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Décès de Patrick Tambay, ancien pilote et ami de Gilles Villeneuve

Un homme aux cheveux gris et habillé en pilote de course sourit.

Patrick Tambay en 2006

Photo : action images / Andrew Boyers

Agence France-Presse

Pilote marquant des années 1980, Patrick Tambay, dont le décès à 73 ans a été annoncé dimanche, est l'un des rares Français à avoir eu le privilège de conduire une Ferrari en formule 1 et de gagner au volant de l'un des mythiques bolides rouges.

Deux victoires en grand prix, sur deux circuits mythiques, Hockenheim en 1982 et Imola en 1983. De quoi laisser une trace durable dans les palmarès où ne figurent que cinq autres vainqueurs français pour la prestigieuse Scuderia (Maurice Trintignant, Jean Alesi, Didier Pironi, René Arnoux et Alain Prost), même si le reste de son passage tardif, en F1, a été moins marquant.

Considéré comme un gentleman driver au physique avenant et toujours aimable, c'est un accident fatal qui est à l'origine de son arrivée chez Ferrari, celui de son grand ami Gilles Villeneuve, qui lui avait demandé d'être le parrain de son fils Jacques. Il a remplacé le Québécois, qui s'était tué en mai 1982 lors des essais du Grand Prix de Belgique.

Au volant d'une monoplace de haut niveau, pour la première et dernière fois de sa carrière, Tambay a collectionné les podiums. Il a terminé 7e du Championnat du monde en 1982, 4e la saison suivante, le meilleur classement de sa carrière.

Tambay avait surtout conquis le cœur des tifosi en remettant sur les rails une équipe désemparée après le décès de Gilles Villeneuve puis le grave accident de Didier Pironi quelques semaines plus tard lors des essais du Grand Prix d'Allemagne.

En remportant la victoire lors de ce même Grand Prix, Tambay avait conjuré le sort qui s'acharnait sur Ferrari. Il la dédiera à Villeneuve, à Pironi et à Enzo Ferrari pour lui avoir fait confiance.

Son deuxième triomphe l'année suivante à Imola, tout près du siège de Ferrari à Maranello, a définitivement établi sa popularité auprès des admirateurs italiens.

Il avait couru son premier Grand Prix en Grande-Bretagne en 1977 dans une Ensign de Theodore Racing, alors qu'il venait de fêter ses 28 ans. Il y a ensuite eu deux saisons frustrantes chez McLaren, en 1978 et 1979, un congé sabbatique et un retour avec Theodore, puis Ligier, en 1981, mais sans grands résultats.

Après Ferrari, la récolte est redevenue maigre avec trois podiums et une position de tête pour Renault (1984-1985) et deux points dans la Lola-Haas (1986). Tambay, comme d'autres avant lui, s'est consolé en endurance, avec Alpine-Renault et Jaguar, et en rallye-raid, au Paris-Dakar (3e en 1988 et 1989).

Éclectique, il l'avait déjà été en début de carrière en s'imposant souvent dans la série américaine Can-Am, disputée par des prototypes surpuissants : 6 victoires et le titre en 1977, idem en 1980. Avant l'automobile, Patrick Tambay, né en 1949 à Paris, s'était même vu skieur de compétition.

Un gros plan d'un homme qui sourit.

Patrick Tambay en 1983

Photo : Getty Images / Mike Powell

Après sa carrière, il est devenu l'une des voix de la F1, toujours précis, toujours intéressant, aux micros de Canal Plus, de RMC, de La Cinq ou encore de Motors TV, une chaîne thématique fondée avec son ami Jean-Luc Roy.

Il était aussi devenu élu dans la petite ville du Cannet (Alpes-Maritimes). D'abord comme adjoint aux Sports à partir de 1995, avec dans son équipe le joueur de soccer Christian Lopez et le volleyeur Alain Fabiani. Puis comme conseiller général et départemental, en 2002, 2008 et 2015 sous les couleurs des Républicains.

Frappé par la maladie de Parkinson, Tambay avait dû lever le pied ces dernières années. Mais certaines accalmies de la maladie lui permettaient de retrouver ses amis pour boire un café près de la mairie du Cannet. Et sourire en évoquant ses années chez Ferrari.

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