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Chronique

Le ski de fond, ce sport « cool »

Un skieur de fond.

Olivier Léveillé lors des Jeux de Pékin.

Photo : Getty Images / Cameron Spencer

La saison du circuit de la Coupe du monde de ski de fond commencera ce week-end en Finlande et, selon moi, il y aura beaucoup de belles surprises, surtout que les Russes sont encore au banc des punitions.

Saviez-vous que l’une des performances canadiennes les plus spectaculaires des derniers Jeux olympiques d’hiver était une 27e position au 50 km style libre de ski de fond? Si oui, vous êtes vraiment un partisan de cette discipline ou vous êtes un membre de la famille de l’athlète en question, Olivier Léveillé.

Un fondeur canadien étire la jambe pour franchir la ligne d'arrivée.

Olivier Léveillé en action aux Jeux olympiques de Pékin.

Photo : Getty Images / Patrick Smith

Olivier Léveillé avait brisé son ski lors du premier tour alors qu’il était dans le peloton. Heureusement, un technicien de l’équipe n’était pas très loin et avait un ski similaire au sien. Sur une course raccourcie à 30 km en raison de vents extrêmes, il avait glissé à plus d’une minute du peloton et avait dû se battre seul contre le vent.

Se sentant dans la meilleure forme de sa vie, Olivier avait baissé la tête et décidé d’attaquer pour remonter dans le classement et peut-être ainsi atteindre son objectif d’être parmi les 30 premiers.

Il aurait pu facilement abandonner en mettant la faute sur son bris d’équipement, mais non, ce jeune athlète de Sherbrooke possède une aptitude physiologique et une force de caractère hors du commun. Se rapprochant peut-être même d’un certain Alex Harvey.

Pourtant, après la retraite de Harvey en 2019, on annonçait la fin d'un chapitre et le début d’une période sombre pour le ski de fond au Canada. Il y avait eu l’époque où Alex pouvait compter sur Devon Kershaw pour gagner des relais et où, de temps en temps, le grand Len Valjas pouvait sortir une course à la hauteur de son talent.

Devon Kershaw et Alex Harvey lors des Championnats du monde de ski de fond en 2011, à Oslo, en Norvège

Devon Kershaw et Alex Harvey lors des Championnats du monde de ski de fond en 2011, à Oslo, en Norvège

Photo : Getty Images / Christof Koepsel

Mais tous s’entendent pour dire que les dernières années de la carrière d’Alex Harve se sont passées sans coéquipier pouvant vraiment le pousser pendant les entraînements, alors encore moins durant les courses.

Bref, c’était le néant derrière lui et nul ne pouvait prédire des médailles pour le Canada en ski de fond avant longtemps.

Une restructuration gagnante

Il y avait quand même l’entraîneur Louis Bouchard qui me cassait les oreilles en me disant sans cesse : Doum, je te jure, j’ai de jeunes athlètes qui pourront se rapprocher des succès d’Alex un jour . Et moi de répondre sans trop y croire : j’espère que tu as raison mon Louis, car ce serait dommage de ne pas avoir bâti un héritage avec les succès extraordinaires d’Alex.

Le Centre national d'entraînement Pierre Harvey (CNEPH), situé au Mont-Sainte-Anne à Saint-Ferréol-les-Neiges, et les nombreux clubs de la province tentent depuis plus de 10 ans d'exploiter les succès canadiens.

Au cours des dernières années, on a vu des centaines de jeunes envahir les pistes de ski de fond les week-ends. Ce sport plutôt marginal chez les jeunes est soudainement devenu cool.

Nous voyons donc cette génération mûrir de belle façon.

Je vous ai parlé d’Olivier Léveillé, mais le premier à avoir donné une certaine lueur d’espoir pour l’après-Harvey a été Antoine Cyr.

Antoine Cyr pendant une course aux Jeux de Pékin.

À Pékin, Antoine Cyr a notamment terminé au 42e rang de l'épreuve de skiathlon de 30 km.

Photo : Getty Images / Maja Hitij

Ce dernier a bien progressé sur la scène internationale et commence à talonner les meilleurs mondiaux.

Cet hiver, il faudra aussi surveiller le jeune albertain Xavier McKeever, fils de Robin McKeever, l'entraîneur-chef de l’équipe nationale. Notez que sa mère Milaine Thériault était aussi une grande fondeuse, tandis que son oncle Brian McKeever est le plus grand médaillé canadien aux Jeux paralympiques.

On peut imaginer les gênes extraordinaires qu’il y a dans cette famille.

Le programme national a fait un bon coup dans sa restructuration en engageant Robin McKeever et en créant un système qui permet aux entraîneurs des centres nationaux de demeurer entraîneurs principaux de leurs athlètes respectifs. Louis Bouchard peut donc continuer d'entraîner les athlètes provenant du CNEPH et l’on élimine ainsi ce qui a déjà été la source de plusieurs conflits dans le passé.

Il y a bien sûr une supervision nationale assurée par McKeever, mais le rôle de celui-ci est plutôt d’offrir une bonne continuité avec les entraîneurs de chaque athlète et d’ajouter sa touche au besoin. Ce simple changement d’approche démontre à quel point la fédération nationale ose prendre de grandes décisions afin de créer une culture saine et gagnante au pays.

Ceci est un geste parmi tant d’autres qui auront assurément des effets bénéfiques sur les performances canadiennes dans les prochaines années.

Donc, avec un changement organisationnel positif, de très bons entraîneurs qui collaborent et un certain bassin d’athlètes talentueux qui se pointent à l’horizon, j’imagine que Louis Bouchard avait raison de me casser les oreilles et que l’héritage d’Alex Harvey est bel et bien arrivé.

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