•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Juraj Slafkovsky, la patience et le cas de Quinton Byfield

Deux joueurs de hockey.

Juraj Slafkovsky pourchasse la rondelle en 3e période du duel du Canadien face aux Kings de Los Angeles, samedi.

Photo : Associated Press / Marcio Jose Sanchez

LOS ANGELES – Juraj Slafkovsky a lâché un petit sifflement admiratif. L’objet de la discussion, un joli jeu de Quinton Byfield, ne lui avait pas échappé.

Sur la séquence en question, Byfield déculotte Logan Cooley et Michael Kesselring avant d’envoyer du revers une passe d’anthologie à Anze Kopitar. Un doux mélange de grâce et d’habiletés de 1,96 m (6 pi 5 po) et de 102 kg (225 lb).

Il a pas mal de points, je pense, s’est risqué Slafkovsky.

En effet. Seize en 19 matchs pour être plus précis.

On dirait qu’il vient de comprendre comment reproduire dans la LNH ce qu’il faisait avant dans les autres ligues. Là, tu commences à créer davantage, tu te sens confiant et tu fais des jeux comme celui-là, a estimé l’ailier du Canadien.

Voilà en quelques mots résumés par le principal intéressé la quête de Slafkovsky cette saison. Et probablement celle de l’année prochaine aussi.

S’il était question de Byfield dans cette discussion, c'est d'abord parce que les deux colosses s'affrontaient pour la première fois de leur carrière dans ce qui avait été un soporifique duel remporté 4-0 par les Kings, samedi après-midi, au Crypto.com Arena de Los Angeles.

Un match au cours duquel les hommes de Martin St-Louis ont été complètement tétanisés par le style de jeu fermé des Californiens, au point où Jake Allen, après la rencontre, a dit d'eux que pour un amateur de hockey, ils sont vraiment impressionnants.

Ils ont probablement le meilleur jeu d'ensemble de toute la ligue. Je les ai vus quelques fois à la télé, mais c'est vraiment impressionnant en personne. Une bonne leçon pour nous, a conclu le gardien à propos de ce match.

Mais revenons à nos moutons.

S'il était question de Byfield avec Slafkovsky, disions-nous, c’est que les similitudes entre les deux hommes crèvent les yeux. Deux immenses patineurs à la maturité physique précoce, deux choix très élevés au repêchage (Slafkovsky 1er en 2022, Byfield 2e en 2020), beaucoup d’attentes et des débuts professionnels modestes.

Un joueur de hockey replace son casque.

Quinton Byfield

Photo : Getty Images / Christian Petersen

Après trois saisons à partager son temps entre la LNH et la Ligue américaine [il a fait le saut chez les professionnels à 18 ans en raison de la pandémie, NDLR], Byfield semble véritablement être sorti de sa coquille cette saison, après avoir donné un avant-goût de son aisance en toute fin de dernière campagne.

Une éclosion attendue.

On avait besoin qu’il performe comme ça, vraiment. Il a juste 21 ans, il fallait être patient.

Une citation de Phillip Danault à propos de Quinton Byfield

Les Kings l’ont été avec Byfield, même si les comparaisons avec Tim Stützle, sélectionné un rang après lui, le faisaient mal paraître. Aujourd’hui, bien dans sa peau, le garçon de Newmarket en Ontario patrouille à l’aile gauche du premier trio en compagnie d’Anze Kopitar et d’Adrian Kempe. Un heureux mélange jusqu’à présent.

Je sais qu’il y aurait au moins deux gars qui viendraient cogner à ma porte si j’osais enlever le numéro 55 de leur trio, a lancé Todd McLellan, l’entraîneur des Rois, pour donner un aperçu de sa progression.

Byfield, dont la position naturelle est le centre, a été déplacé à l’aile en plein match l’an dernier.

Ç’a cliqué instantanément. Parfois, les meilleurs résultats ne sont pas planifiés, a ajouté McLellan.

Quatre joueurs de hockey discutent près du banc.

Quinton Byfield, Mikey Anderson, Anze Kopitar et Drew Doughty

Photo : Getty Images / Christian Petersen

Son développement est venu avec la maturité qu’il a acquise. Il a appris à composer avec la pression, il est devenu encore plus fort. Il parvient à rester debout, sur ses pieds, beaucoup plus qu’à ses débuts. Sa confiance est à un autre niveau. Il ressent maintenant le fait que le personnel d’entraîneurs et que ses coéquipiers croient en lui et ça, c’est puissant, a renchéri le patron.

La maturité physique, l’équilibre sur patins, la confiance en soi : un refrain déjà entendu dans le vestiaire tricolore à propos d’un autre jeune joueur.

Mais il a dû travailler fort pour se rendre là, a dit l’entraîneur des Kings.

