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Un père et sa fille, jeune adulte, se regardent sur un court de tennis.

Jorge Fernandez - Quand Leylah se fâche...

« Beaucoup de joueuses ont plus de talent que Leylah, mais peu ont autant de cran. Elle l’a prouvé sur la plus grande scène du monde. »

Signé par Jorge Fernandez

L'auteur est le père et l'entraîneur de Leylah Annie Fernandez, finaliste aux derniers Internationaux des États-Unis.

« Papa, j’ai vraiment mal. Tu as raison. Je comprends pourquoi tu hais autant perdre. »

J’ai une entente avec ma fille Leylah. Comme entraîneur, lorsque je n’assiste pas à ses matchs, j’exige qu’elle me parle dans un court laps de temps après sa partie. Ce jour-là, elle venait tout juste de perdre la finale des Internationaux des États-Unis. Moi, j’étais dans mon salon à Boynton Beach, en Floride, elle à New York, au stade Arthur-Ashe, où la foule venait de l’acclamer pour son éblouissante performance tout au long du tournoi.

Je savais qu’elle avait les larmes aux yeux, je l’entendais dans sa voix. C’est important que je l’écoute à chaud pour que je sache ce qui l’affecte, ses véritables pensées, sans filtre. Mais je savais aussi qu’elle allait surmonter sa peine et se remettre à l’ouvrage dès son retour en Floride pour poursuivre son apprentissage. Elle n’a que 19 ans...

Leylah est comme moi : elle déteste la défaite. Les joies de la victoire, tu peux finir par t’y habituer, mais l’émotion que tu ressens quand tu perds est tellement puissante que tu veux tout faire pour l’éviter. Oui, ça fait très mal. Et à New York, Leylah a trébuché à un pas de la ligne d’arrivée. Dites-vous que derrière son sourire, qui a charmé tant de monde durant cette quinzaine, ce soir-là, elle souffrait, malgré les éloges et les louanges.

Je n’avais même pas regardé la cérémonie de remises de trophées pendant laquelle Leylah a trouvé une autre façon de conquérir le coeur des New-Yorkais : en réclamant le micro, à la fin de son entrevue devant le public, pour souligner la résilience des résidents de la Big Apple en ce jour du 20e anniversaire des attentats du 11 septembre 2001.

Je ne dis jamais à ma fille ce qu’elle doit dire. J’ai confiance en Leylah. Je veux qu’elle soit indépendante, qu’elle prenne ses décisions dans la vie. Et je n’ai pas été surpris d’apprendre qu’elle avait eu ce réflexe de féliciter les New-Yorkais. Leylah est une jeune femme mature, sensible et à l’écoute des gens. Elle parle le français, l’anglais et l’espagnol. Cette initiative devant le public après sa défaite correspond à sa personnalité.

Oui, j’avais fait le choix de regarder la finale à la télé à notre maison, avec un ami et une cousine, pendant que mon épouse Irene et notre autre fille Bianca étaient à New York pour encourager Leylah dans ce face-à-face historique contre la Britannique Emma Raducanu.

Pourquoi n’ai-je pas fait le voyage à New York?

C’était d’abord une décision familiale. Ma fille cadette Bianca participait à un tournoi en Espagne pendant que Leylah jouait ses premiers matchs du tournoi du grand chelem. Je ne voulais pas faire un choix entre les deux et accorder ma préférence à l’une ou à l’autre.

Pourquoi n’ai-je pas accompagné Bianca lorsqu’elle s’est rendue à New York après son élimination en Espagne?

Parce que je pouvais accomplir mon travail d’entraîneur de chez moi sans déranger la routine de Leylah.

Je n’ai aucun regret, même si elle a perdu.

Et je lève mon chapeau à Emma parce qu'elle a été la meilleure ce jour-là. Et s’il fallait perdre, je me dis qu’il valait mieux que ça se produise contre elle, une joueuse de 18 ans issue des qualifications qui n’a laissé filer aucune manche en 10 matchs. C’est gigantesque comme performance. Voilà!

