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Le niveau de compétition du gardien Jacob Fowler impressionne à Boston College

Un jeune joueur porte des écouteurs et une casquette.

Le gardien Jacob Fowler, qui poursuit sa carrière à Boston College, est un choix de troisième tour du Canadien en 2023.

Photo : Gracieuseté: Boston College

BOSTON – La deuxième période venait de se terminer. Le gardien Jacob Fowler avait accordé 4 buts sur les 16 premiers tirs de l’Université du Connecticut et vivait le départ le plus difficile de sa jeune carrière dans la NCAA.

Alors que ses coéquipiers rentraient au vestiaire, le choix de troisième tour du Canadien au dernier repêchage s’est rendu au banc des joueurs. Il s’est arrêté au milieu, s’est aspergé le visage et a pris quelques instants pour boire quelques gorgées pendant qu’à la porte menant au vestiaire, le capitaine Eamon Powell l’attendait patiemment.

Powell n’avait pas l’intention de lui dire quoi que ce soit.

C'est un joueur, c'est un gamer, et je ne crois pas que tu aies besoin de parler à ces gars-là, a-t-il soutenu.

L’entraîneur-chef des Eagles de Boston College, Greg Brown, allait-il procéder à un changement de gardien en vue de la troisième période? Après tout, Fowler avait disputé toutes les minutes de jeu depuis le début de la saison, et le prétexte pouvait être bon de donner un peu d’action à l’un des deux autres gardiens.

Sauf que Brown savait que ses joueurs avaient été coupables de plusieurs jeux mous devant Fowler et qu’ils avaient mis leur gardien en fâcheuse position. Il savait aussi qu’avec son club en retard 3-4 après 40 minutes, Fowler demeurait celui qui donnait aux siens la meilleure chance de gagner.

Sa gourde à la main, Fowler ne pensait pas trop à la possibilité que sa soirée de travail soit terminée.

Il s’agissait de prendre de grandes respirations, de chasser les pensées négatives et de se dire que le pire était derrière lui.

Fowler est revenu devant le filet pour la troisième période et il a fermé la porte. UConn menaçait dans son territoire? Il immobilisait la rondelle pour briser leur rythme. On réussissait à tirer dans sa direction? Il s’appliquait à ne pas donner de retour alléchant.

Avec un peu plus de deux minutes à faire, l’attaquant Jake Richard s’est présenté dans l’enclave et Fowler a réalisé l’arrêt du match en sortant la mitaine.

Tu peux jeter les X et les O par la fenêtre. Ce que tu veux, c'est un gardien qui va aller arrêter la rondelle quand la marque est égale, qu'il reste deux minutes à jouer et que le match est en jeu, a décrit Fowler. C'est ce type de gardien là que tu veux, pas celui qui a fière allure durant la période d'échauffement ou qui a l'air bon à l'entraînement. Tu veux un gars en qui tu peux avoir confiance et qui va faire tout ce qu'il faut pour gagner tous les soirs.

Le gardien s'agenouille pour arrêter la rondelle.

Jacob Fowler

Photo : Gracieuseté: Boston College

C’est de cela que parlait son capitaine en le décrivant comme un gamer. Fowler a eu 19 ans vendredi, il en est à sa première saison dans les rangs universitaires et en a encore beaucoup à apprendre. Il domine souvent, mais pas systématiquement.

Or, peu importe le nombre d’arrêts qu’il effectue dans un match et le nombre de buts qu’il accorde, le désir de s’imposer dans les moments clés et de gagner a préséance sur tout ce qu’il entreprend. À Boston College, cela s’est vite traduit par un niveau de confiance élevé qu’ont ses coéquipiers en le voyant devant le filet.

Sa maturité et son mental sont plus avancés que son âge, indique l'entraîneur-chef Greg Brown. Il reste vraiment calme dans le filet, quoi qu'il arrive. Il a d'excellentes dispositions. Il ne s'énerve pas trop s'il fait quelques gros arrêts et non plus s'il en donne un qu'il n'aime pas.

Le lendemain soir, lors du match retour au Connecticut, Boston College a commencé le match lentement, mais Fowler a été intransigeant. Il a effectué 31 arrêts dans une victoire de 3-0, son premier blanchissage de la saison.

On était très à plat et il leur a complètement fermé la porte, a dit l'entraîneur des gardiens Mike Ayers. Il a littéralement dégonflé toute motivation ou toute forme de résultat positif pour l'adversaire avec sa performance. C'est ce que j'aime de son état d'esprit, sa capacité à laisser tomber tout ce qui s'est passé auparavant, à regarder vers l'avant et à ne s'occuper que de ça.

Non seulement cela, ajoute Ayers, mais Fowler a aussi cette aptitude à cacher sa vulnérabilité devant l’adversaire, à cacher son jeu, comme il le dit. Et cela sert autant à dissuader l’adversaire qu’à mettre ses coéquipiers en confiance.

Les statistiques ne font pas foi de tout

Boston College est une pépinière de gardiens. Depuis qu’il a été embauché par les Eagles, en 2013, Ayers a vu passer Thatcher Demko, Joseph Woll et Spencer Knight avant de travailler avec Fowler.

LE gardien s'étire devant son filet.

