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Mort d’une boxeuse : le coroner demande plus de vérifications médicales

Elle montre ses biceps.

Jeanette Zacarias Zapata lors de la pesée officielle avant son combat d'août 2021

Photo : Yanick Maltais Photographie / Groupe Yvon Michel

Radio-Canada

Le coroner Jacques Ramsay, qui s’est penché sur la mort de la boxeuse Jeanette Zacarias Zapata à la suite d’un gala en août 2021 à Montréal, recommande à ce que la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ) ainsi que les promoteurs exigent plus de preuves médicales lorsqu’ils engagent un boxeur ayant subi un knock-out lors d’un combat précédent.

La Mexicaine de 18 ans avait été engagée par GYM pour affronter Marie-Pier Houle, le 28 août. Elle avait toutefois quitté le Stade IGA en ambulance après avoir subi un K.-O. à la fin du quatrième round.

Son décès a été déclaré le 2 septembre suivant.

L’autopsie conclut que Jeanette Zacarias Zapata est morte d'un traumatisme cérébral.

Dans son rapport, rendu public mardi, le Dr Jacques Ramsay explique que, dans la limite de ses connaissances, la boxeuse ne semblait pas déclassée.

Le reportage de Jean-François Chabot

Le coroner s’est toutefois penché sur son combat précédent au Mexique, le 15 mai 2021, et où elle a reçu plusieurs coups à la tête. Le père de la jeune femme affirme qu’elle s’était rendue à l’hôpital après ce combat et qu’on n'avait pas diagnostiqué de commotion cérébrale. Elle aurait aussi suivi le protocole de retour à l’entraînement.

Dans son questionnaire remis à la RACJ avant son combat en sol québécois, la Mexicaine a affirmé n’avoir jamais subi de commotion cérébrale.

Est-ce que Jeanette Zacarias Zapata a subi le syndrome du deuxième impact? Le coroner avoue qu’il s’agit d’une entité rare et encore mal définie. Peu d’études existent et elles ne sont généralement pas de bonne qualité.

Cela dit, que l’on convienne ou non que les blessures de Mme Zacarias Zapata relèvent du syndrome, en soi, il est possible d’envisager qu’une ancienne blessure à la tête puisse avoir fragilisé l’enveloppe méningée et les vaisseaux cérébraux. Dans un tel cas, le deuxième assaut du 28 août serait venu compléter une blessure antérieure.

Une citation de Extrait du rapport du coroner Jacques Ramsay

Davantage de preuves médicales

Lorsque la RACJ autorise les combats, elle se penche sur la fiche des boxeurs pour s’assurer que l'affrontement soit sécuritaire. Le Dr Jacques Ramsay recommande que la Régie exige systématiquement des boxeurs ou autres combattants de sports de combat ayant subi un knock-out dans leur combat précédent, une description complète de l’événement, y compris la production de la vidéo si celle-ci existe, de même que le rapport de l’examen médical d’après-combat, afin que l’organisme puisse mieux apprécier la nature des blessures subies par le boxeur et ainsi mieux remplir sa mission qui est d’assurer la sécurité du boxeur.

Le coroner ajoute que le promoteur doit comprendre que cette responsabilité est partagée, car l’approbation de sa carte de combats par la RACJ dépendra du respect de ces exigences.

Une autre recommandation est d’exiger des boxeurs qui ont subi un knock-out cérébral de produire un rapport neuropsychologique.

Finalement, le coroner estime que la RACJ devrait exiger des athlètes de sports de combat des tests de neuropsychologie avant l’émission d’une licence de boxeurs professionnels, qui pourront éventuellement servir de comparaison avec les tests subséquents si l’athlète est la victime d’un K.-O. ou T. K.-O. cérébral.

La loi devra être modifiée

Contactée par Radio-Canada Sports, la responsable du contentieux à la RACJ, Me Joyce Tremblay, a affirmé que la régie prend acte et accueille favorablement les recommandations du coroner Jacques Ramsay. Elle ajoute que la RACJ souhaite travailler activement à leur mise en œuvre, mais que ces changements ne pourront se faire qu'en modifiant la loi qui chapeaute les sports de combat.

Me Tremblay a aussi expliqué que des tests neuropsychologiques ont déjà été exigés, mais de façon ponctuelle.

Quant au promoteur Yvon Michel, il a rappelé que la mort de Jeanette Zacarias Zapata a été l'une des expériences les plus difficiles de sa carrière.

Il est d'accord avec la recommandation d'exiger des tests neuropsychologiques aux boxeurs qui ont subi un K.-O.

Depuis le décès de Zapata, nous [Groupe Yvon Michel] n'avons plus jamais retenu les services d’un boxeur de l’étranger qui avait subi un K.-O. lors de son dernier combat, parce que l’on ne veut pas gérer ça, a souligné le promoteur, qui confirme que cette règle interne est là pour de bon.

C’est une très bonne recommandation de demander des tests neuropsychologiques à un boxeur qui veut débuter une carrière professionnelle et que ces mêmes tests soient exigés après un K.-O. pour déterminer si un boxeur peut retourner sur le ring, a ajouté Yvon Michel.

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