Je peux maintenant vous raconter comment j’ai vécu à distance ce tournoi. Et je serai franc. Je n’ai pas l’habitude de mettre des gants blancs.

Une joueuse de tennis lève le poing et crie en regardant les gradins d'un stade de tennis.

Leylah Annie Fernandez manifeste sa satisfaction pendant sa demi-finale contre Aryna Sabalenka.

Photo : Getty Images / Sarah Stier

D’abord, je remercie sincèrement tous ceux qui ont appuyé Leylah pendant le tournoi. Notre famille a reçu tellement de marques d’affection de partout dans le monde. Leylah reçoit encore des messages et des cadeaux et ses nouveaux admirateurs sur les réseaux sociaux sont tellement nombreux. Merci pour tout. Cette vague d’amour est très touchante.

J’étais déjà fier d’elle avant que le tournoi commence. Aujourd’hui, je suis simplement content pour elle. Ma fierté demeure la même. Leylah a surmonté de nombreux préjugés envers les joueuses de petite taille avant d'atteindre sa première finale d’un tournoi majeur.

Malgré tout, je suis un peu triste. Je vous explique.

Peut-être connaissez-vous notre histoire, mais notre route n’a pas été facile. Nous n’étions pas riches et il a fallu faire de gros sacrifices et courir des risques financiers pour permettre à Leylah et à Bianca de jouer avec l’élite. Comme on dit, il y avait un bon vent de face, mais Leylah, Irene, Bianca et moi sommes restés debout.

Combien d’enfants n’ont pas l’occasion de démontrer leur savoir-faire parce que les parents n’ont pas les moyens, l’expérience ou les bons contacts pour faire leur chemin? Et combien abandonnent leurs rêves parce que des personnes en position de pouvoir leur bloquent la route?

Pour une Leylah, il y a tant d’oubliés qui se font dire qu’ils n’ont aucune chance, qu’ils sont fous parce qu’ils perçoivent les choses différemment et qui, ultimement, se font mettre à l’écart.

À Flushing Meadows, le monde s’est finalement rendu compte de la véritable valeur de Leylah. Quand tu arrives à la connaître, tu comprends pourquoi son père a été fou comme ça. Comment pouvais-je lui dire non et lui briser le cœur pendant notre chemin de croix?

Une personne comme moi, tu peux lui dire non à longueur de journée. Mais Leylah? Elle est si gentille, amoureuse de la vie et mise sur une force de caractère hors de la norme. Beaucoup de joueuses ont plus de talent que Leylah, mais peu ont autant de cran. Elle l’a prouvé sur la plus grande scène du monde.

Elle est trop petite, elle n’a pas de puissance!

Ben voyons, c’est pas comme ça qu’on doit faire ça!

Nous les avons trop souvent entendues, ces remarques-là.

Et voilà que j’entends ces mêmes personnes dire aujourd’hui : On savait qu’elle y arriverait!

Moi, je leur réponds : « Voyons! S'il vous plaît, arrêtez! »

Si tout le monde avait cru en Leylah, il n’y aurait pas eu de documentaire fait sur notre vie et elle n’aurait pas eu à bûcher et à surmonter les obstacles comme elle l’a fait pour devenir une professionnelle.

J’aurai préféré entendre ces gens dire qu’ils se sont trompés et qu’ils ne s’attendaient pas à ce que Leylah arrive à se démarquer de la sorte avec son style de jeu. Je me serais senti mieux.

Je suis content parce que tout cela ouvre les yeux de Leylah. Je ne veux pas qu’elle soit teintée comme je le suis. Je ne fais confiance à personne, je préfère être surpris!

Une joueuse de tennis s'apprête à frapper une balle sous le regard d'un homme.

Leylah Annie Fernandez et son père Jorge à l'entraînement à Boynton Beach, en Floride, à son retour après les Internationaux des États-Unis.

Photo : Radio-Canada / Katrina Elena

Bon, revenons au tournoi.

