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Justine Dufour-Lapointe, l’olympienne qui a soif de liberté

Une skieuse salue la foule en levant le bras.

Justine Dufour-Lapointe lors des Jeux de Pékin

Photo : afp via getty images / MARCO BERTORELLO

Geneviève Tardif

Justine Dufour-Lapointe pause ou... retraite? Comme dirait la légende du tennis Serena Williams, parlons plutôt d’une évolution.

Après avoir annoncé il y a un mois qu’elle ne participerait pas au circuit de la Coupe du monde de ski acrobatique cette année, la double médaillée olympique de 28 ans a déclaré qu’elle quittait définitivement les bosses pour se lancer dans le milieu du ski freeride ou ski libre, dimension plus rebelle du sport, prônant comme son nom l'indique : la liberté.

Après trois cycles olympiques et 12 années incroyables sur le circuit de la Coupe du monde en bosses, je sentais que j'avais besoin de nouveaux défis. Je sentais que j'avais besoin d'une nouvelle aventure pour m'épanouir et rêver encore plus grand. Je sentais que ma carrière n'était pas terminée et que j'avais toujours ce feu qui brûlait en moi, a-t-elle dit dans une vidéo qu'elle a publiée sur ses réseaux sociaux.

« Je me lance ce nouveau défi pour retrouver l'adrénaline que j'ai toujours eue pour le ski et pour sortir de ma zone de confort. » - Justine Dufour-Lapointe

Elle poursuivra sa carrière du côté du Freeride World Tour en 2023. Elle devient ainsi la toute première Québécoise à se joindre à ce circuit. Détentrice de 49 podiums en Coupe du monde et de plusieurs médailles en Championnats du monde, l'athlète de 28 ans s'est vu offrir un laissez-passer par l'organisation pour la saison 2023.

Je veux amener ce petit côté joueur sur la piste, souligne Dufour-Lapointe. Ce n’est peut-être pas de choisir les lignes les plus complexes et à haut degré de difficulté, mais d’aller jouer avec des sauts, des périlleux arrières, des 360 degrés, c’est ça que je sais faire, et c’est ce que je suis au fin fond de moi-même. De garder une Justine joyeuse et remplie d’énergie, c’est vraiment ça que je veux amener au Freeride World Tour.

Justine a réalisé tellement de choses dans sa carrière, a souligné Laurent Besse, juge en chef du Freeride World Tour. C'est une athlète unique. Et depuis que l'on sait qu'elle veut se lancer dans la freeride, je ne la vois pas aller ailleurs de sitôt. La catégorie des filles dans le ski n'a jamais été aussi compétitive et j'ai hâte de la voir compétitionner pour le championnat cette année!

Justine Dufour-Lapointe caressait ce rêve depuis longtemps et a même partagé plusieurs vidéos d'elle exerçant le ski libre, notamment en Nouvelle-Zélande cet été. Elle aborde cette nouvelle aventure avec une grande fébrilité.

« Je veux me donner une liberté dans un tout nouvel environnement. J'ai envie de me perfectionner dans une autre discipline et de connecter avec la montagne d'une tout autre façon. Je me lance ce nouveau défi pour retrouver l'adrénaline que j'ai toujours eue pour le ski et pour sortir de ma zone de confort. Je veux tracer mon propre chemin et laisser ma marque. »

— Une citation de  Justine Dufour-Lapointe

Très exigeant sur le plan technique, le ski de bosse devenait en quelque sorte une prison pour l'idole des Jeux de Sotchi. Une discipline qu'elle s'est longtemps imposée, mais dont elle souhaite désormais se détacher.

Je réalise que c’était effectivement très lourd de devoir être parfaite à tous les jours. C’est le jour J à chaque saut, chaque bosse, chaque seconde, et j'aime qu’il y ait cette ouverture-là dans le freeride. Il n’y a pas de mauvais saut ou de mauvaise descente. C’est encouragé d’oser faire de nouvelles manœuvres, et même si tu ne l’atterris pas parfaitement, au moins tu as osé et c’est ce qu’ils récompensent, et non la perfection qui parfois brimait nos performances parce qu’on risquait notre place sur le podium.

La skieuse entamera officiellement la saison à la maison. Elle fera ses débuts du 13 au 18 janvier à Kicking Horse, en Colombie-Britannique, pour la première étape du circuit, avant de se rendre en Espagne, à Andorre, en Autriche et en Suisse.

Cette compétition regroupe les meilleurs skieurs et planchistes qui s’affrontent sur les pentes les plus spectaculaires du monde. D'ailleurs, la vedette américaine Tanner Hall, détenteur de 11 médailles aux X Games, dont 7 d'or, sera aussi présent cette saison sur le circuit.

Le ski libre c'est quoi?

Un planchiste fait un saut.

Un planchiste durant une descente de la Coupe du monde de ski libre

Photo : You Tube / Freeride world tour

Le ski libre connaît un véritable essor depuis 2008, grâce à des pionniers comme le Québécois Jean-Philippe Auclair, qui est malheureusement décédé en 2014 dans une avalanche en Argentine en exerçant ce sport extrême qu'il aimait tant.

Il était, lui aussi, membre de l’équipe nationale de bosses, au même moment que Jean-Luc Brassard et Dominick Gauthier. Auclair s’est tranquillement éloigné du ski de bosses pour se diriger vers une pratique plus libre, plus folle, plus créative.

Avec les années, la discipline s'est développée et il existe maintenant des compétitions où sans figures imposées, mais les compétiteurs sont notés sur cinq critères : la difficulté et le choix de la ligne, le contrôle, la fluidité, les sauts et la technique.

Une nouvelle ère pour les sœurs Dufour-Lapointe

Maxime, Chloé et Justin Dufour-Lapointe à Sotchi

Maxime, Chloé et Justin Dufour-Lapointe à Sotchi

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Les sœurs Dufour-Lapointe étaient les trois mousquetaires du ski acrobatique. Le trio prend maintenant des chemins différents.

C’est vraiment un nouveau départ pour moi, a confié la championne olympique à Sotchi en 2014 et médaillée d’argent à Pyeongchang en 2018. Oui de changement de carrière, mais aussi de partir et de voler de mes propres ailes sans mes sœurs. C’est très étrange, ça va être un deuil. Chaque étape que je franchis, chaque voyage que je fais, je réalise à quel point j’ai été privilégiée de pouvoir vivre toutes ces expériences-là avec mes sœurs. Là, je me retrouve seule face à moi-même, et c’est un beau cheminement que je dois faire et qui va m’amener à vivre des expériences complètement différentes.

Elle a été victime d’une chute dramatique à la première descente de la finale des Jeux de Pékin en février dernier. Avec sa sœur Chloé, elles avaient marqué les esprits en se tenant la main sur le podium ensemble à Sotchi. Chloé a annoncé sa retraite sportive en septembre 2022.

C’est plein de nouvelles expériences qui m’attendent, qui m’effraient honnêtement, qui me stressent, mais d’un autre côté qui m’amènent à grandir et à devenir une Justine encore plus forte et plus confiante en mes moyens.

Deux skieuses se regardent en se tenant la main

Chloé Dufour-Lapointe avec sa soeur Justine sur le podium des Jeux de Sotchi

Photo : Getty Images / Mike Ehrmann

Maxime Dufour Lapointe, aussi une ex-skieuse acrobatique, a terminé en 12e place aux Jeux de Sotchi et a mis un terme à sa carrière en 2018. Elle étudie maintenant en médecine et était mentore pour les athlètes canadiens aux Jeux olympiques de Pékin.

Avec les informations d'Olivier Pellerin.

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