•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Ben Shalom : nouvelle avenue de la boxe britannique

Ben Shalom au centre des deux boxeuses

Le patron du Groupe BOXXER Ben Shalom entre Natasha Jonas et Marie-Eve Dicaire

Photo : LAWRENCE LUSTIG

Jean-François Chabot

MANCHESTER, Angleterre – Ben Shalom est l’archétype de l'autodidacte. Pourvu d’une passion pour la boxe et d’un sens inné des affaires, ce jeune homme s’est taillé une place de choix dans la promotion de ce sport au Royaume-Uni.

Sachez tout de suite que Shalom n’a que 28 ans. Natif de Manchester, il étudiait le droit quand, avec quelques amis, il organisait des soirées, des concerts et des petits spectacles sur le campus.

Il avait, à la même époque, quelques copains qui pratiquaient la boxe au niveau professionnel. C’est en allant les applaudir qu’il a eu le coup de foudre pour le noble art.

J’ai grandi à Manchester, un lieu où la boxe n’est deuxième que derrière le soccer avec Manchester United et Manchester City. Il y avait toujours autour des garçons que je connaissais qui fréquentaient les nombreux gymnases de boxe de la ville [on les compte par dizaines, NDLR] , a dit Shalom.

À 23 ans, après avoir terminé ses études, il s’est avoué à lui-même qu’il n’avait aucune envie d’être avocat. Il était prêt à tout pour s’éloigner de la toge, de la perruque blanche obligatoire et des tribunaux.

En assistant aux soirées de boxe auxquelles participaient ses amis, il a découvert à quel point ils n'étaient pas bien payés en l’absence de commanditaires sérieux.

« Cet environnement pouvait s’avérer intimidant pour les boxeurs. L’organisation était mauvaise, la couverture télévisuelle et médiatique n’était pas bonne. J’avais le sentiment que l’on pouvait faire tellement mieux. »

— Une citation de  Ben Shalom, patron et fondateur du Groupe BOXXER

Début plus que modestes

Shalom estime qu’en 2017 ou 2018, la boxe professionnelle ne se portait pas très bien au Royaume-Uni. Il n’y avait pas de grandes soirées incontournables. C’était avant l’arrivée à l’avant-scène du poids lourd Anthony Joshua.

Ses premières implications directes dans le milieu de la boxe, il les a faites bénévolement. Il a aidé à mettre sur pied des conférences de presse, il a doné un coup de main comme apparieur (matchmaker), recrutant des combattants hors des frontières britanniques.

Il avait 23 ans quand il a emprunté 10 000 livres (16 000 $ CA) pour déposer une demande de permis de promotion auprès du British Board of Boxing Control (BBBC), l’équivalent de notre Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ).

Heureusement, il connaissait quelqu’un qui l'a guidé à travers les dédales administratifs et les règles du BBBC.

Lorsqu’il a obtenu sa reconnaissance officielle, il est devenu le plus jeune détenteur d’un permis de promotion dans l’histoire du pays. Il a fondé le groupe BOXXER lequel est derrière la soirée de samedi, à l'AO Arena.

Au début, il a conservé un profil bas pour éviter d’entrer en conflit direct avec des firmes telles Matchroom, dirigée par Eddie Hearns qui a pris la relève de son père Barry, ou Queensberry Promotions, propriété de Frank Warren.

« Nous organisions de petites soirées juste pour nous familiariser avec le processus. C’est consciemment que nous n’avions signé de contrat de promotion avec aucun boxeur sous peine d’être aussitôt perçus comme des compétiteurs directs. »

— Une citation de  Ben Shalom

BOXXER va de l’avant avec la production, clé en main, de minitournois créés de toutes pièces pour la télévision. Quart de finales, demi-finales et finale dans un emballage attrayant qui crée un engouement et qui attire un public différent et diversifié.

Ben Shalom

Ben Shalom, un joueur qui fait les choses autrement sur la grande scène de la boxe en Grande-Bretagne.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Chabot

Opération à perte

À force de persévérer dans sa façon d’opérer et de traiter les athlètes, Ben Shalom s'est bâti une bonne réputation, à tel point que ceux-ci prêtent une oreille attentive aux offres de partenariat à long terme qu’on leur présente. La confiance des boxeurs et des diffuseurs se gagne avec des élans de patience et de constance.

Pour comprendre où l’on s’en va, il faut savoir d’où l’on vient. Et Shalom n’a pas oublié la toute première carte présentée par son groupe naissant.

C'était complètement chaotique. J’avais fait plusieurs soirées dans de petites salles. Mais celle-là est arrivée trois ans après l’obtention de mon permis. C’était vraiment fou et nous avons perdu beaucoup d’argent. Ricky Hatton (légende locale et ex-champion mondial de l'IBF et de l'IBO des super-légers) était venu nous donner un coup de main, s’est souvenu Shalom.

Soit dit en passant, Hatton, 44 ans, livrera un combat exhibition avant le combat entre Marie-Eve Dicaire et Natasha Jonas. Devenu entraîneur, Hatton détient lui aussi un permis de promoteur.

Le vent dans les voiles

À présent bien établi, BOXXER effectue une belle percée. Le groupe a environ 25 pugilistes sous contrat, y compris de nombreux athlètes olympiques des deux dernières sélections nationales.

De plus, virage majeur pour la santé de son groupe, Shalom a profité de la fin de l’entente qui liait Matchroom (maintenant lié à DAZN) au réseau Sky Sports, pour proposer des galas de grande envergure, soutenus par l’importante contribution financière de ce réseau spécialisé en quête de programmation pour sa grille.

À titre d’exemple, la récente soirée présentée le 15 octobre à l'O2 Arena de Londres, a offert la toute première carte de boxe entièrement féminine dans l’histoire de la Grande-Bretagne.

La grande finale mettait en vedette l’Américaine Claressa Shields qui a unifié les ceintures des poids moyennes face à la Britannique Savannah Marshall. À noter que BOXXER et Sky Sports détiennent les droits exclusifs pour les combats de Shields présentés au Royaume-Uni.

Nous venons de connaître une année formidable. Nous voulons devenir le plus important promoteur au pays. Il s’agit à présent, avec notre bassin d’olympiens, de construire les prochaines supervedettes. C’est à ça que nous allons consacrer les trois ou quatre prochaines années , a conclu Shalom.

Notes : Beau geste d’Yvon Michel qui a invité huit boxeurs et boxeuses de l’équipe nationale canadienne, dont Tammara Thibeault, à assister au duel Dicaire-Jonas.

Pendant ce temps, Eye of the Tiger et Camille Estephan continuent de remuer ciel et terre dans le but de bien positionner Mary Spencer vers l’obtention de ceintures mondiales.

Spencer doit déjà se battre le 16 décembre, à Shawinigan, pour le titre de l'IBO des super-moyennes face à la Belge Femke Hermans.

Déjà aspirante obligatoire à la ceinture de l'IBF que détient encore Dicaire au moment d’écrire ces lignes. Spencer vient d’être établie au même titre par le WBC.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

En cours de chargement...