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ChroniqueQu’est-ce que Jim Montgomery a fait aux Bruins?

Un homme qui porte un complet se tient debout derrière le banc d'une équipe de hockey.

Jim Montgomery

Photo : Getty Images / Michael Reaves

Au cours des prochains jours, les équipes de la LNH franchiront déjà le quart du calendrier. Et dans la ligue, un mystère persiste : celui des Bruins de Boston.

Vieillissants la saison dernière, les Bruins avaient jeté un grand nombre d’observateurs à la renverse en remportant 65 victoires dans l’une des plus dominantes saisons de l’histoire du hockey. À la fin des camps d’entraînement de 2022, certains leur prédisaient même une élimination.

Après avoir été évincés au premier tour des séries par les Panthers de la Floride, les Bruins ont vu leurs deux premiers centres, Patrice Bergeron et David Krejci, opter pour la retraite au cours de l’été. Et encore une fois, une majorité d’experts et d’observateurs ont prédit, à tort, que les Oursons allaient prendre un important pas de recul cette saison.

Après 16 matchs, les cartésiens Bruins présentent toutefois une fiche de 13-1-2. Et mine de rien, ce départ époustouflant porte leur rendement à 78-13-7 depuis que Jim Montgomery a pris les commandes du club, au début de la saison 2022-2023.

Et cela nous mène tout droit à une intéressante statistique : jamais une équipe n’a vécu une aussi fructueuse séquence de 98 matchs.

Dans l’histoire de la LNH, les deux autres formations qui ont connu des séquences semblables sont mythiques : la dynastie du Canadien des années 1970 et le CH du début des années 1940.

Entre le 9 février 1977 et le 25 mars 1978, l’équipe de Scotty Bowman avait montré une fiche de 76-10-12, tandis que du 12 décembre 1943 au 8 décembre 1945, la formation menée par Dick Irvin avait remporté 75 victoires, subi 15 défaites et livré 8 matchs nuls.

On pourrait débattre sur le fait que, par exemple, ces éditions du Tricolore n’avaient pas la possibilité de gagner des matchs de saison en prolongation. Et cela est tout à fait vrai.

Au bout du compte, les Bruins de Jim Montgomery n’ont été battus que 13 fois en temps réglementaire à leurs 98 dernières rencontres. Et ils ont réussi cet exploit à une époque où la compétition est extrêmement vive et où les calendriers sont resserrés, extrêmement exigeants et défavorisent grandement la constance.

***

Cela dit, même s’ils emmagasinent les points de classement avec une efficacité inédite depuis plus d’un an, on dirait que les Bruins ne passent pas tout à fait le test de l’œil lorsqu’on se demande s’ils ont tout ce qu’il faut pour remporter la Coupe Stanley.

En défense, il n’y a aucun doute. Les Bruins de notre époque ont d’ailleurs de grandes similitudes avec les grandes formations montréalaises du passé.

Dans les années 1970, le filet du CH était défendu par le gardien le plus efficace de la ligue, Ken Dryden (,925) tandis que dans les années 1940, Bill Durnan protégeait la cage avec la constance d’un métronome. Durant la séquence de succès mentionnée plus haut, Durnan avait gardé le filet dans chacun des 98 matchs (!) du CH et il avait maintenu une moyenne de buts accordés (2,35) presque inférieure d’un but par rencontre à celle de son plus proche poursuivant, Harry Lumley, des Red Wings.

Depuis le début de la saison dernière, les Bruins misent aussi sur le gardien le plus efficace de la LNH en Linus Ullmark (,936). Mais cela ne les empêche pas de donner énormément de boulot à leur second gardien, Jeremy Swayman. Ce dernier a obtenu 40 % des départs la saison passée. Et cet automne, les Bruins préconisent un système de parfaite alternance entre leurs deux portiers.

Collectivement, les formations montréalaises des années 1970 et des années 1940 présentaient les défenses les plus dominantes de la LNH. Et par une marge appréciable.

C’est aussi le cas des Bruins. Depuis le début de la saison dernière, Boston a accordé 42 buts de moins que la deuxième équipe défensive de la LNH, les Rangers de New York. On parle d’une différence de presque un demi-but par match. C’est énorme.

***

Par contre, quand on regarde du côté de l’attaque, les Bruins ne sont pas du tout dans la même lignée que les autres grandes équipes du passé.

Pendant leur irrésistible séquence de 98 matchs, les Glorieux des années 1970 misaient sur le trio de Shutt (65 buts, 50 passes et un différentiel de +87), Lemaire (44 et 68, +80) et Lafleur (74 et 104, +103).

Le Démon blond était alors le meilleur marqueur de la LNH, tandis que Shutt et Lemaire étaient respectivement 8e et 9e.

De décembre 1943 à décembre 1945, le moteur offensif du Canadien était le fantastique trio composé de Toe Blake (58 et 71), Elmer Lach (47 et 94) et Maurice Richard (86 et 49).

Blake, Lach et Richard étaient à cette époque les trois meilleurs marqueurs de la LNH. Comme les restaurants McDonald’s n’existant pas à cette époque, personne n’a eu l’idée de demander à Dick Irvin s’il désirait avoir un chausson avec ça.

Or, la situation des Bruins est bien différente.

Chez eux, c’est David Pastrnak (72 et 68, +44) qui porte le plus gros du fardeau offensif. Depuis octobre 2022, l’attaquant tchèque est le meilleur buteur et le troisième marqueur de la LNH. Mais après lui, les plus redoutables menaces des Bruins sont Brad Marchand (28 et 57) et Pavel Zacha (27 et 43), qui apparaissent respectivement aux 56e et 97e rangs des marqueurs de la ligue.

Lorsqu’on jette un coup d’œil aux autres attaquants des Bruins, on trouve dans des rôles déterminants des joueurs comme le vétéran James Van Riemsdyk (qui n’a pas atteint le plateau des 30 buts depuis 6 ans), Charlie Coyle (qui a surpassé les 20 buts une fois, il y a 8  ans), Trent Frederic (qui n’a jamais marqué 20 buts) et la recrue Matthew Poitras (auteur de 21 buts à sa saison la plus productive dans les rangs juniors).

Lorsqu’on décortique cette formation, on ne peut donc faire autrement que de se poser quelques questions. Comment les Bruins parviennent-ils à maintenir un tel niveau de succès? Et pendant combien de temps encore pourront-ils le faire?

Il y a 13 mois, Jim Montgomery a hérité d’une équipe mature qui fonctionnait extrêmement bien, et il l’a transformée en l’une des machines de hockey les plus performantes de l’histoire de la LNH. Ce n’est pas anodin! On assiste à l’une des plus impressionnantes démonstrations de maximisation de talent jamais faites par un entraîneur.

La trajectoire des Bruins est spectaculaire, mais leur destination n’est pas tout à fait claire. Bref, c’est une équipe fascinante.

Un bandeau annonçant le balado de Radio-Canada Sports : Tellement hockey

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