•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un anniversaire à célébrer au mont Sainte-Anne pour Rébecca Beaumont

Les deux athlètes souriantes discutent au départ d'une course de vélo.

Laurie Arseneault et Rébecca Beaumont

Photo : Associated Press / Gracieuseté : Andy Vathis

Créer une équipe UCI de vélo de montagne en trois mois : c’est le défi qu’a relevé Rébecca Beaumont, ancienne coureuse de vélo de montagne, l’an dernier.

Son équipe, basée à Bromont, se nomme Pittstop Racing Team. Ses deux athlètes, Laurie Arseneault et Zorak Paillé, participent au circuit de la Coupe du monde cette saison.

L’équipe conclura d’ailleurs l’an un de son existence avec sa participation à la Coupe du monde au mont Sainte-Anne, à Québec, ce week-end.

On va célébrer dimanche!, lance Rébecca Beaumont, ingénieure à temps plein et responsable de l’équipe les soirs et les week-ends.

Pourtant, il y a un an, tout cela n’était qu’un rêve.

Tout a basculé à l’automne 2022, quand Laurie Arseneault, une athlète du circuit, a contacté son amie pour lui annoncer qu’elle n’avait plus d’équipe pour 2023. Son équipe Canyon MTB Racing, avec qui elle courait depuis deux ans, mettait la clé sous la porte.

Arseneault savait que son amie chérissait un projet depuis des années : celui de fonder une équipe pour aider les jeunes athlètes québécois et canadiens à poursuivre dans le vélo de montagne.

Laurie m’a demandé si je pouvais lancer ce projet plus tôt que prévu, raconte Beaumont, qui avait en tête de s’y consacrer dans 5 ou 10 ans.

Ce n’était pas prévu du tout. Mais quand le train passe, il faut sauter dedans, a-t-elle ajouté.

Nous sommes début octobre 2022 et les documents doivent être déposés à l’UCI avant le 1er janvier 2023. Ça lui laisse donc trois mois (deux mois et demi si l’on retire la période des Fêtes) pour tout mettre en place, comme elle part de zéro.

Création d’un OBNL, recherche de partenaires financiers, sécurisation d'un budget, recherche d’équipementiers, confection de maillots, élaboration d’un calendrier de compétitions, recherche d'un autre athlète prêt à sauter dans le projet. Bref, les tâches sont nombreuses.

Au terme de nombreuses nuits blanches à remplir des formulaires et à envoyer des courriels, Beaumont y parvient, non sans persévérance.

J’ai eu neuf refus pour un oui. La situation économique étant difficile, les commanditaires en argent sont difficiles à trouver, et ce sont d’eux dont on a besoin le plus.

Deux athlètes de dos montrent leur maillots.

Le maillot de l'équipe Pittstop Racing Team

Photo : Gracieuseté : Andy Vathis

L’équipe Pittstop Racing Team naît et participe à cinq des huit Coupes du monde, y compris celle au mont Sainte-Anne, aux Championnats canadiens et à la Coupe Canada de Sherbrooke.

Pour ces compétitions, les deux athlètes profitaient du soutien de l’équipe : mécanicien, gracieuseté de Pittstop Vélo-Café, et présence de Beaumont, pour la logistique. Les frais de transport et d'hébergement étaient également couverts par l’équipe.

Je m’occupe pas mal de tout. Ils ont juste besoin de me dire ce qu’ils veulent manger et leurs heures d’arrivée et de départ et je m’en occupe, explique Beaumont.

Laurie Arseneault, 26 ans, a toutefois décidé de prendre part au calendrier complet de la Coupe du monde, à ses frais pour les trois autres épreuves. Et comme l’équipe ne l’accompagnait qu’à certaines compétitions, elle devait demander de l’aide aux autres formations.

L'athlète de vélo de montagne en action.

Laurie Arseneault pendant une Coupe du monde

Photo : Gracieuseté : Andy Vathis

L’objectif de Laurie était de bien se positionner dans le processus de qualification olympique. Ça n’a toutefois pas été le cas, et sa nouvelle réalité n’a rien à voir. Ce sont davantage les blessures qui l’ont affectée et qui expliquent ses résultats mitigés (voir encadré plus bas).

Malgré une saison 2023 plus difficile, elle s'épanouit pleinement dans ce projet.

On est vraiment encore une équipe embryonnaire, rappelle Arseneault.

Quand je n’ai pas de but précis, j’ai moins envie de performer. Il faut que j’aie autre chose que juste mes résultats personnels. C’est vraiment un projet passionnant et ça me tient super à cœur, ajoute-t-elle.

