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ChroniqueLe recrutement du CH fonctionne à plein régime, mais grâce à qui?

Un entraîneur de hockey parle à ses joueurs devant un tableau, en bordure de la patinoire.

Jean-François Houle, entraineur du Rocket de Laval, avec les recrues du Canadien

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

En matière de recrutement, le Canadien commence à ressentir les effets tangibles d’une stratégie adoptée il y a six ans par l’administration de Marc Bergevin. Ainsi, pour la première fois depuis des lunes, l’équipe de recruteurs du CH flirte avec le top-10 de la LNH en matière de détection de talent.

Notre relevé annuel des performances des équipes de recrutement révèle que les espoirs sélectionnés par l’organisation du Canadien lors des repêchages de 2015 à 2022 (inclusivement) ont jusqu’à présent disputé 2022 matchs dans la LNH. Ce rendement place les recruteurs du CH au 13e rang de la ligue pour cette période de huit ans.

Il s’agit d’une fabuleuse progression pour l’organisation montréalaise. Dans notre classement de l’an passé (couvrant les repêchages de 2014 à 2021), le CH occupait le 25e rang. Aucune autre organisation n’a fait un aussi grand pas en avant. 

En plus de la reconstruction amorcée par le CH, la formation montréalaise a été la plus affectée par les blessures au cours des deux dernières saisons. Ce facteur a certainement contribué à une utilisation accrue des espoirs de l’organisation dans des matchs de la LNH. N’empêche. Encore faut-il que ces espoirs soient capables de jouer à ce niveau pour être rappelés. 

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La méthodologie de ce relevé annuel est simple. Elle s’appuie sur le fait que la mission des équipes de recruteurs consiste à identifier des jeunes joueurs capables de se tailler un poste dans la LNH. Que ces espoirs soient échangés ou non par la suite importe peu, car les recruteurs n’ont pas le contrôle sur cet aspect de la gestion de leur organisation.

Par ailleurs, puisque le hockey est un sport à développement tardif et que la majorité des espoirs atteignent la LNH vers l’âge de 22 ans, nous mesurons le rendement des équipes de recruteurs sur des périodes de huit ans afin d’obtenir un portrait le plus juste et complet possible.

Ainsi, au cours des huit derniers cycles de huit ans, les recruteurs du CH se sont classés comme suit: 

  • 2008-2015: 29e rang
  • 2009-2016: 26e rang
  • 2010-2017: 20e rang
  • 2011-2018: 20e rang
  • 2012-2019: 18e rang
  • 2013-2020: 19e rang
  • 2014-2021: 25e rang
  • 2015-2022: 13e rang

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Ce qui est particulièrement intéressant dans cette analyse, c’est que seulement 40 des 2022 matchs disputés par des choix de repêchage du Canadien l’ont été par des espoirs sélectionnés par l’administration actuelle.

L’année 2015 coïncide avec la nomination de Shane Churla à titre de recruteur amateur en chef de l’organisation. Deux ans plus tard, en 2017, Churla avait été promu à titre de directeur du recrutement amateur. Son travail était tout de même supervisé par Trevor Timmins, qui avait été promu au poste d’assistant au  DG Marc Bergevin. 

Shane Churla a quitté le Canadien après le repêchage de 2020 pour prendre les commandes du département de recrutement amateur des Panthers de la Floride. 

Durant son mandat, le CH a notamment recruté Mikhail Sergatchev et Victor Mete et Michael Pezzetta (en 2016); Ryan Poehling et Cayden Primeau (en 2017); Jesperi Kotkaniemi, Jesse Ylonen, Alexander Romanov et Jordan Harris (en 2018); Cole Caufield, Jayden Struble et Rafaël Harvey-Pinard (en 2019), Kaiden Guhle et Sean Farrell (en 2020).

Les performances récentes du département de recrutement du CH défient l’imagination en comparaison avec la terrible période de sécheresse qu’a connue l’organisation entre le milieu des années 2000 et le milieu des années 2010. 

