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Analyse

Un train sans passagers

Derrière eux, David Savard

Alex Belzile (au centre) célèbre la victoire du Canadien contre les Maple Leafs samedi soir avec Justin Barron.

Photo : Reuters / Eric Bolte

Martin St-Louis avait évoqué une image forte en début de saison pour résumer sa pensée sur ce qu’il attendait de son groupe dans une année qu’on savait perdue d’avance.

Il voulait des joueurs prêts à planter des arbres même si la majorité d’entre eux savait pertinemment qu’elle ne profiterait jamais de leur ombre.

L’entraîneur faisait surtout référence à des vétérans comme Jake Allen qui arriveraient probablement au bout de leur parcours lorsque l’équipe deviendrait, espérait-il, une véritable menace.

Ce qui vaut pour les vétérans est aussi valable pour d’autres joueurs plus marginaux comme Michael Pezzetta par exemple, employé de soutien probablement que de passage. De passage, mais pas passager.

Pas plus que Rafaël Harvey-Pinard ou qu’Alex Belzile qui a appris samedi matin, en pleine grasse matinée, qu’il disputerait le match du soir, au Centre Bell, contre les Maple Leafs, remporté miraculeusement 3-2 en prolongation.

Pourquoi miraculeuse cette victoire? Extrêmement surprenante à tout le moins quand on considère que le meilleur buteur de l’équipe vient d’être placé sur la touche pour le reste de la saison, que sept attaquants partants manquent à l’appel et que les Leafs, 3es au classement de la LNH, menaient 2-0 après une période pendant laquelle ils avaient dominé le jeu à cinq contre cinq avec 22 tentatives de tirs contre 6.

Le CH, aidé par Samuel Montembeault encore en état de grâce, s’est accroché et a humilié les Torontois au deuxième vingt pour revenir dans le match.

Josh Anderson a eu toutes les allures de la locomotive de ce fameux train si cher à St-Louis avec trois lancers, le premier but et six mises en échec, mais les autres ont suivi.

Belzile, Harvey-Pinard et Pezzetta ont passé plus de trois minutes à cinq contre cinq contre le trio d’Auston Matthews et ont obtenu sept tentatives de lancers contre seulement deux.

Des gars comme ça veulent de l’espace, du temps, ils veulent faire des jeux. Si tu leur coupes ça, [Matthews] a deux bras, deux jambes quand même. Ça reste que quand il a de la pression c’est plus dur de faire des jeux. C’est comme tout le monde, a lancé Belzile.

Quand ces trois diables se démènent de la sorte, ça devient gênant de regarder passer la parade.

Peu importe qui est dans le train, on a besoin de tout le monde, a insisté St-Louis.

« Parfois, tu perds des morceaux importants, mais le train doit continuer. C’est la responsabilité des gars de comprendre la culture. Ce soir, c’est la fondation de ce que l’on essaie de bâtir. »

— Une citation de  Martin St-Louis

Il a été question de culture, d’enthousiasme, de fierté, de train, évidemment. St-Louis a souligné la qualité du travail de Jean-François Houle, entraîneur dans la Ligue américaine avec le Rocket, dont les joueurs rappelés avec le grand club ne font pas juste boucher un trou.

Houle n’a pas tant d’espoirs de premier plan à développer à Laval. Ceux-ci jouent soit à Montréal ou dans les rangs juniors ou collégiaux en majorité. Il y a bien Justin Barron, plus à son aise dans ce second séjour avec le grand club qu’au départ, mais l’échantillon est un peu mince pour juger de son mentorat.

Le Tricolore compte sur lui pour préparer ses jeunes talents tout autant que pour perpétuer la culture d’entreprise. La déconnexion entre les deux clubs aux extrémités de la ligne orange a souvent été manifeste. Il y a un désir d’y remédier.

En progression

Kirby Dach est apparu particulièrement inspiré dans ce duel. De retour au centre en raison de toutes ces blessures, l’expérience semble être de plus en plus concluante. La progression du jeune de 22 ans (c’était son anniversaire samedi soir) se matérialise. Et même s’il connaît des hauts et des bas, a admis St-Louis, si on relie les points, c’est une ligne qui monte depuis le début de l’année.

Le Saskatchewanais a été de tous les combats sans craindre de s’impliquer physiquement. Il a généré bon nombre de chances de marquer en plus de frapper le poteau en avantage numérique en toute fin de rencontre en jouant 22 min 49 s, un sommet cette saison.

Ce sont des répétitions que tu ne peux pas acheter. Il est venu à la guerre ce soir, a laissé tomber son entraîneur.

Des joueurs de hockey

Les joueurs du Canadien célèbrent leur victoire en prolongation face aux Maple Leafs de Toronto.

Photo : Getty Images / Minas Panagiotakis

Il a atteint un autre niveau. Il a été très physique et a tout fait pour aider cette équipe à gagner, a dit Anderson.

Si l’on reste dans les métaphores du patron, Dach devrait profiter de l’ombre de ce que l'équipe sème actuellement. Devra, en fait, pour que le Canadien devienne une puissance.

Ça ne peut pas être mauvais de se faire rappeler, pour lui comme pour les autres, qu’il y en a toujours un ou deux derrière prêts à sauter dans le train.

En rafale

Parlant de Dach, l’attaquant a écopé de sa 18e pénalité mineure cette saison, une infraction commise en zone offensive. Cela fait de lui le meneur du CH et le cinquième attaquant le plus puni de la ligue. Tout en condamnant son indiscipline, St-Louis a nuancé son propos à son endroit.

Je n’ai pas aimé sa punition ce soir, ni celle de l’autre soir. Il a un très bon bâton, il vole beaucoup de rondelles. On lui demande d’avoir un bâton actif et de regagner des rondelles, donc c’est sûr que des fois tu accroches les gants ou quelque chose du genre. La marge d’erreur est mince. Quand il joue avec émotion, il devient beaucoup plus dangereux sur la glace, mais il sait que ces punitions-là ne sont pas acceptables.

Harvey-Pinard a réussi son deuxième but dans la Ligue nationale, son premier à Montréal. Le jeune homme était tout sourire dans le vestiaire après la rencontre. Sa famille n’était pas sur place, mais il n’en a pas fait grand cas.

Je sais qu’ils me regardent à la maison et sont fiers de moi, a lancé le jeune homme.

Il a des habitudes de la Ligue nationale, a noté St-Louis. Il n’a pas peur d’aller aux endroits pas faciles physiquement. Il est compétitif, tu peux lui faire confiance. Je suis content qu’il se fasse récompenser.

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