Je crois que le déclic s’est produit lors du duel face à Kaia Kanepi au deuxième tour. Leylah avait gagné la première manche 7-5, mais accusait un retard d’un jeu dans la seconde lorsque la pluie a forcé l’interruption du match.

Je vous ai dit que Leylah doit me contacter après les matchs? Bien, elle le fait aussi durant une pause comme celle-là si elle le peut.

Cette conversation a été animée. Je lui ai dit qu’elle ne jouait pas contre une joueuse du top 10, qu’elle ne suivait pas le plan établi et que ce match devrait être déjà terminé. Leylah était vraiment fâchée. Elle a raccroché, puis elle a mis un terme au match en 20 minutes à 7-5. Je pense qu’elle a pris son élan à ce moment.

Bien sûr que Leylah se fâche. Elle a du caractère et elle n’est pas toujours un ange. Avant, elle se fâchait contre moi. Aujourd’hui, elle se fâche surtout contre elle-même. Ça fait un an et demi que je lui dis que si elle jouait dans mon équipe de soccer, je la garderais sur le banc parce qu’elle ne veut pas exécuter ce que le coach lui dit de faire. Si le plan établi exige que tu fasses deux choses sur le terrain selon le type de situation, tu les exécutes à 100 %, sans exception.

Pour vous situer, je suis un ex-entraîneur de soccer. J’ai dû faire mes devoirs pour enseigner le tennis à mes filles. Je n’ai pas les connaissances des plus grands experts, mais cette expérience me sert toujours dans mon approche du jeu.

Deux femmes se  font l'accolade sur un terrain de tennis.

Emma Raducanu (gauche) et Leylah Annie Fernandez se félicitent après la victoire de la Britannique en finale des Internationaux des États-Unis.

Photo : Getty Images / Al Bello

Avant d’avoir du succès, il faut faire son apprentissage. Comme entraîneur, j’ai une idée en tête. Si, dans la préparation de Leylah pour les grands tournois, je lui demandais de jouer d’une certaine façon contre une joueuse en théorie moins bonne qu’elle, c’était pour la préparer à affronter les meilleures. Je me fâchais lorsqu’elle faisait à sa tête pour gagner sans exécuter le plan.

La meilleure façon de chasser la nervosité et la peur dans son jeu, c’est la répétition. C’est facile de le faire à l’entraînement. Mais dans un match contre une rivale du top 10, c’est une autre histoire. Tu peux jouer avec ton instinct à tes débuts, mais un jour, il te faut un plan que tu suis à la lettre pour battre les meilleures.

À 19 ans, ce n’est pas toi le patron! Je le répète, Leylah demeure en apprentissage en dépit de ses succès. Je lui ai dit que c’est avant 20 ans qu’on progresse le mieux. Et selon moi, c’est à 21 ans qu’elle va atteindre son plein potentiel. Notre relation a évolué avec le temps. Oui, j’ai fait des erreurs, mais elle aussi. Combien de fois ai-je chialé contre mes parents ou mes coachs dans ma vie? Je ne les compte plus. Nous nous sommes ajustés. Et tant qu’elle aura cette soif de vaincre, je serai à ses côtés, si elle le veut bien.

Au troisième tour, Leylah avait rendez-vous sur le court central avec Naomi Osaka, la championne en titre et troisième favorite. Je dois vous avouer que j’ai piqué une colère pour que ma fille puisse s’entraîner au stade Arthur-Ashe avant cet affrontement si exigeant sur le plan mental. John, l’agent de Leylah, qui était sur place, doit se rappeler notre conversation. Il devait négocier avec les organisateurs pour qu'elle puisse frapper des balles sur le central avant la tenue du match en début de soirée.

Je félicite John d’avoir pu s’assurer que Leylah obtienne une période d'entraînement à 7 h. Osaka possédait un net avantage sur Leylah parce qu’elle connaissait les lieux. Ce n’est pas un détail négligeable. Ma fille a donc pu s’entraîner avec le fils de l’ex-joueuse et commentatrice Mary Jo Fernandez. L’échauffement de 30 minutes avant le match n’est pas suffisant pour chasser les papillons. Cet entraînement a bien servi notre cause.

