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La judoka Coralie Godbout veut saisir l’occasion

Pendant un combat de judo, une athlète saisit son adversire par la taille et tente de la retourner.

Coralie Godbout en 2022

Photo : Judo Canada / Antoine Saito

La délégation canadienne est imposante aux Championnats panaméricains et d'Océanie de judo, qui se déroulent à Calgary, en Alberta, jusqu'au 17 septembre. Le Canada y a inscrit 18 athlètes, 9 filles et 9 garçons.

Après les athlètes dans les catégories cadet et junior, qui ont remporté 21 médailles à Calgary, les judokas séniors fouleront les tatamis les 15, 16 et 17 septembre.

Parmi eux, la Québécoise Coralie Godbout, âgée de 22 ans, est la meilleure au Canada dans sa catégorie des moins de 78 kg. Elle se classe 64e à l'échelle mondiale.

Une jeune femme dans un judogi, avec une grosse ceinture noire autour de la taille, se tient debout et regarde sur sa droite.

Coralie Godbout en 2022

Photo : Judo Canada / Antoine Saito

L’étudiante en physiothérapie au Cégep Marie-Victorin, à Montréal, espère que son expérience à Calgary lui permettra de faire sa place sur la scène internationale.

Ce sera une énorme opportunité pour les points, pour les standards, c’est une porte qui s’ouvrirait, explique Coralie Godbout à Radio-Canada Sports, pour pouvoir faire plus de compétitions internationales, grand prix et grands chelems. On sera 13 ou 14, mais elles sont toutes dans le top 70 mondial. Donc, mon premier combat sera aussi fort que mon dernier.

Coralie Godbout a commencé le judo à 5 ans, mais elle a décidé d’en faire à plein temps à partir de ses 17 ans, après avoir fait du patinage artistique.

J’ai tenté d’atteindre le niveau national en patinage artistique, mais après une blessure à un genou qui a affecté mon patinage, j’ai changé pour le judo, explique l'athlète de la région de Québec. Mon physique n’était plus nécessairement le meilleur pour le patinage artistique. C’est un sport très visuel, et moi, je suis grande, carrée et musclée. En plus, j’ai vu qu’il y avait plus d’occasions à saisir dans le judo.

Le patinage artistique a donné des atouts à la médaillée d’argent des derniers Jeux de la Francophonie : une plus grande flexibilité, un excellent cardio et la compréhension de ses mouvements dans l’espace.

Sa marge de progression est encore très grande, et elle peut déjà compter sur plusieurs atouts.

Je fais beaucoup de techniques des deux côtés, car j’étais droitière et gauchère en même temps au début de mon judo, dit-elle. Je n’ai pas toujours su exactement où me situer, car je suis très instinctive, je me fie beaucoup à mes sensations.

Coralie Godbout cherche à toujours trouver la bonne sensation.

Je suis très perfectionniste. Je vais tout remettre en question, admet-elle. Mais en judo, on n’a pas nécessairement le contrôle sur tout ce qu’on fait. On dépend de la réaction de notre adversaire pendant un combat. Chercher la perfection peut me causer des problèmes.

L’athlète de 22 ans a beaucoup souffert de la pandémie planétaire qui lui a volé deux années de compétitions de niveau junior.

J’ai perdu une grosse partie de mon évolution, affirme-t-elle. J’ai manqué deux années juniors sur trois, et ce sont des années super importantes, car on commence à faire beaucoup de voyages en Europe pour acquérir de l’expérience. Quand on a pu recommencer à faire des compétitions, j’étais déjà au niveau sénior.

L’arrivée chez les séniors a été un choc, admet-elle. Le retour à l’international a été dur, mais je me sens de plus en plus à l’aise.

Très peu de combattantes chez les moins de 78 kg

Autre obstacle de taille à la progression de cette athlète : le manque de combattantes dans sa catégorie sur les scènes canadienne et internationale.

C’est la réalité du judo canadien. Chez les filles, dans les catégories plus costaudes, on n’a pas un nombre d’athlètes très élevé, explique l'entraîneur national Antoine Valois-Fortier à Radio-Canada Sports. Mais pour nous, Coralie est bien là où elle est.

Un entraîneur surveille le travail des judokas canadiens.

Antoine Valois-Fortier surveille l'entraînement de l'équipe canadienne.

