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« Je devais faire la course de ma vie, et c’est ce que j’ai fait »

L'homme en fauteuil roulant tient le drapeau canadien derrière lui.

Anthony Bouchard à Santiago

Photo : Gracieuseté : Comité paralympique canadien

Quelques jours avant de prendre l’avion pour Santiago, Anthony Bouchard confiait à Radio-Canada Sports qu’il n’avait pas de très grandes attentes pour les Jeux parapanaméricains, qui seraient sa première compétition multisports. Il y allait pour l’expérience, et il en revient avec deux médailles, dont une en or.

L’athlète en fauteuil roulant a d’abord décroché le bronze au 400 m, mardi, à huit centièmes d’une 2e place. Et il a gardé le meilleur pour sa performance du jeudi, au 100 m, qu’il a parcouru en un temps imbattable de 17 s 67/100, dans la catégorie T52.

Je savais que c'était une possibilité. Mais je n'aurais pas été déçu de quitter (le Chili) sans médaille non plus, disons, explique le sportif de 31 ans. Je regardais les classements des compétiteurs, et ça m'a refroidi un peu. J'étais quelques secondes derrière les meilleurs. Je me disais que j'avais besoin de faire la meilleure course de ma vie pour réussir.

En octobre, de son foyer à Québec, il avertissait que les planètes allaient devoir être alignées pour qu’un podium se profile à l’horizon, au terme d’un 100 ou d’un 400 m, les deux courses auxquelles il allait prendre part. Pour faire un podium, il faudrait vraiment que j’aille la performance de ma vie, ou que les autres connaissent une mauvaise journée, mentionnait-il.

C'est vraisemblablement le premier scénario qui s'est produit. Les conditions étaient bonnes, la piste était belle, mes adversaires ont bien couru, mais j'ai vraiment eu la meilleure course de ma carrière, raconte-t-il.

Le Saguenéen a coiffé au fil d’arrivée le Mexicain Salvador Hernandez, par trois centièmes, pour obtenir l’or.

J'étais pas sûr d'avoir gagné, je savais que j'étais dans le coup, mais premier, j'étais pas convaincu. Puis j'ai entendu mon nom, et je me suis dit, ça sonne comme une médaille d'or ça!

Une citation de Anthony Bouchard

Catégorie T52 : pour les athlètes ayant une limitation importante au tronc et aux jambes, et une limitation de faible à modéré au bras et aux épaules. Dean Bergeron évoluait dans cette catégorie aux Jeux de Pékin en 2008.

Sur la voie rapide

Celui qui a commencé le para-athlétisme il y a trois ans à peine connaît une ascension fulgurante. Son temps enregistré au Chili lui permet d’espérer une médaille aux Jeux paralympiques.

En quelques mois à peine, il a réussi à retrancher plus d’une seconde à son résultat obtenu aux mondiaux de para-athlétisme à Paris (18,89 s), l’été dernier. Son chrono de 17,67 s l’aurait placé 2e lors des plus récents Championnats du monde, et 4e aux derniers Jeux paralympiques.

Un athlète en fauteuil roulant.

Le Canadien Anthony Bouchard a disputé une fin de course serrée face à ses adversaires pour remporter les honneurs à Santiago.

Photo : Radio-Canada / Avec la gracieuseté de Sportcom

Sans vouloir s’emballer trop vite, tout ça est très prometteur pour la suite de sa carrière. Ça me met en confiance. J'ai fait quelques ajustements depuis les mondiaux qui ont porté leurs fruits. J'ai changé ma position, j'ai abaissé mes genoux d'un pouce et demi. Ça m'a donné beaucoup de stabilité. La chaise est maintenant performante comme je le veux.

Fierté québécoise

Les performances d’Anthony Bouchard ont aussi fait rayonner le travail de Parasports Québec. C’est en empruntant un fauteuil roulant de course à l’organisme qu’il a pu s’initier au para-athlétisme, en 2021, 10 ans après un accident de la route qui a changé sa vie.

De quoi réjouir le nouveau président de Parasports Québec, Benoit Huot. Ça nous rend extrêmement fier, surtout que c’est un athlète qui avait des points d’interrogation, qui se cherchait un peu et qui a trouvé des réponses dans le sport. Et qui est passé par notre organisme pour trouver des réponses.

C’est du bonbon. Notre mission est de faire découvrir le parasport. Et Anthony Bouchard est un exemple parfait de ce que ça peut apporter à un individu. En si peu de temps, il est déjà parmi les meilleurs au monde dans sa classe!

Bouchard a aussi pris le temps de regarder le chemin parcouru, une fois au Chili. C'est drôle parce que mon iPhone me proposait un souvenir d'il y a quelques années, où je faisais ma première course à Sherbrooke, dans un fauteuil mal adapté, où j'avais de la misère à garder ma ligne.

Est-ce qu'on peut dire que Parasports Québec a donné le premier élan à sa carrière? Absolument, puis aussi ma première paire de gants, précise-t-il.

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