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Pierre-Luc Dubois, les critiques plutôt que les regrets

Un joueur de hockey mâche son protecteur buccal

Pierre-Luc Dubois

Photo : Getty Images / Christian Petersen

EL SEGUNDO – En Californie, il y a la mer, le soleil et les montagnes. Il y a Pierre-Luc Dubois aussi - sa présence n’est d’ailleurs pas étrangère à celle des trois autres -, un homme heureux qui ne regrette pas son choix de s’être établi à Los Angeles en dépit des défis.

Car, attention, n’allez surtout pas croire que, par ici, c’est juste la belle vie à l’extérieur de l’aréna.

Il y a des défis aussi, a juré Dubois.

Sa vie est plus privée ici, ce qui est sûrement bon pour lui. Mais pour ce qui est du hockey, quand il enfile son équipement et que les partisans viennent le voir jouer, il vit le même stress et la même pression que partout ailleurs, a renchéri son entraîneur Todd McLellan.

Partout ailleurs, pour le Québécois, ç’a d’abord été à Columbus, puis dans un marché canadien, à Winnipeg, qu’il a quitté à sa demande. Entre-temps, il y a eu ce flirt, cet amour courtois avec Montréal et un échange avec le Canadien qui planait dans l’air, mais qui ne s’est jamais concrétisé.

La frénésie avait culminé au repêchage de 2022 dans la métropole québécoise, là où c’est vraiment passé [proche], nous a répété un membre de sa garde rapprochée, mercredi. Dubois avait fait une apparition au Centre Bell et ils étaient nombreux à croire que ça y était.

Finalement, Dubois aura choisi Los Angeles. Pas la destination — le directeur général des Jets avait le contrôle là-dessus —, mais le fait de s’entendre sur un contrat de huit ans avec les Kings, d’y passer les meilleures années de sa carrière.

À Buffalo, au mois de septembre, un membre de l’organisation du CH nous avait confié qu’à son avis, Pierre-Luc n’a jamais vraiment voulu venir à Montréal. Pour conclure un échange, les exigences du directeur général des Jets, Kevin Cheveldayoff, étaient élevées. De ce qu'on comprend, le point de départ des discussions impliquait toujours Kirby Dach ou Kaiden Guhle, ce qui était inconcevable pour le Tricolore.

Dubois a essuyé pas mal de critiques depuis son entrée dans la LNH. Par deux fois, il a demandé à être échangé. Sur les réseaux sociaux, dans les différentes tribunes, on l’a traité de bébé gâté ou encore de s’être servi du Canadien en laissant croire que l’équipe l’intéressait.

Quand on lui rapporte ces critiques, Dubois s’esclaffe avant même la fin de la phrase.

Les gens qui critiquent ne connaissent pas toute la situation. Il y a vraiment juste moi, mes amis et ma famille qui la connaissons. Me faire critiquer de l’extérieur, je peux vivre avec ça. Mais à l’intérieur, s’il fallait que je regrette ma décision, ça, il y a juste moi qui vais vivre avec ça.

Une citation de Pierre-Luc Dubois

Avec le recul, il serait tentant de voir les propos de son agent, Pat Brisson, à l’été 2022, comme une tentative de faire monter les enchères pour son poulain. L’influent agent, d’ordinaire réservé, avait lancé à l’animateur Louis Jean que Montréal est une ville où il aimerait jouer.

Un an et demi plus tard, un membre de son entourage assure que c’était bel et bien le cas.

C’est un francophone qui arrivait à son apogée. On lui parlait des fois et on lui disait : "Écoute, il y a une certaine pression à Montréal, il y a plusieurs joueurs qui sont passés par là, ils se disaient tous qu’ils allaient faire avec." En fin de compte, pour des joueurs comme Drouin et d’autres, ça a été difficile.

Mais lui ne le voyait pas comme ça. Il se disait : "Si je vais là, j’espère que je vais amener d’autres Québécois, que l’équipe va aller en chercher d’autres." C’était ça, son objectif. Ça pouvait faire peur si tu es trop minoritaire dans l’équipe. Tu es tout le temps le porte-parole et chaque fois que quelque chose arrive, tu as le micro dans la figure, mais lui ne voyait pas ça comme ça. Il pensait que s’il décidait d’aller là, ça allait inciter d’autres joueurs autonomes québécois à accepter d’aller à Montréal, a raconté cet homme d’expérience dans le milieu.