Aider la relève à poursuivre ses rêves

Rébecca, c’est notre Super Woman de l’équipe. C’est elle qui nous enlève le poids des épaules , insiste Laurie Arseneault.

Enlever un poids des épaules des coureurs, c’est exactement l’objectif de Rébecca Beaumont.

Je m’étais toujours juré qu’un jour j’aurais mon équipe de vélo pour pouvoir aider les jeunes à performer et à se concentrer sur leur entraînement et leur préparation, dit-elle.

Pendant ma carrière en vélo de montagne, j’ai toujours senti que je n’arrivais pas à atteindre mon plus haut niveau parce que je devais tout pallier : organiser mes voyages, trouver mes commanditaires. C’était super stressant et énergivore.

Elle descend une montagne sur son vélo.

Rébecca Beaumont

Photo : Courtoise

Les ambitions de Beaumont avec son équipe demeurent modestes. Elle n’aspire pas à rivaliser avec les grandes structures.

Je ne cherche pas à créer la plus grosse équipe au monde ou la meilleure équipe au monde, précise-t-elle. Moi, je veux qu’il y ait plus de jeunes qui poursuivent dans ce sport. Que les jeunes sentent qu’ils ont des chances de percer dans le sport, qu’ils ont des rêves, des objectifs.

La marche est tellement grande après la catégorie junior. Tu peux être champion du monde junior et l’année d’après, tu n’es plus rien, tu termines 70e. Je veux faire de cette équipe un espace de transition [essentiellement pour les U-23]. Après leur stage junior, ils viennent avec nous et on les envoie ensuite vers de grosses équipes européennes professionnelles élites.

Je veux inciter les jeunes à continuer et à ne pas se décourager.

La Coupe du monde au mont Sainte-Anne marquera la fin de la saison de Coupe du monde, mais le travail est loin d’être effectué pour Rébecca Beaumont. Elle doit consolider ses ententes et en dénicher de nouvelles pour 2024.

Je suis une fille qui carbure au défi, donc plus je me fais dire non, plus je vais continuer à essayer d’en trouver, dit-elle avec un grand sourire. J’ai besoin dans ma vie d’avoir un sentiment de valorisation. Je veux toucher les gens personnellement et pas juste me dire que, comme ingénieure, je construis des machines. Sentir que je peux être utile à quelqu’un et sentir que je peux l’aider à atteindre ses propres buts. Je suis encore plus motivée pour la saison prochaine.

Une saison frustrante pour Laurie Arseneault

Laurie Arseneault avait toutes les raisons d’être motivée pour la saison : changement d’équipe, changement d’entraîneur et qualification olympique.

Le rêve des Jeux de Paris est, à moins d’un revirement spectaculaire de situation, anéanti. Elle le dit elle-même que ce sera une grande surprise s’il se réalise.

Laurie a eu une saison difficile en raison de trois chutes qui ont chacune causé des commotions cérébrales. Des blessures qui l’ont empêché de s’entraîner comme elle l’aurait souhaité. En conséquence, les résultats n’ont pas été à la hauteur, ce qui complique grandement ses chances d’être à Paris en 2024.

C’est vraiment ceux [Jeux de Paris] que je vise depuis longtemps, avoue Arseneault. D’avoir autant de bâtons dans les roues quand c’est le temps de la qualification olympique, c’est super frustrant.

Frustrant également de ne jamais être à son plein potentiel pendant la saison.

À force de chuter, ça joue sur la confiance. Tu doutes de toi, de tout ce que tu fais, de ta carrière au complet. Ça apporte son lot de questionnement.

Rien toutefois pour lui enlever le sourire. Le dernier mois s’est bien déroulé, si bien qu’elle est très motivée par la Coupe du monde québécoise.

C’est vraiment spécial de courir à la maison, ça me donne plus d’énergie, de motivation.

Vous souhaitez signaler une erreur?Écrivez-nous (Nouvelle fenêtre)

Vous voulez signaler un événement dont vous êtes témoin?Écrivez-nous en toute confidentialité (Nouvelle fenêtre)

Vous aimeriez en savoir plus sur le travail de journaliste?Consultez nos normes et pratiques journalistiques (Nouvelle fenêtre)

Chargement en cours

Infolettre Sports

Analyses, chroniques et bien plus encore! Suivez l’actualité sportive au-delà des résultats.

Formulaire pour s’abonner à l’infolettre Sports.