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Analyse

Trois observations sur le 0-0 Maroc-Espagne

Il lève les bras en l'air pendant que ses joueurs le soulèvent.

Walid Regragui (au centre) a mené le Maroc au tour éliminatoire d'un Mondial pour la première fois en 36 ans.

Photo : Associated Press / Abbie Parr

Olivier Tremblay

La meilleure idée qu’a eue la Fédération royale marocaine de football ces derniers mois est celle d’offrir un contrat à Walid Regragui jusqu’en 2026.

Vainqueur de la dernière édition de la Ligue des champions africaine avec le Wydad AC, à Casablanca, Regragui a déjà marqué l’histoire de la sélection marocaine en la menant, deux mois à peine après son entrée en poste, à sa première phase éliminatoire d’une Coupe du monde en 36 ans.

Son Maroc est attrayant, volontaire et rigoureux. La seule équipe à avoir marqué contre lui demeure le Canada. Et encore, c’était un but contre son camp de Nayef Aguerd.

Le discours autour des Lions de l’Atlas a changé du tout au tout. Malgré la qualification pour la Coupe du monde, la performance du sélectionneur Vahid Halilhodzic soulevait trop de questions. Lorsque Regragui a accepté l’emploi, c’est comme si un épais brouillard s’était dissipé au-dessus de l’équipe marocaine.

Les supporteurs ont vécu quelques nouveaux jours d’incertitude avec l’annonce de la blessure d’Amine Harit, un peu plus d’une semaine avant le début du tournoi. Mais la tenue de l’équipe l’a presque fait oublier. Et voilà qu’on prépare aujourd’hui un quart de finale, le premier d’une nation africaine en 12 ans, avec un grand coup de main du gardien Yassine Bono Bounou.

Ce n’est pas qu’une preuve du travail remarquable de Walid Regragui. C’est une raison de plus, pour l’Afrique en entier, de faire confiance à ses talents.

Regragui est né en France. Il y a joué. Mais c’est au Maroc qu’il a été formé comme entraîneur. Cette année, pour la première fois, toutes les sélections africaines au Mondial sont dirigées par des représentants de leur pays respectif. Quatre, dont Regragui, ont joué pour l’équipe nationale en question. L’autre, le Tunisien Jalel Kadri, est un entraîneur de métier qui a piloté une multitude de clubs dans son pays et ailleurs.

Toutes ces équipes ont proposé du jeu intéressant. Une seule ne pouvait plus croire à la qualification pour les huitièmes à son dernier match de la phase de groupe, et elle a battu la France (mettez-y tous les astérisques que vous voulez, ça s’est terminé 1-0).

Il existe de nombreux bons arguments pour soutenir qu’une Coupe du monde à 48 équipes, c’est trop. Dans l’immédiat, ce Maroc ne peut que nous donner envie de voir un peu plus de ce que la Confédération africaine de football peut nous offrir.

Bandeau annonçant la couverture en direct de la Coupe du monde

Le feu inoubliable

Pendant qu’à Columbus Wilfried Nancy expliquait avec des mots les vertus de l’intensité physique et mentale, à Al-Rayyan, les Marocains faisaient de même avec leurs actions.

L’approche de Regragui était efficace au possible. On avait vu en phase de groupe la manière dont son équipe pouvait priver l’adversaire d’espace dans l’axe et le repousser sur les côtés. Avec l’adresse des Espagnols lorsqu’ils ont le ballon, on pouvait deviner la dynamique du match avant le coup d’envoi : la Roja allait monopoliser la balle, et les Lions allaient jouer dans son dos.

Toutes les stratégies ne sont toutefois pas infaillibles, et après la planification vient l’exécution.

Dans les rares moments où les Espagnols se sont frayé un chemin dans le tiers offensif, voire dans la surface de réparation, la mission marocaine n’avait rien de sorcier : il fallait se sacrifier et gagner son duel. Les Marocains en ont remporté la majorité au cours de la rencontre, et pour faire bonne mesure, à peine 19 % des centres de leurs rivaux ont trouvé une cible. L’arrière central Romain Saïss, à lui seul, a réussi plus du quart des dégagements de son équipe.

Les Marocains ont défendu avec acharnement, dévouement et intensité.

Comment démanteler une bombe atomique

Rendons hommage aux deux meilleurs milieux défensifs, même si l’un d’eux jouait comme arrière central.

Dans cette Coupe du monde, Luis Enriqué a déployé Rodri comme défenseur, et pourquoi pas : l’Espagne a eu le ballon les trois quarts du temps qu’elle a passé sur le terrain, et elle joue tellement haut que Rodri trouve aisément ses repères.

Ce repositionnement n’a en rien dilué les qualités du joueur de Manchester City. L’Espagne savait qu’elle serait démunie en transition défensive tant elle devait se commettre pour créer une faille dans le bloc marocain. Mais Rodri est d’un calme olympien quand il faut désamorcer des situations délicates du genre, et il l’a encore prouvé avec 11 récupérations de balle.

Par contre, le tournoi de Rodri est fini. Celui de Sofyan Amrabat se poursuit.

Une fois de plus, Amrabat a été précieux pour les Lions de l’Atlas. Toujours juste et propre dans ses interventions, généreux dans l’effort, Amrabat a été colossal, rien de moins. On le qualifierait de mur si on n’avait pas déjà utilisé ce mot dans une précédente analyse.

On parle du Mondial de Mbappé ou de Messi, mais mine de rien, Amrabat est un des talents qui se signalent drôlement dans ce tournoi. Les clubs à la recherche d’un bon numéro 6 pourraient faire pire affaire que de passer un coup de fil à la Fiorentina.

Un mot sur le 6-1 Portugal-Suisse

Sans Cristiano Ronaldo dans la formation de départ, les Portugais ont présenté leur plus beau visage depuis le début du tournoi pour battre la Suisse 6-1. La circulation du ballon était fluide. Le bloc remontait en harmonie. Et de jeunes talents se faisaient valoir.

Gonçalo Ramos, une des nombreuses pépites de Benfica, a marqué un triplé à sa première titularisation dans une Coupe du monde. Le dernier joueur à avoir réussi pareil exploit, l’Allemand Miroslav Klose, n’a pas eu une vilaine carrière.

Joao Félix, avec ses deux passes décisives, a eu l’air d’un homme nouveau. Et c’est Rafael Leao qui a inscrit l’unique but portugais après l’entrée en scène de Ronaldo, pour une vingtaine de minutes.

Le Portugal doit battre le Maroc pour atteindre sa première demi-finale en 16 ans. Même les plus ardents admirateurs de Ronaldo devront fixer l’affiche collée sur leur mur avant de se coucher ce soir et se poser la question : avec ou sans toi?

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