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Analyse

L’homme des petits détails

Il lance une rondelle dans la foule.

Rafaël Harvey-Pinard a été nommé la première étoile du match.

Photo : Eric Bolte-USA TODAY Sports

Martin St-Louis n’est pas homme à encenser un jeune joueur, encore moins une recrue. Il faut parfois lui arracher les compliments, comme une confession non désirée.

Il aurait été embêtant de rester de glace devant le tour du chapeau de Rafaël Harvey-Pinard, samedi soir, dans une victoire écrasante de 8-2 contre les pauvres Blue Jackets de Columbus.

Parce que c’est un joueur d’ici, parce que son sourire contagieux a enflammé le Centre Bell comme on l’a vu peu souvent dans les dernières années, parce que le jeune homme totalise maintenant 12 buts en 29 matchs, l’entraîneur a fini par étaler la recette de son succès après avoir tenté de le faire expliquer par les journalistes.

En gros, Rafaël Harvey-Pinard est un homme de détails. Les petites choses qui mènent aux grandes. Il fonce au filet, il bloque des tirs, il est courageux, il compétitionne, il gagne plus de batailles pour la possession de la rondelle qu’il n’en perd, il écoute les enseignements, les applique, bref, l’étudiant modèle que tout le monde souhaite voir récompenser.

Son éthique de travail est au-dessus. Son niveau de compétition avec son éthique de travail. Il est très engagé des deux côtés de la glace. C’est rare qu’il ne fait pas sa job défensivement. Il lit bien le jeu. Pas juste par rapport à où la rondelle va, mais aussi où l’adversaire et où ses coéquipiers sont, a lancé St-Louis.

Il mérite tout ce qu’il obtient en ce moment. Il travaille extrêmement fort, c’est un joueur intelligent, il est toujours au bon endroit. Il a du plaisir et il profite de l’occasion qu’il a, a ajouté Brendan Gallagher.

Ce même Gallagher à qui Harvey-Pinard a souvent été comparé. Un modèle pour le Saguenéen encore aujourd’hui, a-t-il dit.

Dieu sait ce que l’avenir réserve au numéro 11, mais le CH semble avoir trouvé en Harvey-Pinard un digne successeur au petit ailier ultra combatif. Gallagher le voit. Gallagher le sait. Lui ralentit, l’autre éclot. Il pourrait craindre son jeune coéquipier. Ce serait bien mal le connaître.

La rondelle entre dans le but pendant que le gardien a la vue voilée par des joueurs des deux équipes devant lui.

Jesse Ylonen marque un but pour le Canadien de Montréal contre les Blues Jackets de Columbus.

Photo : La Presse canadienne / Peter McCabe

Après le troisième but du Québécois, Gallagher, sourire fendu jusqu’aux oreilles, s’est penché vers lui pour tenter de le convaincre de se lever et de saluer la foule.

Il est trop intelligent pour tomber dans le panneau, a lancé le vétéran, taquin.

Je me suis gardé une petite gêne, a mentionné la vedette de la soirée.

Dans cette jungle du sport professionnel où stagner équivaut à se noyer, au lieu de voir un rival, ou du moins d’agir de la sorte, Gallagher a préféré sauter dans le train, se laisser prendre au jeu et sourire, lui aussi.

Ça prend beaucoup d’empathie. Peux-tu être heureux pour un jeune qui joue bien? Cette générosité est importante. Aussi, peux-tu aider un jeune qui en arrache? On a des joueurs comme ça, a fait valoir l’entraîneur.

Là se trouve peut-être maintenant la valeur de Gallagher dans ce que le Canadien tente de construire. En partie du moins. Lui-même aspire certainement à davantage et aura toutes les chances de contribuer à l’attaque à nouveau – il a réussi un but et une passe samedi –, mais son enthousiasme, son altruisme, son dévouement pourra s’avérer crucial dans cette relance de l’équipe. Un homme de détails sait en reconnaître un autre apparemment.

Dans le cas de Harvey-Pinard, il semble de plus en plus évident qu’il appartient lui aussi à l’avenir de l’équipe, même si personne de l’équipe ne l’a encore admis ouvertement.

Ses 12 buts en 29 matchs ont de quoi étonner. On n’attendra pas de lui qu’il devienne un marqueur de 30 buts. Le fait qu’il marque une fois tous les quatre tirs cette saison fausse la donne de toute façon. N’empêche, sa capacité à s’entendre aussi bien avec Rem Pitlick, qu’avec Christian Dvorak ou Nick Suzuki fait de lui une espèce rare… et prisée.

« Il y a beaucoup de prévisibilité dans son jeu qui aide ses coéquipiers autant défensivement qu’offensivement. Ils savent ce qu’il va faire, où il va être. Tu peux compter sur lui. »

— Une citation de  Martin St-Louis

Harvey-Pinard est donc homme de détails, mais aussi de faits saillants. Après son premier but inscrit à la bonne franquette, en fonçant au filet pour saisir un retour de lancer, il a annulé un avantage numérique des Jackets en forçant l’adversaire à le frapper avec son bâton pour le priver d’une chance de marquer. Puis, il en a inscrit deux autres avec un pur instinct de marqueur.

Son identité exacte dans la LNH demeure encore à être définie. La bonne nouvelle est toutefois que plus personne ne doute qu’il aura le temps de la définir au plus haut niveau.

C’est de bon augure pour les négociations estivales en vue d’un nouveau contrat.

En rafale

Harvey-Pinard est la première recrue du CH à marquer trois fois en une seule période depuis Dick Gamble, le 2 mars 1952. Cette information se suffit à elle-même.

Un bandeau annonçant le balado de Radio-Canada Sports : Tellement hockey

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