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AnalyseL’art de jouer aux côtés de Marie-Philip Poulin

La joueuse de hockey montre fièrement son chandail de la LPHF.

Marie-Philip Poulin

Photo : Gracieuseté : LPHF

Pour la première fois depuis longtemps, Marie-Philip Poulin se retrouve avec des partenaires de trio qu’elle ne connaît pas. On pourrait penser qu’il est facile de trouver une combinaison pour entourer la meilleure joueuse au monde, et pourtant.

Montréal avait connu un premier match désastreux contre New York lundi lors du tournoi préparatoire de la LPHF organisé à Utica. Mardi, l’équipe a mieux fait, réussissant à battre Boston 3-1. La menace offensive est majoritairement venue du 2e trio formé d’Ann-Sophie Bettez, Laura Stacey et Kristin O’Neill.

Le 1er trio n’a pas encore réussi à trouver le fond du filet. Tereza Vanisova, Marie-Philip Poulin et Maureen Murphy semblent encore à la recherche d’une certaine cohésion. On a pu voir la capitaine frapper son bâton sur la glace à quelques reprises, en attente d’une passe qui n’est jamais venue.

Au cours des dernières années, c’est surtout Brianne Jenner qui jouait à ses côtés avec l'équipe canadienne. Une joueuse intelligente avec qui la Québécoise a rapidement développé une bonne cohésion. Une chimie qui semble aujourd'hui difficile à reproduire.

À Montréal, l'entraîneuse-chef Kori Cheverie a choisi, pour le moment, de faire confiance à Tereza Vanisova, 27 ans et Maureen Murphy, 23 ans. Vanisova est une joueuse tchèque qui est reconnue pour sa rapidité et ses habiletés techniques. Murphy vient quant à elle tout juste de terminer son parcours universitaire. À l’Université Northeastern, elle formait un trio spectaculaire avec Chloé Aurard (New York) et Alina Müller (Boston).

Avec les entraîneurs, nous nous demandons comment nous pouvons créer un maximum de chimie sur tous nos trios. Vanisova et Murphy apportent des éléments dynamiques à ce trio. Nous sommes contents de comment elles progressent. Nous voulons les mettre dans une position pour avoir du succès et produire offensivement, a souligné l'entraîneuse-chef.

Tout le monde connaît le talent de Marie-Philip Poulin et sa capacité à marquer des buts dans les grands moments. Mais toutes les personnes rencontrées à Utica parlent aussi de son Q.I. hockey qui est hors norme. La Beauceronne voit, analyse et exécute un jeu de hockey à une vitesse incroyable.

Il y a certaines fois que je voyais où elle était, mais elle était un pas en avant de moi alors j’ai fait la passe derrière elle, a reconnu Maureen Murphy.

Je dois patiner très rapidement. C’est intense de jouer avec quelqu’un de son calibre, mais c’est une vraiment une bonne personne. Elle est super aidante. Elle me parle beaucoup sur le banc, entre les périodes. Je suis très impressionnée par elle en tant que leader et en tant que personne. J’espère pouvoir apprendre certaines choses et arriver à la suivre. Je veux la supporter au meilleur de ma capacité

Les nouveaux entraîneurs de Maureen Murphy lui ont demandé de tirer plus souvent. Mais elle avoue que pour le moment, elle a parfois du mal à prendre la bonne décision.

C’est difficile de vouloir tirer quand tu es sur un trio avec Poulin. Ça m’aide parce que Tereza et Poulin me crient de tirer. Je sens que l’équipe a confiance en moi. Il faut que j’ai cette confiance en moi-même, mais si on est dans un deux contre un, je vais sans doute donner la rondelle à Pou, a-t-elle lancé, sourire aux lèvres.

Deux joueuses de hockey bataillent pour la rondelle.

Marie-Philip Poulin, de Montréal et Abby Roque, de New York.

Photo : Gracieuseté : LPHF

Quel profil aurait la partenaire de trio idéale de Marie-Philip Poulin? La réalité est qu’encore aujourd’hui, tous s’entendent pour dire que personne n’a atteint son niveau. À travers les années, certaines joueuses sont cependant parvenues à comprendre ses mécanismes.

Il faut quelqu’un qui est polyvalent. Elle est une joueuse très dynamique et quand tu apprends à connaître ses tendances, il faut être dans une position pour l’appuyer et lui redonner la rondelle. Un élément qui est très sous-estimé dans son jeu, c’est sa capacité à fabriquer des jeux, a indiqué Kori Cheverie.

Elle marque de gros buts dans des moments importants, mais elle est aussi une excellente passeuse alors il faut quelqu’un qui soit capable de finir les jeux.

Une citation de Kori Cheverie.

Tu dois avoir une compétitivité féroce, a ajouté l’Américaine Hilary Knight, qui a joué avec Poulin avec les Canadiennes, dans la défunte LCHF.

Tu ne peux pas abandonner, peu importe où tu es sur la patinoire. C’est ce qui fait qu’elle est aussi bonne. Évidemment, elle a les habiletés, mais en bout de ligne, il n'y a personne qui veut autant qu’elle et c’est ce qui la rend spéciale.

Le pari de Montréal, c’est de miser sur deux joueuses aux habiletés techniques exceptionnelles. Des joueuses douées (skilled players). Mais est-ce vraiment ce dont Marie-Philip Poulin a besoin?

Ce n'est peut-être que le camp d'entraînement, mais son coté compétitif ressort énormément alors qu'on a peu apercevoir, déjà, de légers gestes de frustration.

Comprenez-moi bien. Marie-Philip Poulin demeure, à 32 ans, la meilleure joueuse de hockey au monde. En plus du talent, elle a une éthique de travail incroyable et elle est la coéquipière par excellence. Elle désire faire une différence pour le hockey féminin et dans ce contexte-ci, bien performer pour la ville de Montréal.

Mais aussi exceptionnelle soit-elle, le hockey demeure un sport d’équipe et il faut cesser de croire que Marie-Philip Poulin pourra faire des miracles, peu importe les circonstances ou ses partenaires de trio. Elle ne peut pas tout faire seule. Parlez-en à un certain Connor McDavid qui l’apprend à ses dépens à Edmonton.

Depuis longtemps, Marie-Philip Poulin évolue aux côtés de joueuses qui la connaissent et qu’elle connaît aussi très bien. Des joueuses qui ont compris rapidement ce que ça prenait pour jouer avec la meilleure au monde.

Pourquoi ne pas l’essayer aux côtés d’Ann-Sophie Bettez avec qui elle avait eu des succès à l’époque des Canadiennes? Pourquoi ne pas la jumeler à Laura Stacey qui la connaît si bien et qui n’hésitera pas à se sacrifier le long des bandes pour remettre la rondelle à Poulin?

La bonne nouvelle, c’est que la saison n’est même pas encore commencée. Kori Cheverie a encore le temps de faire des tests et de changer ses combinaisons. Ou peut-être fera-t-on mentir l’autrice de ces lignes et que le trio de Vanisova-Poulin-Murphy deviendra le meilleur de la ligue.

Mais depuis plus de dix ans, on a l’impression que le hockey féminin repose sur les épaules de Marie-Philip Poulin. Peut-être faudrait-il l’aider un peu.

Un bandeau annonçant le balado de Radio-Canada Sports : Tellement hockey

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