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Chronique

Coupe du monde au Qatar, cachez ce brassard que je ne saurais voir

La FIFA interdit les brassards embarrassants.

Gros plan sur le biceps d'un joueur de soccer où l'on voit le brassard aux couleurs de l'arc-en-ciel.

Le brassard « 1 Love » porté par le capitaine de l'équipe allemande lors d'un match contre la Hongrie en septembre dernier.

Photo : Getty Images / Alexander Hassenstein

La FIFA aura réussi à faire plier les grandes nations européennes. Avant le début de la Coupe du monde, la Suisse, l’Allemagne, l’Angleterre, le Danemark, la Belgique, le pays de Galles et les Pays-Bas avaient annoncé que leurs capitaines porteraient le contesté brassard « One Love », une bande aux couleurs de l'arc-en-ciel, symbole d’inclusion et de diversité, qui aurait fortement déplu aux dirigeants qataris.

Le président de la FIFA Gianni Infantino avait menacé les fédérations de lourdes sanctions si elles arboraient le brassard polémique.

Devant cette menace, les fédérations rebelles ont décidé de rentrer dans le rang.

Ironiquement, pour montrer que la FIFA n’est pas insensible aux problèmes de la planète, elle a sorti ses machines à coudre pour confectionner des brassards aux slogans qui ne choqueraient pas la monarchie. Sauvons la Planète, non aux discriminations et l’éducation pour tous ont reçus l'accréditation officielle.

Les sept fédérations ont signé un communiqué commun où l’on peut lire,

La FIFA a été très claire, elle imposera des sanctions sportives si nos capitaines portent les brassards sur le terrain. En tant que fédérations nationales, nous ne pouvons pas demander à nos joueurs de risquer des sanctions sportives, y compris des cartons jaunes.

Le Canada a précisé que le capitaine Atiba Hutchinson portera le brassard fourni par la FIFA avec l'inscription No discrimination, lors de son match contre la Belgique mercredi. Cette décision aurait été prise par l'ensemble de l'équipe selon Canada Soccer.

Dans l’art d’ajouter l’injure à l’insulte, la FIFA n'a nulle autre pareille. En plus des brassards inappropriés, elle a interdit lundi les maillots des diables rouges belges. La raison? Dans le col se cache un discret Love. Il va donc falloir que les Belges changent de maillots, car l’amour n’est vraiment pas le bienvenu au Qatar.

Le président Gianni Infantino essaie par tous les moyens d’éteindre les feux.

« Je suis un Qatari, un Arabe, un Africain, un homosexuel, un handicapé, un itinérant et un travailleur immigrant. »

— Une citation de  Gianni Infantino, président de la FIFA
Un homme parle à une tribune et lève les bras. Il y a un ballon et des bouteilles sur la table devant lui.

Gianni Infantino en conférence de presse au Qatar

Photo : Getty Images / Christopher Lee

En conférence de presse, il a fait une déclaration aussi longue que surréaliste en déclarant qu’il était à la fois une multitude de choses. Et qu'il comprenait toutes ces situations, car lui-même avait été ostracisé quand il était un jeune rouquin en Suisse. Avec cette maladroite comparaison et cette confusion des genres, il a peut-être oublié qu'être roux au Qatar n'était pas passible d'emprisonnement.

Cette fois, dans l’affaire des brassards, il s’est surpassé en déclarant : Nous devons trouver des sujets sur lesquels tout le monde peut s’engager.

Avant leur match contre l’Angleterre, les courageux joueurs iraniens ont refusé de chanter l’hymne national en soutien aux victimes de la répression dans leur pays.

Pendant ce temps, sept grandes nations ont plié devant le diktat du président réélu pour quatre ans.

Pour Infantino, trouver des sujets sur lesquels tout le monde peut s’engager, ressemble à une véritable politique de l’autruche, quoi de plus naturel dans un pays qui regorge de sable.

Dans le Tartuffe, il y a cette fameuse réplique : Couvrez ce sein que je ne saurais voir. Molière voulait dans cette pièce dénoncer l’hypocrisie puritaine de l’époque. Une pièce que les dirigeants de la FIFA devraient relire.

Avec les informations de La Presse canadienne

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