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Combat Beterbiev-Yarde : « On a le bon cheval pour gagner la course » - Marc Ramsay

Les trois hommes sont côte à côte sur le ring.

Artur Beterbiev flanqué de Luc-Vincent Ouellet (à gauche) et de Marc Ramsay (à droite).

Photo : Gracieuseté : Facebook @abeterbiev

Jean-François Chabot

Artur Beterbiev (18-0, 18 K.-O.) est serein et en mission. Son entraîneur Marc Ramsay fait le point depuis Wembley où se déroulera le combat face au Britannique Anthony Yarde (23-2, 22 K.-O.) samedi.

À quatre jours de la défense de ses trois ceintures des mi-lourds, le clan est arrivé vendredi dernier et est bien installé dans un hôtel à deux pas du mythique Wembley Arena, là où sera présenté le duel très attendu et largement publicisé auprès des amateurs locaux.

Pour la petite histoire, c’est dans ce même amphithéâtre, situé en banlieue nord-ouest de Londres, qu’en septembre 1992, le Canadien de Montréal avait disputé deux matchs préparatoires contre les Blackhawks de Chicago.

Jacques Demers, derrière le banc, et Denis Savard, sur la glace, y ont fait leurs premiers pas vers la conquête de la Coupe Stanley au mois de juin suivant, la dernière en date pour le Tricolore.

Le choix d’arriver au Royaume-Uni plus d’une semaine avant le combat est bien sûr lié au décalage horaire, mais surtout à l’importance du défi devant Beterbiev, qui a fêté ses 38 ans samedi.

On a une performance sportive à livrer. On se doit d’aller au-delà de ça et de son adaptation. On voulait s’assurer en se donnant un bon 10 jours de bien s’adapter à la situation, a d’abord expliqué Ramsay à Radio-Canada Sports.

Cette préparation en vue de l’écart de cinq heures entre les deux fuseaux horaires a commencé bien avant de monter dans l’avion.

« On s’entraîne depuis le début du camp à l’heure anglaise. À Montréal, on tenait nos séances en gymnase et nos sparrings à partir de 16 h ou 16 h 30. On fait ça depuis maintenant huit semaines. Depuis notre arrivée, les entraînements se déroulent à 22 h ou 22 h 30. »

— Une citation de  Marc Ramsay, entraîneur de boxe

L’Angleterre un monde à part

Même si Artur Beterbiev a déjà livré la vaste majorité de ses combats professionnels en terres ennemies, le fait est que l’Angleterre demeure de tous les endroits où l’on peut se battre, un monde particulier où rien n’est tout à fait pareil.

Malgré la foule, la tradition et des cartes de pointages des juges parfois déroutantes, Ramsay ne sent pas le besoin d’y aller de mises en garde à son protégé.

Il ne faut pas oublier sa vaste expérience chez les amateurs. Artur a beaucoup voyagé. Il est venu ici en 2012 pour les Jeux olympiques et il connaît le marché anglais. Même au niveau professionnel, 85 % de nos combats ont été faits à l’extérieur. Il a boxé au Québec en début de carrière et, plus récemment, (à Montréal) contre Marcus Browne. Nos conquêtes de titres mondiaux ont été réalisées sur la route. Alors, ce n’est pas nouveau pour lui, a rappelé l’entraîneur.

Deux hommes posent devant un ring au milieu d'un gymnase.

Artur Beterbiev et Marc Ramsay vers un autre combat d'unification

Photo : Radio-Canada / Jean-François Vachon

Ramsay ajoute que Beterbiev a toujours été capable de faire bon usage des foules bruyantes qu’elles aient été en sa faveur ou non.

Il est très réceptif à ce type d’énergie. Ça le réveille. Ça le garde allumé et je pense que c’est plus une arme qu’un ennemi pour nous, a-t-il ajouté.

Selon Ramsay, Beterbiev ne s’en fait guère à propos des éléments extérieurs. Il se concentre davantage sur ce qu’il peut apporter dans le ring sur le plan tactique, de la stratégie et des techniques qu’il veut employer pour le combat.

« Artur est quelqu’un de très stable d’un point de vue émotionnel à l’approche des combats, et c’est sensiblement la même chose à chaque combat. Rendu à ce point-ci, il est très silencieux. On fait nos petites choses, tout est très répétitif. Il n’y a pas de grands discours, mais on échange l’info de façon brève. »

— Une citation de  Marc Ramsay

Oui, je lui ai montré des photos de l’aréna pour qu’il puisse visualiser les lieux. On prend connaissance de l’aspect environnemental, mais ce n’est pas quelque chose qui est majeur dans son jeu.

