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AnalyseAprès le CIO, la Russie inquiète à son tour l’Agence mondiale antidopage

Rencontre des dirigeants de l'Agence mondiale antidopage.

Rencontre des dirigeants de l'Agence mondiale antidopage, à Bakou, en Azerbaïdjan.

Photo : AFP/Getty Images / TOFIK BABAYEV

Les membres du Conseil de fondation de l’AMA sont réunis à Montréal. Plusieurs questions étaient à l’ordre du jour comme les divergences de points de vue avec l’UNESCO sur une véritable harmonisation du Code mondial.

L’AMA insiste pour que l’ensemble des pays signataires du code ait une ligne politique commune quant aux sanctions. Le directeur de l’Agence mondiale, Olivier Nigli, a cité le cas de l’Espagne qui autorise certains sportifs condamnés pour dopage à participer à des compétitions, ce qui va à l’encontre de son code.

L’UNESCO affirme que l'AMA n'a pas le pouvoir de s’ingérer dans les législations des pays. On ne s'entend pas non plus sur la répartition régionale du financement, car il y a des pays qui payent moins que d’autres. Une iniquité selon certains.

Ce qui a mené le directeur général de l’AMA à parler de ceux qui ne payent plus leur contribution, à savoir la Russie et le Bélarus. Ces deux pays ne font plus partie depuis mars 2022 du Conseil de l’Europe. En raison de leur exclusion, ils refusent de payer leur dû. Un manque à gagner qui inquiète l’agence qui va devoir le répartir parmi ses membres. Un autre irritant important pour l’AMA.

Inquiétude également sur la Russie qui organise ses propres Jeux, ceux du futur, en février 2024, et ceux du BRICS, en juin de la même année.

Olivier Niggli, directeur général de l'Agence mondiale antidopage.

Olivier Niggli, directeur général de l'Agence mondiale antidopage

Photo : Getty Images / JUNG YEON-JE

Concernant les Jeux de l’amitié, devenus Jeux du BRICS, Olivier Nigli a fait part de ses inquiétudes.

Ces Jeux de l’amitié sortent du cadre de l’organisation mondiale du sport et sont organisés par un pays non conforme et non signataire. Il faut donc être vigilant pour la suite des choses.

Rappelons que les Jeux de l’amitié avaient été une réponse de Moscou à la suite du boycottage des Jeux de 1980. Ils ont été créés à l’époque de l’Union soviétique et réunissaient les 9 pays communistes qui avaient boycotté les Jeux olympiques de Los Angeles en 1984. Ces nouveaux Jeux, organisés à l’initiative de la Russie, qui vont inviter les pays du BRICS, la Chine, l’Inde, l’Afrique du Sud et le Brésil, sont donc une nouvelle menace en direction du mouvement olympique actuel. D’autant que Vladimir Poutine a déclaré que ce n’était qu’un début et que d’autres nations vont s'y joindre.

Rencontré lors de la réunion, l’ancien président et fondateur de l’AMA et membre honoraire du CIO, le Montréalais Richard Pound, a bien voulu faire part de ses réflexions sur l’avenir des Jeux olympiques et de son mouvement. En réponse à l’offensive des Russes d’organiser leurs propres Jeux, l’ancien vice-président du CIO s’est voulu rassurant.

Richard Pound, membre du CIO et président fondateur de l'Agence mondiale antidopage.

Richard Pound, avocat au cabinet Stikemann Elliott, membre du CIO et président fondateur de l'Agence mondiale antidopage

Photo : Reuters / Denis Balibouse

Cela me fait penser au Goodwill Games, il y a presque 30 ans. Et je crois que le mouvement olympique est toujours aussi fort. Comme à l’époque, il y a des belligérants qui veulent s’opposer à nous, mais c’est juste du bla-bla. Mais cela prouve que nous avons eu raison d’exclure les Russes.

Les Goodwill Games avaient été créés en 1986 par le milliardaire Ted Turner. Il disait alors vouloir apaiser les tensions entre les pays communistes et capitalistes. À cette époque, on parlait déjà de la disparition des Jeux olympiques à la suite des deux boycottages, celui de 1980 à Moscou et celui de 1984 à Los Angeles. Tout en négociant des accords commerciaux avec l'Union soviétique de l’époque, le milliardaire a organisé ses premiers Goodwill Games à... Moscou.

Pendant ce temps, le CIO a repris son pouvoir et son assise sur le sport mondial, ce qui a eu pour conséquence l’effritement des Jeux de Ted Turner et leur disparition 10 ans plus tard.

Questionné sur l’exclusion des Russes pour les prochains Jeux olympiques de Paris, Richard Pound a été on ne peut plus clair.

Si les hostilités continuent, comme c’est le cas, alors ils devront être définitivement exclus et je peux vous affirmer que les Jeux seront un succès sans les Russes!

Même exclu, le président Poutine continue d’envoyer ses messages. Après ses menaces en direction du mouvement olympique, il inquiète maintenant les dirigeants de l’instance mondiale de lutte contre le dopage. Sa menace est donc prise au sérieux, surtout quand il déclare que la Russie est maintenant le garant de l’idéal olympique et qu’elle va refonder un nouvel ordre mondial du sport.

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