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Chronique

Un ballon qui tourne de plus en plus rond

Défaites de grandes nations, surprises de taille et femmes qui arbitrent des matchs.

La planète Terre apparaît dans l'espace.

Les humains consomment chaque année beaucoup plus que ce que la planète peut offrir.

Photo : iStock

Bien avant Galilée, il y aurait eu Aristote, Pythagore et Ératosthène pour découvrir que la Terre était ronde. Ronde, comme un ballon. Il n’en fallait pas plus pour que la planète foot se mette elle aussi à tourner.

Décidément, cette Coupe du monde tant décriée aura eu un effet boomerang. Les nations qui dominaient jusqu'ici le soccer mondial de manière hégémonique se font montrer la porte. Et ces monarques qui pensaient avoir conquis le monde se retrouvent face à leur réalité. Comme quoi l'argent ne peut pas tout acheter.

Il va falloir revoir l'adage qui dit que le foot c'est 11 joueurs contre 11 joueurs et qu'à la fin c'est toujours l'Allemagne qui gagne. Éliminée au premier tour dans deux Coupes du monde consécutives, la puissante Mannschaft fait pâle figure et rentre chez elle avec un long questionnaire à remplir pour passer l’examen dans quatre ans.

La foule est déçue par la défaite de l'Allemagne à la Coupe du monde.

Porte de Brandebourg à Berlin

Photo : Reuters / Hannibal Hanschke

Alors que se passe-t-il dans le monde du ballon rond?

L'écart entre les nations fond aussi vite que la banquise et les championnats de tous les continents se rehaussent au rythme des océans. On ne parle pas ici des désastres écologiques qataris.

Depuis quelques années, les grands championnats recrutent des joueurs de tous les continents. Coréens, Japonais, Saoudiens, Équatoriens viennent enrichir leurs dribles et exportent ensuite leur savoir-faire chez eux.

Bandeau consultez Tellement soccer

Il n'y a que les Qataris qui, malgré leurs milliards, ne sont pas arrivés à gagner un match dans leur malpropre Coupe du monde. Un étau qui se resserre, ça fait mal, surtout pour les nations qui ont jusqu'ici arboré fièrement leurs étoiles sur leurs maillots. Étoiles synonymes de trophée mondial.

Quatre pour l'Allemagne éliminée au premier tour à deux reprises. Quatre pour l'Italie, même pas qualifiée pour la phase finale après une défaite contre la modeste Macédoine.

Ils ont la tête basse après une défaite.

Des joueurs belges

Photo : Getty Images / Matthias Hangst

Les Belges, 2es à la FIFA et 3e de la dernière Coupe du monde, ont été humiliés dans un groupe pourtant facile. Les Argentins ont tremblé en début de tournoi avec une défaite contre l'Arabie saoudite.

Les Français, déjà qualifiés pour les huitièmes de finale, ont perdu face à de courageux Tunisiens. Un Japon qui a terminé premier de son groupe et qui a battu l'Espagne, après s'être offert aussi l'Allemagne en ouverture du tournoi.

Le Maroc a lui aussi culminé en tête de son groupe et a contribué à la chute des Diables rouges. L’Australie qui a souvent la tête à l’envers s’est redressée pour battre les Danois et se qualifier même pour le tour suivant. Pourtant, le Danemark figure à la 10e place du classement mondial tandis que les Socceroos sont 38es, 3 rangs devant le Canada.

Les joueurs se réunissent sous une bannière sur laquelle il est écrit Qualified (qualifiés).

L'équipe canadienne a validé son billet pour le Qatar, avec une victoire à Toronto.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Les néophytes pourraient facilement dire que le Canada n’a pas fait mieux que le Qatar en perdant ses trois matchs. C’est mal connaître le football. Tenir tête à la deuxième équipe du monde, rivaliser avec le Maroc qui a participé à six Coupes du monde et qui détient un titre de champion d’Afrique, à seulement sa deuxième participation en 36 ans, est déjà un exploit.

Il n’y a pas si longtemps encore, les Canadiens jouaient dans des championnats qui étaient à des années-lumière de la Liga ou de la Premier League. Comme dirait l’adage, chi va piano va lontano ou qui va lentement va sûrement!

Malgré tout, une chatte y perdrait ses petits. Mais méfiance, car le félin dispose de sept vies. En huitièmes de finale, il y a les Lions de la Teranga et ceux de l’Atlas, en attente des Indomptables. Il s’en est fallu de peu pour qu'El Tri, l’équipe mexicaine, et les Ticos du Costa Rica s’invitent également à la fête. On ne parle sûrement pas ici de pays nantis.

Parlant de richesse, ce début de Coupe du monde est plein d'enseignements. On a beau être Qatari et s’acheter à coup de milliards un tournoi, on ne retiendra que les controverses qui montreront au monde entier le vrai visage de cette monarchie d’un autre temps. Quand on ne sait pas se servir d’un boomerang, il faut s’attendre à le recevoir en pleine face.

Elle rend une décision pendant un match des quarts de finale du Mondial féminin de 2019.

Stéphanie Frappart est devenue en avril dernier la première femme arbitre à diriger une rencontre de Ligue 1.

Photo : Getty Images / AFP/Damien Meyer

Le visage déjà marqué par la vindicte populaire, ce petit pays du Golfe reçoit une autre gifle. Certains auraient sans doute aimé être dans les tribunes à Doha pour voir le visage de tous ces hommes qataris dans leur thobe blanche lorsque des femmes en short sont apparues sur le terrain.

Lors du match Costa Rica-Allemagne, la Coupe du monde a ouvert une nouvelle page de son histoire. La Française Stéphanie Frappart est devenue la première femme à arbitrer un match de la Coupe du monde, et elle était assistée de deux autres femmes, la Brésilienne Neuza Back et la Mexicaine Karen Diaz. De plus, une autre officiait à la VAR (assistance vidéo à l'arbitrage).

Quatre femmes qui dirigent les destinées de 22 hommes dans un stade au Qatar, tout un message envoyé à cette monarchie d'un autre siècle.

Tout compte fait, le Mondial nous montre qu'un ballon peut faire tourner une planète et même éveiller les consciences.

Bandeau annonçant la couverture en direct de la Coupe du monde

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