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Kent Hughes veut travailler sur la somme des jeunes talents

Deux hommes en discussion

Le DG du Canadien Kent Hughes en discussion avec Martin St-Louis. (photo d'archives)

Photo : Getty Images / Bruce Bennett

C’est sûr qu’on peut regarder les victoires et la position où finira le Canadien au classement. Et, oui, la cohésion de l’équipe devra s’améliorer cette année sous la supervision de Martin St-Louis, avec un groupe qui intègre mieux ses concepts et tout le bataclan.

Mais cette fameuse progression dont il est tant question depuis le tournoi du golf de l'équipe, c’est sur le plan individuel qu’elle sera la plus importante, a expliqué le directeur général Kent Hughes lors d’une rencontre avec Radio-Canada mardi.

Car autant la cohésion de l’équipe établit des bases solides, autant c’est l’avancement de ses meilleurs joueurs qui arrivera à tirer cette formation vers le haut.

Un bandeau annonçant le balado de Radio-Canada Sports : Tellement hockey

Le CH est capable de marcher et de mâcher de la gomme en même temps, et il tentera de s'améliorer sur les deux volets à compter de mercredi soir à Toronto. Mais il est clair aux yeux de Hughes que ses meilleurs éléments doivent continuer de s’approcher de leur potentiel pour que cette nouvelle campagne soit un succès.

On a tellement de jeunes, il faut que nos joueurs progressent, a indiqué le DG. Si l’équipe progresse et que les joueurs restent au même niveau, on n’atteindra pas nos objectifs.

Cole Caufield est sur une trajectoire laissant croire qu’il est capable de marquer 40 buts cette année. Et Nick Suzuki, qui est rendu à 24 ans, entame une saison qui risque de donner une idée du genre de contribution offensive à laquelle on pourra s’attendre dans les années à venir.

Les deux vedettes seront encore des joueurs fondamentaux aux succès du Tricolore, mais Hughes espère que l’équipe ne dépendra plus autant d’eux qu’elle ne le faisait en début de saison dernière.

Alors, comment les faire progresser?

Cela peut passer par l’appui de Kirby Dach, dont les gains sont palpables aux yeux du DG, mais aussi par celui des joueurs de soutien.

Demander à Nick et Cole de toujours être meilleurs que le premier trio de l’autre bord, c’est difficile parce qu’il y a de très bonnes unités dans la LNH, a convenu Hughes. On regarde aussi le fait que, rendu au troisième ou quatrième trio, on a plus de profondeur que d’autres équipes et on est capables de trouver des confrontations qui pourraient nous aider à cinq contre cinq en ajoutant un but ici et là. Et on a tellement de joueurs qui peuvent jouer autant à l’aile qu’au centre. Les coachs ont plus de flexibilité pour concevoir leurs trios.

Il contourne le filet avec la rondelle.

Mattias Norlinder

Photo : usa today sports via reuters con / David Kirouac

Une stratégie pour chacun

Le Canadien sera la somme de ses talents, et toutes les décisions prises à l’aube de la saison – à part peut-être celle de retenir à Montréal un jeune gardien qui ne jouera pas beaucoup – visent à favoriser le développement individuel.

Celle de renvoyer Emil Heineman à Laval à la fin du camp en est un bon exemple.

S’il s’agissait de réunir les 12 meilleurs attaquants pour obtenir le meilleur résultat à court terme, Heineman ferait partie de la formation et jouerait probablement dans le troisième trio. Mais si Heineman passait un an ou deux dans la LNH cantonné dans un rôle plus secondaire, l’aiderait-on vraiment à devenir le joueur de deuxième trio qu’il peut être?

Hughes s’interroge.

Chaque joueur est différent. Mais dans son cas, l’équipe a jugé qu’il valait mieux le retourner avec le Rocket et le placer dans des situations à l'attaque qui l’aideront à maximiser son lancer, son coup de patin et ses autres atouts.

Avec Justin Barron, ç’a été le contraire. L’équipe a jaugé l’impact mental qu’aurait eu son renvoi avec le Rocket et a déterminé qu’il était mieux de garder le défenseur de 21 ans et de trouver à Montréal des façons de lui faire comprendre ce qu’il doit corriger.

Ce que les coachs veulent de Barron, c’est qu’il soit plus compétitif pour les batailles pour la rondelle, a précisé Hughes. Mais pour moi, c’est le meilleur passeur qu’on a. Avec la rondelle sur son bâton et avec du temps, si j’étais un joueur d’avant, j’aimerais que ce soit Barron qui ait la rondelle. Il la distribue de façon efficace.

L’amélioration individuelle de chacun passe par l’intégration des conseils et des directives et, à cet égard, Hughes est particulièrement emballé de ce qu’il a vu de Mattias Norlinder, qu’il nomme parmi les belles surprises du camp d’entraînement.

