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Scotty Bowman

Scotty Bowman raconté par Ken Dryden

Podium publie trois extraits du livre Scotty - Une vie de hockey d'exception, biographie de l'ex-entraîneur Scotty Bowman écrite par Ken Dryden et qui sera lancée demain aux Éditions de l'Homme. Ces extraits nous emmènent successivement à l'arrivée de Bowman chez le Canadien de Montréal, à la naissance de son fils handicapé, puis à sa première conquête de la Coupe Stanley avec le CH, en 1973.

Un texte de Ken Dryden

En 1971, deux personnes auraient pu précipiter la transition de l’équipe, mais aucun n’était prêt pour cette tâche : il s’agissait de Scotty et de Guy Lafleur. « Nous sommes arrivés la même semaine », se rappelle Scotty en riant.

Le mercredi 9 juin 1971, Scotty fut nommé entraîneur des Canadiens. Le jeudi 10 juin, Lafleur fut le premier choix du repêchage de la LNH. Et dans les heures entre ces deux moments, Sam avait mis Scotty au travail. Sam avait convoqué une réunion au cours de laquelle il fut question de Lafleur et de Marcel Dionne.

Lafleur était l’un des rares joueurs dont l’arrivée dans la Ligue nationale était attendue depuis des années. Pas tout à fait comme Béliveau et Orr – qui étaient d’une ampleur différente –, mais plus que Mario Lemieux, Eric Lindros, Sydney Crosby et Connor McDavid. Lafleur allait devenir un grand joueur, quiconque connaissait un tant soit peu le hockey le savait. À sa dernière saison junior avec les Remparts de Québec, il marqua 130 buts – plus de deux par match. Mais cette année-là, il y avait aussi un autre grand joueur junior sur les rangs : Marcel Dionne. Ses chiffres n’étaient pas aussi stratosphériques que ceux de Lafleur, mais Dionne jouait avec Saint Catharines dans une OHA plus compétitive. Dans les semaines précédant le repêchage, un débat avait éclaté, dont l’objet était de savoir lequel des deux joueurs serait sélectionné au premier rang, en partie parce que Dionne était très bon, mais aussi parce que les gens de hockey adorent voir ce que les autres ne voient pas, et c’est ainsi que naissent les débats.

On était en présence de deux grands joueurs juniors, disponibles dans le même repêchage. En plus, il s’agissait de deux Canadiens français. Sam était conscient qu’il s’agissait là du moment susceptible de définir la prochaine décennie des Canadiens de Montréal.

Deux années plus tôt, les règlements avaient été modifiés, de sorte que les Canadiens n’avaient désormais plus le droit de sélectionner d’avance deux Canadiens français au repêchage. Ainsi, Gilbert Perreault avait pris la direction de Buffalo.

Pour obtenir Lafleur, Sam devait mettre la main sur le tout premier choix. Pour ce faire, il lui fallut déterminer à l’avance quelle équipe finirait en dernière place en 1970-71. Il jeta son dévolu sur les Golden Seals de la Californie, et plus d’un an avant le repêchage de 1971, il effectua une transaction avec eux, chaque équipe s’échangeant un joueur et un choix de première ronde (Montréal laissait aller son choix de 1970 contre le choix des Golden Seals de 1971 qui, espérait Pollock, permettrait aux Canadiens de sélectionner Lafleur). Les trois autres joueurs impliqués dans cet échange – Ernie Hicke, François Lacombe et Chris Oddleifson – connaîtraient de solides carrières professionnelles. Cette chose réglée, Sam essaya d’imaginer cette fois quelle équipe terminerait avant-dernière en 1970-71.

Quand il était encore adolescent dans le quartier Snowdon, à tenter de recruter des joueurs pour les clubs-écoles de Selke, Sam avait vu que même le Rocket ne suffirait pas aux Canadiens pour se mesurer aux Maple Leafs et ensuite aux Red Wings. Il avait compris que c’était la classe de 1931 – Béliveau, Geoffrion et Moore – qui avait porté l’équipe au sommet, qui avait fait des Canadiens des champions et leur avait conféré cette touche canadienne-française.