Chacun sa route

Jusqu’à présent, la courbe de progression de Slafkovsky s’apparente à celle de Byfield, principalement car leurs atouts sont semblables et que leurs défis se ressemblent. Leur production aussi.

Dix points en 40 matchs pour Byfield à sa saison recrue, 10 en 39 pour Slafkovsky. L’Ontarien a enchaîné avec 22 points en 53 rencontres à sa seconde, le Slovaque en est à 6 points en 21 matchs cette année.

La première étape et la plus importante pour Slafkovsky, selon Martin St-Louis, est d’apprendre à maîtriser son corps.

Il a besoin de réaliser qu’une de ses plus grandes forces est son gabarit. Le reste de son jeu en est un complément. Pour moi, il doit jouer avec cette force. Il n’a pas à courir après des rivaux pour les frapper […] Je sais qu’il peut patiner avec la rondelle, il est plutôt bon pour percer le milieu de la glace. Il a beaucoup d’atouts. C’est juste une question de savoir quoi utiliser, quand et pourquoi, avait fait valoir l’entraîneur du CH jeudi, à San José.

Rencontré dans le vestiaire après l’entraînement ce même jour, Slafkovsky a plongé dans ses souvenirs d’adolescence et de hockey mineur.

Pendant longtemps, je n’avais même pas besoin de patiner. À cause de ma taille, je repoussais les joueurs sur le côté et c’était tout. J’étais beaucoup plus gros. Pas toujours en Finlande nécessairement, c’est quand même une ligue difficile, mais c’était beaucoup plus facile qu’ici.

Une citation de Juraj Slafkovsky

Byfield, autant que Slafkovsky, a dû s’adapter à la rapidité du jeu aussi, un défi d’autant plus imposant pour l’Européen qui jouait sur une glace à plus grandes dimensions.

Tu as tellement plus de temps pour tout faire en Europe. J’avais le temps de faire une petite manœuvre avec la rondelle, de lever la tête, personne n’était sur moi. En Finlande, il n’y a presque pas d’échec avant. C’est une ligue très défensive. On se faisait même dire par moments de ne pas appliquer d’échec avant, a indiqué le joueur du Tricolore.

Un contraste assez saisissant avec les entraînements menés par St-Louis en début de semaine qui portaient essentiellement sur un seul aspect du jeu : la qualité de l’échec avant.

C’est dans l’air du temps de vouloir obtenir un résultat optimal quasi instantanément, mais la réalité est tout autre dans la plupart des cas. Interrogé sur la valeur de la patience dans cette ligue, Todd McLellan a fourni une réponse intéressante.

À son avis, Connor McDavid (1er choix en 2015), Jack Eichel (2e choix en 2015) et Auston Matthews (1er choix en 2016) ont brouillé les perceptions. Ces trois joueurs ont explosé au grand jour dès leurs débuts dans la LNH et sont devenus immédiatement de grandes vedettes, disait McLellan. Il n'y a là rien de normal.

Ç’a rendu la tâche beaucoup plus compliquée à tous ceux qui ont suivi parce que ce n’est pas censé se passer comme ça. Peut-être que Connor Bedard est de cette trempe, mais le reste de ces très hauts choix ont eu à vivre avec cette pression en arrivant dans la ligue. Et c’est très difficile à faire. La patience est extrêmement importante, surtout pour les grands et gros joueurs. Dans le cas de Quinton, il mesure 6 pi 5 po et pèse 225 lb et il a encore de la place pour ajouter 20 lb de muscles. Ça prend du temps pour comprendre comment te déplacer avec cet imposant corps, quoi faire contre des hommes, comment utiliser ta taille, a-t-il fait valoir.

Tout ce que je sais de Slafkovsky, c’est qu’il a beaucoup de talent et que la patience est importante pour tous les joueurs.

Quinton Byfield n'est qu'un autre exemple probant des vertus de la patience. Elle ne fait pas foi de tout pour autant. Impossible de prévoir ce que deviendra exactement Slafkovsky ni à quel moment il atteindra son sommet.

Mais il s'en rapproche un tout petit peu plus chaque jour.

La section Commentaires est fermée

Les commentaires sont modérés et publiés du lundi au vendredi entre 6 h et 23 h 30 (heure de l’est).

Vous souhaitez signaler une erreur?Écrivez-nous (Nouvelle fenêtre)

Vous voulez signaler un événement dont vous êtes témoin?Écrivez-nous en toute confidentialité (Nouvelle fenêtre)

Vous aimeriez en savoir plus sur le travail de journaliste?Consultez nos normes et pratiques journalistiques (Nouvelle fenêtre)

Infolettre Sports

Analyses, chroniques et bien plus encore! Suivez l’actualité sportive au-delà des résultats.

Formulaire pour s’abonner à l’infolettre Sports.