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Retour du débat sur l’équipement protecteur au hockey

Photo en noir et blanc du hockeyeur dans l'uniforme des Penguins de Pittsburgh.

Adam Johnson

Photo : Twitter/Penguins

Associated Press

La mort d'Adam Johnson, un joueur américain qui a été coupé au cou par une lame lors d'un match en Angleterre, a relancé le débat sur l'équipement de protection anti-coupure dans la LNH.

Il a fallu attendre 1979 pour que la LNH impose le port du casque ou d'un masque de gardien aux nouveaux joueurs. Ce n'est qu'en 2013 que les visières sont devenues obligatoires, avec le droit pour les vétérans de ne pas s'y conformer. Quelques joueurs n'en portent toujours pas.

Les mâchoires cassées, les nez amochés et les commotions cérébrales n'ont pas non plus conduit à l'utilisation de protecteurs faciaux complets au hockey masculin professionnel.

Demandez aux joueurs s'ils ont été coupés par un patin lors d'un match ou d'un entraînement, et les réponses affirmatives sont étonnamment nombreuses.

Certaines sont bien connues : la blessure au tendon d'Achille d'Erik Karlsson il y a 10 ans et celle au poignet d'Evander Kane l'année dernière, par exemple.

La mort d'un joueur d'une école secondaire au Connecticut, en 2022, a de nouveau fait réfléchir aux améliorations possibles à la sécurité.

Le sujet est revenu dans l'actualité cette semaine après la mort d'Adam Johnson, un ancien joueur de la LNH, dans un hôpital britannique.

Il est néanmoins peu probable de voir un changement immédiat dans un sport qui y résiste très fortement.

L'obligation de porter un casque, par exemple, est survenue 11 ans après que Bill Masterton fut devenu le seul joueur de la LNH à mourir des suites directes de blessures subies sur la glace.

Les protège-nuques ne sont pas obligatoires dans la LNH, pas plus que de la protection contre les coupures pour les poignets ou l'arrière des jambes, plus vulnérables que les épaules et les coudes, très protégés.

La blessure de Karlsson a incité plus de joueurs à essayer des chaussettes en Kevlar, la fibre synthétique utilisée dans la fabrication des gilets pare-balles, et en Cutlon, un tissu utilisé dans les combinaisons résistantes aux morsures de requin.

Certains sont encore réticents à propos du confort.

C'est une sensation bizarre dans les patins, a dit le défenseur de l'Avalanche Jack Johnson à ce propos, avant cette saison. Je n'étais pas très enchanté, mais je me suis rendu jusqu'ici, alors je vais m'en tenir à ce qui fonctionne.

Une lame de patin de Matt Cooke a tranché le tendon d'Achille gauche de Karlsson en 2013.

En 1989, le cou du gardien des Sabres Clint Malarchuk a été tranché par un patin lors d'un match. Et, en 2008, c'est arrivé à l'attaquant des Panthers Richard Zednik.

Tous deux ont reçu l'aide immédiate des entraîneurs et du personnel médical et ont pu poursuivre leur carrière.

Ce ne sera pas le cas de Johnson, qui est décédé à 29 ans.

C'est un jeu, a mentionné le directeur général de l'AJLNH, Marty Walsh. C'est un travail pour les joueurs. Mais quand ils vont travailler, on ne veut pas que quelqu'un ne puisse pas rentrer à la maison par la suite.

Ceux en faveur des protège-cous obligatoires, comme l'entraîneur de hockey masculin du Mercyhurst College, Rick Gotkin, voient la mort de Johnson comme un signal d'alarme.

Ces gars-là patinent sur des lames de rasoir, a déclaré Gotkin, qui a intensifié ses efforts plus tôt cette année, après avoir vu un joueur de l'équipe d'Army devoir être opéré pour une coupure au cou dû à un patin.

Dans un match, les gars se penchent, se précipitent devant le but et tout le reste, a-t-il rappelé. C'est quelque chose qui doit être abordé.

Depuis la mort de Johnson, T.J. Oshie, des Capitals, a reçu plus de 100 messages au sujet des protections résistantes aux coupures fabriquées par son entreprise, Warroad Hockey. La compagnie est d'ailleurs en rupture de stock.

Bauer Hockey s'est engagé à travailler avec d'autres fabricants pour rendre les protège-nuques plus largement disponibles et, à terme, obligatoires, comme l'Association anglaise de hockey sur glace l'a fait cette semaine.

Des obligations existent au niveau mineur aux États-Unis, au Canada et dans d'autres pays, mais pas dans la LNH. Les dirigeants des ligues et des syndicats étudient depuis des années les matériaux résistants aux coupures et ont repris les discussions à ce sujet, à la lumière de la tragédie survenue en Angleterre.

Les joueurs peuvent le porter maintenant, a déclaré le commissaire de la LNH, Gary Bettman. Que ça devienne requis directement ou de manière progressive, c'est quelque chose dont nous discutons avec l'Association des joueurs.

Lorsque le fils de Bettman, Jordan, jouait au hockey au secondaire avant que de tels équipements soient requis, sa femme, Shelli, ne le laissait pas aller sur la glace sans protège-cou.

Bettman s'est souvenu d'un entraînement où Jordan a dit à sa mère que l'entraîneur avait indiqué que c'était volontaire, et elle a répondu : Non, ça ne l'est pas.

Le capitaine des Sabres Kyle Okposo, qui a des bas résistants aux coupures, a comparé la situation à l'effondrement sur le terrain de Damar Hamlin des Bills dans la NFL : quelque chose qui incite les joueurs à apprécier leurs moments dans l'action, mais qui ne les empêche pas de continuer à jouer.

En jouant, vous êtes évidemment conscient qu'il y a des risques. C'est incroyablement malheureux. C'est juste une de ces choses où, comme joueur, vous ne pouvez pas vraiment laisser votre esprit aller dans cette direction-là, a dit Okposo.

Le capitaine des Hurricanes, Jordan Staal, porte des chaussettes de protection depuis des années. Il réfléchit par ailleurs à plus d'options pour éviter de se couper.

Il y a longtemps, j'ai eu environ 50 points de suture à cause d'une coupure à la jambe, s'est-il rappelé. L'impact s'est étendu jusqu'à tout près d'une artère. Celui en haut veillait sur moi. J'ai eu beaucoup de chance. C'est un peu ce que nous côtoyons. En tenant compte de ça, vous essayez de vous protéger autant que possible.

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