Lafleur et Dionne pourraient recréer cette même énergie qu’avaient suscitée Béliveau et Geoffrion. Ils pourraient être la légendaire classe du repêchage de 1971. Mais au bout du compte, c’est Détroit qui termina avant-dernier et se prévalut du deuxième choix de repêchage.

Le directeur général des Red Wings était Ned Harkness – celui qui avait tenté de recruter Scotty au RPI et avait été mon entraîneur à Cornell.

« Nous étions tous à l’hôtel Reine Elizabeth [à Montréal], se rappelle Scotty. Le dépisteur en chef Ronald Caron, Al MacNeil, Claude Ruel, un dépisteur nommé Eric Taylor, Sam et moi. Sam harcelait tout le monde à propos de Lafleur et Dionne. Claude avait beaucoup vu jouer Lafleur. Je pense que David Molson [le propriétaire des Canadiens] l’avait vu jouer à Verdun, mais que Lafleur n’avait pas été très bon ce soir-là. Je ne sais pas si Sam était inquiet à ce sujet. Il nous a dit qu’il était très près de conclure un échange avec les Red Wings pour obtenir leur choix. La transaction aurait impliqué Philippe Myre, un jeune gardien qui avait un certain avenir, et Terry Harper ou Jean-Claude Tremblay, tous deux dans la dernière phase de leur carrière – ainsi qu’un jeune joueur dont j’ai oublié le nom. Ça pourrait être une affaire conclue, assurait Sam. Puis il a posé cette question que je n’oublierai jamais : “Si je faisais cette transaction, serait-ce comme obtenir Béliveau et Geoffrion pour les dix prochaines années?“ Et quelqu’un – je pense que c’était Ronald – a répondu : “Pas vraiment, parce que Dionne est un petit joueur.“ Quand Sam voulait faire une transaction, il poussait tout le monde comme si sa vie en dépendait, mais si quelqu’un n’était pas d’accord, il y renonçait. Donc ça n’a pas marché. Mais c’était à un cheveu. »

Il n’en demeure pas moins que le premier prix était Lafleur et l’enthousiasme à Montréal après le repêchage portait sur ce qui s’était passé, non sur ce qui n’était pas arrivé. Le scénario était parfait. La grande vedette, Béliveau, et la star en devenir, Lafleur: deux centres qui avaient joué à Québec. La grande vedette qui pendant tant d’années et pour tant de coupes Stanley avait porté le numéro 4 avec honneur et distinction; la star en devenir qui avait porté le même numéro en l’honneur de son héros. La grande vedette qui avait patiné sur la glace du Forum une dernière fois en tenant la coupe au bout de ses bras en mai; la star en devenir qui foulerait la glace du Forum en octobre, avec beaucoup de coupes Stanley devant lui. Nos bras meurtris vous tendent le flambeau. À vous de le porter bien haut.

Scotty Bowman s'entretient avec Toe Blake, ancien joueur et entraîneur du Canadien de Montréal.

Scotty Bowman s'entretient avec Toe Blake, ancien joueur et entraîneur du Canadien de Montréal.

Photo : Les Éditions de l'Homme

Mais octobre arriva, puis novembre, et Lafleur n’était pas Lafleur et les Canadiens n’étaient pas les champions en titre. Lafleur faisait du bon travail, tentait de dire chacun – en essayant de penser ce qu’il disait. Ce n’est qu’un gamin. Il apprend. Soyez patients. En plus, ils le font jouer à l’aile droite. C’est un joueur de centre. C’est à cette position qu’il jouait à Québec. Mais les Canadiens avaient Henri Richard, Pete Mahovlich et Jacques Lemaire au centre. Et ils avaient déjà Cournoyer à l’aile droite ; il avait marqué 37 buts l’année précédente et allait en compter 47 cette saison. Les meilleurs postes de marqueur étaient déjà pris.

Et à quelques centaines de kilomètres, à Détroit, avec une équipe lamentable où on aurait eu besoin de lui à toutes les positions, Dionne empilait les points. Et à Buffalo, jouant avec Perreault dans l’atmosphère électrisante d’une équipe de deuxième année qui commençait à prendre forme, Richard Martin, le cinquième choix du repêchage de 1971, qui avait joué avec les Canadiens Junior, marquait des buts à la pelle.

