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Faire du sport à l’extérieur malgré les allergies, c’est possible

Une femme avec un survêtement de sport se mouche. Elle est à l'extérieur.

La rhinite saisonnière touche un Québécois sur cinq.

Photo : getty images/istockphoto / mheim3011

Le retour du beau temps rime souvent avec le désir de pratiquer des activités sportives à l’extérieur. Mais si vous faites partie de ceux qui souffrent d’allergies saisonnières ou d’asthme, le nez qui coule, les yeux qui piquent ou les problèmes respiratoires peuvent être un frein à vos envies de respirer le grand air.

Environ une personne sur cinq souffre de rhinite allergique au Québec. Chez les 18-44 ans, le chiffre grimpe à 25 %. Il s'agit d’ailleurs du problème de santé non infectieux le plus important dans cette catégorie d’âge.

Alors, faut-il s’empêcher de faire du sport à l’extérieur du mois d’avril au mois de novembre? Les deux experts consultés par Radio-Canada Sports sont catégoriques : sortez et bougez. Il existe plusieurs trucs pour vous permettre d’apprécier davantage vos activités sportives en plein air.

Les conditions idéales

L’indice pollinique est un outil facilement accessible qui permet aux personnes souffrant d’allergies de connaître l’état de la situation dans leur secteur.

Vous avez vu?

Consulter le dossier complet

Plusieurs personnes de dos, les mains en l'air, célèbrent un jeu de football à la télévision.

Pour la Dre Marie-Josée Francoeur, pédiatre, allergologue et triathlonienne, il faut aussi réfléchir au moment de la journée où vous comptez sortir faire de l’exercice.

Généralement, les moments idéaux, c’est vraiment très tôt le matin ou en soirée, ou tout de suite après la pluie, puisque le taux de pollen est alors plus faible, souligne la Dre Francoeur.

À l'opposé, les pires moments, c’est vraiment lors des journées très venteuses, lorsque c'est chaud et très humide, une combinaison qui augmente le risque de faire des bronchospasmes. Lors des journées chaudes et humides, on peut avoir de trois à cinq fois plus de risques de faire une crise d'asthme lorsque l'on fait du sport.

Le bronchospasme est une contraction subite et involontaire des muscles des bronches provoquant une obstruction temporaire des voies respiratoires.

Les asthmatiques doivent particulièrement s’attarder aux pics de pollution, mais aussi les gens qui souffrent d’allergie, puisque les muqueuses des yeux et du nez peuvent devenir plus vulnérables au pollen lorsqu’il y a de la pollution atmosphérique.

Quand il y a des pics de pollution, les preuves sont assez solides qu'il va y avoir des pics d'asthme et de crises d'asthme. Pour les allergies aussi, oui, il y a plus de symptômes, souligne le pneumologue, pédiatre et professeur à l’Université de Sherbrooke, le Dr François-Pierre Counil.

Pour réduire vos symptômes, vous pouvez ajouter une barrière entre vos muqueuses et les allergènes.

Une femme fait de la course à pied avec un masque et des gants.

Porter des lunettes ou un masque fait une barrière physique entre les allergènes et vos muqueuses.

Photo : anp/afp via getty images / BART HOOGVELD

Le port de lunettes, lorsque l'on fait un exercice à l'extérieur, va limiter l'exposition de la muqueuse oculaire aux particules de pollen, ajoute la Dre Francoeur. Évidemment, si on porte un tube ou un masque, ça peut aider à faire un effet de filtre.

Quant au Dr Counil, il rappelle que le corps humain possède déjà un filtre naturel, soit le nez. Ce peut être difficile lors d’efforts intenses, mais lorsque c’est possible, le pneumologue conseille de respirer par le nez.