Leylah a finalement réussi à s’imposer contre la Japonaise, qui a même perdu patience. Naomi n’aimait pas lorsque ma fille frappait un coup gagnant et que la foule l’applaudissait à tout rompre. L’acharnement de Leylah a fait la différence et la foule l’a récompensée.

J’avoue que ce qu'elle a fait à New York, en devenant la favorite du public grâce à son jeu hargneux et à son sourire enchanteur, m’a un peu étonné. Je ne l’avais pas vu venir. Mais je savais que Leylah aimait donner un spectacle. Elle est tombée amoureuse des foules dès sa première participation aux qualifications de la Coupe Rogers à 15 ans. Elle avait alors compris qu’il fallait s’amuser avec les spectateurs même s’ils se rangent dans l’autre camp, comme elle l’avait vécu lors d’une demi-finale à Acapulco contre une Mexicaine. À New York, la relation entre Leylah et les New-Yorkais a été magique.

Une joueuse de tennis allonge le bras pour frapper une balle.

Leylah Annie Fernandez pendant la finale des Internationaux des États-Unis contre Emma Raducanu

Photo : Getty Images / Sarah Stier

Comment arrive-t-on à jouer son rôle d’entraîneur à distance?

Leylah et moi participions à une visioconférence chaque jour pendant laquelle nous discutions du plan de match. Après, je lui faisais parvenir quelques liens vidéo pour qu’elle analyse les tendances et les faiblesses de sa rivale que je voulais qu’elle exploite au moment opportun.

C’est important de garder des cartes dans sa manche. Federer est capable de frapper des as à chacun de ses services, mais il attend le moment propice pour sortir ses meilleurs coups et surprendre son adversaire.

Leylah regardait les vidéos et me rappelait ensuite pour me confirmer qu’elle avait bien vu les trous dans le jeu de son opposante. Elle a adoré cette façon de procéder que nous testions pour la première fois aux Internationaux des États-Unis.

Auparavant, j’étais celui qui animait nos discussions. Leylah était surtout à l’écoute. Aujourd’hui, c’est elle qui prend la parole la première et qui m’explique ce qu’elle entend faire. Je l’écoute, mais je la défie. Jusqu'à récemment, je voulais qu’elle se concentre sur son jeu. Mais maintenant que je sais qu’elle maîtrise bien ses émotions et ce qu’on lui a enseigné, je peux lui fixer des objectifs en fonction du jeu de sa rivale.

Leylah a vaincu coup sur coup Kerber, Svitolina et Sabalenka. Les 16e, 5e et 2e favorites. Trois victoires arrachées en trois manches. Et petit à petit, les analystes ont changé leur discours à son sujet. Elle ne gagnait plus parce que l’autre joueuse n’avait pas joué son meilleur tennis, mais parce qu’elle avait mérité la victoire.

Et je vais vous faire une confession.

S’il y a une raison pour laquelle j’aurais pu me rendre à Flushing Meadows plutôt que de regarder les matchs à la télévision, ça aurait été pour ne pas entendre les analystes. Leurs commentaires me déplaisent trop souvent. Ils connaissent tout, mais ils ne savent rien sur Leylah. J’aurais aimé parfois me brancher sur les réseaux canadiens ou québécois!

Je suis devenu irritable avec le temps…

Deux femmes se  font l'accolade sur un terrain de tennis.

Emma Raducanu (gauche) et Leylah Annie Fernandez se félicitent après la victoire de la Britannique en finale des Internationaux des États-Unis.

Photo : Getty Images / Al Bello

Leylah peut aussi être tannante. Elle a fait exprès pour parler de moi dans ses entrevues d’après-matchs devant la foule même si elle savait très bien que je voulais rester dans l’ombre.