Jacob Fowler

Photo : Gracieuseté : Boston College

Ils avaient tous leurs qualités propres, et Ayers ne tombera pas dans le piège de comparer Fowler à ses pairs. Mais ce qui l’a tout de suite interpellé avec l’espoir du Canadien, c’était à quel point il était mû par son haut niveau de compétition. Que ce soit dans la USHL, où Fowler a été nommé gardien de l’année la saison dernière, ou dans les rangs inférieurs, Ayers soupçonne que c’est cette attitude qui est à l’origine de son succès. Alors, il talonne Fowler au quotidien pour que les améliorations apportées à son jeu nourrissent cette compétitivité.

Ayers ne retient qu’un autre départ chancelant dans la jeune saison de son protégé. C’était à l’occasion d’un match contre l’Université Michigan State. Fowler n’était pas dans son assiette et Ayers est allé le voir après la première période. Nul besoin d’élever le ton, il l’a simplement regardé sévèrement et lui a dit : Let’s go!

Réveille-toi.

Et Fowler a été sensationnel par la suite.

Lors de cette rencontre, le vis-à-vis de Fowler était Trey Augustine, l’un des gardiens qui ont été réclamés avant lui au repêchage. Les Red Wings de Détroit ont sélectionné dès le 41e rang l’ancien gardien du programme national de développement des États-Unis, et Ayers croit que Fowler s’était peut-être un peu laissé distraire par cette confrontation face à un gardien qu’il connaît bien et qu’il espère supplanter comme titulaire des États-Unis au prochain mondial junior.

Fowler sait qu’il est dans une business basée sur les statistiques, mais il évite autant que possible d’y accorder trop d’attention et de céder au jeu des comparaisons.

Les siennes ont pourtant de quoi gonfler l’orgueil.

Après avoir été nommé le gardien par excellence de l'association Hockey East au mois d’octobre, Fowler maintient la cadence. Avant les matchs de samedi, il se situait au 4e rang des gardiens de la NCAA avec un taux d’efficacité de ,930. Et avec 13 départs, il avait joué plus du double des matchs de chacun des trois gardiens qui le devancent...

Du poids en moins et une meilleure technique

La silhouette de Fowler a peut-être contribué à faire en sorte que plusieurs recruteurs classaient Augustine devant lui en prévision du repêchage.

Lorsqu’il s’est présenté devant les journalistes pour exprimer son engouement d’avoir été repêché par le Tricolore et pour décrire ses liens familiaux avec le Québec, Fowler en a effectivement fait sourciller quelques-uns avec son visage rond.

Il s’est toutefois mis à l’ouvrage depuis son arrivée sur le campus de Boston College. Il a raconté qu’il pesait entre 100 et 101 kg (220 et 223 lb) au moment du repêchage. Puis, un sérieux de coup de barre à sa nutrition et beaucoup de travail en gymnase le placent en ce moment entre 91 et 93 kg (200 et 205 lb).

Tu veux devenir un professionnel avec ton jeu, mais tu veux aussi être un professionnel avec tes habitudes, a indiqué Fowler. Manger ce qu'il faut et faire ce qu'il faut en gymnase sont parmi les meilleures améliorations que j'ai constatées dans mon jeu. Je me sens beaucoup mieux sur la glace grâce à cela.

Quand vient le temps de décrire les gardiens, on les place souvent sur un spectre, quelque part entre les qualités athlétiques à une extrémité et les compétences techniques à l’autre.

Ayant pratiqué plusieurs sports dans sa jeunesse – dont le baseball, ce qui pourrait expliquer cette vive mitaine qu’il a brandie devant le joueur de UConn – Fowler se perçoit pour l’instant plus comme un gardien davantage athlétique que technique. En ce sens, les livres en moins l’aident certainement à se sentir plus alerte dans ses développements.

Mais son entraîneur des gardiens croit que son style est un mélange de qualités athlétiques et de technique, même si les deux volets sont encore en développement.

Fowler mesure 1,88 m (6 pi 2 po), ce qui n’est pas immense pour un gardien. Il n’est pas de ceux qui se laissent frapper par la rondelle en occupant beaucoup de surface. Il tente de rester debout le plus longtemps possible pour utiliser des déplacements latéraux qui sont très puissants et plus fluides que ne l’est son jeu de pieds. Une fois à genoux, Fowler mise beaucoup sur sa lecture de jeux et sur une bonne utilisation des techniques de protection des poteaux.

Je pense que l'un des domaines sur lesquels je veux travailler est ma gestion de la profondeur, a précisé Fowler. Parfois, je trouve que je suis un peu trop profond, que je suis un peu trop passif. Et à ce niveau-ci, les gars peuvent tellement bien tirer la rondelle que je me retrouve à donner chaque soir un but qui pourrait être évité.

Fowler ignore combien d’années il restera à Boston College. Il rêve à Montréal, mais il comprend que ce n’est pas pour tout de suite. Il lui reste tout un apprentissage à faire et il se sent à la bonne place pour le vivre.

Hâter les choses inutilement et vouloir sauter les étapes ne lui servirait à rien. Aussi, il n’a pas oublié les paroles de Martin St-Louis au camp de perfectionnement cet été.

Il a dit qu'il n'y avait qu'un certain nombre de places à la table et qu'on ne pouvait pas se contenter de prendre sa propre chaise, qu'il fallait la prendre à quelqu'un d'autre, a-t-il raconté. Et je pense qu'en tant que gardien de but, c'est difficile parce qu'on ne sait jamais quand l'occasion se présentera. Si vous n'êtes pas prêt pour cette occasion-là, vous ne savez jamais quand vous en aurez une autre. C'est pourquoi, chaque jour ici, je travaille pour avoir cette occasion et pour ne pas la manquer quand elle va se présenter.

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