•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

« Aujourd’hui, c’est comme si Mikaela dansait »

Une skieuse en très gros plan fait un clin d'oeil au photographe.

Mikaela Shiffrin sur le podium de Kronplatz

Photo : Getty Images / MARCO BERTORELLO

Olivier Pellerin

Ce n’était qu’une question de temps avant que Mikaela Shiffrin coiffe sa compatriote Lindsey Vonn au sommet du classement pour le plus grand nombre de victoires en Coupe du monde. Pour Geneviève Simard, l’évidence était d’autant plus grande mardi, lors des premiers virages de Shiffrin en deuxième manche, à Kronplatz, en Italie : l’histoire n’allait pas attendre un jour de plus.

Dès que j'ai vu les premiers virages de sa deuxième manche, je me suis dit : "C'est dans la poche", a lancé l’analyste et ex-skieuse de l’équipe canadienne Geneviève Simard en regardant l’épreuve.

C'était vraiment un ski assumé à 100 %, mais avec une super fluidité aussi. C'était propre techniquement, comment elle taillait les courbes. C’était vraiment un niveau à part.

L’égérie américaine de Visa, Adidas et des pâtes Barilla, entre autres, a prouvé une fois de plus sa supériorité avec le meilleur temps des deux manches de l’épreuve, éclipsant ainsi la compétition pour la 83e fois de sa carrière. Une victoire qui vient à point, 16 jours après avoir égalé la meilleure marque mondiale.

Une skieuse casquée négocie une porte sur sa droite lors d'une course.

Mikaela Shiffrin sur la piste de Kronplatz en route vers sa 83e victoire en Coupe du monde

Photo : Getty Images / MARCO BERTORELLO

Ce qui est extraordinaire, c'est sa constance, sa domination depuis les 10 dernières années dans plusieurs disciplines, a poursuivi Simard, qui attribue une part de chance à Shiffrin, qui n’a pas eu de graves blessures durant toutes ces années-là. Parce que malheureusement, sur le circuit de la Coupe du monde, les blessures, ça fait partie du sport, donc chapeau juste pour ça, pour avoir bien géré son horaire chargé, ces entraînements, les courses et sa prise de risque.

Avec un second slalom géant à Kronplatz, mercredi, et un programme double de slalom à Spindleruv Mlyn, en Tchéquie, samedi et dimanche, Geneviève Simard prévoit que le suspense sera de courte durée avant que l’Américaine de 27 ans ne s’empare du record de tous les temps de 86 victoires, détenu par le Suédois Ingemar Stenmark.

Je n’ai pas de boule de cristal, mais je ne serais pas surprise que ça se produise cette année. Juste de la façon dont elle skie en ce moment, c’est vraiment impressionnant. Il y a sa stabilité, elle est ''focus'', c’est fluide… Aujourd’hui, c’est comme si elle dansait, c’était propre. Donc peut-être que ce sera fait dans une semaine.

À l’époque de Geneviève Simard, l’emprise de la puissante équipe autrichienne, dont faisait partie Michaela Dorfmeister, donnait de sérieux maux de tête à la compétition en Coupe du monde. C’est cette mainmise sur les podiums qui a probablement permis à la Québécoise de décrocher une victoire en super-G, à Cortina d’Ampezzo, en janvier 2004.

« Quand on assiste à une domination totale comme celle-là, ça rehausse le niveau. Les skieuses n’ont pas d’autres choix que d’essayer de tout faire en leur possible pour se rapprocher d’une Vonn ou d’une Shiffrin. »

— Une citation de  Geneviève Simard

Je pense que ça aide le sport féminin d’avoir une athlète comme Mikaela Shiffrin, et comme Vonn aussi, souligne Simard. Lindsey Vonn a inspiré [Sofia] Goggia pendant des années, [Corinne] Suter aussi. Moi, je pense que c’est bon pour le sport d’avoir un exemple inspirant comme Shiffrin. On se retrousse les manches, et on essaie d’aller atteindre ce niveau-là.

L’analyste de Radio-Canada pour les prochains Championnats du monde, à Courchevel Méribel, en France, du 6 au 19 février, refuse d’accorder plus de lustre à l’une ou l’autre des skieuses. Si Shiffrin a principalement dominé les épreuves techniques, elle n’a rien à envier au parcours axé sur la vitesse de Lindsey Vonn, souvent jugé plus éprouvant sur le plan physique.

Avec les bras en forme de ''V'', elle tire sa révérence avec une médaille de bronze, sa huitième à des Championnats du monde.

Lindsey Vonn après sa dernière descente en Championnats du monde

Photo : La Presse canadienne / Marco Trovati

Je comprends la question, mais ça ne change rien à mes yeux que ce soit en technique ou en vitesse, tranche Simard. Il y a aussi des blessures dans les épreuves techniques. C’est peut-être moins spectaculaire, mais il a beaucoup de pression sur les articulations. Prenez l’exemple de l’Américaine Nina O’Brien aux derniers Jeux olympiques d’hiver, à Pékin. C’est le total de victoires qui est impressionnant pour les deux skieuses.

Apprendre à dompter le parcours

En bonne position avec en poche le quatrième temps de la première manche, la Canadienne Valérie Grenier n’a pu faire mieux que le 22e chrono à son deuxième passage en piste, résultat bon pour le 9e rang. Manifestement déçue de son sort, Grenier n’a pas caché son amertume, après avoir gagné sa première course, il y a un peu plus de deux semaines, en Slovénie. C’est que ses attentes ont changé depuis ce premier succès.

Elle exulte après sa descente.

Valérie Grenier

Photo : Getty Images / Christophe Pallot/Agence Zoom

C’est vrai que les attentes changent vite après une victoire ou un podium pour l’avoir vécu moi-même, se rappelle Simard. On devient accro à ce succès-là et à cette reconnaissance de tout ce que l’on met comme travail et entraînements depuis les dernières années.

Malgré ses 26 ans et ses 95 départs en Coupe du monde, Grenier doit encore faire ses marques et améliorer sa lecture des parcours afin de limiter les erreurs pour s’imposer de manière constante sur la scène internationale. Ce n’est pas faute de prendre des risques. Il faut cependant savoir quand s’exécuter.

Ça fait déjà quelques années qu’on voit des moments brillants de Valérie, mais elle manque un peu de constance, et il lui manque aussi le côté tactique. Il y a une façon d’attaquer, ce n’est pas que ''pedal to the medal'', advienne que pourra. Avec le temps, on apprend où ''peser sur l’accélérateur'', où il faut relâcher, les sections du parcours où tendre la trajectoire et avoir une prise de risque énorme.

La critique se voulait constructive, parce que Geneviève Simard garde un bon souvenir de cette période charnière. Elle y a vu, plus jeune, un beau terrain de jeu pour progresser au classement.

Ce ne sont que des petits ajustements, et c’est une phase dans la vie d’une skieuse qui est vraiment excitante parce que techniquement, les choses sont en place. Et on joue un peu à comment on peut pousser davantage, et c’est vraiment agréable d’être dans cette zone-là.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

En cours de chargement...