Lafleur avait connu une bonne saison de recrue. Bonne, mais décevante. Il avait marqué 29 buts et obtenu 64 points, mais Dionne avait réussi 28 buts et 77 points. Et Martin avait compté 44 buts, un record pour une recrue. Lors du vote pour l’attribution du trophée Calder, cinq joueurs – dont Gilles Meloche de la Californie et Dave Burrows de Pittsburgh – avaient obtenu des votes. Lafleur n’en avait reçu aucun.

Beaucoup de vétérans étaient aussi malheureux cette année-là. Harper, Laperrière et Jean-Claude Tremblay étaient tous trois dans la trentaine – assez âgés pour se sentir quelque peu vieux et amochés, pour remarquer tout ce qui allait mal mais pas ce qui allait bien, pour commencer à se dire que c’était mieux avant et que Montréal n’était peut-être pas le seul endroit où jouer. Et ce fut aussi une année amère pour Scotty. Il ne semblait jamais à l’aise, jamais heureux. Peu importe les questions que les journalistes lui posaient, peu importe ce qu’il répondait, il semblait toujours sur la défensive. Comme s’il ressentait le besoin d’expliquer en quoi cette équipe n’était vraiment pas très bonne – certainement pas aussi bonne, en tout cas, que les Bruins, les Rangers et les Black Hawks. Et il y avait maintenant trois ans qu’elle n’était pas très bonne, excepté le soubresaut de 1971. Oui, il avait repris les rênes d’une équipe championne qui ne répéterait pas ses exploits cette année-là, mais cela ne signifiait pas qu’il était un raté et un mauvais entraîneur. Dans son langage corporel et dans son ton, voilà le message qu’il transmettait chaque fois qu’il ouvrait la bouche. Il lui faudrait apprendre à composer avec cette pression, et rapidement, sinon Montréal et ses médias allaient le bouffer tout rond.

Mais si la saison fut difficile pour Scotty, l’été le serait encore plus.


Scotty et sa femme Suella

Scotty et sa femme Suella

Photo : Les Éditions de l'Homme

L’été débuta comme tous les autres étés. Les parents de Scotty avaient toujours leur maison de campagne au bord du lac à Lancaster en Ontario. Chacun avait hâte d’y aller à la mi-juillet : Jack et sa famille ; Freda et la sienne aussi. L’examen post-natal de huit semaines de David devait avoir lieu à peu près à ce moment, alors Scotty et Suella avaient fait le nécessaire pour qu’il se tienne une semaine plus tôt. C’était un vendredi et c’est la seule fois que Scotty accompagnerait Suella à un rendez-vous chez le médecin pour l’un ou l’autre des enfants. David fut pesé et ausculté et tout semblait parfait, mais par la suite le médecin dit que les mensurations de la tête de David étaient « plus grandes que la normale ». Mais comme le médecin ne semblait pas inquiet outre mesure, Scotty s’en soucia peu. Donc, quelques jours plus tard, Suella, Alicia, David et Scotty se rendirent à la maison de campagne des Bowman. Ce fut une semaine agréable et tout le monde s’amusa. La mère de Scotty dit même que, de ses sept petits-enfants, David était « le plus facile ». David, se souvient Scotty, « dormait tout le temps ».

Le vendredi suivant, la famille rentra à Montréal. Scotty avait accepté de participer à un tournoi de golf. Au milieu de sa ronde, un employé du golf accourut vers Scotty : David avait eu des convulsions. Scotty rentra en vitesse à la maison et conduisit Suella et l’enfant à l’hôpital. L’état de David semblait stationnaire. Ils rencontrèrent un neurologue qui leur dit que ça pouvait être « beaucoup de choses » et qui leur fixa un rendez-vous avec un autre spécialiste le lundi suivant. Ils retournèrent à la maison.