Vaste stratégie très élaborée, s’il en est une. Sans confirmer qu’il souhaitait effectivement amorcer un inédit mouvement de retour au bercail — un peu comme dans le film Retour au bercail — Dubois y a longuement réfléchi.

En tant que Québécois à Montréal, je ne dirais pas que tu as de la pression, mais tu as beaucoup de responsabilités. Il y a beaucoup de choses qui viennent avec. Ces situations-là, je ne pense pas que tu puisses passer à travers tout seul. Ça vient avec de l’aide de tes amis, de ta famille, de ton groupe. Et, des fois, avec l’aide des autres Québécois dans l’équipe, a-t-il raconté.

Comme David Savard, par exemple, de qui il est très proche depuis ses débuts à Columbus.

Je ne pense pas que ç’aurait été plus compliqué [à Montréal]. Juste différent.

L’adaptation

Ce qui est fait est fait et tant pis pour ceux qui voudraient réécrire le tout, le voilà dans le sud de la Californie pour un bon moment. L’adaptation au style de vie se passe très bien, rassurez-vous.

Sur la glace, c’est une autre histoire. L’imposant joueur de centre totalise 9 points, dont 5 buts, en 17 matchs. Ce sont des résultats en deçà des attentes qui viennent avec un contrat de 68 millions de dollars pour 8 ans.

Les Kings misent peut-être sur le plus puissant triumvirat au centre de toute la ligue. Dubois partage la lumière avec Anze Kopitar et Phillip Danault et son temps de glace en souffre. De 18 min 42 s ces deux dernières années à Winnipeg, il est tombé à 16:38, une immense différence pour un joueur d’impact. L’entraîneur est le premier à l’admettre.

Un hockeyeur patine au centre de la glace lors d'une présentation d'avant-match.

Pierre-Luc Dubois

Photo : Getty Images / Ronald Martinez

On est un groupe déjà à maturité et on a beaucoup de profondeur au centre, ce qui fait que, parfois, tu vas jouer peut-être deux ou trois minutes de moins que ce à quoi tu es habitué, mais c’est aussi le cas de Kopitar et de Phillip Danault. C’est très difficile pour des joueurs vedettes de s’adapter à ça. Et lui fait vraiment un bon travail avec ça, a estimé McLellan.

Le Québécois a surtout joué avec Alex Laferrière et Kevin Fiala depuis le début de la saison, mais ce dernier a été muté à côté de Danault. Arthur Kaliyev est maintenant son autre ailier.

Ces deux moutures ont fait plus de 60 % des tentatives de tir à cinq contre cinq et Dubois décoche environ autant de lancers que lors de ses bons moments à Winnipeg. Seules ses chances de marquer ont chuté, mais le reste des indicateurs laisse croire à une correction éventuelle. Bref, il n’y a là rien de dramatique.

Dubois a déjà vécu un changement d’organisation lorsqu’il est passé des Blue Jackets aux Jets avec des résultats, au départ, peu convaincants. Ça lui avait pris toute la saison pandémique pour s’adapter.

C’est un peu différent pour tout le monde. Je suis le genre de gars qui prend du temps à trouver ses repères lorsqu’il arrive dans un nouveau milieu. Une fois que c’est fait, après ça, tu peux avancer, tout se fait plus rapidement sur la glace, tout se fait plus naturellement. Je suis un gars qui pense beaucoup, donc, si tu as moins de repères, c’est un peu plus compliqué, mais je ne suis pas inquiet que ça débloque un jour, a lancé le jeune homme.

Lorsqu’il le fera, les Kings, déjà dangereux — ils pointent au 4e rang du classement de la LNH pour le pourcentage de points récoltés — pourraient se transformer en sérieux aspirants à la Coupe Stanley. De quoi motiver son homme.

Je ne suis pas inquiet, il va trouver sa niche assez vite et il va trouver son bonheur ici.

Une citation de Phillip Danault au sujet de Dubois

Son bonheur loin de Montréal. Au moins, il aura l’occasion de visiter Québec l’automne prochain.

Un bandeau annonçant le balado de Radio-Canada Sports : Tellement hockey

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