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Ballou

Ballou - De la Côte d'Ivoire à Barcelone, via Montréal

« Imaginez le choc. Je vivais tous les jours sous le chaud soleil d'Afrique, et là : la neige, le froid... C'était trop pour le petit Ballou de 8 ans que j'étais. »

Signé par Ballou Jean-Yves Tabla

« S’il casse quelque chose dans la maison, ce n’est pas grave. Je vais payer. »

C’est ce que mon père disait à ma mère durant mes premières semaines au Canada. Il voulait que je continue de jouer avec le ballon, même en étant enfermé chez moi pour fuir la neige. Et même si ça voulait dire quelques bibelots brisés.

J’avais 8 ans quand nous avons quitté mon village natal, en Côte d’Ivoire, pour venir vivre à Montréal. Et, durant les premières semaines, ç’a été difficile. Je n’avais plus mon espace, mes amis. Ça me manquait.

Il me restait le foot. Je n’ai jamais arrêté de jouer, même cloîtré à l’intérieur de notre nouvelle maison de Pointe-aux-Trembles, à l’abri de l’hiver.

Je jouais au foot avec mon frère toute la journée. Et évidemment, je cassais tout dans la maison. J’ai détruit une lampe, des verres de ma mère.

Mon père le savait, mais il ne nous grondait pas. Au contraire, il ne voulait pas qu’on arrête.

À ce moment-là, jamais je n’aurais cru qu’un jour, Montréal deviendrait l’endroit que j’appelle maintenant mon chez-moi.

Oh non, je n’avais aucune envie de venir.

Mon père était déjà ici quand il a annoncé à ma mère qu’il était temps pour nous de le rejoindre. Nous nous sommes donc envolés, ma mère, mes trois frères, mes trois soeurs et moi, vers un endroit complètement inconnu.

Quand nous avons atterri, il faisait froid, trop froid. J’ai eu la malchance de tomber sur l’hiver. Au début, je ne sortais pas de la maison. Pas question de toucher la neige.

Imaginez le choc. Je vivais tous les jours sous le chaud soleil d’Afrique, et là : la neige, le froid… C’était trop pour le petit Ballou de 8 ans que j’étais.

Disons que ça m’a pris quelques années avant d’y prendre goût.

Ballou enfant regarde la caméra en souriant.

Ballou pendant son enfance en Côte d'Ivoire

Photo : Gracieuseté Ballou Jean-Yves Tabla


Vous savez le plus drôle? C’est finalement les deux pieds dans la neige que mon aventure dans le soccer au Canada a commencée.

Quand j’étais jeune, ma petite soeur et moi, on regardait religieusement une émission à Télé-Québec. Je ne sais pas si vous connaissez. Ça s’appelait Tactik. Chaque jour, pendant 30 minutes, on suivait la vie de jeunes qui jouaient au foot. J’aimais tellement ça. Pas question de rater un épisode.

Un jour, j’ai vu sur Internet qu’on pouvait rencontrer les personnages lors d’un événement qui se tenait au parc Jean-Drapeau. C’était les comédiens, bien entendu, mais ça, je ne le savais pas à 8 ans.

J’étais fou. J’ai convaincu ma mère de m’y accompagner.

Je m’en souviens comme si c’était hier. J’avais mon pantalon de neige, mon gros manteau, mon foulard sur le visage. Tous les personnages de mon émission préférée étaient là, et il y avait un match de foot organisé sur la neige.

Ils ont formé des équipes et on a commencé à jouer. Sans trop le réaliser, j’ai pris le ballon et j’ai foncé droit au but. Tout le monde était impressionné.

La directrice technique des Jets de Pointe-aux-Trembles, qui était sur place, m’a remarqué. À la fin du match, elle m’a remis sa carte professionnelle.

Quelques semaines plus tard, je me suis rendu chez les Jets pour faire des essais. C’est là que tout a commencé.

Ballou Jean-Yves Tabla s'apprête à faire un tir.

Le jeune Ballou Jean-Yves Tabla avec les Jets de Pointe-aux-Trembles

Photo : Gracieuseté Ballou Jean-Yves Tabla


Ce dont je me souviens de ma vie là-bas, en Afrique? De tout, tout, tout.

