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AnalyseUn voyage pour former la jeunesse

Les joueurs viennent faire l'accolade à leur gardien.

Le Canadien conclura son séjour en Californie avec une fiche gagnante pour la première fois en 13 saisons.

Photo : Associated Press / Jeff Chiu

SAN JOSÉ – L’air de la Californie réussit rarement au Canadien, mais cette fois, c’est assez bien parti. D’un point de vue quantitatif plutôt que qualitatif.

Martin St-Louis n’affichait certes pas un visage triomphant après le gain à l’arraché de sa troupe 3-2 contre les Sharks de San José en tirs de barrage.

Le Canadien n’avait pas remporté au moins deux matchs dans l’Ouest américain depuis 14 ans. C’est maintenant chose faite, sans compter qu’il pourrait améliorer son sort dès samedi contre les Kings de Los Angeles.

Voilà l’essentiel des bonnes nouvelles. L’on comprenait les joueurs de ne pas trop fanfaronner après un gain du genre, même si le tube I Won’t Back Down de Tom Petty résonnait à tue-tête dans les corridors du SAP Center et que tout le monde avait un peu le pied dansant, évidemment.

Les Sharks n’avaient jamais eu l’avantage contre personne cette saison aux tirs au but, et ils ont lancé neuf fois de plus que le CH (33 à 24) vendredi après-midi. Ils ont obtenu plus de chances de marquer à forces égales et leur avantage numérique s’est donné des airs du quintette russe des Red Wings de 1997 par moments.

Encore une fois, l’unité d’infériorité numérique a été si permissive qu’elle a bien failli coûter le match aux hommes de St-Louis.

On a eu une punition et on a perdu le momentum. Il faut travailler là-dessus : comment reprendre le momentum et revenir à ce qu’on fait de bien, a laissé tomber l’entraîneur.

Ils ont eu beaucoup de chances à leur premier avantage numérique et ça les a replacés, a expliqué Johnathan Kovacevic. Ils ont eu un deuxième avantage et ils marquent [en quatre secondes, NDLR]. Notre désavantage n’a pas bien fait le travail ce soir.

C’est le moins qu’on puisse dire. À ses quatre derniers matchs, le Tricolore a accordé 7 buts en 15 désavantages. Ce même département duquel l’entraîneur disait jeudi, après l’entraînement, qu’il s’était amélioré par rapport à l’an dernier. Pour l’instant, les joueurs le cachent bien.

On pourrait aussi parler des défaillances du trio de Tanner Pearson, Sean Monahan et Josh Anderson, encore dangereusement impotent vendredi, particulièrement lors du premier but du match, celui de l’ancienne connaissance Mike Hoffman. Le petit groupe a été dominé dans sa confrontation contre Tomas Hertl, Fabian Zetterlund et William Eklund.

Le Canadien est clairement toujours un peu fragilisé par les corrections subies aux mains des Golden Knights de Vegas et des Bruins de Boston la semaine dernière. Kovacevic l’a une nouvelle fois répété dans le vestiaire après le match.

On a pris un coup à ce moment-là. On travaille à retrouver notre assurancer depuis, a fait valoir le défenseur, auteur d’un troisième but à ses quatre derniers matchs.

Il faut trouver une façon d’avoir un meilleur plan B, a enchaîné Cole Caufield. Quand on ne joue pas à notre mieux, il faut se calmer et tirer profit de nos chances.

Alors, les pas dans la bonne direction que sont deux victoires de suite, même timides, sont accueillis avec plaisir, peu importe qu’elles soient survenues contre des clubs de deuxième ordre.

C’est bon pour le moral, a lancé St-Louis.

N’empêche que, pour l’instant, les signes de croissance collective sont ténus. L’entraîneur explique l’inconstance de sa bande par des erreurs individuelles et ne s’en émeut pas trop. D’accord, mais après 20 matchs, un quart de saison donc, son équipe se trouve exactement au même endroit que l’an dernier.

Des hauts et des bas, une fiche de ,500, quelques fulgurances ici et là comme cette victoire impressionnante contre les Bruins, mais, en somme, la même impression de flottement. Il est difficile de dire si l’équipe progresse.

Individuellement, par contre, c’est une autre histoire.

Un bandeau annonçant le balado de Radio-Canada Sports : Tellement hockey

La meilleure version de Slafkovsky

La remarque est venue de Caufield lui-même.

C’est certainement un des meilleurs matchs qu’il a joués, a-t-il dit de son compagnon de trio Juraj Slafkovsky.

Visible toute la soirée, engagé physiquement, le Slovaque prend de l’assurance. Il lui reste à faire ressortir cette petite touche d’arrogance comme on l’avait vu aux Jeux olympiques pour pouvoir parler de swag.

Il a tenté 10 tirs, en a cadré 3, et a servi de superbes passes à Caufield tout l’après-midi. Une en particulier a retenu l’attention. Une passe à contre-courant qui avait l’air à l’aveugle, mais qui était pourtant calculée.

Il sourit en regardant son coéquipier, qui lui tend les bras.

Cole Caufield (à droite) a reçu les félicitations de son coéquipier Juraj Slafkovsky après avoir marqué en troisième période.

Photo : Associated Press / Jeff Chiu

Il a tiré et j’ai vu qu’il contournait le filet. Si tu vas en arrière du filet, généralement, tu finis par ressortir de l’autre côté. Il y avait un peu de chance là-dedans pour que la passe soit directement sur la lame de son bâton, mais je savais qu’il serait dans ce coin-là, a expliqué Slafkovsky.

C’est aussi lui qui a lancé le jeune Américain sur une descente à deux contre un grâce à une belle passe en sortie de zone après avoir lui-même coupé la menace de l’adversaire, après avoir perdu son bâton et avoir récupéré celui d’un coéquipier. Bref, beaucoup de choses sur cette séquence, mais surtout, un signe que le jeune homme prend ses aises.

Le jeu ralentit, assurément. Je vois mieux, je sens bien la rondelle et je me sens bien, a indiqué Slafkovsky.

On est en route. C’est très encourageant ce qu’on voit. Il prend confiance de plus en plus. Tu le vois par ce qu’il fait sur la glace, où il va, le nombre de fois qu’il touche à la rondelle. Il est très efficace et a souvent la rondelle à cause de ça. Je sais qu’il se met beaucoup de pression. Sa croissance va se poursuivre, a analysé St-Louis.

Un séjour en Californie pour former la jeunesse? Ça se passe bien avec le Slovaque. L’équipe, très jeune elle aussi et encore en quête de repères depuis sa déconfiture récente, s’appuiera peut-être sur ses deux victoires à l’arraché pour emprunter la même voie d’ici la fin.

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