Le week-end fut sans histoire. Ils rendirent visite à Jack et Scotty se rappelle qu’il ne pouvait s’empêcher d’observer les deux jeunes enfants de son frère pour déterminer s’ils avaient eux aussi la tête « plus grande que la normale ». Lorsque Scotty, Suella et David retournèrent à l’hôpital le lundi, un neurochirurgien examina l’enfant et décida de l’opérer l’après-midi même. David était hydrocéphale. Le liquide cérébro-spinal s’accumulait dans les espaces qui le contenaient, exerçant une pression de plus en plus forte sur le cerveau. Le chirurgien installa un shunt (tube de dérivation) pour drainer le liquide, mais comme il l’expliqua aux parents : « Une partie du cerveau a été endommagée; nous avons corrigé ce que nous avons pu. »

À la fin de juillet, David était de retour à la maison. Scotty et Suella croyaient savoir ce qui les attendait, mais ils ne le savaient pas vraiment. Il était difficile de s’occuper de David, mais n’est-ce pas le cas de n’importe quel bébé de deux mois? Le début du camp d’entraînement approchait, puis ce seraient les matches pré-saison, le match inaugural de la saison, et ainsi de suite. Scotty savait que les Canadiens devraient être bien meilleurs que la saison précédente. À l’anniversaire d’Alicia, le 26 octobre, David avait presque cinq mois et il était de plus en plus difficile de prendre soin de lui. Ce qui, en août, dans leurs espoirs les plus profonds, n’était pas à l’horizon, était devenu réalité en octobre. Scotty et Suella décidèrent de passer Noël en famille – tout le monde serait là. Puis, le 26 décembre, Scotty, Suella et David se rendirent à Notre-Dame-des-Anges, une résidence établie dans l’est de l’île de Montréal, où, dit Scotty, « il y avait plein de bébés comme David ». Scotty savait, et Suella plus encore, que David ne pouvait pas rester à la maison. Suella avait été infirmière; elle avait vu beaucoup de choses. Ils avaient aussi un autre enfant, et à peu près à ce moment, ils apprirent que Suella était de nouveau enceinte. Bientôt, ils devraient prendre soin d’un autre bébé.

« Nous avions eu une saison difficile, explique Scotty, mais rien de comparable à ça. Ça a changé notre vision des choses. Je vivais deux existences parallèles : le travail et la vie personnelle. Il y a des choses avec lesquelles on doit vivre et qu’on ne peut pas contrôler. »

Scotty Bowman entouré de sa famille au mois d'août 2017

Scotty Bowman entouré de sa famille au mois d'août 2017

Photo : Les Éditions de l'Homme


En 1972-73, tout bascula chez les Canadiens par rapport à la saison précédente – même s’il n’y eut pas beaucoup de mouvements de personnel. Au cours de l’été, Jean-Claude Tremblay signa un contrat avec les Nordiques de Québec de la nouvelle Association mondiale de hockey (AMH) et Terry Harper fut échangé à Los Angeles, mais aucun joueur d’importance ne fut ajouté à l’équipe. Dès le début de la saison, Cournoyer, Henri Richard et Frank et Pete Mahovlich jouèrent mieux que l’année précédente, et d’autres – à mesure qu’on leur attribuait des rôles différents – s’améliorèrent, rendant l’équipe meilleure. Le défenseur Guy Lapointe – athlétique, fort, un grand patineur, mais qui au niveau junior avait été davantage un joueur talentueux qu’une véritable vedette – commença à émerger, puis à s’épanouir. Il y avait aussi Serge Savard, le gars qui aurait dû rester à Amos mais que Scotty et Cliff Fletcher avaient oublié de prévenir. Il avait gagné le trophée Conn Smythe à titre de meilleur joueur des séries éliminatoires en 1969, mais avait ensuite subi deux fractures successives à la même jambe, ratant deux demi-saisons. Il était toujours dans l’entourage, mais jamais sur la glace, toujours en réhabilitation, et l’équipe avait dû se débrouiller sans lui. Mais en 1972 il était de retour pour de bon, devint de plus en plus fort, jusqu’à ce que – doté du corps d’un cheval de labour et de la grâce d’un pur-sang – il devienne ce qu’il avait toujours été et que tout le monde cesse de penser à sa jambe. Il y avait aussi Jacques Lemaire, un joueur complet qui avait un tir puissant et qui, même au début de la vingtaine, marquait une trentaine de buts par année sans coup férir.