On jouait toujours au foot dehors avec mes amis. On restait très tard le soir, personne ne se couchait tôt. Il y avait de l’ambiance dans mon quartier du matin au soir.

Tout le monde était à l’extérieur. Il y avait du bruit partout. Les restaurants étaient ouverts jusqu’à deux, trois heures du matin. Les gens marchaient dans les rues, la musique était forte.

C’était vraiment… il y a trop de joie là-bas.

Tous les jours, dès que je rentrais de l’école, je jouais au foot avec mes amis. Aux récréations, dans la cour d’école, ce n’était que le foot, le foot, le foot.

Je me souviens qu’on faisait aussi des tournois entre les écoles. Mais attention, pas comme on peut s’imaginer ici. Tout le monde se rendait aux matchs, même les professeurs.

Chaque fois, c’était une grande fête.


Le foot, on a ça dans le sang chez nous. Et c’était important pour mes parents que je puisse atteindre le niveau que je souhaitais.

Durant mes premières années au Canada, toute la famille m’accompagnait aux entraînements parce que je ne pouvais pas m’y rendre tout seul. On prenait l’autobus pendant 45 minutes pour y aller, puis 45 minutes pour revenir à la maison.

Le foot, ça unit toute ma famille. Grâce au foot, même quand nous ne sommes pas tous dans le même pays, il y a une complicité entre mes parents, mes trois frères, mes trois soeurs et moi. Mais mon plus grand partisan, c’est mon père. Il n’y a pas plus fier que lui. Il regarde tous mes matchs et est derrière moi pour me soutenir.

Il est même plus déçu que moi quand je ne suis pas sur le terrain. Moi, je suis habitué. C’est mon boulot, alors je comprends ça. Mais lui, ça l’assomme. Il n’est pas content. Vraiment pas content. Ça me fait sourire.

Dans toutes les négociations concernant ma carrière, c’est lui qui a le premier mot. Et c’est lui et moi qui avons les derniers mots. J’aime partager ça avec lui. C’est lui qui m’a transmis son amour du football quand j’avais 4 ans.

Si je dois mon succès à quelqu’un, c’est à mon père.

Et imaginez-vous donc qu’il a dû regarder mon premier match avec l’Impact de son écran d’ordinateur en Côte d’Ivoire. C’était une surprise parce qu'il était en voyage quand c’est arrivé.

Ballou esquisse un sourire pendant une séance de réchauffement avant un match.

Ballou à l'entraînement avant un match

Photo : usa today sports / USA TODAY USPW


Pour dire la vérité, je n’étais pas conscient du tout de ce qui se passait ce jour-là. Le 2 août 2016, jour où j’ai porté le maillot de l’Impact de Montréal pour la première fois sur le terrain du stade Saputo.

La veille, Mauro Biello m’avait appelé.

« Ballou, il y a des chances que tu sois dans le groupe demain. Sois prêt! »

Je ne comprenais pas trop ce qui se passait. Je me suis dit que j’allais être sur le banc, entouré de professionnels.

Je suis quelqu’un de très timide. Alors, le lendemain, je suis entré dans le vestiaire en me faisant tout petit. J’ai mis mes souliers dans mon coin. Je me suis installé sur le banc des joueurs.

Et finalement, à la 65e minute, il m’a fait signe. Ah là, là! Ça y’est! Sur le moment, j’étais trop tranquille. Je me suis dit : « Vas-y Ballou. Fais ce que tu as à faire. Tu n’as pas à stresser. » Je ne regardais personne autour. Rien.

Maintenant, je le réalise. Mais à ce moment-là, je ne pensais à rien. Je ne pensais qu’à jouer et je l’ai fait. J’ai pris du plaisir.

C’est ce jour-là qu’il y a eu le déclic avec l’Impact.


Il y a 18 mois, en janvier 2018, j’ai été recruté par le FC Barcelone. Oui, oui, le fameux Barça. L’organisation pour laquelle jouent Lionel Messi, Luis Suarez, Antoine Griezmann…

Ce n’est qu’en rentrant chez moi après mon premier entraînement que je l’ai vraiment réalisé. Je me suis vu sur des photos de la séance envoyées par le club, portant le maillot du Barça, à côté de grandes vedettes du foot.