Quand on fait un exercice intense, on va chercher son air en ouvrant la bouche, surtout quand on ventile beaucoup. Au cours de l'exercice, il faut favoriser la respiration par le nez, qui va aussi filtrer beaucoup, qui va préparer l'air pour qu'il soit moins irritant pour les voies respiratoires. Et si on peut rajouter un masque, on peut le faire, surtout si on est très allergique. Ça peut aider.

Un élément qui est vraiment oublié, mais qui est très aidant, c'est tout l'aspect hydratation. De la muqueuse oculaire avec des gouttes lubrifiantes ou même de la muqueuse nasale avec de la solution saline, avant de faire le sport, mais aussi après avoir fait le sport pour permettre d'évacuer les particules d'allergènes qui aurait pu être collées sur la muqueuse comme telle.

Une citation de Dre Marie-Josée Francoeur, allergologue et pédiatre
Gros plan d'une femme qui se met des gouttes oculaires.

L'utilisation de gouttes oculaires peut aider à amoindrir les symptômes des allergies saisonnières.

Photo : Getty Images / RealPeopleGroup

Et pour les asthmatiques, ne lésinez pas sur la période d’échauffement, qui servira à préparer vos voies respiratoires, au moins 15 minutes avant l’exercice. Prenez aussi 15 autres minutes à la fin de votre entraînement pour diminuer le rythme et ainsi éviter un bronchospasme.

C'est quand même important d'éviter de faire sécher ses vêtements de sport ou sa literie, les serviettes, etc. à l'extérieur, parce que les particules de pollen vont s'y coller et engendrer des symptômes, indique la Dre Francoeur. On recommande aux sportifs de prendre leur douche après le sport, c'est aidant aussi pour éliminer les particules d'allergènes ou de pollen qui ont pu se coller à leurs cheveux ou à leurs vêtements.

Les antihistaminiques

Pour certains sportifs, la prise d’antihistaminiques est incontournable. Ces médicaments en vente libre sont somme toute sécuritaires, mais Marie-Josée Francoeur recommande d’utiliser ceux de deuxième génération qui ne causent pas de somnolence. Les antihistaminiques qui combinent un décongestionnant sont à éviter en raison de l’effet rebond qu’ils peuvent engendrer. Comme il peut être difficile de s’y retrouver, elle rappelle que les pharmaciens peuvent vous aider à choisir celui qui vous convient.

Les antihistaminiques, ils vont vous protéger surtout au niveau de la première barrière, indique le Dr Counil. Le nez et les yeux qui coulent beaucoup, c'est désagréable, mais les antihistaminiques vont être quand même assez efficaces. Par contre, ils ne vont pas vous protéger de l'asthme induit par l'exercice. Donc, au niveau des bronches, les antihistaminiques ne vont pas faire la job. Inutile d'en prendre plus si la dose standard ne fonctionne pas. Il faut alors se tourner vers d'autres moyens.

Et si vos allergies sont très incommodantes, il est toujours possible de vous faire désensibiliser par l’immunothérapie, mais la durée du traitement est habituellement de trois à cinq ans et nécessite, dans certains cas, plusieurs visites chez votre médecin.

Attention aux collations

Si vous êtes allergiques au pollen, il se peut que vous soyez à risque de subir un syndrome pollen-aliment. Certains aliments contiennent une protéine qui ressemble beaucoup à celle que l’on trouve dans les différents pollens et le corps peut être dupé et déclencher les mêmes réactions que lorsque vous êtes en contact avec les allergènes.

Un étal avec plusieurs variétés de pommes.

Certains fruits et légumes frais possèdent une protéine qui ressemble beaucoup à celle que l'on retrouve dans différents pollens.

Photo : Getty Images / dimarik

Les gens allergiques au pollen de bouleau, par exemple, peuvent avoir des symptômes très dérangeants avec la consommation de pommes, de pêches, de cerises et parfois même de certaines noix fraîches, indique le Dr Francoeur. Ce qu'il y a de particulier, c'est que les symptômes sont très intenses et immédiats dans la bouche, mais ça peut aussi donner des symptômes rhinoconjonctifs, qui vont s'ajouter à ceux causés par les pollens.

