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Analyse

Trois observations sur le 3-1 Pays-Bas-États-Unis

Il prend un tir.

Daley Blind a doublé l'avance néerlandaise en fin de première mi-temps.

Photo : afp via getty images / ANNE-CHRISTINE POUJOULAT

Olivier Tremblay

Les États-Unis, seule nation à n’avoir donné aucun but à l’adversaire dans le cours du jeu pendant la phase de groupe, s’en sont pris deux contre une équipe qui en a inscrit trois contre le Sénégal et l’Équateur avec moins de 1,0 but attendu.

Traduction : les Américains pouvaient espérer dompter les Néerlandais, qui ne se créent pas des occasions si nettes que ça, mais ces derniers n’en ont pas eu besoin pour gagner 3-1.

Le sélectionneur des Pays-Bas, Louis Van Gaal, sait reconnaître que la qualité vaut mieux que la quantité. Déjà plus réalistes depuis quelques années que l’équipe de la décennie 1970 – magnifique, mais un brin idéaliste et ultimement finaliste de deux Mondiaux –, les Oranje ont tout simplement laissé le ballon aux Yanks samedi. Mais lorsque l’objet leur revenait dans les pieds, ils n’ont pas fait de quartier.

Miser sur la transition au lieu d’essayer de monopoliser le ballon ressemble à un crime de lèse-majesté aux Pays-Bas, mais Van Gaal n’en a rien à faire. Il gagne. Et on pouvait remarquer de toute façon dans le premier but de Memphis Depay certains principes chers aux joueurs néerlandais, comme l’esprit collectif et le mouvement. La ligne de tir ne s’ouvre pas sans l’abnégation de Davy Klaassen et son appel en diagonale à la gauche de Matt Turner.

Gagner la Coupe du monde est un objectif ambitieux pour les Néerlandais. Les amateurs de statistiques avancées vous diront que samedi, encore une fois, ils ont marqué plus de buts que ce qui était attendu selon les modèles, et qu’une forme de régression vers la moyenne est inévitable.

Van Gaal, ce vieux sage, vous dira probablement que les statistiques les plus avancées qui existaient quand il gagnait ses premiers trophées, il y a 30 ans, c’était le nombre de buts.

Bandeau annonçant la couverture en direct de la Coupe du monde

Un homme qui dort

Après avoir raté la Coupe du monde de 2018 (comme les Pays-Bas, mais bon…), les États-Unis avaient une vision pour celle de 2022 : essayer d’être compétitif, oui, mais établir de nouvelles bases pour le tournoi à domicile en 2026.

Globalement, ils y sont parvenus. Cette équipe américaine est jeune et dynamique. Elle est sortie d’un groupe relativement compliqué avec l’Angleterre, l’Iran et le pays de Galles, et cette expérience la servira.

Cela dit, sa performance contre les Pays-Bas était d’une naïveté remarquable.

Le premier but néerlandais est superbe, mais Tyler Adams et Yunus Musah perdent Memphis Depay facilement et ne déploient pas d’efforts pour corriger le tout.

Le deuxième vient après une rentrée de touche gérée de manière catastrophique, une erreur impardonnable à quelques secondes de la pause. Sergino Dest, visiblement, était déjà au repos, et Daley Blind a sauté sur l’occasion.

Pour le troisième, les Néerlandais exploitent adroitement la largeur du terrain, mais Gregg Berhalter sera furieux de voir la facilité avec laquelle Denzel Dumfries, double passeur décisif avant cela, s’est fait oublier au second poteau.

Comme les Canadiens et les Mexicains, les Américains n’auront pas de match de qualification à jouer avant 2026. C’est à leur fédération nationale de leur trouver des occasions de s’attaquer à des adversaires d’expériences, car la naïveté ne disparaîtra pas par magie.

La disparition

Il n’y a pas si longtemps, on se réjouissait aux États-Unis des jeunes attaquants qui poussaient dans les académies. Aujourd’hui, c’est un des plus grands points d’interrogation.

Haji Wright, Jesus Ferreira et Josh Sargent étaient essentiellement les trois options américaines au poste d’avant-centre dans cette Coupe du monde. Les deux premiers, malgré le but de Wright samedi, n’ont à peu près rien offert. Sargent a été le plus intéressant des trois, sans être particulièrement transcendant.

Les Ricardo Pepi et Jordan Pefok ont-ils ce qu’il faut pour changer la donne dans ce secteur de jeu? Voilà la grande question. L’émergence de ces talents avait de quoi encourager les supporteurs américains. Maintenant, on se demande si les États-Unis peuvent produire autre chose que des attaquants d’un bon niveau, mais incapables de franchir le cap vers l’excellence.

Les Américains ont tout de même quatre ans pour aborder ce chantier, mais dénicher cet attaquant ne sera pas tâche facile. Après tout, l’actuel meilleur numéro 9 né aux États-Unis a choisi de ne pas représenter ce pays.

Il s’appelle Jonathan David.

Un mot sur le 2-1 Argentine-Australie

Même après 1000 matchs, il y a encore de quoi s’émerveiller de Lionel Messi.

Il dribble un adversaire.

Lionel Messi est la vedette incontestée du côté argentin.

Photo : afp via getty images / MANAN VATSYAYANA

Heureusement pour l’Argentine qu’elle peut encore compter sur son  vieux  de 35 ans, parce que la différence entre elle et l’Australie, elle est là. Ce n’est pas pour rien que la sélection albiceleste a le mieux paru en deuxième période, après le but de Julian Alvarez. Certes, Messi était en train de se sublimer, mais le match devenait surtout de plus en plus désorganisé.

En première mi-temps, quand les Socceroos étaient encore relativement en bonne possession de leurs moyens, nous avons eu droit à cette Argentine qui a trop souvent peiné à trouver des solutions en phase de groupe, particulièrement contre l’Arabie saoudite et le Mexique.

La progression du ballon s’avérait prévisible au possible. Tout passait par l’axe, où Alvarez et Papu Gomez se marchaient sur les pieds. Les contre-attaques australiennes semblaient même prometteuses.

Sauf que… Messi.

Cette Coupe du monde est la première depuis le départ de Diego Maradona, le dernier homme, sans doute, à en avoir essentiellement gagné une à lui seul. À la lumière de ce que les autres Argentins montrent depuis le début du tournoi, Messi devra entrer dans cette catégorie si son pays veut retrouver les plus hauts sommets.

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