Certains de ces joueurs étaient dans ma formation quand je jouais à la PlayStation à l’âge de 10 ou 11 ans. Et maintenant, je les côtoyais sur le terrain d'entraînement.

Qu’est-ce que je pouvais demander de plus? J’étais sur la lune. J’étais trop content. Ça donnait un sens à tous les entraînements et à tous les sacrifices que j’ai faits pour le foot.

Ça m’a donné envie de me dépasser encore plus pour rester près d’eux toute ma carrière.


À mes débuts à Barcelone, je ne comprenais pas ce qui se passait, et pas seulement au sens figuré. Je ne parlais pas un mot d’espagnol quand je suis arrivé en Espagne en janvier 2018.

C’était toute une adaptation. Nouvelle ville, nouvelle équipe, nouvelle langue. Il n’y avait qu’une seule personne dans l’équipe qui me parlait anglais. Le reste, ce n’était qu’espagnol. J’essayais de comprendre la base sur le terrain pour savoir ce que les entraîneurs attendaient de moi.

Au début, j’avais quelqu’un qui me suivait pour me servir d'interprète. C’était comme ça que je communiquais avec mon entraîneur.

J’ai dû bosser dur pour apprendre, mais j’ai aimé ça. J’avais envie de le faire. Après chaque entraînement, j’allais à mon cours d’espagnol.

Je me suis quand même rapidement intégré. Ils sont tellement accueillants. Au début, je pensais que ce serait des gens avec la grosse tête, mais c’est tout le contraire.

Ils sont cool, tranquilles. Peut-être qu’eux ne se rendent pas compte qu’ils sont des légendes. Mais moi, je les trouve extraordinaires tous les jours.

Ballou, du FC Barcelone B, bataille pour le ballon avec un adversaire du Paris Saint-Germain, en février 2018.

Ballou (gauche), du FC Barcelone B, bataille pour le ballon avec un adversaire du Paris Saint-Germain, en février 2018.

Photo : icon sport via getty images / Dave Winter


Depuis que je suis en Europe, j’ai beaucoup appris et j’ai gagné des années de maturité en seulement quelques mois.

J’ai connu une période difficile, quand le FC Barcelone m’a prêté à Albacete, un club espagnol de deuxième division. C’est quelque chose qui arrive fréquemment dans mon sport, d’être prêtés à un autre club.

Je n’ai presque pas joué pendant six mois. J’ai eu la malchance de tomber sur un ancien entraîneur du Real Madrid et son style de jeu était complètement différent de celui auquel j’étais habitué à Barcelone.

Ce sont des choses qui arrivent et j’ai dû subir ce moment-là. Pas jouer pendant six mois, c’est difficile. C’est bien de s’entraîner, mais les matchs me manquaient.

En plus, Albacete, ce n’est pas vraiment une ville très connue. Pour être honnête, c’est pas mal ce qu’on appelle ici « un champ ».

Ce n’était pas facile, mais ça m’a permis d’évoluer. Au foot, c’est le coach qui a le dernier mot. Et s’il ne m’a pas mis, c’est parce qu’il pensait que l’un de mes coéquipiers pouvait apporter plus que moi pendant les matchs.

Je pense que l’important, c’est de toujours rester positif et patient. De se dire que le moment viendra.

Mon secret, c’est de garder le sourire. Quand je suis sur le terrain, je ne pense qu’au travail. Et quand je sors du terrain, j’ai ma vie normale. Je ne pense pas à tout ça.

Ma famille m’aide aussi beaucoup à garder le moral. C’est probablement quelque chose qui nous vient de la Côte d’Ivoire.


Quand j’étais plus jeune, j’étais trop individuel. Tout ce que je connaissais, c’était le foot que je jouais en Côte d’Ivoire. Et c’était comme ça là-bas. Ce n’était pas structuré. Je n’avais jamais joué du foot organisé, dans une vraie équipe, avec des maillots, des crampons.

C’était bizarre pour moi au début. Je n’avais rien dans la tête. Dribbler et aller marquer, c’est tout. On gagnait des 8-0, 10-0 et je marquais au moins 6 buts par match. Il fallait que j’apprenne à jouer avec mes coéquipiers.