L’année d’avant, il était passé de 56 à 81 points. Que demander de plus? Cette saison-là, Lemaire réussit 44 buts et 95 points. Imaginez son enthousiasme. Celui de Savard et de Lapointe. Celui de l’équipe, des partisans, des médias, de la ville.

Souvenirs de Scotty : un aperçu des notes de l'entraîneur

Souvenirs de Scotty : un aperçu des notes de l'entraîneur

Photo : Les Éditions de l'Homme

Les Canadiens ne subirent leur première défaite qu’à leur quatorzième match. Au cours des quarante-neuf derniers matches, du 13 décembre au 1er avril, ils ne perdirent que cinq fois. À mi-chemin de la saison, ils profitèrent d’un coup de pouce inattendu. Ce soir-là, les Canadiens jouaient contre Minnesota. Certains défenseurs de l’équipe étaient blessés ou malades et quand nous nous sommes présentés dans le vestiaire avant le match, il y avait un nouveau joueur que je n’ai pas tout de suite reconnu, Larry Robinson. J’aurais pourtant dû le reconnaître puisque nous avions participé ensemble à deux camps d’entraînement et que Robinson, très grand et efflanqué, ne ressemblait à personne.

Ce soir-là, Scotty lui avait confié un poste régulier et je m’attendais à ce qu’il soit très prudent et qu’il se focalise sur son jeu défensif, je m’attendais même à le voir patiner un peu maladroitement dans tous les sens. Mais en fait il avait été plutôt calme, à l’aise, agile, et avait maîtrisé parfaitement la situation. Je me souviens de m’être dit : Mais d’où vient ce type? On a tous ces joueurs géniaux dans l’équipe et en plus on a des gars comme lui dans les mineures? C’est incroyable! Je ne me souviens pas du premier match de Lafleur, mais je me souviens de celui de Robinson. C’était juste un objet d’enthousiasme à ajouter à tout le reste. Cette saison-là, Lapointe a émergé, Savard est revenu avec éclat et Robinson est apparu. Le Big Three. Mais, pour eux, et pour l’équipe, le meilleur était encore à venir.

Scotty aussi était différent cette saison-là. Il n’était plus le gamin de Verdun qui vieillissait et s’améliorait sans cesse, mais qui avait toujours le nez collé contre la vitre. Comme il l’avait été avec Dick Irvin lors des séances d’entraînement qu’il observait quand il travaillait chez Sherwin-Williams, comme il l’avait été avec Toe Blake et avec Sam, comme il l’avait été même à Saint-Louis et comme à sa première saison à Montréal. Maintenant, c’était son équipe – pas celle d’Al MacNeil ni celle de Sam. Lui, Scotty Bowman, était l’entraîneur des Canadiens de Montréal. Et un soir à Chicago – le 10 mai 1973 –, il est devenu Scotty Bowman, l’entraîneur des Canadiens de Montréal, champions de la Coupe Stanley.

Un mois et demi plus tard, Suella et Scotty eurent leur troisième enfant. Ils le baptisèrent Stanley. Stan Bowman est aujourd’hui le directeur général des Blackhawks de Chicago et trois fois champion de la Coupe Stanley. « Ce fut une immense sensation que de remporter cette coupe Stanley, affirme Scotty, parce que j’ai grandi à Montréal. J’avais travaillé pour le club auparavant quand il avait gagné d’autres coupes, mais ce n’était pas aussi intense. C’est un dur labeur de passer toute une année dans l’intimité de l’équipe, jour après jour, et quand on gagne enfin, on peut goûter longuement la récompense, pendant quelques mois, avant de recommencer. On ressent une immense satisfaction quand on sait que la quête est enfin terminée, qu’on a réussi. »

La joie était au rendez-vous pour célébrer la première Coupe Stanley de Bowman avec le Canadien.

La joie était au rendez-vous pour célébrer la première Coupe Stanley de Bowman avec le Canadien.

Photo : Les Éditions de l'Homme