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Analyse

Trois observations sur le 1-2 Canada-Maroc

Ils essaient de maîtriser un adversaire pour prendre le ballon avant lui.

Ismaël Koné (au centre) et Atiba Hutchinson (à droite) sont entrés dans le match contre le Maroc en deuxième mi-temps.

Photo : Reuters / MARKO DJURICA

Olivier Tremblay

Il y avait certains facteurs atténuants : le Maroc menait déjà 2-1 et reculait. N’empêche, le Canada s’est mis à beaucoup mieux jouer lorsque John Herdman a finalement proposé un milieu à trois.

Avec Ismaël Koné, Atiba Hutchinson et Jonathan Osorio (puis David Wotherspoon), le jeu canadien a été plus fluide. Les défenseurs avaient nécessairement plus d’options devant eux. La progression du ballon s’est accélérée.

Contre Azzedine Ounahi, Abdelhamid Sabiri et – surtout – Sofyan Amrabat, le milieu de terrain a été dépassé. Les leçons du match contre la Croatie, visiblement, n’avaient été qu’à demi apprises. Mark-Anthony Kaye et Osorio ont apporté du sang neuf, mais ils auraient eu besoin d’aide.

Pour la suite de l’histoire, la relève est intéressante, mais encore peu fournie. Koné sera certainement une valeur sûre. Stephen Eustaquio sera le patron dans ce secteur de jeu pour une autre Coupe du monde, s’il ne se blesse pas avant celle-là aussi.

On sait toutefois ce qui arrive quand Dieustaquio n’est pas sur le terrain. Y a-t-il un vrai numéro 6 dans la formation canadienne pour offrir un peu de sécurité, avec ou sans Eustaquio?

Koné était un pur inconnu il y a deux ans. Entraîneurs de clubs locaux qui cachez la version masculine de Desiree Scott à 19 ans, manifestez-vous!

(Ce qui nous donne l’occasion de nous réjouir que dans 231 jours, c’est la Coupe du monde en Océanie.)

Les mailles du filet

La question est légitime : quel a été l’impact de la tenue du gardien de but sur le destin du Canada dans cette Coupe du monde?

Milan Borjan célébrait contre le Maroc sa 72e sélection. Il a rendu de fiers services à l'équipe et a toujours témoigné de sa reconnaissance pour ce que ce pays avait apporté à toute sa famille.

Lors du coup d’envoi du Mondial de 2026, Borjan aura 38 ans. Il est déjà vraisemblable qu’un changement s’opère devant le filet d’ici là. Mais cette phase de groupe aura eu pour Borjan un fort parfum de fin de cycle.

Certes, il y a son erreur qui donne au Maroc son premier but. Elle accumulera les vues sur YouTube. Mais Youssef En-Nesyri trouve le fond du filet beaucoup trop facilement pour le deuxième, et on pourrait revenir au 23 novembre et se dire exactement la même chose pour le but de Michy Batshuayi. Le temps de réaction, le placement…

Borjan n’a pas été aidé par le genre d’action qui s’est déployée devant lui. Les longs ballons dans le dos de la défense ont causé toutes sortes de problèmes au Canada. À 39 ans en 2026, Steven Vitoria ne fera pas non plus partie des solutions. Mais le constat demeure : quatre années cruciales s’amorcent pour les Dayne St. Clair et Maxime Crépeau de ce monde.

Bandeau annonçant la couverture en direct de la Coupe du monde

Vive les vieux!

Alors, qui sera en 2026 le bon vétéran qui fait honneur au Canada, si tant est qu’il y en ait un? À la lumière de ce dernier match, le rôle devra revenir à Junior Hoilett.

Notre futur vieux, qui aura 36 ans quand s’amorcera la Coupe du monde au Canada, a été une rare source d’espoir dans cette première mi-temps compliquée pour les Rouges.

Techniquement juste, entreprenant, à l’écoute de ses partenaires, Hoilett a dynamisé le jeu canadien pendant que Tajon Buchanan et Alphonso Davies semblaient se demander quel était leur rôle exactement.

Admissible à porter le maillot jamaïcain, Hoilett est un autre de ceux qui ont fait le choix de représenter le Canada. Et en 2015, à part ça. Des qualifications pour la Coupe du monde au tournoi lui-même, la barre a paru difficile à franchir pour une poignée de Canadiens. Hoilett, pour sa part, n’a pas laissé l’occasion l’étouffer.

Son audition en vue de 2026 est donc réussie. Ce sera aux jeunes talents canadiens, dans les prochaines années, de prouver aux autorités compétentes que leur présence est davantage requise que celle de Hoilett.

Un mot sur le groupe E

Si le groupe C était pour chaos, le groupe E était pour euphorie. Si on était costaricain, du moins, et que ce sentiment n’était que passager.

Pendant 177 secondes, les Costaricains et leurs alliés du moment – les partisans neutres friands de désordre – y ont cru. Le Japon allait gagner le groupe, et c’étaient les Ticos qui termineraient 2es, devant les puissantes Espagne et Allemagne.

C’était ignorer qu’il y avait un risque d’Havertz (désolé). Ce cher Kai, qui visiblement déteste tout ce qui est amusant, a marqué deux fois pour condamner les Costaricains, finalement battus 4-2, à l’élimination. Mais ils ont fait travailler les Allemands, et pour les supporteurs canadiens qui souffrent aujourd’hui, c’est peut-être une occasion de se rappeler que même si les Américains seront les seuls représentants de la CONCACAF en huitièmes, il y a des équipes très redoutables dans la région. Il fallait le faire, terminer au 1er rang de l’octogone.

L’Allemagne, pour la deuxième Coupe du monde de suite, ne franchira pas la phase de groupe. Elle était championne du monde il y a huit ans, et c’était son quatrième podium de suite. La chute a été brutale, et ça prendra plus de talents comme Jamal Musiala et Kai Havertz pour relancer cette sélection un brin moribonde qui peine depuis trop longtemps à élever son niveau quand l’enjeu l’exige.

Ce sont donc les deux autres équipes qui atteignent les huitièmes de finale. L’Espagne, logiquement, a gagné le groupe avec... Pardon, on m’indique que c’est faux.

Les Japonais remportent la palme du réalisme de ce Mondial. Selon Opta, ils ont eu le ballon 17,7 % du temps contre les Espagnols. C’est un record depuis que l’on compile cette statistique à la Coupe du monde. Mais dans la catégorie des chiffres plus lourds de conséquences, le Japon a marqué deux buts, et l’Espagne un seul.

Le résultat faisait bien l’affaire de tout le monde sur la pelouse. Le Japon gagne ainsi le groupe, et l’Espagne lui laisse la dangereuse Croatie en huitièmes de finale. Le sensationnel Maroc sera plutôt l’adversaire de l’Espagne. Le derby du détroit de Gibraltar, dirons-nous. Ce sera chaud.

Comme Milan Borjan avant lui, le gardien Unai Simon n’a pas connu son meilleur match devant la cage espagnole. On peut le presser jusqu’à lui faire faire des erreurs. Les Marocains auront pris des notes.

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