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ChroniqueIndéniablement, les caquistes et le sport ne font pas bon ménage

Le premier ministre du Québec parle pendant une conférence de presse derrière un lutrin qui porte la mention « Le hockey, notre fierté ».

François Legault lors de la conférence de presse organisée afin d'annoncer la création d'un comité pour la relance et le développement du hockey au Québec.

Photo : Radio-Canada

Depuis que les caquistes ont été portés au pouvoir, leur gouvernement se met constamment les pieds dans les plats lorsqu’il est question de sport. Allez savoir pourquoi.

Des exemples?

Il y a deux ans, le premier ministre François Legault avait stupéfié le monde du hockey en réunissant un comité de personnalités censées trouver, en l’espace de quelques semaines, une recette magique qui aurait permis au Québec de produire un plus grand nombre de joueurs de la LNH.

Quelques mois auparavant, en mars 2021, le premier ministre s’était montré favorable à l'idée d'utiliser l’argent des contribuables pour construire un stade de baseball afin d’accueillir une équipe, contrôlée par un milliardaire américain, qui aurait partagé ses matchs locaux entre Tampa et Montréal.

Selon le premier ministre, ce stade allait générer des retombées économiques tellement importantes qu’elles allaient justifier une participation financière du gouvernement québécois. Le problème, c’est que de nombreuses études montraient qu’il n’y avait pas d’avantage économique à financer un stade ou un amphithéâtre pour une équipe professionnelle et que, sondage après sondage, de 96 % à 98 % des économistes américains soutenaient la même chose.

Au bout du compte, c’est le baseball majeur qui avait épargné cette dépense aux Québécois en rejetant le surréaliste et risqué concept des villes sœurs.

On peut aussi rappeler quelques décisions étranges prises durant la pandémie, par exemple cette directive de l’ancien ministre de l’Éducation Jean-François Roberge interdisant aux élèves faisant partie d’une équipe scolaire de pratiquer leur sport tout en permettant à leurs camarades de classe membres d’équipes civiles de poursuivre leurs activités.

Toujours durant la pandémie, il y avait aussi eu cette subvention de 18 millions aux équipes de la LHJMQ afin de les indemniser pour des ventes de billets non réalisées. Pendant ce temps, l’aide apportée à l’ensemble des fédérations sportives se résumait à des miettes.

***

Plus tôt cette semaine, c’est le ministre des Finances Eric Girard qui a semé la consternation chez les Québécois en annonçant qu’une subvention de 5 à 7 millions sera versée pour permettre aux Kings de Los Angeles de disputer deux matchs préparatoires à Québec au début du mois d’octobre 2024.

Injustifiable d’un point de vue économique, cette annonce a semblé tellement déconnectée et a résonné de façon tellement négative dans toutes les sphères de la société québécoise que de nombreux observateurs se sont attendus à voir François Legault intervenir pour remballer le tout.

Or, le premier ministre a plutôt décidé d’en remettre. De passage dans une maison des aînés en Gaspésie, M. Legault a défendu cette subvention à une équipe américaine en faisant valoir que c’est important aussi d’investir dans le loisir, que ce soit les sports ou la culture, et que la visite des Kings est importante parce que les gens de Québec, ils aiment ça, le hockey.

Comme si les dirigeants de la LNH vivaient dans une caverne depuis 2015, M. Legault a par ailleurs ajouté que son gouvernement voit ces matchs préparatoires des Kings comme une occasion de leur montrer le Centre Vidéotron.

Imaginez un peu la tête de Gary Bettman, qui a préféré Las Vegas et Seattle à Québec lors des deux dernières expansions de sa ligue – et qui permet aux Coyotes de l’Arizona de jouer dans un aréna de 4600 places –, lorsqu’il va apprendre qu’il y a un amphithéâtre moderne à Québec!

***

Avec les collègues Alexandre Coupal et Marc-Antoine Godin, nous en discutions à Tellement hockey vendredi matin.

Godin estimait que c’est en plein le genre d’initiative susceptible de plomber une éventuelle candidature de Québec pour un retour dans la LNH.

Comment pouvez-vous prétendre que votre marché est suffisamment vigoureux pour soutenir une équipe si vous devez allonger des subventions gouvernementales pour financer des matchs préparatoires? demandait-il.

Par ailleurs, la réaction à cette annonce est tellement négative qu’il apparaît fort possible qu’un bon pourcentage d’amateurs de hockey décident de rester chez eux au lieu de payer deux fois (pour leurs billets et avec leurs impôts) pour aller voir jouer les Kings. Si les gradins sont dégarnis, cela nuira autant à la crédibilité du gouvernement qu’à une éventuelle candidature de Québec.

Toutefois, au bout du compte, que les gradins soient remplis ou non, il ne sera jamais justifiable d’avoir claqué de 5 à 7 millions pour présenter deux matchs de hockey qui ne généreront pas de retombées économiques.

Compte tenu de la position défendue par le premier ministre, Luc Robitaille s’avère officiellement le dernier adulte dans la pièce, le dernier intervenant en mesure de prendre la décision qui s’impose dans cette affaire.

Deux hommes en veston cravate sont assis à une table où se trouvent des micros.

Le président des Kings de Los Angeles, Luc Robitaille, et le ministre des Finances du Québec, Eric Girard

Photo : The Canadian Press / Jacques Boissinot

Le président des Kings cherchait tout bonnement un endroit pour disputer des matchs préparatoires l’automne prochain parce que l’amphithéâtre de son équipe sera en rénovation. Robitaille vit à Los Angeles depuis des décennies. Il est déconnecté des débats politiques qui se font ici et il croyait certainement que la visite de son équipe allait créer un extraordinaire engouement dans la capitale québécoise.

Or, Robitaille sait maintenant que ses Kings sont les bienvenus, mais pas aux frais des contribuables. Et il constate que son organisation se retrouve au centre d’une situation déplorable qui ne la concerne pas.

Il rendrait donc service à tout le monde en s’élevant au-dessus de la mêlée et en décidant de transporter son camp d’entraînement ailleurs.

Un bandeau annonçant le balado de Radio-Canada Sports : Tellement hockey

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