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Analyse

Mauvaises tendances

Cole Caufield rate son tir sur le gardien Kaapo Kahkonen.

Cole Caufield rate son tir sur le gardien Kaapo Kahkonen.

Photo : usa today sports / David Kirouac

Martin St-Louis répète souvent qu’il apporte des corrections lorsqu’il voit de vilaines tendances s’incruster plutôt que d’agir ponctuellement sur des erreurs isolées. Il aura l’occasion de faire profiter son équipe de ses enseignements.

Ça n’aura pas été un chef-d’œuvre face aux Sharks de San José, mardi soir, loin de là. Un triste 4-0 pour la visite dans un match décousu, dissonant en raison des trop nombreuses punitions, et qui aura mis en lumière des problèmes de plus en plus récurrents pour le CH : les buts accordés en début de match, l’inefficacité en avantage numérique.

Montréal a donné un but à l’adversaire dans les trois premières minutes d’un match pour la sixième fois dans les cinq derniers. Ces six buts ont été concentrés dans trois rencontres en fait, les trois où Jake Allen a obtenu le départ.

Voilà d’ailleurs un autre problème, les prestations de Jake Allen, qui semble se transformer en tendance.

Sur celui marqué par Matt Nieto après 1 min 33 s, il y est allé d’un déplacement approximatif pour bloquer le jeu tourniquet, et il a été d’une combativité timide pour gérer le retour. Au moins aussi discrète que le désir de Joel Edmundson de gêner la vie de Nieto. Bon, ça arrive… un peu trop souvent.

Ça ne peut pas arriver. Tu ne peux pas toujours donner des buts dans les deux premières minutes. Il faut corriger ça, a laissé tomber Nick Suzuki, péremptoire.

St-Louis a évoqué la nervosité à domicile.

Il faut peut-être essayer d’être un peu moins stressé, a-t-il lancé, le sourire aux lèvres.

Après ce faux départ, le CH est reparti à l’ouvrage et a complètement dominé la possession de rondelle à cinq contre cinq, la contrôlant près des trois quarts du temps sans aucune récompense toutefois pour faire valoir ses efforts. Sans obtenir tant d'occasions de marquer non plus, 7-6, en fait, pour les Sharks, selon Natural Stat Trick, même si les Montréalais ont eu trois fois plus souvent la rondelle.

Et il y a l’avantage numérique. Inopérant, sans idées, le Tricolore n’a pas été en mesure de planter un caviar derrière Kaapo Kahkonen – désolé, le Mondial nous inspire – malgré six attaques massives, dont près d’une minute à cinq contre trois en début de troisième période, avec un score de seulement 1-0, pendant laquelle il a décoché un seul tir, ultimement bloqué.

C'était d’ailleurs une spécialité californienne : 28 tirs bloqués au total, bon pour la 8e performance de l’année sur les 704 matchs joués (au moment où ces lignes ont été rédigées).

On a essayé. On a eu des occasions aussi. Si on en avait eu un ou deux en avantage numérique, ça change la game, a fait valoir Mike Matheson.

« C’est sûr que c’est frustrant. On veut marquer, on veut aider l’équipe à gagner. Ça nous enlève notre énergie quand on n’a pas beaucoup de chances et qu’on manque nos occasions. »

— Une citation de  Nick Suzuki

Face à la meilleure unité de désavantage numérique de la LNH (91,2 %), la responsabilité a été partagée, a estimé l’entraîneur. Les Sharks ont perturbé les plans montréalais, et le Canadien s’est mis martel en tête à essayer de trouver le jeu parfait.

C’est un équilibre, tu ne peux pas juste attendre pour le tir parfait, tu dois avoir une mentalité de tireurs. Si tu te fais toujours cinq, six, sept ou huit passes avant de tirer, je ne sais pas si c’est efficace, a-t-il expliqué.

Et il a pris une part du blâme, disant que la faute revenait autant aux joueurs qu’aux entraîneurs dans ce cas précis.

Depuis quatre matchs, l’attaque à cinq du Canadien a trouvé le fond du filet une fois en 17 occasions. L’équipe pointe au 31e rang de la ligue avec 14,9 % d’efficacité.

Une sempiternelle lacune du CH que ni le personnel d’entraîneurs sous les ordres de Claude Julien, ni celui sous ceux de Dominique Ducharme, ni celui sous ceux de St-Louis (pour l’instant) n’est parvenu à corriger.

En voilà une mauvaise tendance. Un beau chantier en perspective. L’étonnant Canadien n’est toujours qu’à trois points d’une place dans les séries avec un match de plus à disputer que les Penguins de Pittsburgh, dernière équipe repêchée actuellement, mais plusieurs indicateurs de l’équipe pointent à la baisse.

La correction statistique semble se rapprocher. Surtout lorsqu’on considère que le Tricolore a eu un horaire plutôt clément jusqu’ici avec 14 équipes sur 22 affrontées qui étaient exclues du portrait éliminatoire au moment où ont eu lieu les duels.

Tout ça va se corser. Ça commence avec un voyage dans l’Ouest canadien et un premier arrêt à Calgary jeudi.

St-Louis a du pain sur la planche.

Un bandeau annonçant le balado de Radio-Canada Sports : Tellement hockey

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