Rival en pleine ascension

Le prétendant aux titres de l'IBF, du WBC et de la WBO que détient Beterbiev surprend par la rapidité avec laquelle il s’est hissé parmi les plus sérieux candidats de la catégorie.

Anthony Yarde a un ratio de victoires avant la limite aussi impressionnant que celui du champion. De ses deux défaites, une seule ne lui a pas permis d’entendre la dernière cloche. Ça s’est passé en août 2019 face à Sergeï Kovalev.

Anthony Yarde

Anthony Yarde après sa victoire par K.-O. au 4e round face à Lyndon Arthur, en décembre 2021

Photo : Getty Images / Alex Pantling

Ramsay décrit Yarde comme un boxeur qui a gravi les échelons rapidement et qui n’a donc pas amassé un grand bagage d’expériences, que ce soit chez les amateurs ou les professionnels.

« En contrepartie, c’est un gars qui a été très gâté par la nature. C’est un athlète au niveau d’habiletés très élevé. Il est rapide. Il boxe bien. Il est capable de contre-attaquer et de frapper avec force. Il a beaucoup de facettes. Il n’est pas un boxeur unidimensionnel. »

— Une citation de  Marc Ramsay à propos d'Anthony Yarde

Ramsay insiste pour dire que Yarde est un boxeur complètement différent de Joe Smith fils dont Beterbiev s’est défait en moins de deux rounds en juin, à New York, pour mettre la main sur la ceinture de la WBO.

S’il reconnaît les qualités de fonceur de Smith, il voit en Yarde un adversaire beaucoup plus complexe.

Il y a plusieurs aspects à considérer et ça rend ma tâche un peu plus compliquée en tant qu’entraîneur. Mais comme on a pu le voir quand il a affronté Kovalev, ça devient plus compliqué pour lui si les choses se corsent. À Yarde de prouver qu’il a le cran qu’il faut.

Une affaire personnelle

Si l’hôtel où logent Beterbiev et Ramsay est tout confort, le gymnase situé non loin de là où l’on peaufine les derniers détails est typiquement anglais dans son caractère efficace et dénudé de gadgets. Après un déménagement forcé lié à des ennuis de chauffage, le clan a trouvé cette niche idéale.

On y trouve tout ce dont on a besoin. Ça fait partie de la logistique qu’on avait réglée depuis longtemps pour ce qui touche au gymnase, aux différents endroits pour aller s’entraîner et même la restauration, a souligné Ramsay.

En sachant que ce dernier aimerait bien renouer avec la victoire en sol anglais, on ne s’étonnera pas que rien n’ait été laissé au hasard.

C’est que Ramsay n’en est pas à ses premières armes dans le coin d’un pugiliste québécois parti boxer en Angleterre. Il sourit en pensant à ce qu’il considère encore aujourd’hui comme sa plus grande victoire dans les rangs amateurs.

Ça s’est passé ici aux Jeux du Commonwealth où Jean Pascal a récolté la médaille d’or en battant Paul Smith. Il y avait près de 18 000 personnes à Manchester. Ç’a été un grand moment comme entraîneur de l’équipe nationale, a-t-il raconté.

Les choses se sont toutefois avérées plus difficiles chez les professionnels. Il s’est notamment trouvé dans le camp du perdant aux côtés du même Pascal contre Karl Froch (2008), de Kevin Bizier face à Kell Brook (2016) et d’Oscar Rivas devant Dillian Whyte (2019).

Artur Beterbiev et Anthony Yarde dans un face à face pour les caméras

Artur Beterbiev et Anthony Yarde ont pu se regarder dans le blanc des yeux, le 3 décembre dernier, en marge d'un gala au stade de Tottenham, domicile des Spurs, club de soccer en première division anglaise.

Photo : Getty Images / Warren Little

Je suis très enthousiaste de revenir ici avec Artur. Je pense qu’on a le bon cheval pour gagner la course, a lancé Ramsay.

C’est mercredi que se tiendra l’entraînement public pour Beterbiev et Yarde. Ce sera l’occasion de découvrir l’aménagement des lieux et d’ajouter à la visualisation mentale à l’approche du grand rendez-vous. Suivront la conférence de presse jeudi et la pesée officielle vendredi.

Autrement, on va tenir de petites réunions pour discuter de stratégie, mais sinon on va laisser Artur tranquille et bien concentré jusqu’à samedi, a conclu Ramsay.

Il ne cache pas que d’être au cœur de l’action pour des combats présentés dans des endroits chargés d’histoire lui procure toujours de grandes sensations.

Le Wembley Arena s’ajoutera ainsi à un itinéraire qui l’a déjà mené de Chicago au Madison Square Garden, en passant par Philadelphie, Moscou et le Centre Bell.

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