Mon père à la maison va préparer mon plan de match, bla-bla-bla…

Je lui disais d'arrêter et elle riait. À cause d’elle, je me suis retrouvé sur de nombreuses tribunes, mais je lui pardonne. Leylah désirait que le public sache que son père était aussi son entraîneur et voulait qu’on me respecte dans ce rôle. Ma fille a la tête dure comme moi…

J’aurais été présent si j’avais pu être assis à ses côtés durant le match. Mais au tennis, même assis dans les gradins, l’entraîneur n’a pas le droit de communiquer avec sa protégée. Il doit rester muet. L’entraîneur est menotté. Le bénéfice d’être présent n’est pas si grand. Et moi, je me sens bien à l’écart…

D’ici la fin de la saison en novembre, notre objectif est qu’elle maintienne son niveau de jeu. Leylah n’a pas à subir la pression de gagner à tout prix. Notre année est déjà spectaculaire. Elle a fait un bond de la 73e à la 28e place mondiale.

Elle ira au tournoi d’Indian Wells et à la Coupe Billie-Jean-King. Toutes ses adversaires auront analysé son jeu. Bien sûr que j’ai peur pour Leylah parce qu’elle devra redoubler d’efforts à l’entraînement. Mais elle va relever le défi.

Je ne crois pas que Leylah va changer d’attitude parce qu’elle a reçu un chèque de 1 250 000 $ US. Elle ne s'est pas lancée dans cette aventure pour l’argent, mais pour devenir la meilleure joueuse de tennis du monde et servir de modèle.

Il faut être prudent avec l’argent. Nous savons ce que signifie de ne pas en avoir. Si nous basons nos décisions sur l’argent, ça se peut qu’on se retrouve dans un salon en train de danser avec le diable au lieu d’être sur le terrain.

C’est nouveau pour nous. Il faut apprendre à trouver notre équilibre. D’autres ont mal géré cette transition et le tapis leur a glissé sous les pieds. Leylah sera mieux entourée grâce à cette bourse. Nous allons rechercher un entraîneur qui pourra l’aider à atteindre le top 10.

Enfin, je souligne la magnifique contribution de mon épouse Irene. Contrairement à moi, elle a toujours été une amatrice de tennis. Elle a joué un rôle primordial dans le développement de nos filles en subvenant à nos besoins du mieux qu’elle le pût pour que je puisse les entraîner.

C’est une belle récompense pour elle. À New York, elle a veillé sur Leylah pour qu’elle garde le sourire. Et sa deuxième mission était de s’assurer qu’elle écoute son père!

Et comme Leylah, Irene a eu l’occasion de rencontrer Billie Jean King, une idole d’enfance. C’est drôle, mais ça me rappelle un moment que nous avions vécu en famille au Québec, il y a une dizaine d’années, quand nous demeurions à Vaudreuil.

Leylah et Bianca voulaient jouer avec l’élite du tennis. Je n’étais pas convaincu parce que je préférais le soccer, un sport moins coûteux. Nous sommes passés au vote. Je me souviens de cette image : mes deux filles assises d’un côté du divan, moi de l’autre. Irene qui se range dans le camp des filles. Et moi qui ai alors le réflexe de me tourner vers notre chien, un gros pitbull.

Toute petite, Leylah s’amusait toujours avec lui. Elle courait dans le corridor et le chien faisait comme elle. Ils ont failli se frapper tellement de fois! Je me demande si Leylah n’a pas commencé à pratiquer son jeu de pieds grâce à lui.

Quoi qu’il en soit, j’espérais qu’il s’approche de son maître. Mais le chien s’est avancé et est allé rejoindre les trois filles!

J’étais coincé. Même mon chien n’était pas mon coin. Mais aujourd’hui, je ne suis plus surpris.

Il s’appelait King, comme Billie Jean King…

Un homme et une femme discutent sur un terrain de tennis.

Jorge et Leylah Annie Fernandez discutent pendant un entraînement en Floride.

Photo : Radio-Canada / Katrina Elena

Propos recueillis par Jean-François Poirier

Photo d'entête par Radio-Canada/Katrina Elena