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Analyse

Trois observations sur le 1-0 Belgique-Canada

Il est très agité sur les lignes de côté.

Le sélectionneur John Herdman a failli mener le Canada à sa première victoire à la Coupe du monde masculine.

Photo : afp via getty images / JACK GUEZ

Olivier Tremblay

Contrairement aux hockeyeurs soviétiques en 1972, les footballeurs canadiens n’ont jamais prétendu qu’ils étaient là pour apprendre. Ils sont au Mondial pour obtenir des résultats.

C’est la planète soccer qui pourra tirer tout un enseignement de cette défaite de 1-0 du Canada contre la Belgique : les Rouges avaient raison. Dans cette Coupe du monde où l’on n’est pas à une surprise près, ils pouvaient y croire. Ils auraient pu – dû? – gagner.

Les Belges sont passés à côté de leur match, et leurs rivaux y sont pour beaucoup. Le dispositif de John Herdman a largement empêché les relances courtes des Diables. Quand ils ont fini par trouver Kevin De Bruyne entre les lignes, ce dernier était drôlement hésitant. C’est en faisant voler le ballon au-dessus de tout le monde que la Belgique a ouvert la marque.

Les Canadiens plient l'échine à leur premier match de la phase préliminaire de la Coupe du monde de soccer au Qatar. L'analyste soccer Hassoun Camara revient sur ce duel perdu contre les Belges et s'entretient avec son ancien coéquipier et actuel entraîneur adjoint du CF Montréal, Laurent Ciman.

Auparavant, les Canadiens avaient été omniprésents dans le dernier tiers. Tajon Buchanan, remuant au possible, a mis les défenseurs adverses en difficulté. Stephen Eustaquio s’est comporté en vrai meneur de jeu, sauf peut-être sur phase arrêtée. Même Atiba Hutchinson s’est permis une frappe qui aurait bien pu devenir le premier but du Canada dans une Coupe du monde masculine.

C’est ça, le haut niveau. Il faut être décisif dans les situations cruciales. Ce n’est pas la première fois que les Canadiens nourrissent des regrets après avoir affronté des adversaires qui auraient pu – dû? – gagner.

Souvenez-vous de leur discours après le match nul de 1-1 à Mexico, pendant les qualifications. Ils sentaient qu’ils avaient raté une occasion de s’imposer. Ils en ont tiré des leçons et, quelques semaines plus tard, ils ont battu les Mexicains à Edmonton.

Davies, comme chez lui

Si Alphonso Davies dort bien après cette soirée, qu’il donne sa recette à l’humanité, et vite, car il pourrait rayer l’insomnie de la surface de la Terre.

Il plonge à sa droite pour arrêter le ballon.

Thibaut Courtois (à droite) a stoppé le tir de pénalité d'Alphonso Davies.

Photo : Getty Images / Julian Finney

Au-delà du tir de pénalité que Thibaut Courtois a stoppé, Davies n’a pas efficacement trouvé ses partenaires. Il a réussi quelques gestes techniques intéressants, quand ils n’étaient pas spectaculaires. Les chevilles de Youri Tielemans s’en souviendront longtemps. Mais dans le jeu, c’était un de ces matchs à oublier.

Ce Davies rappelait un peu celui aperçu, revenons-y, à Edmonton il y a un an. C’était son grand retour chez lui, l’occasion pour la fierté locale de marquer le coup dans un stade où, jadis, il s’était faufilé pour assister à quelques minutes d’une Coupe Grey, un spectacle qui l’avait rebuté.

Dans le premier des deux matchs présentés là, contre le Costa Rica, Davies avait trop voulu en faire. Le Canada ne s’en était pas mal sorti dans cette victoire de 1-0, mais il était légitime de se poser des questions.

Qu’avait répondu John Herdman? Que l’envie de jouer, c’était ce qui avait forgé Alphonso Davies, et qu’il n’allait jamais enlever ça de son jeu.

Quelques jours plus tard, contre le Mexique, Davies n’avait pas été transcendant, mais il avait certainement semblé plus à l’aise, plus apte à jouer avec ses partenaires. C’est ce qu’espère Herdman. Pourvu que Davies tienne le coup physiquement.

L’homme du match?

À son premier match à la Coupe du monde masculine en 36 ans, avec l’objectif de marquer le tout premier but du pays dans cette compétition, le Canada avait Thibaut Courtois devant lui.

Quel jeu cruel, le soccer.

Kevin De Bruyne a reconnu qu’il ne comprenait pas pourquoi il avait reçu le prix de joueur du match. S’il faut absolument regarder du côté des gagnants – parce que Kamal Miller, quand même –, le grand gardien du Real Madrid aurait été un juste lauréat.

Hassoun Camara, Olivier Tremblay et Christine Roger analysent dans cet épisode spécial de Tellement soccer la prestation du Canada face à la Belgique.

Il n’est pas que décisif quand ça chauffe. Le placement de Courtois est irréprochable. Son anticipation est remarquable. Lorsque Cyle Larin réussit un coup de tête qui, dans d'autres circonstances, aurait senti le but à plein nez, Courtois donne l’impression qu’il est en train de capter un ballon à l’entraînement. Son sens du jeu rend faciles des arrêts compliqués.

Il faut se méfier d’un seul échantillon lorsqu’il s’agit de statistiques avancées, mais la plupart des modèles soutiennent qu’avec la qualité de ses occasions, le Canada aurait bien pu marquer deux buts, voire trois. Ça concorde avec la physionomie du match.

Un mot sur Maroc-Croatie

Il fallait se lever tôt pour faire du repérage des futurs rivaux du Canada, mais le café est toujours meilleur devant un match de soccer. C’est la science qui le dit.

Le Maroc et la Croatie ont offert un 0-0 pour les puristes, mais John Herdman le consommera sans doute avec beaucoup d’appétit. Le Canada s’y attendait assurément déjà, mais le défi sera immense dans le dernier tiers contre ses deux prochains adversaires, qui ont présenté tous les arguments possibles pour le confirmer.

S’il est vrai qu’il n’y avait pas d’avant-centre particulièrement prolifique sur le terrain, les deux défenses ont été hermétiques à souhait. Le ballon s’est surtout accroché aux pieds croates, mais les Marocains ont rendu cette possession stérile. Il y avait devant le quatuor défensif un mur du nom de Sofyan Amrabat, et les statistiques appuient les observations.

La suite le 27 novembre, avec Belgique-Maroc et Canada-Croatie.

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