Photo : Société Radio-Canada

Elle a plusieurs possibilités, étant donné que c’est une fille qui est athlétique pour sa catégorie. Elle a une bonne base de judo, analyse le médaillé olympique. Tant au niveau physique que technique, elle se démarque. Elle est bien dans sa catégorie des moins de 78 kilos.

La médaille d’argent aux Jeux de la Francophonie, récoltée à Kinshasa en août, suivait deux podiums dans des tournois open panaméricains : Lima, en juillet (3e), et Saint-Domingue, en mars (2e).

Coralie a démontré de belles choses dans la dernière saison. C’est sûr qu’elle doit continuer à progresser au cours des prochains mois pour qu’une qualification [aux JO] soit plus concrète, précise Valois-Fortier, mais elle fait partie des athlètes qui, de par leur éthique de travail au quotidien, de par leur désir, leur investissement en temps et en énergie, démontrent que c’est possible.

Coralie Godbout gagne à être connue. Très mûre et posée pour son âge, elle explique clairement ses objectifs et ses ambitions. La judoka de Saint-Charles-de-Bellechasse a candidement admis avoir été étonnée que Radio-Canada Sports la contacte en amont des Championnats panaméricains, tant la représentation canadienne est forte dans d'autres catégories.

Au Canada, dans ma catégorie, la quantité de filles est très mince, on n’est vraiment pas beaucoup, constate-t-elle. On est maximum trois, et depuis deux ans, les filles se blessent. Et je me ramasse toute seule. Deux fois, j’ai été obligée de participer aux Championnats canadiens chez les plus de 78 kg.

Godbout ne veut pas se laisser distraire par une éventuelle participation aux JO de 2024.

Pour moi, c’est très difficile d’atteindre les standards qu’impose le Canada, à cause du manque d’adversaires dans ma catégorie. Certaines portes sont difficiles à ouvrir. Pour gagner le même nombre de points qu’une personne dans une catégorie plus légère, je dois gagner le double, voire le triple, de compétitions.

La Québécoise ne doit donc pas rater le rendez-vous panaméricain de Calgary.

L’athlète peut compter sur la solidarité de ses coéquipiers au Centre national d’entraînement, à Montréal, et sur un bon suivi de ses entraîneurs.

Au centre national, beaucoup de garçons acceptent de se battre avec moi. J’ai de la chance, car le judo masculin est totalement différent du judo féminin, rappelle-t-elle. Mais avoir des filles comme partenaires d’entraînement de niveau international, c’est très dur.

J’ai aussi la chance d’avoir des suivis d’entraîneurs. C’est un des atouts de faire son judo au Canada. J’ai appris que j’ai besoin d’avoir un œil externe qui voit ce que je fais, car parfois, j’ai de la misère à identifier la source d’erreur que je répète. Je travaille beaucoup avec Antoine et Sasha Mehmedovic. En plus, j’ai mon entraîneur de club sur le côté, Ernst Laraque.

Une jeune femme, les cheveux attachés sur le dessus de sa tête, sourit et plisse des yeux devant son ordinateur.

Coralie Godbout en entrevue à Radio-Canada Sports

Photo : Société Radio-Canada

Les Championnats panaméricains de Calgary seront, pour Coralie Godbout, une étape importante pour la suite de sa carrière, et elle aura l’occasion de suivre les performances de l’équipe canadienne, et de ses coéquipières parmi les meilleures au monde.

Les athlètes séniors se mesureront à des adversaires qu’on connaît bien, rappelle Antoine Valois-Fortier. Le niveau est relevé : le Brésil, Cuba, l’Argentine, les États-Unis ont de bonnes équipes. C’est un bon test pour nos athlètes. Je veux voir s’ils sont capables de mettre en place les plans de match qu’on a élaborés et s’ils peuvent être constants dans leurs performances et dans leur préparation.

La qualification pour les JO est un processus de deux ans. La première année, des points marqués en compétition, on garde la moitié pour le classement olympique. Dans la deuxième année, c’est 100 % des points qui vont au classement olympique.

Ces championnats panaméricains font partie du très long calendrier international pour nos athlètes séniors qui nous mènent vers une qualification pour les Jeux de Paris. Je m’attends à de bonnes performances, conclut-il, je n’aime pas trop de me fixer des objectifs de résultats, mais tous les athlètes du groupe peuvent remporter des médailles.

Coralie Godbout pourra-t-elle monter à nouveau sur un podium, après sa finale et sa médaille d'argent aux Jeux de la Francophonie? La Québécoise sera en action le samedi 16 septembre.

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