J’ai joué pour les Jets de Pointe-aux-Trembles, puis pour Panellinios, un club du quartier Parc-Extension de Montréal qui est un peu devenu ma deuxième famille.

J’arrivais toujours à me démarquer quand j’étais plus jeune. Mais quand je suis arrivé au niveau professionnel, c’était différent. Tu es entouré de pros. Ils ont tous un bon niveau et chacun a ses qualités.

J’ai fait face à plusieurs joueurs plus forts que moi. Mais c’est normal, c’est ça le foot.


Gros plan du visage de Ballou Jean-Yves Tabla

Ballou Jean-Yves Tabla

Photo : Getty Images / Quality Sport Images

J’ai du mal à approcher les gens. Je suis vraiment timide. Mais quand les gens m'approchent, j’arrive à me décoincer.

Comment fais-je pour m’intégrer dans une équipe? Je pense que c’est étrangement ma gêne qui fait que j’y arrive. Parfois, c’est tellement intense que j’attire l’attention sans le vouloir. Les gens me regardent et ils se demandent : « Pourquoi il ne parle pas lui? Qu’est-ce qu’il a? » Et ils se décident à venir me voir pour comprendre.

Au Barça, c’était pire avec la barrière de la langue. Je ne parlais à personne. Je ne regardais personne. Chaque matin, j’allais à l’entraînement. Je rentrais chez moi. Je mangeais. Et je recommençais le lendemain.

Après plusieurs jours, il y a un joueur qui m’a attrapé.

« Toi, viens ici. »

Nous sommes maintenant de bons amis.


Avec les médias et le public, c’est encore pire. Je ne sais pas comment agir quand j’entends mon nom dans la rue. Ah là, là! Même au stade, ça me gêne.

Quand j’entends mon nom, je me dis : « Pourquoi? Arrêtez, arrêtez. » Si je pouvais leur dire d’arrêter, je le ferais. Ce n’est pas que je n’aime pas, j’adore avoir les supporteurs derrière moi, mais ça me rend extrêmement mal à l’aise.

Et ne me parlez pas des caméras. Ça, ce n’est vraiment pas mon truc.

C’est mon métier, alors je suis obligé de faire avec. Mais si c’était ma décision, je n’aurais jamais fait d’entrevue de ma vie. Je perds un peu mes moyens devant la caméra. Je ne sais pas quoi dire.

Le plus dur, ç’a été au stade Saputo, après mon tout premier match avec l’Impact, contre l’AS Roma. Il y avait au moins… je ne sais pas combien de caméras, mais c’était trop. À l’entraînement du lendemain matin aussi.

Un jour, je joue tranquillement pour le FC Montréal et tout d’un coup, on me met devant 15 caméras en moins de 24 heures.

On me bombardait de questions et je ne savais pas quoi dire. Les mots ne venaient pas. J’ai fini par réussir à me concentrer et à parler du match. Je voulais juste que ça se termine pour rentrer chez moi, à l’abri de tout ça.

Maintenant, je suis habitué. J’arrive à faire une analyse et à dire si j’ai fait un bon match ou pas. Je l’ai même fait deux fois en espagnol. C’était un défi pour moi et je l’ai relevé.

Ballou saute dans les bras de ses coéquipiers.

Ballou (13) et ses coéquipiers célèbrent son but marqué contre le Fire de Chicago, le 1er avril 2017.

Photo : Getty Images / Dylan Buell


L’agent qui a négocié mon contrat avec le Barça, c’est Didier Drogba qui me l’a présenté.

D-I-D-I-E-R D-R-O-G-B-A.

Même dans mes rêves les plus fous, je ne m’imaginais pas le rencontrer un jour. Il a toujours été tellement important dans ma vie d’enfant et, maintenant, c’est l’un de mes amis. On s’envoie souvent des messages.

Je regardais tous ses matchs. Quand j’étais en Côte d’Ivoire, mes amis et moi, on restait tard le soir pour parler de lui. On parlait de ses matchs, de son jeu, de tout.

Quand je l’ai rencontré... alors là, j’ai perdu la tête. Je suis devenu fou.