Aussi saines soient-elles, il faut donc parfois faire attention aux collations que vous consommez lors d’une activité physique.

C'est un phénomène qui peut se coassocier et l'on va recommander d'éviter ces aliments-là qui sont incommodants, particulièrement pendant, avant ou après un effort physique pour ne pas augmenter la symptomatologie.

Le syndrome pollen-aliment ne s'applique pas aux aliments cuits.

Un garçon, à l'extérieur, se frotte un œil.

Les enfants peuvent aussi souffrir de la rhinite saisonnière.

Photo : Getty Images / Image Source

Pour les parents d’un enfant qui souffre de rhinite allergique, mais qui adore jouer au soccer en plein milieu d’un pic de l’indice pollinique, sachez que les conseils destinés aux adultes sont aussi applicables aux enfants.

Si l’enfant a déjà reçu un diagnostic, François-Pierre Counil recommande de s’assurer qu’il prenne son traitement avant l’activité physique, que ce soit un antihistaminique ou la pompe pour ouvrir les bronches. Le docteur insiste sur l’importance de bien réchauffer ses voies respiratoires avant de se lancer dans le feu de l’action.

Et comme les allergies ne sont pas un long fleuve tranquille, elles peuvent évoluer tout au long de la vie des patients, pour le meilleur et pour le pire.

Je vois des enfants touchés par les allergies respiratoires, de plus en plus jeunes, autant des allergies aux acariens, à la poussière, aux animaux, mais aussi au pollen. Certains vont voir une certaine évolution favorable, par exemple avec les changements hormonaux avec la puberté ou une grossesse, tandis que d'autres qui n'en ont jamais eu vont voir une apparition plus tard dans leur vie, et même à un âge très avancé, remarque le Dr Francoeur.

C'est encore mystérieux, reconnaît aussi le Dr Counil. On ne comprend pas encore complètement pourquoi, mais on voit très bien certains de nos patients qui n'ont plus du tout de symptômes avec le temps qui passe, alors que d'autres, au contraire, tout d'un coup, se développent des sensibilités à certains allergènes.

L’importance de faire du sport, allergies ou pas

Les allergies ne devraient pas vous empêcher de faire du sport.

Le sport est excellent pour tout le monde, souligne Marie-Josée Francoeur. La rhinite ou l'asthme n'empêchent pas d'atteindre l'élite. Il y a plusieurs exemples de sportifs de haut niveau qui ont réussi à atteindre les sommets même s'ils avaient un problème d'asthme et de rhinite, parce qu’ils ont été bien pris en charge.

Il ne faut surtout pas éviter l'activité physique à cause des allergies. Il faut, au contraire, se mettre dans les meilleures conditions possibles pour pratiquer des activités physiques, c'est vraiment important. On constate qu’il y a un déconditionnement général de la population et des jeunes en particulier, c'est assez flagrant sur les dernières années et sur la dernière génération. C'est un problème de santé publique. Il ne faut surtout pas brouiller le message. Il faut continuer à favoriser l'éducation physique.

Une citation de Dr François-Pierre Counil, pneumologue et pédiatre

Ce qu'on voit, en réalité, c'est que beaucoup de nos patients asthmatiques ont une intolérance à l'effort qui n’est pas liée à leurs allergies, précise le Dr Counil.

L'immense majorité des patients qui nous disent : "J’ai de la difficulté avec l'exercice physique, je ne suis plus capable de rien faire et je suis essoufflé tout le temps." Quand on teste ça dans nos laboratoires, qu'est-ce qu'on voit? Oui, on voit un bronchospasme induit par l'exercice, mais on voit surtout un déconditionnement majeur. Les muscles ne sont plus habitués à travailler en endurance et en intensité. On se retrouve avec des patients qui sont complètement désentraînés ou déconditionnés.

Alors, allergies ou pas, sortez et bougez.

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