait que d'un match de premier tour.

« J'affrontais Lauren Davis, qui est l'une de mes partenaires d'entraînement en Floride. On se parle durant les tournois et son entraîneur est très gentil. Mais cette fois-ci, c'était un vrai match. J'ai vécu l’ambiance de grand chelem chez les juniors, mais l'émotion est différente avec les pros. C'est spectaculaire, juste d'être là. J'avais atteint mon objectif de me qualifier pour le premier tour. Tous les matchs sont difficiles émotionnellement, il n'y a pas de walk in the park. J'étais la seule Canadienne. Pour moi, c'était un big wow d'être parmi toutes ces joueuses professionnelles dans un tournoi du grand chelem. J'ai commis des erreurs que je ne faisais pas à l'entraînement et j'ai perdu. »

Leylah Annie a aussi participé à la Fed Cup avec l'équipe canadienne les 7 et 8 février à Bienne, en Suisse, un événement où les efforts des joueuses sont récompensés par la satisfaction d'aider leur pays à gravir les échelons sur la scène internationale. Mais elles peuvent aussi s'y faire un nom. À son deuxième match là-bas, Leylah Annie a réalisé son plus grand coup d'éclat en carrière en battant la 5e joueuse mondiale à ce moment Belinda Bencic, chez elle,  6-2, 7-6(3).

« Je pouvais battre une joueuse du top 10, même en deux manches », résume en riant la Québécoise qui, à l'époque, occupait la modeste 185e place mondiale.

Après ce gain étonnant, la jeune prodige a enfilé six victoires d'affilée, toutes en deux manches, au tournoi d'Acapulco où elle a perdu en finale contre la 50e joueuse au monde Heather Watson 4-6, 7-6(8) et 1-6. Son éclosion était confirmée. Leylah Annie Fernandez, à seulement 17 ans, représentait déjà une sérieuse menace pour ses opposantes, toutes plus âgées.

Et cette expérience à Acapulco restera inoubliable pour de nombreuses raisons.

J'avais des amis de la famille là-bas. Je me suis sentie à la maison grâce à eux. Ils m'ont offert leur respect, je n'étais pas une fille de 17 ans qui allait jouer avec les pros, j'étais une pro.

Leylah Annie Fernandez

« C'était spécial de pouvoir vivre ces émotions avec eux. Je ne sentais pas la pression de gagner le tournoi, je me sentais confortable sur le terrain. Ils m'ont beaucoup aidée. »

D'ailleurs, aussi invraisemblable que cela puisse paraître, Leylah Annie ne devait même pas prendre part à ce tournoi. Elle a reçu une invitation de dernière minute pour s'inscrire au tableau principal des qualifications.

« Mon classement ne me permettait pas d'avoir ma place avec les joueuses des qualifications. J'ai reçu l'appel le mardi en Floride. Le lendemain après-midi, je faisais un entraînement de fitness à Acapulco. Jeudi et vendredi, je me suis habituée à la surface de jeu. Et samedi, je disputais le premier de mes deux matchs de qualifications. »

Curieusement, sa première adversaire était Lizette Cabrera. Cette Australienne l'avait facilement battue en finale l'été dernier au Challenger de Granby 6-4 et 6-1.

« C'était l'occasion de prendre ma revanche, de montrer que cette défaite était une erreur de parcours. J'étais fatiguée à Granby après mon duel en demi-finale contre Françoise Abanda. Mon père m'avait dit de lui prouver que j'étais une joueuse différente. Je ne voulais pas qu'elle me surprenne. J'ai gagné 6-3, 6-1. »

Leylah Annie Fernandez n'avait pas fini de croiser, en sol mexicain, des joueuses envers qui elle considérait avoir des comptes à régler.

Nao Hibino, 72e au monde, l'avait vaincue au Japon en 2019 dans un interminable match de presque 3 heures. Cette fois-ci, en huitièmes de finale à Acapulco, Fernandez ne s'est pas contentée d'inverser les rôles, mais s'est offert une victoire expéditive de 6-3 et 6-0 en 65 minutes.

« Il y a une grosse différence au résultat, mais je me suis améliorée juste un peu depuis notre dernière rencontre, un match de fous. Je menais 5-3 dans la dernière manche et elle m'avait surprise. Je la voulais cette revanche aussi. »

Enfin, c'est lors de son dernier duel contre Heather Watson que Fernandez prouvait une autre fois qu'il ne fallait jamais la compter pour battue. Après avoir perdu la première manche 4-6 et en retard 2-6 au bris d'égalité, la Québécoise réussit à sauver à 4 balles de match d'affilée et remporte la deuxième manche 7-6 (8). Un match de 2 heures et 49 minutes qu'elle a cependant perdu.

Leylah Annie Fernandez s'appuie sur ses suisses avec ses mains après un échange.

Leylah Annie Fernandez réagit pendant son match contre Heather Watson au tournoi d'Acapulco.

Photo : Getty Images / Hector Vivas

« C'était ma première finale chez les pros. Oui, j'étais un peu nerveuse. La veille, j'avais vaincu la favorite locale mexicaine. Le public voulait que je lui donne le match avec des erreurs, mais cette foule m'a plutôt motivée à la battre. Je lui ai volé cette énergie de la foule et j'ai continué à être offensive. Face à Heather Watson, durant le bris d'égalité de la 2e manche, j'ai trop pensé au pointage au lieu de focaliser sur ce que je devais faire. À 2-6, j'ai eu la bonne approche et j'ai pu ainsi gagner chaque point pour l'emporter. »

Leylah Annie Fernandez est reconnue pour ne jamais abandonner. Championne des Internationaux juniors de Roland-Garros en 2019, elle insiste pour dire que cette hargne au jeu se développe à l'entraînement.