***

Après avoir connu un repêchage spectaculaire en 2007 (Ryan McDonagh, Max Pacioretty et PK Subban), l’équipe de recruteurs menée par Trevor Timmins n’était parvenue à repêcher que quatre espoirs capables de jouer régulièrement dans la LNH (Brendan Gallagher, Alex Galchenyuk et Jake Evans lors des huit séances de sélection suivantes.

Ce redressement de situation coïncide par ailleurs avec un net changement de stratégie orchestré par l’équipe de direction de Marc Bergevin durant l’année précédant le repêchage de 2018. L’ex-directeur général du CH s’était alors mis à amasser le plus grand nombre de choix de repêchage possibles afin d’améliorer les chances de succès de ses recruteurs. Un peu comme au baseball, plus on se présente souvent à la plaque, plus on a de chances de frapper la balle en lieu sûr. 

Ainsi, à titre d’exemple, le CH a sélectionné 61% plus de joueurs (29) lors des repêchages de 2018, 2019 et 2020 que lors des trois repêchages précédents (18 joueurs).  

Les deux dernières séances de sélection du CH ont été orchestrées par Martin Lapointe et Nick Bobrov. À titre de co-directeurs, ces derniers sont responsables du recrutement amateur de l’organisation.

Il est encore trop tôt pour se prononcer sur la qualité des choix que Lapointe et Bobrov ont faits en 2022 et en juin dernier. Quoique, pour l’instant, le rendement de quatre espoirs sélectionnés en 2022 (Juraj Slafkovsky, Lane Hutson, Owen Beck et Filip Mesar) laisse présager que le CH a connu une excellente récolte. Quelques choix de 2023, dont le défenseur David Reinbacher (5e joueur choisi au total), commencent à peine à déployer leurs ailes à l’occasion du tournoi des recrues qui est disputé à Buffalo.

Un jeune homme vêtu d'un chandail et d'une casquette aux couleurs du Canadien de Montréal.

David Reinbacher

Photo : Getty Images / Bruce Bennett

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Le titre d’équipe de recruteurs la plus performante revient cette année aux chercheurs de talents des Devils du New Jersey. Les espoirs sélectionnés par les Devils entre 2015 et 2022 ont disputé 3280 matchs. Pas moins de 13 de ces espoirs ont participé la saison dernière à la récolte des 112 points des Devils.

Les recruteurs des Devils ont toutefois eu le loisir de piger six fois dans le top-10 lors de ces huit séances de sélection, dont deux fois au tout premier rang (Nico Hischier en 2017 et Jack Hughes en 2019).

En revanche, l’équipe de recrutement des Hurricanes de la Caroline n’a bénéficié que de deux sélections au sein du top-10 lors de ces huit années, et leur rang de sélection moyen était le 22e. Cela n’a pas empêché les Hurricanes de voir leurs choix de repêchage disputer 3180 matchs dans la LNH, ce qui leur vaut le second rang. 

Les performances des recruteurs des Bruins de Boston (8e) et du Lightning de Tampa Bay (15e, deux rangs derrière le CH) sont aussi époustouflantes. Les recruteurs de ces deux équipes n’ont bénéficié d’aucune sélection au sein du top-10 lors de ces huit années, et leurs premières sélections ont souvent été faites à des rangs très tardifs.  

Enfin, tout comme l’année dernière, les Capitals de Washington et les Penguins de Pittsburgh, les deux plus vieilles équipes de la LNH, occupent les derniers rangs de notre classement. Ce n’est toutefois pas entièrement la faute de leurs recruteurs parce que les directeurs généraux de ces équipes ont échangé beaucoup de sélections avantageuses pour tenter de longues percées en séries.

Ainsi, les espoirs réclamés par les Penguins (entre 2015 et 2022) n’ont participé qu’à 683 matchs dans la LNH. Durant ces huit années, les recruteurs des Pens n’ont toutefois eu que deux occasions de choisir un espoir au premier tour.

Pour leur part, les Capitals ont vu leurs choix de repêchage disputer seulement 943 matchs dans la grande ligue. Cela étant dit, leurs recruteurs ont bénéficié d’une moyenne d’à peine cinq sélections par repêchage au cours de ces huit années. Cependant, un seul de leurs six choix de premier tour, le gardien Ilya Samsonov, est devenu un joueur régulier de la LNH.

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