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Analyse

Le filet de Samuel Montembeault… pour l’instant

Samuel Montembeault effectue un arrêt.

Samuel Montembeault effectue un arrêt.

Photo : Getty Images / Jamie Sabau

Il n’y a pas que la soirée qui est encore jeune, la saison aussi. Et ne serait-ce que pour ça, il convient de tempérer. Tempérons alors.

Lentement, mais sûrement, Samuel Montembeault change l’image qu’il traînait depuis ses débuts en Floride : celle d’un troisième gardien, faible second dans le meilleur des cas, qu’on n’hésite pas trop à envoyer au ballottage.

Il est devenu, en octobre 2021, la bouée de secours de Marc Bergevin et d’une équipe qui, l’on ne pouvait le savoir, mais l’on s’en doutait, allait amorcer une période de perdition.

Blessé, il a gardé les buts comme un gardien de second ordre durant cette saison maudite. Puis, Kent Hughes lui a montré une confiance certaine en lui offrant un contrat de deux ans, une première forme de stabilité dans sa carrière professionnelle. Qui sait ce que cette tape dans le dos peut avoir signifié pour le hockeyeur de Bécancour.

Pour la première fois de la saison vendredi après-midi, Montembeault a obtenu un deuxième départ d’affilée. De sa belle prestation à Columbus mercredi, il a enchaîné avec une autre, semblable, de 30 arrêts dans une victoire de 3-2 du CH en tirs de barrage signée Kirby Dach. L'ancien des Hawks a fait taire la foule avec le but gagnant en fusillade.

Un hockeyeur porte sa main droite à son oreille en regardant la foule.

Kirby Dach

Photo : usa today sports / David Banks

Après huit matchs, Montembeault montre une fiche de 5-2-1, un taux d'efficacité de ,924 et une moyenne de buts accordés de 2,48. Son pourcentage d’arrêts le place au 6e rang parmi les 44 gardiens qui ont obtenu au moins 8 départs. Pas mal.

À l’inverse, Jake Allen traverse des moments difficiles. Martin St-Louis a affirmé avant le match que le Néo-Brunswickois était toujours le premier gardien de l’organisation, mais les chiffres disent le contraire.

C’est particulièrement pénible depuis le 1er novembre, mois au cours duquel Allen a donné 4,26 buts en moyenne et a arrêté 87,7 % des tirs reçus en sept matchs.

Il convient toutefois de tempérer, vous vous rappelez?

Huit matchs ne font pas la saison de Montembeault, encore moins une carrière. Il faut aussi considérer la qualité des adversaires que le jeune homme de 26 ans a affrontés. Ces équipes, au cumulatif, ont maintenu un rendement de 59-65-15.

Le Canadien avait aussi droit à une période particulièrement clémente dans son horaire qui se conclura par la visite des Sharks de San José, mardi prochain, au Centre Bell. Et il en a profité. Peut-être trop au goût de certains.

L’entraîneur disait aux collègues sur place à Chicago que Montembeault avait mérité un deuxième départ d’affilée. Ce serait bien embêtant d’affirmer qu’il n’en mérite pas un troisième, ce qui le ferait clairement prendre le pas dans la bataille amicale que se livrent deux gardiens au sein d’une équipe.

Il n’y a pas vraiment de bataille. On s’entraide, a expliqué Montembeault aux journalistes qui ont fait le voyage en Illinois.

Jake [Allen] est un super coéquipier. Il a toujours été là pour moi. L’année passée aussi. On peut s’entraider. Que ce soit lui ou moi qui gagne, on est super contents, a-t-il laissé tomber.

Ce qui n’est peut-être pas le cas de tous.

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Le dilemme

D’une certaine manière, Montembeault personnifie le problème malsain des équipes de sports professionnels en notre ère.

Le Québécois offre clairement les meilleures chances de gagner au Tricolore et vous ne trouverez personne dans ce vestiaire pour s’en plaindre : des joueurs, aux entraîneurs en passant par le massothérapeute.

Vous pourriez en trouver d’autres, au septième étage du Centre Bell, disons, qui grince doucement des dents dans leur sommeil.

Le Tricolore présente un dossier de 11-9-1. Ce n’était pas prévu. Il se maintient dans la course aux séries au quart de la saison. Pas tant prévu non plus.

Il y a, en filigrane, un repêchage de surdoués, raconte-t-on, qui se profile à Nashville au mois de juin. Du genre qu’une nouvelle direction aimerait certainement pouvoir profiter en s’abreuvant à la source de ce talent, en amont, parmi les premiers choix, là où la reconstruction pourrait définitivement passer à une autre vitesse.

Si St-Louis choisit Montembeault et que celui-ci poursuit sur sa lancée, l’équipe pourrait continuer de performer au-delà des attentes. Ça contribuerait à créer un environnement positif, une culture gagnante, une haine de la défaite que l’entraîneur enseigne et transmet certainement à ses joueurs.

Une culture que les dirigeants de l’équipe sont certainement fort aises de voir s’imposer dans le vestiaire. Une culture implantée aussi par les jeunes joueurs de l’organisation, insouciants, amusés par leurs premiers pas dans la Ligue nationale. Tout ça sera utile pour ce groupe à long terme. Mais gagner autant l’est moins, paradoxalement.

Et voilà l’absurdité de la chose.

En rafale

Kirby Dach a souri deux fois, à notre connaissance, depuis son arrivée à Montréal : les deux fois quand on lui a parlé du montant d’argent qu’il mettrait en jeu advenant une victoire de sa nouvelle équipe contre son ancienne. Il s’est assuré de s’en soulager (du montant) en marquant le but victorieux en tirs de barrage. Qu’à cela ne tienne, le no 77 n’allait pas arrêter de sourire. Il a surtout nargué la foule qui le huait copieusement avant qu’il s’exécute.

Dur match pour Brendan Gallagher. Le petit no 11 a touché la cible seulement une fois à ses 13 derniers matchs. Il a raté son tir lors d’une échappée qui survenait quelques instants après qu’il eut offert un but sur un plateau d’argent aux Hawks avec un revirement commis profondément dans son territoire. Une soirée à oublier. Il pourra se remonter le moral en se payant gentiment la tête au souper des recrues de l’équipe vendredi soir.

Soulignons la prestation de Sean Monahan. L’ancien des Flames a permis à l’attaque tricolore de se diversifier ces dernières semaines, ce qui lui manquait cruellement depuis le début de la saison. Monahan a amassé deux passes contre les Blackhawks et totalise huit points à ses huit derniers matchs (3 buts et 5 passes). Surtout, il a apporté sa contribution avec constance, étant blanchi une seule fois durant cette période.

Un bandeau annonçant le balado de Radio-Canada Sports : Tellement hockey

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