Une situation de bris à 2-6 comme à Acapulco, on essaie de la recréer à l'entraînement. Mon père simule des situations où je suis en retard par 4 points et je ne dois pas rater un seul coup, sinon je perds le set. On joue des points de championnat. Évidemment, l'émotion n'est pas la même, mais on essaie de s'en approcher.

Leylah Annie Fernandez

« Je dois trouver des moyens de gagner. Ça m'aide beaucoup. À Acapulco, j'ai appliqué ce que je faisais à l'entraînement. Je n'ai pas célébré après ma défaite en finale même si ce résultat était satisfaisant. Je me suis demandé ce que je pouvais faire au tournoi suivant à Monterrey pour m'améliorer. »

Et à ce tournoi, son parcours a pris fin en quarts de finale contre Elina Svitolina, classée 7e au monde à ce moment, battue 4-6, 5-7.

« Contre une joueuse de ce calibre, il ne faut pas accepter les erreurs que j'ai faites, mais les corriger aussitôt. J'ai eu cinq occasions de briser son service dans la 2e manche et chaque fois, j'ai fait l'erreur pour l'aider à reprendre confiance. Il faut que je sois plus professionnelle et plus disciplinée pour ne pas accepter que ça se produise. »

« Elle a bien fait ça, résume Jorge Fernandez, un papa chaleureux, mais aussi très exigeant et dur à l’entraînement avec ses deux filles. La saison sera courte, si on a une saison, il faudra que Leylah aille chercher tous les points à sa portée. Selon son tirage, je m’attendais à ce qu’elle gagne un ou deux tours à Indians Wells J’avais prévu qu’elle atteindrait son peak en mai à Roland-Garros, parce que chaque fois qu’elle rentre à Paris, c’est quelque chose de spécial, elle aime beaucoup la terre battue.

« Mais ce calendrier ne tient plus. On s’adapte, nous faisons un entraînement de pré-saison. Je n’entends rien de positif à propos du coronavirus en ce moment. On ne sait pas ce qui nous attend. C’est une première. La santé est primordiale. »

Au passage, Jorge Fernandez précise que Leylah Annie n’avait pas encore obtenu l’assurance qu’elle obtiendrait un laissez-passer à Roland-Garros en dépit de son statut de championne junior.

« Tout était à confirmer », dit-il, déçu de cette attente, mais que selon lui, elle aurait de toute façon été en mesure de mériter sa place au tableau principal sans passe-droit. Quoi qu’il en soit, à ce stade-ci, tout ça est reporté.

Leylah Annie Fernandez s'apprête à servir contre la Tchèque Marie Bouzkova au premier tour de la Coupe Rogers, à Toronto, en août 2019.

Leylah Annie Fernandez s'apprête à servir contre la Tchèque Marie Bouzkova au premier tour de la Coupe Rogers, à Toronto, en août 2019.

Photo : La Presse canadienne / Mark Blinch

Son 118e rang mondial à 17 ans procure à Leylah Annie Fernandez la 2e place parmi les joueuses les mieux classées de moins de 18 ans au monde. Coco Gauff pointe au 52e rang à 16 ans.

Cette pause forcée dont la durée demeure indéterminée a notamment contrecarré les plans de Leylah Annie de se hisser parmi les 56 meilleures joueuses au monde, un classement qui en théorie l’aurait assurée d’une place aux Jeux olympiques à Tokyo . Un espoir qui s’est officiellement envolé mardi avec l’annonce du report des Jeux.

« J’aurais pu y arriver en gagnant quelques matchs dans de grands tournois ou à Roland-Garros. Mais participer aux Jeux demeure l'un de mes objectifs dans l’avenir. Je veux un jour être numéro un mondiale et gagner un tournoi du grand chelem. »

En attendant la fin de cette crise, Leylah Annie peut tout de même réjouir à l’idée qu’elle a pu goûter à sa nouvelle vie.

Je peux livrer de bonnes batailles à des joueuses du top 10. Je l’ai prouvé.

Leylah Annie Fernandez

« Je découvre cette vie chez les professionnelles où les tournois se succèdent de semaine en semaine. Je l’ai vécu au Mexique. Je finissais de jouer tard le soir, c’était mon devoir ensuite de rencontrer les médias et je me couchais à 1 h 30 dans la nuit pour être prête à recommencer à jouer en soirée. Je n’ai pas cette habitude encore. Je suis rendue-là. »

Sofia Kenin, aujourd'hui 4e  au monde, est devenue championne des Internationaux d'Australie à 21 ans avec l'aide de son père comme entraîneur. À 17 ans, comme Leylah Annie, Kenin ne figurait pas parmi les 200 meilleures joueuses de la planète.

« Bien sûr qu'elle est une inspiration. Elle est encore assez jeune et on l'utilise parfois comme exemple », confirme sans hésiter Leylah Annie.

Coincée au 118e rang mondial pour une période indéterminée, Leylah Annie Fernandez a déjà réservé son siège aux premières loges de la scène du tennis international féminin.

Il suffit que le spectacle reprenne...