On avait été déçu de lui au camp l’an passé et le mérite lui revient d’avoir pris nos commentaires et d’avoir travaillé là-dessus durant la saison et durant l’été, a dit Hughes. Il est revenu cette année comme un joueur différent.

Le défenseur suédois a fait valoir des outils offensifs emballants, mais un peu à l’instar de Heineman, si on le cantonnait à Montréal dans un rôle mineur qui ne reflète pas ce qu’il peut vraiment apporter, sa progression serait ralentie au lieu d’être bonifiée.

Or, selon Hughes, Norlinder n’a pas encore été fiable en défense pendant une saison complète, et il doit bâtir sur ce qu’il vient d’accomplir au camp pour y parvenir.

Sa mission avec le Rocket est claire.

S'il nous démontre en début de saison dans la Ligue américaine ce qu’il nous a montré au camp, on saura, dans son cas comme celui de Heineman, qu’on a un joueur de la Ligue nationale.

Une citation de Kent Hughes au sujet de Mattias Norlinder

Est-ce qu’on lui fera une place, est-ce qu’il y aura un échange à cause de notre profondeur à la défense gauche? Le fait que Jordan Harris joue très bien à droite ouvre un peu les choses à gauche.

Reinbacher est mieux en Suisse

Les deux plus récents choix de premier tour du Canadien, Juraj Slafkovsky et David Reinbacher, ont en commun la même impatience et le même scepticisme d’une bonne frange des partisans. Mais Hughes a répété la même chose à l’égard de ses deux joyaux : il ne s’agissait pas de repêcher le meilleur joueur à 18 ans, mais celui qui leur rendrait les meilleurs services une fois qu’il sera arrivé à maturité.

Pour ce qui est de Reinbacher, il apparaissait futile aux yeux de la direction de le faire dévier de sa route, et l’attirer en Amérique du Nord n’était pas aussi pressant que ça avait pu l’être pour Slafkovsky.

(Kloten) est un environnement qu’il connaît et qu’on connaît vu qu’il était là l’an passé. Il a eu une progression exceptionnelle l’an passé là-bas, a fait valoir Hughes.

Si on le gardait ici et qu’on avait Gustav Lindström, Logan Mailloux et d’autre monde du côté droit à Laval, est-ce qu’on aurait assez de temps de glace pour tout le monde? On s’est regardé et on s’est dit : "Pourquoi essayer de réparer ce qui n’est pas brisé?"

On voit ici à quel point chacune des décisions s’imbrique aux autres. Amener Reinbacher à Laval aurait eu une incidence sur le développement de Mailloux, pour qui l’organisation a ses propres plans. Elle n’était pas forcée de se placer dans une situation où aider l’un se ferait au détriment de l’autre, alors elle a éliminé le risque d’une erreur non provoquée.

Derrière son filet, il prépare une relance.

Lane Hutson

Photo : Gracieuseté : Kyle Prudhomme - Boston University Athletics

En attendant Lane Hutson

Hughes regarde son équipe ainsi que sa pépinière d’espoirs et il est d’accord pour dire que le talent qu’il a sous la main en défense est la principale pierre d’assise sur laquelle le Tricolore peut construire. En plus de Reinbacher et de Mailloux qui se grefferont un jour à Kaiden Guhle et à Arber Xhekaj, un certain Lane Hutson s’ajoutera au portrait.

Je ne veux pas nécessairement lui donner un classement parmi nos espoirs, mais c’est sûr que Hutson nous donne quelque chose d’unique dans son style de jeu, a indiqué Hughes au sujet du petit défenseur de l'Université de Boston qui a repris au début de sa deuxième saison là où il avait laissé. Il n’est pas grand et ça reste à voir – entre autres dans un contexte de séries – comment il va gérer ça, mais il est tellement combatif et intelligent.

On sait qu’on a de bons atouts, mais ils doivent arriver et faire dans la Ligue nationale ce qu’ils font au niveau actuel. C’est la même chose pour Reinbacher, Mailloux et Adam Engström. On est contents, mais on ne veut pas être trop confiants. Laissons-les suivre leur parcours et démontrer ce dont ils sont capables.

D'une certaine façon, c'est la même conclusion à laquelle arrive Hughes avec les joueurs qui amorcent leur saison contre les Maple Leafs mercredi.

La direction du Canadien est désormais au diapason de ses joueurs. Elle ne souhaite plus en secret que l’équipe perde des matchs afin d'améliorer son rang au repêchage. Elle veut gagner et que la roue tourne pour tous ceux qui contribueront à son succès.

Il faudra se rappeler que le CH établit le succès ou l’échec de cette saison en fonction des progrès individuels. Autrement, on risque de faire fausse route et de perdre de vue là où le Canadien veut en venir.

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