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AnalyseLa jeune défense du Canadien affrontera des attaques en constante progression

Le Canadien est débordé par l'attaque des Leafs.

Kaiden Guhle s'est défendu tant bien que mal face à William Nylander et à Auston Matthews, des Maple Leafs de Toronto, mercredi.

Photo : Getty Images / Claus Andersen

Le Canadien est à l’heure actuelle l’une des deux seules formations de la LNH à avoir une brigade défensive dont l’âge moyen est inférieur à 25 ans (24,9), l’autre étant les Ducks d’Anaheim (24,8). Certes, les recrues de l’an dernier ont pris une année d’expérience, mais il s’agit d’un groupe encore extrêmement vert.

À l’aube de la nouvelle saison, il est légitime de se demander comment une aussi jeune brigade défensive sera capable de bien s'en tirer et de survivre au hockey de plus en plus offensif auquel nous avons droit.

L’entraîneur Martin St-Louis prêche beaucoup la clarté et le fait que les joueurs soient connectés sur la patinoire. Il n’y a pas que les défenseurs qui défendent et, à la limite, que l’unité de cinq joueurs fasse la même chose et que tous se comprennent dans ce qu’ils font est plus important que la stratégie elle-même.

On a une grande confiance de voir nos jeunes défenseurs faire de gros pas en avant. C’était déjà le cas l’an passé, on les voyait progresser de match en match et devenir plus confiants, a mentionné Jake Evans, qui s’est dit soulagé d’avoir marqué dès le premier match de la saison après avoir attendu au 23 décembre l’an dernier – son 34e match – avant de trouver le fond du filet.

Ça nous a rassurés, en tant qu’attaquants, de voir qu’ils pouvaient faire les bons jeux et les bonnes lectures.

Aux yeux de Johnathan Kovacevic, la vulnérabilité d’une jeune ligne bleue n’est pas dans ce qu’elle est capable ou incapable de faire.

Même si on forme un groupe plus jeune, je ne pense pas qu’on ait de la difficulté à défendre, a dit l’arrière de 26 ans. Nous sommes tous bons en défense. Mais là où le fait d’être jeune te rattrape en défense, c’est si tu te mets à t’en vouloir mentalement parce qu’on a accordé un but, ou que tu as fait une erreur et que l’autre équipe a pris le l'avantage.

Des choses arrivent dans un match, et s’ils marquent un but ou même deux, il ne faut pas commencer à s’apitoyer sur son sort et à se dire : "J’aurais donc dû." Durant le match, il faut bloquer ce genre de pensées négatives et penser à notre prochaine présence. Les vétérans sont meilleurs pour mettre ces moins bonnes présences derrière eux.

Gérer les émotions du premier match de la saison a été un enjeu, a convenu St-Louis. Il se pourrait que ce soit encore le cas samedi lors du match d’ouverture locale. En tout début de calendrier, les joueurs ressentent un engouement débordant, ils désirent faire un gros jeu qui les aidera à donner le ton à leur début de saison, et ce genre de comportement peut ouvrir la porte à des erreurs.

Il y a également le fait que les choses ne sont pas encore placées en début de saison. Les systèmes ne sont pas tout à fait rodés, et certains réflexes ne sont pas au rendez-vous.

Il y a plusieurs moments dans le hockey où il y a beaucoup de gris sur la glace. Et à travers les discussions et les réponses que tu essaies de trouver pour aider tes joueurs, tu veux faire en sorte qu’il y ait plus de noir et de blanc, a expliqué St-Louis. En début de saison, il va toujours y avoir plus de gris. Mais plus tu continues de travailler là-dessus, que tu as des exemples à leur montrer et que tu as du dialogue, tu amènes un peu plus de noir et blanc à mesure que la saison avance.

Pendant des années, tout ce gris en début de saison faisait en sorte qu’il se marquait plus de buts en octobre et novembre que plus tard en saison. Le jeu était plus ouvert, il y avait plus d’erreurs. Et à mesure que les systèmes de jeu se resserraient durant le calendrier, la lumière rouge s’allumait moins souvent. C'est logique.

Or, cette réalité semble avoir changé.

Au cours des deux dernières saisons, la quantité moyenne de buts par match que marque une équipe, au lieu de diminuer plus ou moins graduellement, n’a cessé d’augmenter à mesure que le calendrier progressait.

Moyenne de buts marqués par match dans la LNH (2021-22 et 2022-23)

octobre3,02
novembre3,03
décembre3,09
janvier3,10
février3,13
mars3,23
avril3,21

Source: Hockey-Reference.com

Comment expliquer cela? Peut-être est-ce parce que la LNH est devenue si axée sur l’offensive que l’usure finit par avoir raison des gardiens et des joueurs qui défendent.

