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Analyse

Pieds et poings liés

Au sol, Matthew Tkachuk et Mike Matheson s'échangent des coups.

La soirée a été marquée par plusieurs furieux combats.

Photo : The Canadian Press / Graham Hughes

Arber Xhekaj n’a pas que la carrure d’un éléphant; il en a la mémoire.

Le Canadien avait encaissé une solide gifle de 7-2 aux mains des Panthers le 29 décembre et il n’avait pas l’intention de tendre l’autre joue jeudi soir, même si le résultat final, une défaite de 6-2, pourrait laisser croire le contraire.

Xhekaj avait ce premier revers encore frais à l’esprit et ne s’est pas fait prier pour évoquer ce souvenir dans le vestiaire des vaincus.

Ça a commencé au dernier match contre eux, a-t-il expliqué.

Ils menaient 7-2 et continuaient à se permettre des bassesses à notre endroit pendant tout le match. Et quand on les défiait, ils ne répondaient pas à l’appel. On était amers par rapport à ce match et ils ont encore fait ça ce soir. C’est sûr que ça allait déborder à un moment donné, a renchéri Xhekaj.

Et débordement il y a eu.

Le joueur du Canadien s'apprête à donner un coup de poing au joueur adverse sous le regard d'une foule attentive.

Ryan Lomberg et Michael Pezzetta ont engagé le combat, tard en troisième période.

Photo : usa today sports / David Kirouac

Quel genre de bassesses exactement? On ne saurait dire ce que le grand numéro 72 avait en tête par rapport au 29 décembre, mais dans le cas qui nous occupe, on peut penser à cette mise en échec par derrière de Grigori Denisenko sur le principal intéressé. Ou encore à ce coup vicieux – il avait visé le genou – de Radko Gudas en troisième période sur Kirby Dach.

Xhekaj en avait d’ailleurs long à dire au sujet de Gudas, drôle de gentilhomme qui ne risque pas vraiment de gagner de trophée pour son esprit sportif.

Je ne sais pas quel est son problème. Il essayait de faucher les genoux de nos joueurs pendant tout le match. Il joue dur, je vais lui donner ça, mais à un certain point tu dois être en mesure de répondre de tes actes, a fait valoir le défenseur du CH.

Entendre par là, se battre. Ce que plusieurs ont fait, de Xhekaj lui-même à Michael Pezzetta, en passant par Mike Matheson.

Quatre-vingt-dix minutes de punitions au total (53 au CH, 37 aux Panthers), dont trois combats et trois punitions d’inconduite. Les habiletés et la rapidité du jeu mises à part, on se serait cru un petit mardi soir à Jonquière entre les Marquis et les Pétroliers du Nord. En tout respect.

Le directeur général Kent Hughes a insisté sur deux points dans sa conférence de presse de mi-saison mercredi : l’équilibre et la résilience.

On parle ici d’une résilience, certes, mais déséquilibrée. Un sur deux, c’est toujours ça de pris.

Avant que les belliqueux prennent toute la place et que l’Arber (pardon, l’arbre) cache la forêt, un constat s’est imposé : le Canadien, complètement désorganisé en désavantage numérique, s’est fait battre à plate couture dans ce qui a peut-être été sa pire période de la saison.

Montréal a encaissé 5 buts en 13 minutes au deuxième vingt, dont 4 en désavantage numérique, abandonnant le pauvre Samuel Montembeault à son sort. Le confrère Martin Leclerc a colligé 14 chances de marquer de qualité pour les félins dans cette seule période, ce que des équipes n’obtiennent parfois pas pendant tout un match.

Une rondelle se retrouve dans le filet du gardien agenouillé.

Les Panthers ont donné du fil à retordre à Samuel Montembeault, jeudi soir au Centre Bell.

Photo : usa today sports / David Kirouac

La claque, encore une fois, était sévère, et mieux valait détourner la conversation. En vérité, la frustration a emporté les joueurs du Canadien, parfois à raison, il faut bien le dire.

Dans ce joyeux chaos, Martin St-Louis a affirmé avoir apprécié la solidarité de ses hommes.

Je demande aux gars de finir la game et de se tenir ensemble, a-t-il laissé tomber.

« Je suis content que les gars se soient tenus ensemble dans un match un peu frustrant. »

— Une citation de  Martin St-Louis, entraîneur-chef du Canadien de Montréal

De la frustration et peut-être un peu d’immaturité. Martin St-Louis a contesté le premier but des Panthers parce qu’il y avait eu, croyait-il, obstruction sur le gardien. Les Panthers ont eu gain de cause, ont obtenu une autre supériorité et marqué dans la foulée. Ç’a été l’élément déclencheur de la débandade.

D’un autre côté, difficile de s’en surprendre lorsqu’on parle d’une formation privée de six attaquants et d’un de ses meilleurs défenseurs. C’est peut-être juste une incapacité à offrir mieux quand l’adversaire réussit à déployer ses ailes. Un sage a déjà dit qu’il est impossible de tirer de l’eau d’une roche.

Ironiquement, ce match a presque réconcilié le double objectif de Hughes qui apparaît, sur papier, irréconciliable justement, soit de perdre tout en maintenant un environnement compétitif pour ses joueurs. Ils ont semblé y croire jusqu’à la fin. Ils se sont battus, en tout cas. Bien qu’on puisse se demander quel jeune a réellement bénéficié d’un semblable théâtre...

À une époque pas si lointaine, les duels entre le Canadien et les Panthers avaient ceci de commun : ils étaient d’un ennui mortel. C’est tout le contraire aujourd’hui. Et ça promet pour les prochains.

Alors, a-t-on demandé à Xhekaj, après tout ce rififi, est-ce que les comptes sont bons de part et d’autre?

Ce n’est pas réglé, a-t-il répondu. En tout cas, pas pour moi.

À donner froid dans le dos.

Un bandeau annonçant le balado de Radio-Canada Sports : Tellement hockey

En rafale

St-Louis a retiré un de ses gardiens pour la première fois de la saison. Cayden Primeau a pris la place de Montembeault après deux périodes. Le gardien québécois n’avait toutefois rien à se reprocher et l’on peut penser qu’il s’agissait d’un petit congé supplémentaire avant la visite des Maple Leafs de Toronto samedi soir au Centre Bell. Montembeault avait cédé 5 fois sur 33 tirs.

Kirby Dach a écopé de sa 17e punition mineure en deuxième période. Il est le meneur à ce chapitre chez le Tricolore et pointe à égalité au 11e rang dans la LNH.

Restons dans les statistiques inusitées. Au cours des 106 ans d’histoire de la LNH, le Canadien a accordé quatre buts en désavantage numérique au cours d’une même période à deux reprises : jeudi soir et le 16 janvier 1992 contre les Blues de St. Louis. La rencontre s’était soldée par un match nul de 6-6, pour ceux qui tiendraient le compte.

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