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Analyse

La leçon

Un hockeyeur renverse un rival.

Mattias Samuelsson et Nick Suzuki

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

À l’occasion, il vaut le coup de garder en tête une défaite, disent parfois les athlètes professionnels. Il y a des enseignements à en tirer, des choses à ne pas répéter. Ce ne fut pas le cas mardi soir.

Quasiment à l’unanimité, tous ont estimé qu’il valait mieux effacer et recommencer sans trop se poser de questions.

C’est que le Canadien a faussé du début à la fin de sa partition, et les Sabres ont dû quitter Montréal avec le sentiment d’appartenir à l’élite de la Ligue nationale tant ils se sont amusés au Centre Bell pour finalement signer un gain de 7-2.

Pourtant, ils venaient de perdre leurs huit derniers matchs, à la régulière SVP, un point sur lequel Martin St-Louis avait insisté auprès de ses joueurs.

On n’était pas prêts à jouer dès le départ. Marty en a parlé avant le match. On savait qu’ils allaient être affamés, a lancé Kaiden Guhle.

Comme de fait, Buffalo a pris les commandes après 25 secondes, a doublé la mise avant la fin de la première minute du match et menait 3-0 après 2 min 13 s. Scénario semblable samedi dernier quand les Flyers ont marqué les deux premiers buts en moins de trois minutes en première période.

Martin St-Louis a souvent dit ne pas trop s’attarder aux erreurs ponctuelles, mais plutôt s’attaquer aux mauvaises tendances. L’entraîneur a confirmé que les faux départs se rangeaient tranquillement dans la seconde catégorie, sans offrir de pistes de solutions pour les corriger. Ou peut-être ne souhaitait-il tout simplement pas les partager.

Ce n’était pas notre game. Dès le départ. Pourquoi? Je ne sais pas vraiment. On va regarder la vidéo et on va voir. C’est une équipe qui a joué avec beaucoup d’urgence. La personne la plus dangereuse est celle qui est désespérée. Une game de même, on va passer par-dessus. La seule bonne affaire, c’est qu’on joue demain, a laissé tomber St-Louis.

Le duel de mercredi à Columbus, où ce fut à peine plus reluisant pour le CH jeudi dernier, d’ailleurs, tombe à pic. Il permet justement de ne pas ruminer, balayer ça sous le tapis, se dire qu’en vertu du relativement bon début de saison l’équipe peut se permettre de passer à autre chose et de traiter cette soirée comme l’anomalie qu’ils prétendent qu’elle est.

À ce propos, David Savard.

« Il faut prendre compte du fait qu’on n’était pas prêts à jouer. On savait qu’ils avaient perdu beaucoup de matchs de suite et qu’ils seraient désespérés. Ils l’ont été beaucoup plus que nous, c’est ce qu’il faut apprendre de ce match-là. Mais en même temps, il ne faut pas trop regarder en profondeur. »

— Une citation de  David Savard

Peut-être pas de ce seul match, mais on peut porter un regard plus attentif sur les récentes prestations du Tricolore qui furent la plupart du temps des contre-performances. À domicile à tout le moins.

Depuis le 22 octobre, le Canadien montre une fiche de 3-5-0 au Centre Bell, lui valant le 26e rang dans la ligue. Il est 31e en défense avec une moyenne de 4,50 buts accordés par match et pointe au tout dernier échelon pour les revirements, soit 18,14 par tranche de 60 minutes.

Il y a là le début d’une tendance. Et il y a Jake Allen.

Un gardien agenouillé rate la rondelle qui entre dans le filet.

Jake Allen

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

L’on s’en voudrait de montrer le gardien du doigt dans une prestation si misérable dans l’ensemble, car, comme le répétait Brendan Gallagher lundi sur un tout autre sujet, nous sommes tous responsables les uns des autres. Ce n’est pas tant ses difficultés face aux Sabres qui font sourciller, mais particulièrement ses quatre derniers matchs.

Dix-neuf buts donnés, une moyenne de 4,74 et un taux d’arrêts de ,853. Allen a fait mieux que le seuil de respectabilité de ,900 une seule fois lors des six dernières rencontres.

Ils se sont tous portés à sa défense mardi, Juraj Slafkovsky évoquant entre autres les mauvais bonds autour du gardien. La malchance, quoi.

Sauf qu’à travers les revirements en défense, les hésitations, les difficultés à relancer l’attaque rapidement, les cadeaux épars des gardiens et l’inertie des unités spéciales, le Canadien se rapproche davantage de ce que bien des observateurs lui prédisaient.

Alors, quelle sera la tendance?

En rafale

Jeff Skinner ne s’est pas fait beaucoup d’amis mardi soir. Le petit attaquant a inscrit cinq points et s’est même permis de narguer les joueurs du CH après avoir marqué le septième but de son équipe, son deuxième du match.

Skinner totalise 23 points en 12 matchs contre le Tricolore dans l’uniforme des Sabres. Les deux matchs de cinq points de sa carrière sont justement survenus contre le CH.

Malgré tout, c’est plutôt son coéquipier Tage Thompson qui lui a volé la vedette. Le colosse des Sabres n’a amassé que quatre points, mais a contrôlé le match du début à la fin.

L’ancien choix de premier tour des Blues, obtenu dans l’échange de Ryan O’Reilly, a tiré 13 fois vers Jake Allen, en a cadré 8 et a marqué une fois, en plus d’ajouter trois passes. Le jeune centre possède tous les atouts : le gabarit, le patin (étonnamment), des mains en or, un tir foudroyant et une grande combativité.

Juraj Slafkovsky était impressionné par son rival. Il est bon, il est gros, il a de bonnes mains… Peut-être qu’un jour je pourrai être comme lui.

Souhaitons-le lui.

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