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Pas facile de vendre une championne au Québec

Elle est sur son épaule gauche

Kim Clavel vient tout juste de recevoir sa ceinture du WBC qu'elle vise déjà celle de la WBA que détient la Mexicaine Jessica Nery Plata.

Photo : Radio-Canada / Étienne Bruyère

Jean-François Chabot

À six semaines du combat d’unification des ceintures de la WBA et du WBC des mi-mouches, le public se fait encore tirer l’oreille pour acheter des billets et soutenir la favorite locale Kim Clavel.

Rentrée de la République dominicaine où elle a déménagé son camp d’entraînement durant deux semaines, elle continue d’afficher une belle forme et un enthousiasme contagieux.

Cette douce fièvre tarde toutefois à gagner les amateurs de boxe qui ne se sont jusqu’à présent procuré qu’environ 2000 des 5000 billets disponibles pour le gala du 1er décembre à la Place Bell de Laval.

Boxeuse en vue, infirmière auxiliaire applaudie, concurrente de télé-réalité appréciée et depuis peu championne du monde, Clavel s’explique mal le faible engouement que suscite son duel annoncé face à la Mexicaine Yesica Nery Plata (28-2, 3 K.-O.) reine de la WBA.

« J’aimerais en vendre plus et j’espère que les gens vont venir. Même quand Beterbiev a boxé au Centre Bell (en décembre), il y avait à peu près ça 2000 billets vendus. C’est difficile de vendre des billets au Québec et je ne sais pas pourquoi. »

— Une citation de  Kim Clavel, championne du WBC des mi-mouches

On donne pourtant de bonnes performances. La boxe féminine grandit. Ce sera un combat historique, a-t-elle dit, désolée, en entrevue à Radio-Canada Sports.

Elle constatait les chiffres fabuleux enregistrés à Londres, le week-end dernier, pour le gala tout féminin [avec la finale entre Claressa Shields et Savannah Marshall, NDLR] présenté à guichets fermés à l'O2 Arena et devant plus de deux millions de téléspectateurs sur le réseau Sky Sports, au Royaume-Uni.

Deux mille billets, c’est quand même quatre fois le Casino (de Montréal). C’est beau. On commence tranquillement. Je contrôle ce que je peux contrôler en offrant des performances. C’est dans le ring que je parle le mieux, a ajouté Clavel.

Et pourtant, les efforts du Groupe Yvon Michel sont louables. Le partenariat avec les Alouettes de Montréal pour offrir deux billets de football (match du 22 octobre) et deux billets pour le gala de boxe pour le 1er décembre apparaît alléchant.

La boxeuse assise au bord d'un ring.

Kim Clavel croit en un avenir encore meilleur pour la boxe féminine.

Photo : Twitter/Kim Clavel

Pas un cas isolé

La situation que vit Kim Clavel n’est pas un cas unique au Québec. Depuis l’époque faste et pas si lointaine des combats de championnat du monde des Éric Lucas, Lucian Bute, Jean Pascal et David Lemieux, nos meilleurs pugilistes vivent un exil économique.

Incapables de garantir des recettes aux guichets aussi intéressantes qu’avant, les promoteurs québécois ne parviennent plus à retenir l’attention des grands diffuseurs américains. Ils ne sont plus capables non plus de remporter un appel d'offres à partir des recettes limitées que génèrent les galas locaux.

Cela explique pourquoi nos champions se battent à présent hors de nos frontières comme l’ont récemment fait Jean Pascal, David Lemieux et Artur Beterbiev et comme devra bientôt le faire Marie-Eve Dicaire en allant se battre le 12 novembre, à Manchester, en Angleterre.

Les soirées au Casino ont des limites qui imposent d’elles-mêmes celles qui sont dictées à nos boxeurs et boxeuses.

Travail acharné

Clavel continue néanmoins à se préparer avec hargne et passion pour son prochain grand duel.

Son séjour à Ocean Village, dans les environs de Puerto Plata, n’avait rien d’une sinécure. Oubliez les palmiers, hamacs et pina coladas. Par contre, que de sable! Et combien elle en a bouffé en deux semaines! Aux côtés de ses entraîneurs Danielle Bouchard et Stéphan Larouche, de son préparateur physique Frédéric Laberge, Clavel a trimé sans relâche.

« On a encore progressé. On a profité de tout ce qu’on n’a pas ici, dont le sable. On a fait des suicides (aller-retour rapides à la course pieds nus), des sprints, de la boxe dans le sable. Ce sont toutes des choses difficiles pour les jambes. Maintenant que je reviens sur du plancher plat, je trouve que c’est tellement plus facile. »

— Une citation de  Kim Clavel

Pour améliorer sa musculation, elle s’est rendue sur une plage privée chaque matin où elle pouvait s’entraîner sans être dérangée. Un petit gymnase de boxe avec de belles commodités a aussi été utilisé.

Je suis toujours aussi motivée. Je sais que pour gagner ce combat, ça me prend tout un camp d’entraînement. On ne tourne pas les coins ronds. Mais une journée de camp ne dure pas 12 heures. Il y a du temps de récupération. C’est très important. J’ai besoin et je tiens à ma sieste entre midi et deux heures.

Étape suivante

Ces périodes de repos demeureront à l’horaire maintenant qu’elle est de retour à Montréal pour la suite de son camp.

En plus de quelques apparitions publiques afin de promouvoir la soirée du 1er décembre, Clavel entame la portion où elle prendra part à des combats simulés (sparring).

Elle sera appuyée dans cette mission par six partenaires d’entraînement, dont Céleste Baillargeon, championne québécoise à 119 lb (Clavel boxe à 108 lb). Très physique, elle participe à chacune des préparations et, aux dires de Clavel, lui en donne pour son argent.

Les autres sont la Torontoise Sara Haghighat Joo, la Mexicaine Erica Abarca, les Américaines Margaret Tudoret et Seniessa Cooller, ainsi que la Française Mathilde Barailler.

Petites anecdotes

Un peu comme le Dr Dolittle, Kim Clavel adore les animaux. Elle est toujours prête à faire un petit extra pour les aider ou les secourir.

En République dominicaine, elle s’est amusée, en cachette, à nourrir les chats errants avec du fromage. Résultats, plusieurs félins se pointaient dès l’aube pour toucher leur pitance, déposant au passage leurs défections autour de la résidence temporaire du clan Clavel… au plus grand déplaisir de Stéphan Larouche qui croit que sa protégée pourrait aisément opérer un zoo à elle seule!

Par contre, après la découverte d’une tarentule de la taille d’une soucoupe, la championne n’hésitait pas à faire le tour de la maison avec une lampe de poche afin de rassurer Danielle Bouchard qui a une sainte horreur des araignées.

Maintenant, imaginez le rire de Kim en racontant le tout…

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