Jake Allen a maintes fois parlé du fait que les jeux est-ouest et les passes à travers l’enclave étaient devenus étourdissants pour les gardiens. Chaque formation, avec son personnel et ses caractéristiques, finit par savoir de mieux en mieux comment elle peut attaquer le plus efficacement, et d’où proviennent ses chances.

Tu regardes à travers la ligue, c’est de plus en plus difficile de se défendre, parce que le jeu est beaucoup plus offensif qu’il l’était, a convenu St-Louis. Il y a beaucoup plus de mouvement. Ce n’est pas aussi simple que ce l’était avant. Les avantages numériques sont constamment meilleurs. Chaque équipe et chaque entraîneur essaient de trouver de petits détails dans leur zone et en désavantage qui peuvent les aider.

On notera ici que selon les données des deux dernières saisons, les avantages numériques ne suivent pas la même courbe sur une saison complète.

Les rendements moyens en avantage numérique à travers la LNH (2021-22 et 2022-23)

octobre20,6 %
novembre21,1 %
décembre22,7 %
janvier20,7 %
février19,0 %
mars22,6 %
avril19,1 %

Source : NHL.com

Les avantages numériques ne peuvent pas expliquer à eux seuls pourquoi les buts sont en hausse constante, mais ils sont certainement le reflet d’un jeu en mutation. Il n’y a pas si longtemps, afficher 20 % d’efficacité en avantage numérique était très bon. C’est aujourd’hui la moyenne de la ligue.

Mais si la ligue va bel et bien dans cette direction, si les équipes marquent et accordent de plus en plus de buts à mesure que la saison avance, on peut voir en quoi le défi psychologique que décrivait Kovacevic peut s’étendre sur une longue et frustrante saison. Car les matchs où le Tricolore va donner plusieurs buts difficiles à digérer seront incontournables… et peut-être nombreux.

Il faudra que la diminution des erreurs et l’application de plus en plus instinctive de ce qui leur est demandé puissent aider les jeunes défenseurs à contenir les assauts offensifs auxquels ils feront face.

Là où le Canadien peut chercher à endiguer le nombre de buts contre, ce sera en infériorité numérique.

Il crie après avoir marqué, devant le banc du Canadien.

Auston Matthews a marqué ses trois buts avec l'avantage d'un homme, mercredi.

Photo : The Canadian Press / Frank Gunn

Un nouveau système en désavantage numérique

Ce n’est pas la chose la plus aisée qui soit, pour une équipe qui a terminé au 29e rang de la LNH en infériorité numérique la saison précédente, d’amorcer son calendrier contre les Maple Leafs de Toronto, qui présentent le deuxième meilleur jeu de puissance du circuit depuis quatre ans.

Le Bleu-blanc-rouge était heureux de la façon dont il avait travaillé à court d’un homme durant le camp préparatoire. Or, il a cédé deux buts aux Leafs pendant qu’il écoulait une pénalité, mercredi, et deux autres en fin de rencontre lorsque les Leafs avaient retiré leur gardien et qu’ils attaquaient à 6 contre 5.

Le Tricolore peut se consoler avec le fait qu’il a eu le dessus 4-1 à forces égales dans ce premier match, mais la bataille des unités spéciales lui a donné une idée crue de la tâche qui l’attend cette année.

En vue de cette saison, le CH a modifié sa façon de se défendre à court d’un homme.

Par le passé, il travaillait avec un modèle 1-1-2, c’est-à-dire avec un joueur qui exerce de la pression dans le haut de la zone, un autre au milieu qui surveille le centre de l’enclave et les jeux dans l’angle mort du gardien, puis deux défenseurs près du filet.

Il est passé cette année dans une formation en losange, un système moins mêlant qui exige moins de transferts de responsabilités entre les joueurs en défense.

En théorie, une telle formation devrait réduire le temps et l’espace des joueurs qui attaquent depuis les flancs. On dit en théorie, car Auston Matthews et William Nylander sont quand même parvenus à déjouer Allen de cette position mercredi.

Si l’on se fie aux meilleures unités d’infériorité de la ligue, il n’y a pas une méthode plus probante que l’autre. Mais avec une équipe aussi jeune, il était peut-être sage pour le Canadien de ne pas s’imposer un système trop compliqué et de choisir une formule qui aiderait les joueurs à bien se comprendre les uns les autres.

Le principal message, c’est que peu importe ce qu’on fait, il faut être sur la même longueur d’onde, ont tous les deux dit Kovacevic et Evans dans des termes à peu près identiques.

Au moins, le message est passé!

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