C’était en 2015. Je jouais avec le FC Montréal à ce moment-là, mais certains joueurs avaient la chance de s’entraîner avec la première équipe.

J’étais en voyage avec l’équipe nationale quand il est arrivé à l’entraînement avec l’Impact et j’ai vu des photos de mes amis du FC Montréal avec lui. Oh, que j’étais fébrile.

Le lendemain, je suis revenu au pays et il y avait un entraînement. Je savais qu’il y serait encore.

Les entraîneurs, Mauro et les autres, savaient à quel point c’était important pour moi de rencontrer Didier, que c’était mon rêve. Je me souviens que Mauro est venu me voir dans le vestiaire.

« Ballou, tu es sûr que tu es prêt? C’est aujourd’hui! »

Je suis arrivé sur le terrain avant lui. Mes coéquipiers et moi nous faisions des passes et je faisais dos à la porte de sortie du vestiaire. Mauro est venu me prévenir de son arrivée.

Mais moi, je ne voulais pas me retourner. Je voulais essayer de faire semblant de me contenir, parce que c’est un professionnel, et je suis aussi un pro. Mais je ne pouvais pas. C’était la première fois que je le voyais en personne.

Quand je me suis retourné, mes larmes se sont mises à couler.

Quand il m’a ouvert les bras, là, c’était la fin du monde. La fin du monde. J’étais trop content.

Je n’aurais jamais cru qu’un jour j’aurais la chance de le côtoyer. Il m’a tellement appris.

Si on m’avait dit quand j’étais jeune qu’un jour, j’allais souper chez Didier Drogba et faire des blagues avec lui, je n’y aurais pas cru. Il est tellement aimé en Côte d’Ivoire. C’est un dieu pour nous. Tout le monde l’aime.

Quand mes amis d’enfance ont vu des photos de Didier et moi, ils n’ont rien compris. C’est tellement irréel. Même aujourd’hui, après toutes ces années, je n’en reviens pas.

Même si on est amis, ça ne semble toujours pas normal pour moi. C’est trop une légende. Je n’arrive pas à être normal avec lui.


Si un jour j’ai les moyens, comme Didier, c’est sûr que j’aimerais aider en Afrique comme il l’a fait.

Quand je retourne là-bas, je vois les jeunes de mon quartier qui ont du talent, mais qui n’ont pas la chance de se rendre à un haut niveau comme ici, au Canada, ou en Europe.

Il n’y a pas de terrain comme ici, du gazon entretenu. Et des synthétiques, on n’a pas ça.

Juste des parcs normaux comme il y en a partout au Canada, ça n’existe pas en Côte d’Ivoire. C’est du sable, des roches. Parfois, on jouait dans les roches. Mais personne ne se plaignait.

Tout ce qu’on voulait, c’était de jouer au foot. On ne connaissait rien d’autre.


Quand je pense à tout ce que j’ai vécu jusqu’à présent, à seulement 20 ans, j’ai de la difficulté à y croire.

Jouer pour l’Impact, partager le terrain avec Didier Drogba, jouer en équipe nationale, porter le chandail du FC Barcelone...

Barcelone. Quand je suis arrivé là-bas, j’étais trop content. C’était vraiment quelque chose d’énorme de porter le maillot et d’entendre tout le monde crier dans le stade, même pour l’équipe B, même quand on jouait à l’étranger. Le Barça, c’est vraiment une institution en Espagne.

Je ne sais pas ce que me réserve l’avenir. Pour l’instant, je suis content d’être de retour à la maison pour quelques mois, à Montréal, et d’être prêté à l’Impact. C’est le club qui m’a donné ma première chance et je l’aimerai toujours. Je n’ai même pas hésité une seconde quand on m’a demandé si je voulais venir jouer pour la fin de la saison.

Ça fait du bien d’être en famille et de manger le poulet sauce arachides de ma mère. C’est réconfortant.

Ensuite, on verra. Je suis toujours sous contrat avec le FC Barcelone.

Dans mes rêves, je me vois faire carrière dans une équipe où je suis à l’aise, entouré de ma famille. Je n’en demande pas plus.

Bon, si l'on pouvait m’épargner les entrevues à la caméra… Mais non, je blague.

À la prochaine!

Propos recueillis par Alexandra Piché